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SFPS Monthly Mailing: October 2026

2nd November 2026

Table of Contents

1. Calls for Papers/Proposals.

1.1 Appel à contributions: Politiques et poétiques du cheveu : Pratiques corporelles, matérialités et imaginaires diasporiques  

1.2 René Depestre (1926-) : un centenaire marqué par les circulations, l’engagement et l’imaginaire caribéen  

1.3 Interculturalité et Développement culturel dans les espaces caribéens, guyanais et canadiens francophones. 

1.4 Les Humanités à l’épreuve de l’écologie : imaginaires, savoirs et pratiques du vivant (Tunisie) 

1.5 Transformation. Séminaire doctoral (Univ. Paris Cité)

1.6 Circulations depuis et vers la France aux XIVe – XVIe siècles : textes, objets, personnes (XIIIe Colloque international de l’Aiemf, Paris) 

1.7  Le patrimoine au prisme de l’altérité et de la diversité (Tlemcen).

1.8 41e Congrès du CIÉF “Dé/cloisonnement des frontières dans le monde francophone ” (Athènes, Grèce) 

1.9 Questionner les frontières et relever le défi des différences. 8e Doctoriales de la SFLGC (Pau) 

1.10 La figure du migrant dans la littérature de jeunesse (revue Strenae).

1.11 Postures décoloniales africaines : politiques, discours et représentations / African Decolonial Perspectives: Politics, Discourse and Representations Virtual (en ligne)

1.12 Créer, raconter, documenter, archiver les violences depuis l’exil

1.13 Relire le canon français depuis les littératures francophones.

1.14 Patrimoine et mémoires en construction : langues, littérature, paysages et arts dans la construction, la circulation et les transformations des identités africaines.

1.15 La littérature à l’épreuve de la contemporanéité : Héritage et Horizons.

1.16 EXTENDED DEADLINE: Travelling Cultural Heritage. Circulation and Digital Afterlives.

1.17 From Ashes to Archives: Artistic Practices and the Reparation of Ecological Trauma in North Africa  

1.18 Sensing the Hothouse. Innovative Approaches to a Cross-Cultural Literary Theme.

2. Job and Fellowship Opportunities.

2.1 Postdoctoral Scholar to Tenure-Track Assistant Professor – Francophone World.

2.2 Professor/Associate Professor.

2.3 Preceptor in French.

2.4 Director of Language Instruction (DLI) in French as Lecturer of French Indiana University.

2.5 Teaching Assistant Professor of French..

2.6 Assistant Professor in French and Francophone Studies.

2.7 Assistant Professor of Translation Studies.

2.8 Assistant Teaching Professor of French..

2.9 Department Head of English and World Languages.

2.10 Assistant Professor of French.

2.11 Poste en littérature franco-ontarienne et en littératures francophones du Canada (Ottawa) 

2.12 Professeur Associé au Département de littérature française, Université d’Osaka (Japon)

2.13 Teaching Associate (Fixed Term, Part Time).

2.14 USC Center for Advanced Genocide Research 2027-28 Fellowships for Senior Scholars.

2.15 Bourses au Centre Käte Hamburger pour l’étude des pratiques culturelles de réparation CURE  

3. Announcements.

3.1 Prix du Centre suisse d’études sur le Québec et la Francophonie.

3.2 Prix de thèse Institut Émilie du Châtelet.

4. New Publications.

4.1 Alexandre Journo, Albert Memmi. Un Juif intranquille.

4.2 Tiya Miles, Johanna Blayac, Le Sac d’Ashley Un souvenir de famille du temps de l’esclavage  

4.3 Souleymane Bachir Diagne, L’hospitalité. Affirmer l’humanité.

4.4 Buata B. Malela, Introduction aux littératures africaines XXe-XXIe siècles.

4.5 Noureddine Bousfiha, Mohammed Khaïr-Eddine ou la parole à vif.

1. Calls for Papers/Proposals

1.1 Appel à contributions: Politiques et poétiques du cheveu : Pratiques corporelles, matérialités et imaginaires diasporiques

Dossier spécial, Nouvelles Études Francophones (NEF)

Dossier dirigé par : Johanna Montlouis-Gabriel (Emory University): jmontlo@emory.edu et

Séverine Rebourcet (University of Mount Saint Vincent): severine.rebourcet@umsv.edu

Propositions d’article (300 à 500 mots, accompagnées d’une courte notice

biobibliographique et des coordonnées du/de la proposant·e): 15 janvier 2027

Notification d’acceptation : 15 mars 2027

Remise des articles complets (4500–6000 mots, résumé, bibliographie et les notes de bas

de page non compris) : 1

er septembre 2027

Les réalités historiques, politiques et culturelles qui traversent les espaces francophones

révèlent que le cheveu est bien plus qu’un attribut esthétique individuel ou un ornement

superficiel : il constitue un carrefour fondamental du biopouvoir, de la mémoire et de l’identité.

Dès les premières entreprises coloniales et les projets anthropologiques de classification du

XVIIIe siècle, la matière capillaire a été instrumentalisée comme un outil privilégié de

hiérarchisation, d’altérisation et de contrôle des corps minorisés. Des rituels punitifs de

marquage corporel et de stigmatisation genrée — tels que la tonte publique des femmes

accusées de « collaboration horizontale » à la Libération, dont l’écho traumatique résonne

d’Hiroshima mon amour de Marguerite Duras à Saint-Omer d’Alice Diop — jusqu’aux injonctions

contemporaines à la respectabilité et à l’assimilation républicaine, le cheveu demeure un terrain

de friction où s’exercent les violences institutionnelles. En France et dans les espaces

postcoloniaux, les batailles juridiques récentes (à l’instar du contentieux porté contre Air France

ou de la proposition de loi contre les discriminations capillaires adoptée à l’Assemblée nationale

en 2024) mettent en lumière l’imbrication systémique entre race, genre, classe et normativité

corporelle. Parallèlement, l’économie mondialisée du cheveu (qu’il s’agisse des flux

transnationaux du commerce des mèches reliant l’Inde, l’Europe, l’Afrique et les Amériques, ou

des industries cosmétiques) souligne des asymétries géopolitiques et économiques Nord-Sud

majeures.

Ce dossier spécial de Nouvelles Études Francophones s’ancre dans la volonté de politiser,

d’historiciser et d’explorer sous un angle résolument pluriel, décolonial et transculturel les

pratiques, représentations et imaginaires liés aux cheveux à travers les mondes francophones

(Afrique subsaharienne, Caraïbes, Maghreb, Océan Indien, Amériques et diasporas

européennes). Loin de réduire l’expérience capillaire à la seule dynamique de l’oppression et du

stigmate, ce numéro entend faire la part belle aux dynamiques de création, de réappropriation,

de soin, de transmission et de joie. Le renouveau remarquable des productions contemporaines

en atteste : de la littérature narrative et poétique (Léonora Miano, Faïza Guène, Laetitia

Colombani) à la bande dessinée (Lou Lubie, Laura Nsafou), du cinéma documentaire et de

fiction (Amandine Gay, Mame-Fatou Niang, Rosine Mbakam, Rachel Kwarteng, Josza

Anjembe, ou encore la série Palabre) aux arts visuels et plastiques (les sculptures capillaires de

Laetitia Ky, les installations d’Attandi Trawley, les toiles d’Élodie Barthélémy ou de Guylaine

Conquet). Le cheveu s’y affirme comme matériau sculptural, archive incarnée et vecteur de

contestation féministe et antiraciste. À cette effervescence s’ajoutent les espaces numériques

(YouTube, Instagram, TikTok) qui, par le biais des tutoriels et des mouvements nappy, forgent

de nouvelles communautés diasporiques tout en suscitant des débats cruciaux autour du

texturisme et des hiérarchies intra-communautaires.

Ainsi, que nous disent les textes littéraires, les productions filmiques, les arts visuels et les

cultures numériques des politiques et poétiques du cheveu ? Comment ces médiums

s’emparent-ils de la chevelure pour négocier, subvertir ou guérir des violences corporelles et

historiques ? Comment penser les articulations entre intime, mémoire collective et pédagogie

de l’amour de soi dès le plus jeune âge ? Quelles solidarités ou tensions transnationales se

dessinent à travers les flux matériels et symboliques du cheveu ? Ce dossier spécial invite à

une réflexion interdisciplinaire et inclusive, située au croisement des études littéraires et

culturelles, des études postcoloniales et décoloniales, des théories féministes et afro-féministes

(gender and Black studies), des arts visuels et de la performance, de la sociologie et de

l’anthropologie des cultures matérielles et numériques.

Pistes de réflexion et axes indicatifs

Les propositions d’articles pourront aborder, sans s’y limiter, les thématiques suivantes :

• Généalogies coloniales, biopolitique et contrôle des corps : classifications raciales

du XVIIIe siècle, photographies anthropologiques, tontes et violences corporelles

genrées, impératifs d’assimilation et normes de respectabilité républicaine.

• Cadres juridiques, luttes politiques et discriminations institutionnelles : lois contre

les discriminations capillaires, controverses professionnelles (Air France, secteur public),

articulation entre race, genre, neutralité et citoyenneté.

• Matérialités, économies globales et géopolitique du cheveu : filières transnationales

du commerce des cheveux et des extensions (rapports Nords-Suds), industries

cosmétiques, enjeux sanitaires et écologiques.

• Poétiques textuelles, dramaturgies et récits graphiques : représentations du cheveu

dans le roman, la nouvelle, la poésie, la littérature jeunesse et le roman graphique

francophones (Maghreb, Caraïbes, Afrique subsaharienne, Amériques, Océan Indien,

diasporas).

• Médialités artistiques, arts visuels et performances : le cheveu comme médium

plastique (sculpture, tapisserie, installations, peinture), performances corporelles,

esthétiques documentaires et fictions cinématographiques.

• Sociabilités, espaces intimes et cultures numériques : salons de coiffure comme

tiers-lieux d’intimité, de résistance ou de surveillance (ex. Matongé, Belgique, Château

Rouge, Paris, France) ; réseaux sociaux, vlogs, tutoriels GRWM et construction de

communautés diasporiques ; mouvements nappy.

• Intersections, représentations plurielles et hiérarchies intra-communautaires :

texturisme, colorism, nuances identitaires au sein des diasporas afro-descendantes,

créoles et maghrébines (négrophobie intériorisée, concept de hrash, etc.).

• Pédagogies, soin et transmission intergénérationnelle : rituels de soin, valorisation

de l’estime de soi chez les enfants, guérison collective et mémoire des ancêtres.

Modalités de soumission

Les propositions d’articles (en français), d’une longueur comprise entre 300 et 500 mots,

doivent comporter :

• Un titre provisoire et une problématique claire explicitant le corpus d’étude, la

méthodologie et le cadre théorique ;

• Une brève bibliographie indicative ;

• Une courte notice biobibliographique (100–150 mots) indiquant l’affiliation institutionnelle

et les coordonnées de l’auteur·rice.

Les propositions sont à envoyer par courriel à Johanna Montlouis-Gabriel

(jmontlo@emory.edu) et Séverine Rebourcet (severine.rebourcet@umsv.edu) avant

le 15 janvier 2027.

Les articles complets retenus (entre 4500 et 6000 mots, résumé, notes de bas de page et

bibliographie non comprises), rédigés selon les normes éditoriales de Nouvelles Études

Francophones, devront être remis au plus tard le 1er septembre 2027. Tous les manuscrits

feront l’objet d’une évaluation anonyme par les pairs (double-blind peer review).

Nouvelles Études Francophones (NEF), ISSN 1552-3152, publiée par les Presses

Universitaires du Nebraska (University of Nebraska Press), est la revue officielle du Conseil

International d’Études Francophones (CIéF). Revue scientifique biannuelle de langue française,

NEF diffuse la recherche dans les domaines de la langue française, de la littérature, des arts,

des sciences sociales, de la culture et de la civilisation des pays et régions francophones.

1.2 René Depestre (1926-) : un centenaire marqué par les circulations, l’engagement et l’imaginaire caribéen

Me voici

citoyen des Antilles

tout vibrant de joie païenne

je vole à la conquête des bastilles nouvelles.

dans les champs ensoleillés j’engrange

des moissons d’humanité

j’interroge le passé

je récuse le présent

je dis oui à l’avenir

tout mon être aspire au soleil.

René Depestre, poème « Me Voici », Étincelles (1945)

À l’occasion du centenaire de la naissance de l’écrivain René Depestre, ce colloque organisé à l’Université Paris-Est Créteil et à l’Université de la Sorbonne, propose de (re)visiter son œuvre située au croisement de la poésie, du roman, de la nouvelle et de l’essai critique. Ce colloque invitera les chercheur·se·s à s’interroger sur la portée de l’œuvre depestrienne à l’époque contemporaine. Quels regards nouveaux la critique contemporaine peut-elle porter sur cette traversée littéraire du siècle ? Figure majeure de la littérature haïtienne et caribéenne des XXᵉ et XXIᵉ siècles, René Depestre a nourri des positions critiques et des engagements liés au communisme, à Haïti et à la Négritude entre autres, en dialogue avec Césaire et Senghor. Il développe ainsi une écriture révolutionnaire qui marronne et se fonde sur les héritages et circulations culturelles entre l’Amérique, l’Afrique et l’Europe pour dessiner sa vision singulière du paysage national haïtien. Pour son centenaire, le monde de la recherche salue ce parcours artistique important, notamment avec la réédition de son œuvre poétique complète, Rage de vivre, chez Seghers, et relit son œuvre à l’aune des problématiques actuelles. Le numéro d’Interculturel Francophonies qui lui a été récemment dédié1 en est un exemple, intégrant les études de genre comme le fait l’article de J.Couti, la traductologie comme dans les propositions de M.Fučíková et A.Gurrieri ou encore l’écopoétique avec celle de J.Poinsot.

Né à Jacmel en 1926, R. Depestre est contraint très tôt au départ, qu’il refuse de voir comme un exil. Il a construit une trajectoire politique et littéraire profondément marquée par les circulations intellectuelles et géographiques — d’Haïti en France, en passant par Cuba et l’Europe de l’Est. Cette mobilité et ce croisement des savoirs ont nourri un regard à la fois complexe et intimiste. En relation avec les écrivains et critiques de son temps, l’auteur est notamment au cœur d’une relecture de la Négritude dont il critique une forme d’essentialisation raciale dans Bonjour et Adieu à la Négritude (1980). En valorisant au contraire la multitude des expériences humaines et les identités métisses, il se perçoit lui-même comme un « homme-banian » nourri par un enchevêtrement de racines2 et fonde grâce à sa poésie un nouvel universel basé sur l’appel à la « tendresse ». Déçu par les écoles de pensée aussi bien littéraires que politiques, suite à l’échec communiste, il s’éloigne dès lors de toute « coterie ». Si R. Depestre refuse de s’associer à un courant nommé, avec les auteurs et critiques de la Caraïbe, il admet que l’on rapproche  son esthétique de la pensée d’Edgar Morin et de la Créolisation3. Existe-il alors un modèle purement depestrien de rapport moderne et postcolonial au monde ? Comment situer l’œuvre de l’auteur et ses nombreuses références au vaudou haïtien, à l’Afrique et à la culture occidentale, face à la pensée de la Créolité4, ou à l’aune de nouvelles théories de l’identité afro-descendante comme celle du sentiment de perte chez Saidiya Hartman (2006), ou de l’identité afropéenne de Léonora Miano (2020) ?

L’écriture de R. Depestre mêle des registres poétiques, des références culturelles, des perspectives autobiographiques et des positions politiques. L’aspect moderne de cette écriture se situe à la fois dans la révolte et dans le perpétuel mouvement, comme le décrit Bernard Delpêche (2005, 158). « L’écriture-magouille » du poète est fondée sur l’expérience de « déplacement de sens » des mots vécus, et d’autre part, des mots rencontrés lors de la circulation linguistique entre le créole haïtien, l’espagnol et le français. La présence du créole chez René Depestre comme « vivier de métaphores »5 a été souvent étudiée mais des zones d’ombre persistent sur la place qu’occupent la sphère culturelle cubaine et la langue espagnole dans son œuvre. On pense notamment à la thèse de Yopane Thiao qui étudie en miroir le développement d’une identité africaine dans les textes de R. Depestre et de Nicolás Guillén. La position de l’auteur vis-à-vis de sa période cubaine semble paradoxale : dans la préface de son Anthologie Personnelle (1993), il montre une volonté de rupture nette6, mais il cherche aussi à l’intégrer à son œuvre comme il le confie dans une interview avec Paul Miller. Les propositions de communication qui prêteront une attention particulière à son rôle de poète, de traducteur et d’animateur culturel à Cuba seront appréciées.

Enfin, un autre fil rouge de l’écriture de R. Depestre mérite de susciter de nouvelles lectures, celui de « l’érotisme solaire ». En écho à la « tendresse » qui définit sa philosophie, l’érotisme de l’auteur se veut une expérience structurelle du rapport au monde, grâce au « géolibertinage »7. Comme l’analyse Ilda Tomas dans Indomptable Depestre (2017), le corps de la femme ouvre à la jouissance créatrice, à la joie et à la « rage de vivre ». Cependant la délectation esthétique et politique offerte par la « femme-jardin » a pu être interprétée depuis longtemps comme un motif sexiste chez ce poète, qui se défend d’une volonté machiste (Dayan, 1993, Zarotti 1998). Des études sur les représentations du féminin chez R. Depestre, comme celle proposée par Anne Marty (2017), restent encore à formuler, en regard de l’émergence des études de genre. Quelle agentivité les personnages féminins possèdent-ils dans son œuvre romanesque ? La femme est-elle réduite au rôle de muse ou peut-elle prétendre à un rôle plus complexe ? Quelles évolutions ont pu émerger dans l’œuvre d’un auteur conscient des changements sociaux de l’époque contemporaine ?

À travers ces différents registres, son œuvre pose une question centrale : comment penser la relation entre création poétique, mémoires culturelles et engagement politique dans les sociétés post-coloniales ? L’opacité de certains motifs explorés par l’auteur, la densité symbolique de ses images et la coexistence de positions idéologiques parfois mouvantes invitent à renouveler les lectures critiques de son travail.

Ce colloque souhaite ainsi ouvrir un espace de discussion autour de plusieurs axes possibles (mais non exhaustifs) :

  • Poétique de l’opacité et imaginaire caribéen : en quoi l’opacité qu’on retrouve chez R.Depestre communique-t-elle avec la définition proposée par Glissant (1990) ? Sous quelles formes l’opacité se présente dans l’œuvre depestrienne ? Comment la symbolique de l’identité d’homme « banian » défendue par R.Depestre dialogue avec d’autres géographies traversées par des identités multiples ? Quelles réponses son œuvre apporte-t-elle à l’expérience de non-appartenance partagée par les Amériques ?
  • Surréalisme et écriture du merveilleux : de quelle manière l’auteur s’imprègne-t-il des outils d’un mouvement artistique européen comme moyen de construction de l’identité haïtienne ? Comment la présence massive du Vaudou chez R.Depestre infléchit-elle les héritages littéraires et artistiques du surréalisme et du réalisme merveilleux ?
  • Négritude, ancrage national et décolonialité : filiations, dialogues et prises de distance avec le mouvement initié notamment par Aimé Césaire et Léopold Sédar Senghor. En quoi le sentiment de déception de R.Depestre face à la dictature Duvaliériste a-t-il contribué à son retrait face à la Négritude ? Comment la rupture avec la Négritude permet-elle à la poétique de R.Depestre de se lier à d’autres réalités complexes telles que celles du Brésil, de Cuba, des États-Unis, etc ? Peut-on décrire la littérature de R.Depestre comme une littérature-monde ?
  • Le Vaudou et le sacré : y a-t-il une forme d’agentivité corporelle présentée par l’auteur à travers le Vaudou ? L’auteur met-il en place une dissonance ou résonance  entre le profane et le sacré dans son œuvre ?
  • Sexualité, érotisme et « tendresse » : à quels enjeux politiques se nouent l’expérience sensuelle et la tendresse depestriennes ? Quelles réponses et échos peut trouver cette philosophie, née du corps érotisé de la femme, dans la littérature contemporaine, notamment écrite par des femmes ? Comment les chercheur·se·s contemporains révisent-ils leur positionnement face à l’érotisme depestrien et le regard qu’il implique sur les femmes ?
  • Exil, diaspora et mémoire d’Haïti : comment ce « nomade enraciné » construit-il ou reconstruit-il son rapport à sa moitié d’île ? La critique perçoit un imaginaire du retour dans son œuvre : y a-t-il un manque ou une nostalgie d’Haïti chez R.Depestre malgré ses racines mobiles ?
  • Engagement politique, révolution et marronnage : comment la poésie depestrienne reflète-t-elle l’évolution des idéaux de l’auteur, notamment vis-à-vis du communisme ? Quelle est l’originalité de son engagement antiraciste, notamment dans son développement à l’époque cubaine ? Quelles variations de sens connait le marronnage sous la plume de R.Depestre, entre ancrage historique haïtien, définition d’une poétique en lien avec l’Afrique et définition de soi ?
  • Circulation, déplacement et traduction : outre son rapport à la francophonie et la mobilisation d’un plurilinguisme dans ses textes, l’œuvre de R.Depestre rayonne à l’échelle internationale. Il fut traduit en espagnol à Cuba, en l’Italie, comme le montrent les travaux d’Alessandro Constantini (2014) et d’Alba Pessini (2022), mais aussi en tchèque, en japonais et en portugais entre autres, comme en attestent ses archives. Quelle réception son œuvre a-t-elle eu à l’étranger ? Quels auteurs inspire-t-il ?
  • Autobiographie et écriture intime : dans quelle mesure la somme de ses écrits diffracte des images du poète, donnant lieu à une « poétisation du registre autobiographique » (Parisot, 2018) et quelles images ces fragments constituent-ils ? Comment la récente publication des journaux de R.Depestre à Cuba renouvelle-t-elle notre compréhension de l’écriture de l’intime chez cet auteur ?
  • Intertextualité et polyphonie : en quoi les jeux de dédicace, d’épigraphe et de citations font-ils de son œuvre un espace de transbordement et de transmission, à travers la pluralité des perspectives et la circulation des voix ? 

En réunissant chercheurs et chercheuses de différents parcours et disciplines, ce colloque ambitionne de contribuer à une relecture collective d’un corpus qui demeure essentiel pour comprendre les dynamiques esthétiques et politiques de la littérature caribéenne contemporaine.

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Modalités de soumission 

Les propositions de communication comprenant un résumé de 400 mots maximum et une courte bibliographie indicative, rédigées en français et assorties d’une notice bio-bibliographique, sont à envoyer avant le 2 novembre 2026 à l’adresse : colloquedepestre2026@outlook.fr. Le comité d’organisation ne pourra pas financer le déplacement ni l’hébergement des participants.

Notification des réponses  :  4 janvier 2027.

Dates du colloque : 10 et 11 juin 2027.

Format : en présentiel avec des communications de 20 minutes suivies de 10 minutes de discussion. 

Lieu : Université de la Sorbonne et Université Paris-Est Créteil.  

Comité d’organisation :

Yolaine Parisot, professeure des universités à Université Paris-Sorbonne.

Margaux Andriss, doctorante au laboratoire LIS UR 4395.

Hannah Rios, doctorante de l’EUR FRAPP et LIS UR 4395.

Comité scientifique : Florian Alix (Université Paris-Sorbonne), Romuald Fonkoua (Université Paris-Sorbonne), Fred Lafortune (Boston University), Dieulermesson Petit Frère (Université Paris-Est Créteil), Mirline Pierre (Université Paris-Est Créteil), Anne Teulade (Université Paris-Est Créteil), Françoise Simasotchi (Université Paris 8) et Cyril Vettorato (Université Paris Cité).

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1 Sara Del Rossi. (dir.) « René Depestre, de la lumière face à la barbarie ». Interculturel Francophonies, Vol. 47. Lecce: Alliance française, 2025.

2 Corinne Blanchaud, « René Depestre, l’homme-banian ou les tribulations du “Tout en un” ». Haïti Enjeux d’écriture (Saint-Denis: Presses universitaires de Vincennes, 2013), p.53-73.

3 Idem.

4 Voir Jean Bernabé, Patrick Chamoiseau et Raphaël Confiant, Éloge de la créolité (Paris: Gallimard, 1989); et  Édouard Glissant, Poétique 4 Traité du tout-monde. (Paris: Gallimard, 1997).

5 Lise Gauvin, « Deux fers au feu, René Depestre » dans L’écrivain francophone à la croisée des langues, entretiens (Paris: Karthala, Lettres du Sud, 2009), p.90. 

6 René Depestre, Rage de vivre, œuvres poétiques complètes (Paris: Seghers, 2025), p. 500 : « En “poète noir” de la caraïbe qui “y a cru”, et, durant un exil sans fin, y a engagé son corps et son âme, je ressens profondément ma part de culpabilité et de responsabilité dans la tragédie du mouvement communisme international ». 

7 Pour une définition du « géolibertinage » voir : « Mémoires du géolibertinage », dans René Depestre, Alléluia pour une femme jardin (Paris: Gallimard, 1981), p. 121.

Références indicatives 

Bernabé, Jean, Chamoiseau, Patrick et Confiant, Raphaël. Éloge de la créolité. Paris: Gallimard, 1989.

Blanchaud, Corinne. «René Depestre, l’homme-banian ou les tribulations du “Tout en un”». Haïti Enjeux d’écriture. Saint-Denis : Presses universitaires de Vincennes, 2013.

Cauvin, Gaëlle. « Le journal de René Depestre peut-il faire œuvre ?  ». Continents manuscrits, N°19, 2022. 

Ciprut, Marie-Andrée.  « Identité banian de la Caraïbe : formation, transformations et expansion dans les diversités ». Sens-Dessous, N°13, 2014. p.35-48. 

Costantini, Alessandro. « Cinquante ans de regards sur la littérature d’Haïti (les traductions italiennes de 1948 à 1998) » dans Interfrancophonies, Numéro “Mélanges”, 2014.

Couffon, Claude. René Depestre. Paris: Seghers, Poètes d’aujourd’hui, 1986. 

Delpêche, Bernard. Magouille d’une esthétique: René Depestre et le Vodou. Paris: Caractères, 2005. 

Depestre, René. Bonjour et adieu à la négritude. Paris: Robert Laffont, 1980.

Depestre, René. Alléluia pour une femme jardin. Paris: Gallimard, 1981.

Depestre, René. « Les métamorphoses de la négritude en Amérique ». Présence Africaine, N° 75, 1970. p.19-33. 

Depestre, René. « Réponse à Aimé Césaire : (Introduction à un art poétique haïtien) ». Présence Africaine, N°165-166, 2002. p.225-242.

Depestre, René. Rage de vivre, œuvres poétiques complètes. Paris: Seghers, 2025.

Del Rossi, Sara. (dir.) « René Depestre, de la lumière face à la barbarie ». Interculturel Francophonies, Vol. 47. Lecce: Alliance française, 2025. 

Gauvin, Lise. « Deux fers au feu, René Depestre » dans L’écrivain francophone à la croisée des langues, entretiens. Paris: Karthala, Lettres du Sud, 2009.

Glissant, Édouard. Poétique de la Relation. Poétique III. Paris: Gallimard, 1990.

______________. Poétique, 4. Traité du tout-monde. Paris: Gallimard, 1997.

Hartman, Saidiya. À perte de mère. Sur les routes atlantiques de l’esclavage, [2006] trad. fr. M. Soumahoro. Paris: Éditions Brook, 2023.

Joqueviel-Bourjea, Marie et Bonhomme, Béatrice. René Depestre, le soleil devant. Paris: Hermann, 2015.

Leconte, Frantz A. René Depestre, du chaos haïtien à la tendresse debout. Paris: L’Harmattan, 2016.

Leiner, Jacqueline. « René Depestre ou du surréalisme comme moyen d’accès à l’identité haïtienne ». Romanische Forschungen 89, N°1, 1977. p. 37–50. 

Marty, Anne. « La représentation du féminin romanesque chez René Depestre » dans La littérature haïtienne dans la modernité. Paris: Karthala, 2017. p.166-175.

Miano, Léonora. Afropéa, Utopie post-occidentale et post-raciste. Paris: Grasset, 2020.

Miller, Paul B., « Un cubano mas?: An Interview with Rene Depestre about his Cuban Experience ». Afro Hispanic Review, Vol.34, N°2, 2015.

Munro, Martin. « Shaping and Reshaping the Caribbean. The Work of Aimé Césaire and René Depestre ». MHRA, Vol. 52. Londres et Leeds : Maney & Sons, 2000. 

Parisot, Yolaine. Regards littéraires haïtiens : cristallisations de la fiction-monde. Paris: Classiques Garnier, Bibliothèques francophones, 2018 

Pessini, Alba. « La littérature haïtienne en Italie : diffusion, réception et enjeux (2004-20) ». Il Tolomeo, N° 24, 2022. p.145-158.

Tomas, Ilda et Bonhomme, Béatrice. Indomptable Depestre. Paris: Hermann, 2017.

Thiao, Yopane. « La quête de l’identité africaine à travers les œuvres de René Depestre et Nicolas Guillen ». Thèse de doctorat, Université Paris Nanterre, 2002. 

Zarotti, Sonia et Depestre, René. « Entretien avec René Depestre ». Francofonia, N° 34, 1998. p. 113–18.

1.3 Interculturalité et Développement culturel dans les espaces caribéens, guyanais et canadiens francophones.

7-8 décembre 2026

Mode : présentiel et en ligne 

Organisation en association avec le CREDDI EA 4541 Université des Antilles

et le MINEA UR 7458 Université de Guyane et de l’ICT dans le cadre du PSR INEAF

 Professeurs Marie-Christine SEGUIN, Paul ROSELE CHIM, Joël RABOTEUR,

Maîtres de conférences Stéphane LAPOUTGE et Christelle GUILLIN 

Coordinateurs : Docteur Guillaume ROBILLARD et Docteur Kevin PORCHER

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Les productions culturelles rendent visibles les tensions entre mémoire, appartenance, altérité et pouvoir, tout en participant à la déconstruction des modèles culturels dominants et à l’émergence de nouvelles formes de relation. 

Dans le prolongement des réflexions d’Édouard Glissant sur la créolisation, la Relation et le Tout-monde, ainsi que des travaux de Patrick Chamoiseau, Raphaël Confiant et Jean Bernabé sur la Créolité et les langues créoles, on envisage l’interculturalité comme un processus relationnel, pluriel et ouvert, situé au croisement du linguistique, du culturel, du politique et du symbolique. Ces approches invitent à penser les appartenances comme fondamentalement relationnelles, plurielles et en constante recomposition. Le corpus retenu adopte une perspective résolument transdisciplinaire, articulant littérature, cinéma, arts plastiques, musique, pratiques religieuses et histoire. Sur le plan littéraire, des œuvres telles que Traversée de la mangrove de Maryse Condé ou Texaco de Patrick Chamoiseau donnent à voir des espaces polyphoniques où dialoguent mémoire collective, expériences individuelles et dynamiques interculturelles. Dans le champ cinématographique, Rue Cases-Nègres (1983) d’Euzhan Palcy, Coco la Fleur candidat (1979) de Christian Lara ou encore Biguine (2004) de Guy Deslauriers et Nèg maron de Jean-Claude Barny (2005) mettent en scène les réalités sociales et historiques du quotidien antillais, tandis que les œuvres plastiques de Michel Rovelas (Guadeloupe), d’Ernest Breleur (Martinique) et d’Hervé Télémaque (Haïti), pour ne citer que quelques artistes, interrogent les circulations esthétiques et les formes d’hybridation visuelle.

1. Une écriture du ‘je’ pluriel : quand la littérature du quotidien adopte une démarche auto-théorique, mobilise un « je » à la fois intime et extime : le sujet se raconte tout en pensant sa propre expérience. Loin de se limiter à l’autobiographie, cette écriture transforme le vécu individuel en objet d’analyse et en véritable production de savoir. Elle interroge les héritages du colonialisme, des migrations, des diasporas et des circulations culturelles pour relire le passé à la lumière du présent et proposer une compréhension renouvelée des réalités postcoloniales ou décoloniales. On peut ainsi penser à Le Cœur à rire et à pleurer et La Vie sans fards de Maryse Condé, Une enfance créole (en trois tomes) de Patrick Chamoiseau ou encore Ravines du devant-jour et Le Cahier de romances de Raphaël Confiant. Écrire n’est alors pas seulement représenter le monde, mais agir sur lui. Michel de Certeau définit l’écriture comme « l’activité concrète qui consiste sur un espace propre, la page, à construire un texte qui a pouvoir sur l’extériorité dont il a d’abord été isolé » (L’Invention du quotidien, 1990, p. 199). Dans cette perspective anthropologique, et en reprenant l’idée de Roland Posner selon laquelle une culture peut être envisagée comme un ensemble de textes, toute production littéraire ou artistique participe à la construction des représentations collectives. Le texte peut également être pensé comme un socio-texte, au sens de Claude Duchet : un espace où se croisent discours sociaux, mémoires collectives, imaginaires culturels et contextes historiques.

2. Repenser l’interculturalité, au-delà du multiculturalisme / les apports de la créolisation et de la Créolité : L’interculturalité ne se réduit pas à une juxtaposition de cultures. Elle dépasse les logiques du multiculturalisme et du transculturalisme pour désigner un espace de relations où les appartenances se construisent, se négocient et se transforment au contact de l’autre. Les notions d’adaptation, d’intégration ou de transfert culturel apparaissent insuffisantes dès lors qu’elles supposent une relation asymétrique entre groupe dominant et groupe dominé. À l’inverse, l’interculturalité suppose une co-construction où chaque acteur transforme et est transformé. Cette approche prolonge, tout en les dépassant, les réflexions de Fernando Ortiz sur la transculturation : les appartenances qui en résultent restent ouvertes, évolutives, négociées, et se construisent dans l’expérience quotidienne plutôt que dans des catégories figées. Deux notions éclairent particulièrement ces dynamiques de contact culturel : la créolisation et la Créolité. Édouard Glissant définit la créolisation comme « la mise en contact de plusieurs cultures ou au moins de plusieurs éléments de cultures distinctes, dans un endroit du monde, avec pour résultante une donnée nouvelle, totalement imprévisible par rapport à la somme ou à la simple synthèse de ces éléments », à la différence du métissage, dont le résultat serait prévisible (Traité du Tout-monde : Poétique IV, Gallimard, 1997, p. 32). Jean Bernabé, Patrick Chamoiseau et Raphaël Confiant, dans Éloge de la Créolité (Gallimard, 1993 [1989], p.26), définissent la créolité comme « l’agrégat interactionnel ou transactionnel des éléments culturels caraïbes, européens, africains, asiatiques et levantins, que le joug de l’Histoire a réunis sur le même sol », insistant sur le fait que cette Créolité ne peut être réduite à sa seule dimension linguistique.

Cette relecture des rapports culturels contribue à déplacer les frontières du savoir et du pouvoir, en inscrivant dans l’espace public des questionnements longtemps réservés au monde académique : héritages coloniaux, discriminations, enjeux environnementaux. Les travaux d’Alain Suberchicot en écocritique montrent ainsi que les questions environnementales et culturelles relèvent désormais d’une réflexion commune sur les relations entre sociétés et milieux de vie, ouvrant la voie à une véritable écologie des relations, fondée sur la reconnaissance de la pluralité des trajectoires plutôt que sur l’uniformité. 

3. Territoire, territorialité et espaces de rencontre : La question territoriale est un enjeu majeur de l’interculturalité contemporaine. La littérature auto-théorique ne se contente pas de représenter des espaces : elle interroge les relations que les individus entretiennent avec eux. Le territoire cesse d’être une simple délimitation géographique pour devenir une territorialité, un espace vécu, investi de mémoires, d’usages et de pratiques en constante évolution. Le « je pluriel » de cette écriture se situe simultanément dans le réel de l’expérience, dans le récit, et dans les contextes historiques et sociaux qui l’entourent. Il met ainsi au jour la plasticité des territorialités façonnées par les rencontres, les déplacements et les échanges, qu’illustrent les migrations contemporaines et les espaces de transit. Bertrand Westphal, dans La Géocritique. Réel, Fiction, Espace, offre un cadre fécond en concevant le territoire comme un « espace commun, né au et du contact de différents points de vue » (p. 188). Les espaces caribéens, guyanais et canadiens francophones apparaissent alors comme des laboratoires où s’élaborent des appartenances multiples, propices à renouveler les lectures de l’histoire et des mémoires collectives. Dans son essai Poétique de la Relation : Poétique III (Paris, Gallimard, 1990, p.46), Édouard Glissant déclare : « En ce qui me concerne, je cite la Caraïbe comme un des lieux du monde où la relation le plus visiblement se donne, une des zones d’éclat où elle paraît se renforcer. Le mot éclat est à prendre ici au double sens d’éclairage et d’éclatement. Cette région a toujours été un endroit de rencontre, de connivence, en même temps que de passage vers le continent américain (…) Une mer qui diffracte. La réalité archipélique dans la Caraïbe ou dans le Pacifique, illustre naturellement la pensée de la Relation, sans qu’il faille en déduire quelque avantage que ce soit. » 

4. Une démarche interdisciplinaire et transmissible tenant compte de la diversité, de l’altérité et de la coopération. Cette littérature dialogue avec les arts visuels, le cinéma, la musique, les pratiques religieuses, la sociologie, l’histoire et l’anthropologie, dépassant les cloisonnements disciplinaires pour mieux saisir les phénomènes interculturels, créolisation, interculturation, recomposition des appartenances. Comme le rappelle la Déclaration universelle de l’UNESCO sur la diversité culturelle (2001), celle-ci constitue un patrimoine commun de l’humanité, ce qui invite à dépasser toute conception essentialiste des cultures : les appartenances ne sont pas des réalités closes, mais se construisent dans le mouvement et la relation. En prenant conscience que l’Autre, c’est Soi, l’approche interculturelle ne repose plus sur ce qui distingue, mais sur ce qui fédère, non des modalités identiques, mais la manière dont elles se transforment mutuellement pour faire émerger quelque chose de nouveau et de complémentaire, appelé à trouver sa place dans une coopération partagée.

Cet appel s’organise autour de trois axes :

I-Poétiques du quotidien et créolisation : analyse des pratiques ordinaires comme lieux d’interaction culturelle. 

II-Formes artistiques et récits interculturels : littérature, cinéma, arts visuels et musique comme espaces de mise en récit du pluralisme culturel. 

III-Savoirs, croyances et pouvoirs : rôle des langues créoles, des pratiques religieuses et des héritages historiques dans la construction des savoirs, des pouvoirs et des croyances. 

En articulant analyse esthétique, approche anthropologique et réflexion épistémologique, cette proposition entend montrer que les espaces caribéens et francophones constituent un laboratoire critique de l’interculturalité contemporaine, où se déploient des formes renouvelées du sujet pluriel : 

-Poétiques du quotidien et pratiques interculturelles 

-Créolisation, langues et appartenances 

-Arts et représentations du pluralisme culturel 

-Mémoire, diaspora et récits transnationaux 

-Religions et syncrétismes dans les espaces postcoloniaux et/ou décoloniaux 

-Circulations culturelles et rapports de pouvoir 

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Mots-clés : Interculturalité ; créolisation ; quotidien ; diaspora ; littérature caribéenne ; arts visuels ; cinéma ; musique ; religions ; langues créoles ; subjectivité plurielle ; transformations sociales 

Organisation en association avec le CREDDI EA 4541 Université des Antilles et le MINEA UR 7458 Université de Guyane et de l’ICT dans le cadre du PSR INEAF

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Professeurs Marie-Christine SEGUIN, Paul ROSELE CHIM, Joël RABOTEUR, Maîtres de conférences Stéphane LAPOUTGE et Christelle GUILLIN 

Coordinateurs : Docteur Guillaume ROBILLARD et Docteur Kevin PORCHER

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Envoi du résumé de la proposition en français (500 mots max) avant le 10 octobre 2026 à 

marie-christine.seguin@ict-toulouse.fr

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Bibliographie

Théories de la créolisation, de l’interculturalité et de la relation

·       Bernabé, Jean, Chamoiseau, Patrick, Confiant, Raphaël. Éloge de la créolité. Paris, Gallimard, 1989. 

·       Chamoiseau, Patrick. Écrire en pays dominé. Paris, Gallimard, 1997. 

·       Glissant, Édouard. Poétique de la Relation. Paris, Gallimard, 1990. 

·       Glissant, Édouard. Introduction à une poétique du Divers. Paris, Gallimard, 1996. 

·       Glissant, Édouard. Traité du Tout-monde. Paris, Gallimard, 1997. 

·       Gruzinski, Serge. La Pensée métisse. Paris, Fayard, 1999. 

·       Laplantine, François, Nouss, Alexis. Le Métissage. Paris, Flammarion, 1997. 

·       Wieviorka, Michel. La Différence. Paris, Balland, 2001. 

Études postcoloniales et transculturalité

·       Bhabha, Homi K. The Location of Culture. London, Routledge, 1994. 

·       Gilroy, Paul. The Black Atlantic. Boston, Harvard University Press, 1993. 

·       Hall, Stuart. “Cultural Identity and Diaspora”, dans Identity: Community, Culture, Difference. Londres, Lawrence & Wishart, 1990. 

·       Pratt, Mary Louise. Imperial Eyes: Travel Writing and Transculturation. London, Routledge, 1992. 

Quotidien, pratiques et anthropologie

·       Augé, Marc. Pour une anthropologie des mondes contemporains. Paris, Aubier, 1994. 

·       Certeau, Michel de. L’Invention du quotidien. Tome 1 : Arts de faire. Paris, Gallimard, 1980. 

·       Heller, Agnes. La Vie quotidienne. Paris, PUF, 1984 (trad. fr.). 

Diasporas, mémoire et migrations

·       Clifford, James. Routes. Travel and Translation in the Late Twentieth Century. Boston, Harvard University Press, 1997. 

·       Cohen, Robin. Global Diasporas. London, Routledge, 2008. 

·       Ricœur, Paul. La Mémoire, l’histoire, l’oubli. Paris, Seuil, 2000. 

Littérature caribéenne et francophone

·       Condé, Maryse. Moi, Tituba sorcière…. Paris, Mercure de France, 1986. 

·       Condé, Maryse. Traversée de la mangrove. Paris, Mercure de France, 1989. 

·       Condé, Maryse. Le Cœur à rire et à pleurer. Paris, Robert Laffont, 1999. 

·       Condé, Maryse. La Vie sans fards. Paris, Pocket, 2014. 

·       Chamoiseau, Patrick. Une enfance créole I : Antan d’enfance. Paris, Gallimard, « Folio », 1996 (Hatier, 1990).

·       Chamoiseau, Patrick. Texaco. Paris, Gallimard, 1992. 

·       Chamoiseau, Patrick. Une enfance créole II : Chemin-d’école. Paris, Gallimard, « Folio », 1996 (1994).

·       Chamoiseau, Patrick. Une enfance créole III : A bout d’enfance. Paris, Gallimard, « Folio », 2006 (2005).

·       Confiant, Raphaël. Ravines du devant-jour. Paris, Gallimard, 1993.

·       Confiant, Raphaël. Le Cahier de romances. Paris, Gallimard, 2000.

·       Laferrière, Dany. L’Énigme du retour. Paris, Grasset, 2009. 

Arts, cinéma et cultures populaires

·       Barny, Jean-Claude. Nèg maron (film), 2005.

·       Berthet, Dominique. Les corps énigmatiques d’Ernest Breleur. Paris, L’Harmattan, « Les arts d’ailleurs », 2006. 

·       Berthet, Dominique & Leenhardt, Jacques. Ernest Breleur. Paris, Hervé Chopin. 2008.

·       Deslauriers, Guy. Biguine (film), 2004.

·       Lara, Christian. Coco la Fleur, candidat (film), 1979.

·       Palcy, Euzhan. Rue Cases-Nègres (film), 1983. 

·       Rovelas, Michel. Mémoires de sang, mémoires de vie : mythologies créoles. Paris, Les Éditions de Paris-Max Chaleil, 2019.

·       Télémaque, Hervé. Catalogues d’exposition du Centre Pompidou ou de la Fondation Clément (selon l’orientation retenue). 

·       Xuriguera, Gérard. Michel Rovelas. Paris, Garnier Nocera, 1996. 

Religions, créolité et syncrétismes

·       Hurbon, Laënnec. Le Barbare imaginaire. Paris, Cerf, 1988. 

·       Hurbon, Laënnec. Les Mystères du vaudou. Paris, Gallimard, 1993. 

·       Métraux, Alfred. Le Vaudou haïtien. Paris, Gallimard, 1958. 

Pour renforcer la dimension épistémologique sur le sujet pluriel

·       Lionnet, Françoise, Shih, Shu-mei (dir.). Minor Transnationalism. Durham, Duke University Press, 2005. 

·       Mignolo, Walter D. The Darker Side of Western Modernity. Durham, Duke University Press, 2011. 

·       Mbembe, Achille. Critique de la raison nègre. Paris, La Découverte, 2013.

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Bibliographie théorique complémentaire 

·       Burgart Goutal, Jeanne. Être écoféministe. Théorie et pratiques. Le Kremlin-Bicêtre, Éditions l’Échappée, 2020.

·       D’Eaubonne, Françoise. Écologie et Féminisme, révolution ou mutation ?. Paris, Libre et Solidaire Éditeur. 1979 ; rééd. 2018.

·       Duchet, Claude. « Une écriture de la socialité », Poétique, n° 16, 1973, pp. 446-454.

·       Duchet, Claude. « Pathologie de la ville zolienne », dans Du visible à l’invisible. Pour Max Milner, sous la direction de Stéphane Michaud, t. 1. Paris, José Corti, 1988, pp. 83-96.

·       Duchet, Claude & Tournier, Isabelle. « Sociocritique », dans Dictionnaire universel des littératures, vol. 3, sous la direction de Béatrice Didier. Paris, Presses universitaires de France, 1994, pp. 3571-3573.

·       Duchet, Claude & Maurus, Patrick. Un cheminement vagabond. Nouveaux entretiens sur la sociocritique. Paris, Honoré Champion, 2011.

·       Falquet, Jules, Laugier, Sandra & Molinier, Pascale. Genre et environnement : nouvelles menaces, nouvelles analyses au Nord et au Sud. Paris, L’Harmattan, 2015.

·       Gadamer, Hans-Georg. Vérité et méthode, les grandes lignes d’une herméneutique philosophique. Paris, Seuil, 1976 (1996 pour la traduction française).

·       Iser, Wolfgang. L’acte de lecture : théorie de l’effet esthétique. All. 1972, France 1985.

·       Iser, Wolfgang. L’appel du texte : l’indétermination comme condition d’effet esthétique de la prose littéraire. Paris, Éd. Allia, 2012 (1re éd. all. 1970).

·       Lahire, Bernard (dir.), Ce qu’ils vivent, ce qu’ils écrivent. Paris, Éditions des Archives Contemporaines, 2011.

·       Léger, Marie & Morales Hudon, Anahi. Fragments de décolonisation – Femmes autochtones en mouvement. Laval, Université Laval, Québec, Recherches féministes, Consortium Erudit, 2017.

·       Levy, Charmain & Martinez, Andrea. Genre, féminismes et développement : une trilogie en construction. Ottawa, Les presses de l’Université d’Ottawa, coll. « Études en développement international et mondialisation », 2019.

·       Masson, Sabine. Pour une critique féministe décoloniale : réflexions à partir de mon engagement avec des luttes indigènes au Mexique et au Honduras. Lausanne, Éditions Antipodes, coll. « Regards anthropologiques », 2016.

·       Montanaro, Mara. Théories féministes voyageuses. Internationalisme et coalitions depuis les luttes latino-américaines. Quimperlé, Éditions Divergences, 2023.

·       Popovic, Pierre. « La sociocritique : présupposés, visées, cadre heuristique – L’École de Montréal », Revue des Sciences humaines, n° 299, juillet-septembre 2010, pp. 13-29.

·       Popovic, Pierre. « La sociocritique. Définition, histoire, concepts, voies d’avenir », Pratiques, n° 151-152, décembre 2011.

·       Popovic, Pierre & Maurus, Patrick (dir.). Actualité de la sociocritique. Actes du symposium international de Paris. Paris, L’Harmattan, 2013.

·       Vachon, Stéphane & Neefs, Jacques (dir.). La politique du texte, enjeux sociocritiques : pour Claude Duchet. Lille, Presses universitaires de Lille, 1992. 

1.4 Les Humanités à l’épreuve de l’écologie : imaginaires, savoirs et pratiques du vivant (Tunisie)

Journée scientifique
Les Humanités à l’épreuve de l’écologie : imaginaires, savoirs 
et pratiques du vivant
3 Décembre 2026 – Institut Supérieur des Etudes Appliquées en Humanités de Gafsa (TUN) 

Laboratoire Maghreb Arabe: Umrane pluriel 

Université de Sfax – Faculté des Lettres et Sciences Humaines de Sfax 

En partenariat avec 

Institut Supérieur des Études Appliquées en Humanités de Gafsa
Département de Français- Département de Sociologie

Coordinateurs : 

Elyssa REBAI (Université de Gafsa)  

Samira ZAIBI (Université de Gafsa) 

Nouri ADIB (Université de Gafsa) 

Argumentaire 

Depuis plusieurs décennies, la question écologique s’est imposée comme l’un des principaux défis de notre temps. Les bouleversements climatiques, l’effondrement de la biodiversité, l’épuisement des ressources naturelles, la transformation des territoires, la raréfaction de l’eau ou encore les multiples formes de vulnérabilité environnementale invitent à repenser en profondeur les rapports que les sociétés entretiennent avec le vivant. Si les sciences de la nature jouent un rôle fondamental dans l’identification et la compréhension de ces phénomènes, les sciences humaines et sociales, les lettres et les arts sont également appelés à interroger les représentations, les récits et les systèmes de valeurs qui contribuent à façonner notre relation aux milieux de vie.

L’écologie ne constitue plus seulement un champ scientifique consacré aux interactions entre les êtres vivants et leur environnement. Elle est devenue un véritable paradigme intellectuel, culturel et politique qui conduit à reconsidérer les frontières entre nature et culture, humain et non-humain, individu et milieu, mais aussi entre savoirs scientifiques, savoirs vernaculaires et expériences sensibles des territoires. Dans cette perspective, les humanités peuvent contribuer à déplacer le regard : il ne s’agit plus seulement de penser la « nature » comme un espace extérieur à l’être humain, mais d’interroger les manières dont les sociétés habitent, racontent, transforment et parfois dégradent les milieux auxquels elles appartiennent.

Deux questions directrices pourraient ainsi structurer cette journée d’étude : comment les humanités contribuent-elles à repenser les relations entre humains, autres vivants et territoires ? Et comment les contextes historiques, culturels et géographiques, notamment ceux du Maghreb et de la Méditerranée, permettent-ils de renouveler les imaginaires et les savoirs écologiques ? Ces interrogations invitent à considérer l’écologie non seulement comme une problématique globale, mais également comme une expérience située, inscrite dans des territoires, des mémoires, des pratiques et des histoires particulières.

La littérature occupe, dans cette réflexion, une place essentielle. En mettant en scène les paysages, les transformations des milieux, les catastrophes environnementales, les relations entre humains et non-humains, les mémoires des territoires ou les imaginaires de l’avenir, elle constitue un laboratoire privilégié où s’élaborent et se confrontent différentes manières d’habiter le monde. Les approches écocritiques et écopoétiques, les humanités environnementales, les études animales ou les travaux consacrés aux matérialités du vivant témoignent du renouvellement profond des recherches littéraires autour des enjeux écologiques. La littérature peut ainsi être envisagée non seulement comme un espace de représentation de la crise environnementale, mais aussi comme un lieu d’expérimentation de nouvelles sensibilités et de nouvelles formes de relation au vivant.

Cette réflexion conduit également à accorder une attention particulière aux territoires et aux savoirs qui leur sont liés. Les récits de paysages, les mémoires environnementales, les pratiques agricoles et pastorales, les usages de l’eau et des ressources, les savoirs vernaculaires, les formes de transmission intergénérationnelle ou encore les représentations de la terre constituent autant de matériaux permettant d’interroger les rapports entre culture et environnement. Une telle approche invite à décentrer les modèles théoriques dominants et à prendre en considération des expériences écologiques élaborées dans des contextes historiques et géographiques spécifiques.

Cette dimension est particulièrement importante dans les espaces maghrébins et méditerranéens, marqués par une longue histoire d’interactions entre sociétés et milieux, mais aussi par des transformations environnementales contemporaines particulièrement sensibles : stress hydrique, désertification, artificialisation des espaces, transformations du littoral, mutations agricoles, dégradation des écosystèmes et effets du changement climatique. Ces réalités invitent à interroger les formes de savoir et de représentation qui se sont constituées autour du territoire, de l’eau, de la terre et du vivant. Elles permettent également d’ouvrir un dialogue critique avec les approches décoloniales, en questionnant les hiérarchies entre savoirs scientifiques et savoirs locaux, ainsi que les héritages historiques et politiques qui continuent de structurer les relations aux ressources et aux territoires.

L’enjeu est donc de penser l’écologie à partir d’une pluralité de perspectives et de situations, sans opposer les savoirs scientifiques aux savoirs culturels, littéraires ou vernaculaires. Les humanités environnementales offrent précisément un espace où peuvent se rencontrer ces différents régimes de connaissance. La philosophie, la sociologie, l’histoire, l’histoire des idées, l’anthropologie, la géographie culturelle, l’histoire de l’art, les sciences du langage, les études littéraires ou les sciences de l’information et de la communication peuvent ainsi contribuer à comprendre les transformations des sensibilités, les mutations des imaginaires collectifs, les enjeux éthiques et politiques de la crise écologique et les nouvelles formes d’engagement qui en découlent.

La question des imaginaires occupera, dans cette perspective, une place centrale. Face aux scénarios de catastrophe et aux discours sur l’effondrement, comment les œuvres littéraires et artistiques inventent-elles d’autres manières de représenter l’avenir ? Comment donnent-elles à voir les interdépendances entre les espèces et les milieux ? Comment transforment-elles notre perception des territoires et des formes de vulnérabilité qui les affectent ? Et, inversement, comment les transformations concrètes des milieux modifient-elles les récits, les mémoires et les sensibilités collectives ?

La journée d’étude entend ainsi privilégier une approche de l’écologie comme expérience située du vivant, à la croisée des imaginaires, des savoirs et des pratiques. Elle souhaite mettre en dialogue des travaux qui interrogent aussi bien les représentations littéraires et artistiques de l’environnement que les manières d’habiter les territoires, de transmettre les savoirs écologiques et de penser les relations entre humains et non-humains.

Cette journée n’entend pas opposer les différentes disciplines ni proposer une définition univoque de l’écologie. Elle cherche au contraire à faire dialoguer des approches qui permettent de comprendre comment les sociétés construisent leurs rapports au vivant, comment les territoires deviennent des objets de mémoire et de conflit, et comment les œuvres, les savoirs et les pratiques peuvent contribuer à transformer nos manières d’habiter le monde.

En accordant une place aux perspectives maghrébines et méditerranéennes, la rencontre souhaite également contribuer à une réflexion moins centrée sur les seuls modèles théoriques produits dans les espaces académiques occidentaux. Il s’agit de faire émerger des expériences, des savoirs et des imaginaires situés, susceptibles d’enrichir les humanités environnementales et d’en déplacer les questionnements. La journée entend ainsi favoriser les échanges entre chercheurs confirmés, jeunes chercheurs et doctorants autour d’une écologie pensée à la fois comme crise, comme expérience territoriale et comme renouvellement des manières de connaître, de représenter et de pratiquer le vivant.

Axes de réflexion à titre indicatif 

  • Imaginaires écologiques et représentations du vivant : littérature, poésie, récit, arts visuels, cinéma, théâtre, photographie et nouvelles formes artistiques de représentation de l’environnement et du vivant. 
  • Territoires, paysages et mémoires environnementales : récits de lieux, transformations des paysages, mémoire des territoires, patrimoine naturel et culturel, mobilités et mutations des espaces ruraux, urbains et littoraux. 
  • Savoirs, ressources et pratiques du vivant : eau, terre, agriculture, biodiversité, pratiques vernaculaires, savoirs autochtones et locaux, transmission intergénérationnelle et confrontation entre différents régimes de connaissance. 
  • Écologie, pouvoir et perspectives décoloniales : héritages coloniaux, appropriation et gestion des ressources, justice environnementale, rapports de pouvoir autour des territoires et critique des modèles écologiques universalistes. 
  • Humanités environnementales au Maghreb et en Méditerranée : spécificités des expériences écologiques maghrébines et méditerranéennes, représentations de la sécheresse, de la désertification, du littoral et de l’eau, littérature et arts face aux transformations environnementales. 
  • Langues, discours et transmission des savoirs écologiques : lexiques de l’environnement, discours médiatiques et institutionnels, traduction, plurilinguisme, transmission et médiation des savoirs écologiques. 
  • Éthique, politique et nouvelles formes d’engagement : justice climatique, vulnérabilités environnementales, mouvements écologiques, citoyenneté, éducation à l’environnement et nouvelles pratiques militantes et artistiques. 

Bibliographie indicative (non exhaustive) 

1. Écopoétique et études littéraires

  • Auraix-Jonchière, Pascale (dir.), George Sand et les espaces naturels, La Revue des Lettres modernes, série « Écolittératures », Paris, Lettres Modernes Minard / Classiques Garnier, 2026.  
  • Auraix-Jonchière, Pascale, « Promenades autour d’un village de George Sand (1866) : un essai d’écolittérature ? », Viatica, Hors-série n° 8, 2025.  
  • Buell, Lawrence, The Environmental Imagination. Thoreau, Nature Writing, and the Formation of American Culture, Cambridge (Mass.), Harvard University Press, 1995.  
  • Chiari, Sophie, L’écocritique. Repenser l’environnement au prisme de la littérature, PU Blaise Pascal, 2024. 
  • David, Sylvain et Vadean (dir.), La Pensée Écologique et l’espace littéraire, Montréal, Figura, Centre de recherche sur le texte et l’imaginaire, vol. 36, 2015.  
  • Leopold, Aldo, L’Ethique de la terre, Payot, 2019. 
  • Marcandier, Christine, L’écopoétique, PU Vincennes, 2024. 
  • Morin, Edgar, Ecologiser l’homme, Lemieux Editeur, 2016, 11,50 € Fnac 
  • Morizot, Baptiste, Manières d’être vivant, Babel, 2022. 
  • Posthumus, Stephanie, French Écocritique. Reading Contemporary French Theory and Fiction Ecologically, Toronto, University of Toronto Press, 2017.  
  • Schoentjes, Pierre, Ce qui a lieu. Essai d’écopoétique, Marseille, Wildproject, 2015.  
  • Schoentjes, Pierre, Littérature et écologie : le mur des abeilles, Corti, 2020. 
  • Schoentjes, Pierre, Écrire la nature, imaginer l’écologie. Pour Pierre Gascar, Droz, « Romanica Gandensia », n°51, 2021. 
  • Suberchicot, Alain, Littérature et Environnement. Pour une écocritique comparée, Paris, Honoré Champion, coll. « Unichamp-Essentiel », 2012. 
  • Zlitni-Fitouri, Sonia (dir), Réinventer la nature: Pour une écopoétique des littératures de langue française, Academia, 2024. 

2. Philosophie et humanités environnementales

  • Chakrabarty, Dipesh, The Climate of History in a Planetary Age, Chicago, The University of Chicago Press, 2021.  
  • Descola, Philippe, Par-delà nature et culture, Paris, Gallimard, coll. « Bibliothèque des sciences humaines », 2005.  
  • Haraway, Donna J., Vivre avec le trouble (Staying with the Trouble. Making Kin in the Chthulucene), trad. de l’anglais par Vivien García, Vaulx-en-Velin, Éditions des Mondes à faire, 2020.  
  • Latour, Bruno, Où atterrir ? Comment s’orienter en politique, Paris, La Découverte, 2017.  
  • Morizot, Baptiste, Manières d’être vivant. Enquêtes sur la vie à travers nous, Arles, Actes Sud, coll. « Domaine du possible », 2020.  
  • Stengers, Isabelle, Au temps des catastrophes. Résister à la barbarie qui vient, Paris, La Découverte, coll. « Les Empêcheurs de penser en rond », nouvelle édition, 2024.  

3. Sociologie, histoire des idées et sciences sociales de l’environnement

  • Beck, Ulrich, La Société du risque. Sur la voie d’une autre modernité, trad. de l’allemand par Laure Bernardi, Paris, Flammarion, coll. « Champs », 2001 (éd. orig. : Risikogesellschaft, 1986).  
  • Bourg, Dominique et Papaux, Alain (dir.), Dictionnaire de la pensée écologique, Paris, Presses Universitaires de France, coll. « Quadrige Dicos Poche », 2015.  
  • Callon, Michel, Lascoumes, Pierre et Barthe, Yannick, Agir dans un monde incertain. Essai sur la démocratie technique, Paris, Éditions du Seuil, coll. « La couleur des idées », 2001.  
  • Jarrige, François, Technocritiques. Du refus des machines à la contestation des technosciences, Paris, La Découverte, coll. « Zones », 2014.  

4. Arts, esthétique et environnement

  • Blanc, Nathalie, Les Formes de l’environnement. Manifeste pour une esthétique politique, Genève, MétisPresses, coll. « vuesDensemble », 2022.  
  • Demos, T. J., Decolonizing Nature. Contemporary Art and the Politics of Ecology, Berlin, Sternberg Press, 2016. 

5.Perspectives décoloniales, maghrébines et méditerranéennes

  • Buekens, Sara, Écologies littéraires africaines. L’imaginaire de l’environnement dans la littérature francophone postcoloniale, Faux Titre, vol. 468, Brill/Rodopi, 2025. 
  • Auclair, Laurent et Alifriqui, Mohamed (dir.), Agdal. Patrimoine socio-écologique de l’Atlas marocain, Marseille, IRD Éditions, 2012. 
  • Arnould, Paul et Hotyat, Micheline (dir.), Eau et environnement. Tunisie et milieux méditerranéens, Lyon, ENS Éditions, 2003. 
  • Ghodbani, Tarik, L’homme et l’environnement sur le littoral ouest de l’Algérie, du Dahra au Oued Kiss, Éditions Universitaires Européennes, 2011. 
  • Ferdinand, Malcom, Une écologie décoloniale. Penser l’écologie depuis le monde caribéen, Paris, Seuil, 2019. 
  • Boumediene, Samir, La colonisation du savoir. Une histoire des plantes médicinales du « Nouveau Monde » (1492-1750), Vaulx-en-Velin, Éditions des Mondes à faire, 2016. 
  • Zaouaq, Mohammed et Zaouaq, Karim, Aménagement du territoire et protection de l’environnement au Maroc, Paris, L’Harmattan, 2025. 

Modalités de soumission 

Les propositions de communication, rédigées en français, en anglais ou en arabe devront comporter :

  •  un titre ;
  • un résumé de 300 à 500 mots, présentant clairement la problématique, le corpus ou le terrain d’étude, la méthodologie et les principaux axes de réflexion ;
  • 5 mots-clés ;
  • une courte notice bio-bibliographique (100 à 150 mots), précisant l’affiliation institutionnelle, les principaux domaines de recherche et les coordonnées complètes (adresse e-mail, numéro de téléphone) de l’intervenant. 

Les propositions sont à envoyer en format Word (.doc ou .docx) accompagnées des coordonnées complètes de l’auteur (nom, prénom, affiliation institutionnelle, adresse électronique, numéro de téléphone) à l’adresse suivante : [elyssa.rebai@yahoo.com] Les propositions seront évaluées selon les critères suivants :

  • pertinence par rapport au thème de la journée ; 
  • originalité de la problématique ; 
  • qualité scientifique et méthodologique ; 
  • caractère interdisciplinaire de la démarche. 

Les communications retenues auront une durée de 20 minutes, suivies de 10 minutes de discussion. À l’issue de la manifestation qui se tiendra le 3 décembre 2026 à l’Institut Supérieur des Études Appliquées en Humanités de Gafsa, une sélection des contributions pourra faire l’objet d’une publication, sous réserve d’une expertise scientifique et du respect des normes éditoriales retenues.

Calendrier

  • Diffusion de l’appel à communications : 21 Octobre 2026  
  • Date limite de réception des propositions : 1 Novembre 2026 
  • Notification des décisions du comité scientifique :  5 Novembre 2026 
  • Journée d’étude : 3 Décembre 2026 

Comité d’organisation (ordre alphabétique des noms) 

Bassem ABIDA (Université de Gabes)

Mohamed Anis ABROUGUI (Université de Gafsa)

Nouri ADIB (Université de Gafsa)

Sami ATTIA (Université de Gafsa)

Souad BOUHOUCH (Université de Gafsa)

Wijdene BOUSLEH (Université de Gafsa)

Abdelkarim BRAHMI (Université de Gafsa)

Hamza KILANI (Université de Gafsa)

Neila MANAI (Université de Gafsa)

Saber RADDAOUI (Université de Gafsa)

Elyssa REBAI (Université de Gafsa)

Najih ZAGHDOUDI (Université de Kairouan)

Samira ZAIBI (Université de Gafsa)

Najib ZAOUIA (Université de Gafsa)

Comité scientifique (ordre alphabétique des noms)

Najiba CHKIR (Université de Sfax)

Ali ELLOUMI (Université de Sfax)

Mokhtar FARHAT (Université de Gafsa)

Moncef GUEBSI (Université de Sfax)

Saad HAFDAOUI (Université de Tunis)

Chokri MEMNI (Université de Sfax)

Ramzi TORKI (Université de Sfax)

Samira WALHEZI (Université de Sfax)

Sonia ZLITNI-FITOURI (Université de Tunis)

Hassen ZRIBA (Université de Gafsa)

1.5 Transformation. Séminaire doctoral (Univ. Paris Cité)

Appel à communications

Séminaire doctoral : « Transformation » 

Une séance par mois de décembre 2026 à avril 2027 – Université Paris Cité – ED n°131, CERILAC

Ce projet de séminaire doctoral propose pour l’année 2026/2027 un espace de recherche pour les jeunes chercheur.euse.s en études cinématographiques qui souhaiteraient interroger leurs travaux sous le prisme de la « transformation ». Se limitant à cette discipline mais s’ouvrant aux différentes approches qu’elle engage (esthétique, historique, politique, etc.), la notion de « transformation » aussi globale qu’elle peut être singulière, nous apparaît d’une grande richesse pour déployer une multitude de réflexions engagées, et inédites.

C’est d’abord la position troublante du trans de transformation qui intrigue. « Au-delà » ou « par-delà », voire même « à travers », trans ouvre un passage vers de l’ailleurs, vers du nouveau, vers de l’écart. Entre deux matières, entre deux êtres, entre deux identités, entre deux intensités, entre-images (Bellour, 2020), le trans appelle un mouvement – parfois radical – sur lequel la pensée se dérobe. De ce passage, il n’y a pas de prise, pas de moment déclencheur ni d’acte révélateur, plutôt de l’indistinct, du continu, du processus. La transformation, c’est le passage de l’un à l’autre mais aussi bien de l’un dans l’autre, c’est-à-dire échange de qualités et mélange d’identité, comme un brouillard qui se glisse entre les choses pour « silencieusement » les mettre en circulation (Jullien, 2009). Le préfixe trans, quel que soit son usage, met en difficulté les tentatives de classification traçant des limites. Ces dernières, en occultant la place du processus, nous détournent de ce qui est justement au cœur de la transformation : porter attention au cheminement plutôt qu’à l’état achevé.

Passer par la transformation, c’est expérimenter la société, la pensée et l’art autrement. C’est envisager ce qui nous entoure par le prisme d’une notion qui, bien qu’elle nous échappe parfois, nous renvoie à une dynamique ne cessant de déplacer et de réinvestir les formes des images et leurs significations. Cette impossibilité de fixer la transformation, déjà inscrite dans le mot lui-même, est précisément ce qui nous permet de décentrer notre regard. La forme de la transformation ne sera jamais maintenue, elle ne le peut pas car toujours coincée dans les mouvements incessants de son préfixe trans et de son suffixe –ation qui indique lui aussi un état toujours en cours : toujours en puissance, jamais en acte, la transformation se place dès lors du côté du devenir, de ce qui est à faire et à défaire. Jamais au repos, la transformation appelle constamment la métamorphose, déjà chantée par Ovide au huitième siècle, et l’hybridité (Haraway, 1985), résistant à toute tentative de fixation – à ce titre bien différente de l’événement, qui lui se donne en visibilité en tant que symptôme d’une transformation déjà entamée. La transformation ne relève plus seulement du changement d’état mais du devenir des formes et des images.

À cette notion, que peut le cinéma ? La transformation y trouve effectivement une expression privilégiée dans les formes et dans les sujets qui donnent moins à voir le changement accompli que son déploiement continu. Ce faisant, elle ne désigne plus uniquement le résultat mais un trouble en mouvement qui se déploie dans les matières même de l’image. À titre d’exemple, l’eau, par son caractère instable et fluide, en constitue une figure fondamentale, souvent mobilisée pour incarner les circulations et les devenirs des formes (Bachelard, 1942). Penser la transformation au cinéma revient alors à interroger tant les modifications internes de l’image que ses conditions historiques et matérielles de production et de réception. Adaptée au champ des études cinématographiques, la transformation est à envisager tant dans sa plasticité formelle que dans son rôle dans l’Histoire du monde et au sein de nos sociétés.

Plus qu’un simple changement de forme, la transformation engage nombre de modifications de fond que le cinéma sait rendre sensibles (Deleuze, 1983). Le motif de l’eau justement évoqué, est abondamment filmé par les avant-gardes européennes des années 1920 (Thouvenel, 2010), mais plus largement dans le champ expérimental, on pense par exemple au dispositif de James Benning dans 13 Lakes (treize plans fixes de treize minutes sur les treize lacs majeurs des États-Unis) et à l’insaisissable lumière d’un soleil qui se lève progressivement sur les montagnes qui bordent le Jackson Lake. On observe les lentes variations du point de netteté qui jouent de l’échange entre évanouissement et engendrement des formes dans 50 Feet of String, réalisé par Leighton Pierce. On se rappelle des fondus et transparences, ralentis et accélérés de The Reflecting Pool, mis en forme par Bill Viola, composant dans un seul plan plusieurs localités en perpétuelles mutations. Dans le champ historique, on pourrait citer les tentatives d’inscription des transformations sociales que Jean Vigo et Boris Kaufman tentent de capturer par leur caméra vacillante dans À propos de Nice. De même, on pourrait réfléchir à la façon dont la transformation se manifeste dans notre rapport à l’événement historique, dans l’œuvre de Jocelyne Saab et Il était une fois Beyrouth, histoire d’une star (1994). La transformation permanente du film et de ses images apparaît comme une tentative de recomposer et de fixer la mémoire de son pays, le Liban.

Enfin, cette ouverture du préfixe trans trouve une résonance politique dans les expériences transgenres, où la transformation ne renvoie plus à une simple métaphore mais s’actualise directement pour désigner les personnes transgenres, non binaires et intersexes. Alors, « transformation » devient « transition », terme proche qui s’accompagne de la complexe question du passing – apparu pour la première fois pendant la deuxième moitié du XIXe siècle en Amérique du Nord pour nommer l’expérience des personnes « métisses » qui passent pour des personnes « blanches » – dont l’usage s’est élargi et a migré vers les questions de genre (Zdanowicz, 2015). Par fragments, l’histoire du cinéma aura donné une voix à la communauté Queer, à ces états de vie parcouru par des changements, des franchissements (Espinera & Thomas, 2024) ou des estompements du genre. Voulu comme un mouvement d’émancipation aux dispositifs trop normés et oppressifs du genre, le mouvement trans se constitue d’autant de manières que l’on peut faire des expériences de l’identité. Parmi ces films, on peut mentionner le protéiforme Funérailles des roses réalisé par Toshio Matsumoto en 1969, relecture d’Œdipe Roi dans un Shinjuku queer captant les hybridations d’une nouvelle génération. Mais aussi Chocolate Babies de Stephen Winter de 1996, œuvre majeure du New Queer Cinéma, où des personnages noirs et séropositifs organisent une série d’attaques contre les institutions conservatrices à New York. On peut aussi citer, plus récemment, l’œuvre d’Alexis Langlois. 

Ainsi envisagée, la transformation ne constitue pas uniquement un objet circonscrit mais bel et bien un principe de recherche susceptible de faire dialoguer diverses approches. À ces quelques exemples, ce séminaire doctoral invite à explorer d’autres cinématographies et d’autres conceptions de la notion, s’articulant autour de différents axes, dont les suivants :

Axe 1 : Transformations du médium (technique, archive et pratique) : argentique, numérique, nouveau médias, réemploi, usages 

Cet axe s’intéressera aux mutations des techniques et des supports qui redéfinissent les pratiques cinématographiques, principalement celles qui sont issues du champ du cinéma expérimental. Il s’agira également de questionner les pratiques de restauration, de remédiation, de réemploi des archives et les nouvelles modalités de circulation des images (Manovich, 2010 ; Blümlinger, 2013 ; Casetti, 2015 ; Jacobs, 2022).

Axe 2 : Transformations des corps et des groupes (politique) : queer, changement de régime, migrations, identités

Les communications répondant à cet axe pourront interroger la transformation d’un point de vue politique en évoquant notamment les représentations des corps et des identités. Les approches féministes, queer, postcoloniales trouveront ici toute leur place afin d’aborder la manière dont le cinéma accompagne, révèle ou participe aux mutations sociales, politiques et culturelles devenant, en conséquence, un véritable « agent de l’histoire » (Butler, 1990 ; hooks, 1992 ; Ferro, 1993).

Axe 3 : Transformations des espaces et des temps (esthétique) : figure/fond, durée, fondus enchaînés, surimpressions 

Cet axe propose d’explorer les formes esthétiques de la transformation propres au cinéma. Les procédés de montage, les effets de surimpression, de transparence, de ralenti ou d’accéléré pourront être envisagés comme autant de modalités du devenir des images, la transformation révélant souvent un projet artistique à interroger dans son aspect technique (Aumont, 2009 ; Siety, 2009 ; Beugnet, 2017 ; Faucon, 2017).

Axe 4 : Transformations écologiques

Existe-t-il, au cinéma, une esthétique du vivant ? Comment les images rendent-elles visibles les mutations climatiques ou biologiques ? Face aux bouleversements environnementaux contemporains, cet axe souhaite réfléchir aux relations entre le cinéma et la transformation du vivant. Les approches relevant notamment de l’éco-cinéma pourront nourrir ces réflexions (Thouvenel, 2010 ; Della Noce et Murari, 2022 ; Lécole Solnychkine, 2023).

Axe 5 : Transformations des spectateurs et des expériences

Les mutations des modes de visionnage, des espaces de diffusion et des dispositifs immersifs transforment aussi les expériences spectatorielles. Des salles obscures aux plateformes, des installations muséales aux expériences interactives, cet axe invite à penser les nouvelles formes de réception du cinéma et les transformations de la relation entre les œuvres et les publics (Rancière, 2000 ; Païni, 2013 et 2014 ; Blümlinger, 2022).

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Modalités

Les propositions, d’environ 500 mots et accompagnées d’une notice bio-bibliographique, sont à envoyer au plus tard le 10 novembre 2026 par courriel à l’équipe organisatrice :

Hala Habache : hala.habach@u-pariscite.fr 
Quentin Lepetitdidier : qlepetitdidier@gmail.com 

Elles devront également préciser :

Les préférences en matière de calendrier, le séminaire étant envisagé à raison d’une séance mensuelle, de décembre 2026 à avril 2027, le jeudi de 17h à 19h. Les dates prévisionnelles sont les suivantes : 10 décembre 2026 ; 28 janvier, 25 février, 25 mars et 22 avril 2027.
Les éventuelles contraintes géographiques, aucune prise en charge des frais de déplacement ne pourra être proposée. En cas d’impossibilité de se rendre à Paris, une intervention à distance, en visioconférence, pourra être envisagée.

Le séminaire aura lieu à l’Université Paris Cité, campus des Grands Moulins, 75013. Les interventions seront limitées à 30 minutes par participant.e.s.

Bibliographie indicative

AUMONT, Jacques, Matière d’images, redux, Paris, La Différence, 2009.

BACHELARD, Gaston, L’Eau et les rêves. Essai sur l’imagination de la matière, Paris, José Corti, 1942.

BELLOUR, Raymond, L’Entre-Images. Photo, cinéma, vidéo, Milan, Mimesis, 2020. 

BEUGNET, Martine, L’attrait du flou, Crisnée, Yellow Now, 2017.

BLÜMLINGER, Christa, Cinéma de seconde main. Esthétique du remploi dans l’art du film et des nouveaux médias, Paris, Klincksieck, coll. « Collection d’esthétique », 2013. 

BLÜMLINGER, Christa, Harun Farocki, du cinéma au musée, Paris, P.O.L, 2022.

BUTLER, Judith, Gender Trouble: Feminism and the Subversion of Identity, New York, Routledge, 1990. 

CASETTI, Francesco, The Lumière Galaxy: Seven Key Words for the Cinema to Come, New York, Columbia University Press, 2015. 

DELEUZE, Gilles, Cinéma 1. L’Image-mouvement, Paris, Éditions de Minuit, 1983. 

DELLA NOCE, Elio et MURARI, Lucas (éd.), Expanded Nature – Écologies du cinéma expérimental, Paris, Light Cone Éditions, 2022. 

FAUCON, Térésa, Théorie du montage. Énergie des images, 2ème édition, Paris, Armand Colin, 2017. 

FERRO, Marc, Cinéma et histoire, Paris, Gallimard, 1993. 

HARAWAY, Donna, « A Manifesto for Cyborgs: Science, Technology, and Socialist Feminism in the 1980s », Socialist Review, n° 80, 1985, pp. 65-108.

hooks, bell, Black Looks: Race and Representation, Boston, South End Press, 1992.

JACOBS, Bidhan, Esthétique du signal. Hacker le filmique, Milan, Mimésis, 2022.

JULLIEN, François, Les Transformations silencieuses, Paris, Grasset, 2009.

LÉCOLE SOLNYCHKINE, Sophie, Dans la boue des images, Milan, Mimesis, 2023.

MANOVICH, Lev, Le Langage des nouveaux médias, Dijon, Les Presses du réel, 2010.

PAÏNI, Dominique, Le Temps exposé. Le cinéma de la salle au musée, Paris, Cahiers du cinéma, 2002. 

PAÏNI, Dominique (dir.), Le Musée imaginaire d’Henri Langlois, Paris, Flammarion, 2014.

RANCIÈRE, Jacques, Le Partage du sensible. Esthétique et politique, Paris, La Fabrique, 2000.

SIETY, Emmanuel, Fictions d’images. Essai sur l’attribution de propriétés fictives aux images de films, Rennes, Presses universitaires de Rennes, 2009.

THOUVENEL, Éric, Les Images de l’eau dans le cinéma français des années 20, Rennes, Presses universitaires de Rennes, 2010.

ZDANOWICZ, Ian, « L’architecture du passing : la place, le regard, le mouvement », Comment s’en sortir ?, n° 2, automne 2015, pp. 76-91.

1.6 Circulations depuis et vers la France aux XIVe – XVIe siècles : textes, objets, personnes (XIIIe Colloque international de l’Aiemf, Paris)

Le treizième colloque de l’Aiemf, qui aura lieu à Paris du 9 au 11 septembre 2027, sera consacré à la thématique de la circulation des textes, des objets et des personnes depuis ou vers les territoires francophones du XIVe au XVIe siècles. Selon quelles modalités, par qui et dans quelles langues se sont faits les échanges textuels dans cette période particulièrement propice aux circulations des personnes, des objets et des idées ? 

Les propositions de communication pourront s’inscrire dans les trois axes suivants :

1.    Traductions et adaptations (de textes latins et en langue vernaculaire provenant d’autres pays, de textes en moyen français traduits dans d’autres langues). Passage du manuscrit à l’imprimé (et vice versa) pour assurer la circulation d’un texte.

2.    Circulations des objets : manuscrits, imprimés et tout support de l’écrit (tapisseries, bijoux, ameublement, peintures contenant des inscriptions ou des textes).

3.    Échanges culturels des idées dans les milieux savants : textes et personnes. Circulations des hommes et femmes dans les villes et les cours européennes, circulation des lexiques spécialisés des langues vernaculaires.

Le colloque est ouvert aux membres de l’Aiemf, spécialistes de langue, littérature et culture française aux XIVe et XVe siècles, mais aussi à tous les chercheurs qui s’occupent d’histoire de l’art, de musicologie, de philosophie ou d’histoire. 

Les doctorants sont invités à présenter des communications en lien avec leur sujet de recherche. Comme il est d’usage, les propositions qui ne rentrent pas dans l’un des trois axes proposés mais qui portent sur la langue et la littérature en moyen français seront prises en compte.

Comité organisateur :

Gabriella Parussa, Sandrine Hériché Pradeau, Christine Silvi et Joëlle Ducos.

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Dates : 9-11 septembre 2027

Lieu : Sorbonne Université – UFR de Langue française

Modalités de participation :

Les propositions (500 mots environ et une bibliographie sommaire) sont à envoyer avant le 10 novembre 2026, à l’adresse suivante :

g.parussa@wanadoo.fr

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Comité scientifique :

Elisabetta BARALE

Chrystèle BLONDEAU

Cécile CABY

Paola CIFARELLI

Olivier DELSAUX

Ellen DELVALLEE

Joëlle DUCOS

Olga DUHL

Isabelle FABRE

Michèle GOYENS

Sandrine HERICHE PRADEAU

Marie JACOB-YAPI

Sylvie LEFEVRE

Matthieu MARCHAL

Gabriella PARUSSA

Graziella PASTORE

Isabelle RAGNARD

Anne SCHOYSMAN

Christine SILVI

Elina SUOMELA HÄRMÄ

1.7  Le patrimoine au prisme de l’altérité et de la diversité (Tlemcen)

Colloque national (Hybride)

17 novembre 2026

Site des 30 labos/Nouveau Pôle

Coordonné par Pre. AMMI ABBACI Amal 

Le laboratoire Diversité des Langues, Expressions Littéraires, Interactions culturelles ‘’L.L.C’’ organise un colloque national sur « Le patrimoine au prisme de l’altérité et de la diversité ». Inscrit dans la continuité des travaux de recherche de l’équipe 2 ‘’Langues en contact, discours et médiations’’, ce colloque sera l’occasion d’approfondir la réflexion des chercheurs sur le patrimoine en tant qu’héritage historique, social et culturel façonné par des échanges, des contacts, des interactions et des conflits entre les peuples et les communautés.

Envisagé sous le prisme de l’altérité et de la diversité, le patrimoine se présente comme une réalité plurielle et dynamique, dont les formes et les significations évoluent en fonction des contextes historiques, sociaux et culturels.

La langue et la culture occupent une place essentielle dans cette dynamique dans la mesure où elles constituent des vecteurs de transmission et de circulation des savoirs, des valeurs et des traditions. Le contact entre les langues et les cultures contribue à la construction, à la transformation et à la réappropriation des héritages patrimoniaux, tout en révélant les influences réciproques et les rapports de tensions entre les communautés en contact.

Penser le patrimoine au prisme de l’altérité et de la diversité, c’est aussi admettre que sa signification se construit dans la rencontre avec l’Autre, dans la confrontation des mémoires et dans la reconnaissance des différences. Le patrimoine peut ainsi constituer un espace de médiation et de dialogue susceptible de favoriser le vivre-ensemble dans la différence. Il peut toutefois générer des tensions et des conflits et faire l’objet de revendications identitaires.

Qu’il soit matériel ou immatériel, le patrimoine ne constitue pas un héritage figé et statique ; il se construit, se transforme et se renouvèle au gré des contacts, des mobilités et des mutations sociales, culturelles et linguistiques. Les mutations contemporaines, liées notamment à la mondialisation, aux mobilités et aux progrès technologiques renouvèlent profondément les enjeux de protection, de valorisation et de transmission du patrimoine. Dans cette perspective, il importe d’interroger les processus de patrimonialisation ainsi que les mécanismes par lesquels certains héritages sont reconnus, légitimés et transmis tandis que d’autres restent marginalisés.

Ce colloque, à vocation pluridisciplinaire, se donne pour objectif d’explorer les différentes facettes du patrimoine et d’interroger la manière dont il est perçu, reconnu, valorisé, transmis et mobilisé dans la gestion des relations à l’Autre. L’altérité et la diversité linguistique et culturelle soulèvent des questions essentielles relatives à la reconnaissance des identités, à la préservation des langues et des pratiques culturelles ainsi qu’à la prise en compte des héritages minorés.

Quelques axes sont proposés à titre indicatif et non exhaustif.

Axe 1 : Patrimoine et altérité

  • Patrimoine et altérité
  • Représentations de soi et de l’autre dans les discours sur le patrimoine

Axe 2 : Plurilinguisme, contact des langues et patrimoine

-Plurilinguisme et héritages patrimoniaux

-Plurilinguisme et transmission des patrimoines linguistiques et culturels.

  • Langues minorées et préservation des patrimoines 
  • Contacts de langues : emprunts, interférences, hybridations, etc. 
  • Langues, cultures et transmission des patrimoines

Axe 3 : Oralités et dynamiques de transmission

  • Oralités et transmission du patrimoine : chants populaires, contes populaires, proverbes, adages, récits traditionnels, etc.
  • Femme et patrimoine : Rôle, représentations et pratiques 
  • Mobilités migratoires et circulation des patrimoines
  • Transmission intergénérationnelle des langues-cultures

Axe 4 : Patrimoine à l’ère du numérique

  • archivage et numérisation comme processus de patrimonialisation
  • Rôle du numérique dans la préservation du patrimoine linguistique et culturel
  • Numérique et nouvelles formes de médiation du patrimoine

-Intelligence artificielle et patrimoine : préservation ou minoration ?

Axe 5 : Patrimoine, littérature, médias et éducation

  • Représentations du patrimoine dans les textes littéraires
  • Médias, représentations et transmission des héritages 
  • Place du patrimoine dans le système éducatif
  • Patrimoine, enseignement des langues et diversité culturelle

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Bibliographie indicative 

ABRIC, J. C. (1994). Pratiques sociales et représentations [Social Practices and Representations]. Presses Universitaires de France.

BONOLI, L. (2008). Lire les cultures : La connaissance de l’altérité culturelle à travers les textes. Éditions Kimé.

BAOUALI, Ratiba & al (2020) : « La préservation du patrimoine gastronomique Algérien, levier pour le développement du tourisme durable », in revue Albahith, Volume 12, Numéro 2, Pages 153-153

CUCHE, D. (2010). La notion de culture dans les sciences sociales. (4 éd.). La Découverte.

GAYMARD, S. (2021). Les fondements des représentations sociales : Sources, théories et pratiques. Dunod.

GERAUD, M.-O., Leservoisier, O. et Pottier, R. (2016). Les notions clés de l’ethnologie : Analyses et textes (4eéd.). Armand Colin.

GUERN, P. L. (2021). Comment ne pas altérer l’altérité ? Art contemporain et indigénéités. Marges, 33 (2) ,144-158.

HARIG, Fatima Zohra (2022) : « Lexique et identité culturelle de la gastronomie Algérienne d’expression française », in Revue Aleph, Langues, médias et sociétés.

JEANNIN, M. (2017). L’identité au risque de l’altérité : Littérature et interculturation. Le français aujourd’hui, 197(2), 51-62.

JODELET, D. (2005). Chapitre 1. Formes et figures de l’altérité. In M. Sanchez-Mazas & L. Licata, L’Autre : Regards psychosociaux (p. 23-47), Presses universitaires de Grenoble.

SELLAM, Yasmina (2011) Mémoire culinaire de l’Algérie, aux origines de l’art culinaire algérien, Editions ANEP.

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Comité scientifique

Sari Mohammed Latifa-  Benamar Rabia –  Benmansour Smain – Kherbouche Ghouti – Zenasni Amal – Belkaid Amaria – Ammi Abbaci Amal

Comité d’organisation

Kherbouche Ghouti – Mansouri Asma- Ammi Abdelghani – Mezerreg Amina – Rahoui Khadija.

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Modalités de participation 

Langues du colloque : Français

Modalités de soumission : Les propositions de communication qui ne dépassent pas 500 signes (espaces compris) sont à envoyer à l’adresse  latefa_amel@yahoo.fr

Les propositions seront examinées par le comité scientifique. Les participants préciseront l’axe dans lequel ils inscrivent leur communication.

Calendrier indicatif : 

Date limite d’envoi des propositions : 10 novembre 2026

Notifications : 13 novembre 2026

Tenue du colloque : 17 novembre 2026

L’appel est accessible ici : https://llc.univ-tlemcen.dz/fr

Laboratoire de recherche L.L.C : https://llc.univ-tlemcen.dz/fr

Adresse : Université Abou Bakr Belkaïd, Tlemcen : https://www.univ-tlemcen.dz/fr

1.8 41e Congrès du CIÉF “Dé/cloisonnement des frontières dans le monde francophone ” (Athènes, Grèce)

14 au 20 juin 2027

Dé/cloisonnement des frontières dans le monde francophone

Le Conseil International d’Études Francophones lance son appel à communications pour le congrès annuel qui se tiendra du 14 au 20 juin 2027 à Athènes, l’une des villes les plus riches au monde sur les plans historique et littéraire, véritable berceau de la culture occidentale. Marquées par ses ruines antiques, Athènes reste un lieu symbolique à l’origine de la démocratie, de la philosophie et du théâtre. 

Le thème de cette 41e édition portera sur les questions de frontière dans un sens large. Les frontières — géographiques, linguistiques, culturelles, politiques ou symboliques — constituent depuis longtemps un objet central de réflexion dans le champ des études littéraires et culturelles. Dans le monde francophone, ces frontières sont à la fois héritées d’histoires complexes (colonisation, migrations, diasporas) et sans cesse redéfinies par des dynamiques contemporaines de circulation, d’hybridation et de résistance. En fait, les frontières ne constituent pas uniquement des lignes de séparation, mais aussi des dispositifs de pouvoir, de circulation et de hiérarchisation des savoirs, des langues et des corps. À l’instar des textes réunis dans l’ouvrage collectif Traversées et franchissements des frontières. Hommage à Janet M. Paterson (Éditions David, 2025), il faut plus que jamais penser à la porosité du concept de frontière et à l’hétérogénéité de ses représentations littéraires et culturelles. D’ailleurs, le numéro récent de la revue ELFe XX-XXI avait pour thème « Ouvrir les frontières de la littérature française[1] ».

Cet appel à communications propose d’explorer les processus de cloisonnement et de décloisonnement qui traversent les littératures francophones, envisagées dans leur pluralité. Comment les œuvres francophones interrogent-elles les limites — entre langues, territoires, identités ou genres littéraires ? De quelles manières participent-elles à la construction, à la contestation ou à la dissolution des frontières ?

Le CIÉF accueille des propositions individuelles (17 minutes) et des sessions complètes (3 à 4 participant.e.s) touchant, entre autres, aux axes suivants :

Frontières et porosité des genres

La transfictionnalité

Frontières institutionnelles et des champs littéraires

Frontières linguistiques

Frontières numériques

Littératures francophones et littérature-monde

Brouillage des frontières

La frontière et les migrations

La traduction pour décloisonner les frontières

Frontière des marges : centres/périphéries et seuils

Circulation des œuvres et des auteurs

La littérature de voyage pour franchir les frontières

La littérature et le politique

Soumissions:  

Les appels pour les sessions complètes doivent être soumis avant le 18 septembre 2026.  

Les sessions complètes et les propositions de communications individuelles doivent être soumises avant le 13 novembre 2026.  

Veuillez inclure un titre (15 mots), un résumé (250 mots). Les soumissions et les demandes de renseignements peuvent être soumises sur le site du CIÉF 

(https://secure.cief.org/wp/formcommunication/ ). 

Le CIÉF encourage la participation de chercheur·e·s, artistes, étudiant·e·s, écrivain·e·s et intellectuel·le·s du monde entier, et valorise les perspectives interdisciplinaires et les approches plurilingues. 

Pour toute question ou précision, n’hésitez pas à contacter Benoit Doyon-Gosselin à presidence@cief.org


 
[1] https://journals.openedition.org/elfe/9173

1.9 Questionner les frontières et relever le défi des différences. 8e Doctoriales de la SFLGC (Pau)

Organisées par ALTER, la SFLGC, le Master LiLAC et l’ED 481

Université de Pau et des Pays de l’Adour (UPPA)

Pau, mardi 8 et mercredi 9 juin 2027

Questionner les frontières et relever le défi des différences

La Société Française de Littérature Générale et Comparée (SFLGC) organise ses Doctoriales 2027 à l’Université de Pau et des Pays de l’Adour (UPPA), les 8 et 9 juin 2027. Destinées aux doctorantes et doctorants en littérature comparée, ces Doctoriales ont pour ambition de favoriser les échanges scientifiques, la confrontation des approches et la réflexion collective autour d’un thème fédérateur – sans exclure des propositions qui se situent au-delà de ce cadre.

À une époque marquée par la multiplication des circulations, mais aussi par le renforcement de diverses formes de cloisonnement, les notions de frontière et de différence se trouvent au cœur des débats intellectuels, politiques, culturels et esthétiques. Les frontières, qu’elles soient géographiques, linguistiques, culturelles, disciplinaires ou symboliques, constituent à la fois des lignes de séparation et des espaces de rencontre, de négociation et de transformation. Elles invitent à repenser les modalités de construction des identités, les dynamiques d’échange et les formes de coexistence dans des sociétés traversées par la pluralité.

Le thème retenu pour cette 8e édition, « Questionner les frontières et relever le défi des différences », propose ainsi d’explorer les multiples manières dont les œuvres, les discours et les pratiques culturelles représentent, traversent, déplacent ou redéfinissent les frontières, tout en interrogeant les formes de l’altérité et de la diversité.

Les propositions pourront s’inscrire dans l’un des axes de réflexion suivants, sans que cette liste soit limitative.

Altérités et identités

Cet axe invite à réfléchir aux constructions de l’identité individuelle et collective à travers la rencontre avec l’autre. Les communications pourront notamment interroger les représentations de l’altérité dans les textes et les arts, les processus d’inclusion et d’exclusion, les identités plurielles, diasporiques ou transnationales, ainsi que les enjeux liés au genre, à la mémoire, à l’appartenance culturelle ou à la reconnaissance des différences.

Hybridations, comparaisons et circulations

La littérature comparée accorde une attention particulière aux phénomènes de circulation des formes, des idées et des imaginaires. Cet axe propose d’explorer les processus d’hybridation esthétique, générique ou culturelle, les transferts et réceptions, les influences réciproques, les réseaux transnationaux ainsi que les démarches comparatistes permettant de penser les interactions entre œuvres, langues et cultures.

Plurilinguisme et interculturalité

Le plurilinguisme littéraire constitue aujourd’hui un observatoire privilégié des transformations culturelles contemporaines. Les communications pourront porter sur les auteurs plurilingues, les pratiques multilingues, la traduction, l’autotraduction, les politiques linguistiques, les littératures de migration, les phénomènes de créolisation ou encore les différentes formes d’interculturalité à l’œuvre dans les productions littéraires et artistiques.

Mobilités, migrations et exils

Les déplacements volontaires ou contraints constituent des expériences privilégiées de la frontière. Les œuvres peuvent témoigner des parcours migratoires, des situations d’exil, des diasporas, des déplacements forcés ou encore des formes contemporaines de mobilité. Comment la littérature et les arts donnent-ils voix à ces expériences ?

Frontières disciplinaires et épistémologiques

La littérature comparée se construit historiquement à la croisée des disciplines. Comment les frontières entre littérature, histoire, philosophie, anthropologie, sociologie, sciences politiques, arts visuels ou études environnementales sont-elles aujourd’hui repensées ? Quels nouveaux objets, méthodes ou savoirs émergent de ces dialogues ?

Territoires, paysages et environnements

Les frontières ne concernent pas seulement les communautés humaines. Elles traversent également les relations entre nature et culture, humain et non-humain, local et global. Les approches écocritiques et géocritiques permettent d’interroger les représentations des territoires, des espaces frontaliers et des enjeux environnementaux contemporains.

Mémoire, héritages et conflits

Les différences et les frontières sont souvent façonnées par des mémoires collectives, des héritages historiques ou des expériences conflictuelles. Les communications pourront examiner les processus de transmission, de réécriture ou de contestation des récits mémoriels, ainsi que les formes de réconciliation ou de dialogue interculturel.

Corps, genres et normes

Les frontières peuvent également être envisagées comme des constructions sociales et symboliques qui définissent les appartenances, les identités et les exclusions. Les études de genre, les études queer et les approches intersectionnelles offrent des perspectives fécondes pour interroger les normes et leurs transgressions.

Humanités numériques et nouvelles frontières culturelles

Les technologies numériques redessinent les modes de création, de circulation et de réception des œuvres. Elles produisent de nouveaux espaces de rencontre, mais aussi de nouvelles formes de fragmentation ou d’inégalités culturelles. Comment penser les frontières à l’ère numérique ?

Traductions, médiation et transmission

La traduction apparaît comme l’un des lieux privilégiés de négociation des différences. Les propositions pourront s’intéresser aux pratiques de traduction, d’adaptation, de réécriture, de médiation culturelle ou de circulation des savoirs entre langues et cultures.

Littératures du monde et décentrement des regards

Les études comparatistes invitent à dépasser les cadres nationaux et eurocentrés pour envisager des perspectives plurielles. Comment les recherches actuelles contribuent-elles à déplacer les centres de gravité culturels, à faire entendre des voix marginalisées ou à reconfigurer les cartographies littéraires ?

Intermédialité, transmédialité

La littérature s’écrit au carrefour des arts, traversant les frontières entre les médias : les études comparatistes mettent en regard des textes littéraires et des tableaux, photographies, films, sculptures, œuvres musicales, ballets, etc., pour considérer les déplacements ou les transferts d’un médium l’autre. Les communications pourront considérer ces dynamiques d’échanges et ces points de contact.

Cultures savantes et cultures populaires

Les frontières qui séparent les cultures savantes ou légitimées et les cultures populaires deviennent aussi poreuses dans les corpus de thèses qui s’intéressent à des productions telles que le jeu vidéo, la bande dessinée ou les séries télévisées. L’étude de ces objets non conventionnels ou qui ne ressortissent pas au canon requiert de forger de nouveaux outils théoriques, que les communications pourront présenter. 

Modalités de soumission

Les doctorantes et doctorants souhaitant participer sont invité·e·s à soumettre une proposition de communication comprenant :

– un titre ; université d’appartenance ; directrice ou directeur de thèse ; début des recherches
– un résumé d’environ 300 mots ;
– une courte notice bio-bibliographique (100 mots maximum) ;
– éventuellement l’indication de l’axe dans lequel s’inscrit la proposition.

Les propositions présentées doivent être en lien avec les travaux de recherches doctorales en cours des intervenant·e·s. Les communications retenues feront l’objet d’une présentation orale d’une vingtaine de minutes, suivie d’un temps d’échange. Deux conférences plénières et une ou deux tables rondes contribueront à l’exploration de la thématique ; un temps sera consacré à la présentation des modalités de qualification en 10e section du CNU.

Date limite d’envoi des propositions : 15 novembre 2026

Notification aux participant·e·s : 15 janvier 2027

Adresses de soumission : caroline.fischer@univ-pau.fr et laurence.comut@univ-pau.fr 

Nous espérons vous accueillir nombreuses et nombreux à Pau pour ces Doctoriales 2027, qui seront l’occasion de réfléchir collectivement aux enjeux contemporains des frontières, des circulations et des différences dans les littératures, les arts et les cultures du monde.

Pour participer à l’événement, il convient d’être membre de la SFLGC.

L’UPPA ne demande pas de frais d’inscription. Les participants et participantes seront invité·e·s aux déjeuners des 8 et 9 juin ainsi qu’à un cocktail en ville le 8 juin au soir. Les autres frais (voyage, hébergement) restent à la charge des participant·e·s, qui peuvent solliciter leur unité de recherche et/ ou leur École Doctorale.

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Comité scientifique : 

Yvan Daniel

Sylvain Dreyer

Caroline Fischer

Jean-Louis Haquette

Yves Landerouin

Laurence Riu-Comut

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Comité d’organisation :

Caroline Fischer

Yves Landerouin

Francesca Montanaro

Laurence Riu-Comut

1.10 La figure du migrant dans la littérature de jeunesse (revue Strenae)

Remise des propositions avant le 15 novembre 2026
Dir. Patricia Mothes et Audrey Robitaillié 

Depuis le début de la « crise migratoire » en Europe, dans les années 2010, le sort des enfants qui passent les frontières en quête de sécurité et d’apaisement ne cesse de faire la une des médias et d’émouvoir l’opinion publique. En témoigne l’histoire, qui n’est malheureusement pas unique, d’Alan Kurdi, mort à 3 ans entre la Turquie et la Grèce en 2015. Pourtant, malgré l’émotion suscitée par ces destins tragiques, un rapport du comité des droits de l’enfant de l’ONU, relayé par Human Rights Watch, pointe les “violations graves et systématiques des droits des enfants migrants non accompagnés” par la France en 2025. L’UNICEF alerte qu’un enfant par jour est mort en tentant de traverser la Méditerranée depuis dix ans. La fiction pour la jeunesse s’est emparée de ces récits tant et si bien que les risques et conditions inhumaines de survie auxquels ces enfant sont exposés sont désormais décrits dans de nombreux textes, à l’instar du roman graphique Illegal d’Eoin Colfer, Andrew Donkin et Giovanni Rigano (2017), ou des romans Le Petit prince de Calais de Pascal Teulade (2016) et Boy Giant: Son of Gulliver de Michael Morpugo (2019).

Ce numéro spécial propose d’étudier la figure du migrant dans la littérature de jeunesse. Par “migrant” nous entendons toute personne qui traverse des frontières nationales, peu importent les raisons de ce déplacement et le statut administratif ou juridique des protagonistes. Comment sont décrits ces personnages ? Est-il fait référence à leur statut de réfugié.e, de demandeurs.ses d’asile, d’immigré.e, etc. ? Sont-ils nommés ? Décrits ? Comment ? Que dit, dans la littérature pour la jeunesse, la figure de la personne en contexte migratoire du réel de la migration ? Quelles dimensions du parcours migratoire met-elle en exergue ou élude-t-elle ? Pourquoi ? Autant de questions que ce dossier souhaite investiguer, dans une dynamique qui interroge à la fois les personnages en contexte migratoire et les personnages dit « postmigrants » dans leur acception générationnelle de personnages issus de familles en contexte migratoire et dont l’héritage migrant continue d’influencer la vie, de manière sociale ou culturelle par exemple (Geiser, 2008 ; Kopf, 2023 ; Martiniello & Simon, 2005 ; Gaonkar et al, 2021, 13), comme dans Sapore Italiano (2010) de Valérie Losa.


La migration n’est pas l’apanage du XXIe siècle : il convient donc d’ouvrir l’étude de la figure du migrant à toutes les périodes historiques et à toutes les aires géographiques, afin d’envisager son éventuelle évolution dans la littérature de jeunesse. Il sera particulièrement intéressant d’ouvrir la réflexion à toutes les migrations, intra-africaines ou asiatiques notamment, afin d’essayer de sortir d’un point de vue européanocentré. De même, toutes les formes de livres et de littérature d’enfance et de jeunesse sont concernées par cet appel : fiction, poésie, documentaire, bandes dessinées, albums, romans graphiques et manga, théâtre…

En janvier 2025, l’INSEE pointe que près de 25 % des enfants scolarisés sont migrants ou issus de familles migrantes, et que plus d’un élève de CM1 sur cinq parle une autre langue que le français à la maison. Dans ces conditions, enseigner sans prendre en compte les enjeux interculturels de la circulation des savoirs contrevient fondamentalement à la fois à l’éthique professionnelle des enseignants et aux dispositions des lois sur l’école inclusive (Code de l’éducation, lois de 2005 sur l’égalité des chances, pour la refondation de l’école de la République de 2013, loi de 2019 pour une école de la confiance, et décret de 2021 sur la maison commune). Ce constat posé, il convient de s’interroger sur les moyens mis à disposition des enseignants pour s’assurer de cet accueil inconditionnel et hospitalier (Derrida, 2021), dans une démarche à la fois holistique et pragmatique. Il s’agit en effet d’une part de prendre en compte le contexte migratoire dans son aspect systémique, celui des enjeux de tensions qui agissent sur les sujets concernés, qu’ils soient enfants migrants, issus de familles migrantes, natifs ou enseignants, eux-mêmes potentiellement en contexte migratoire ou issus de familles migrantes. D’autre part, nous n’éludons pas les aspects contextuels qui encadrent l’activité didactique (effets établissement, cadre légal, effets des contextes spécifiques), et ceux qui contraignent l’action enseignante (rapport au temps, hétérogénéité des niveaux d’apprentissage, rapports aux familles et à la communauté éducative, instructions officielles par exemple).

Ce dossier thématique s’articule donc autour de deux axes : une approche littéraire et critique d’une part, pouvant inclure une analyse iconographique et/ou du rapport texte / image, et une approche plus centrée sur les aspects didactiques et pédagogiques d’utilisation des supports d’autre part. Ce dossier se penche donc à la fois sur l’objet-livre et sur son contenu littéraire pour discuter des représentations des migrations dans la littérature de jeunesse et la façon dont ces dernières peuvent être exploitées dans le cadre éducatif, qu’il soit (péri-)scolaire ou familial par exemple. Seront privilégiés les articles d’analyse littéraire et/ou visuelle mettant en perspective et en contexte les œuvres étudiées ainsi que les travaux de synthèse proposant des perspectives larges et des corpus solidement constitués.

Axe 1 : Analyse littéraire et critique

Les contributions relevant de cet axe pourront notamment porter sur :

  • Les termes et catégories employés pour désigner les personnages en contexte migratoire (réfugié·e-s, demandeur·se-s d’asile, immigré·e-s, etc.) : attribution ou appropriation de ces désignations, enjeux lexicaux et symboliques.
  • Les portraits de la figure migrante : diversité des parcours et des identités migratoires, stéréotypes ou contre-représentations, modalités descriptives.
  • La médiation animale et ses fonctions dans la figuration de la migration : potentiel empathique, risques de réduction ou de métaphorisation.
  • La voix et la langue des personnages en contexte migratoire : place accordée aux langues migrantes, effets du choix linguistique sur la construction du personnage, place donnée / laissée au plurilinguisme.
  • Les visées et objectifs idéologiques et émotionnels des représentations : articulation entre empathie, espoir et effacement des différences ; attentes à l’égard du lectorat jeunesse.
  • Les perspectives comparatives entre différentes littératures nationales ou aires géographiques.
  • L’influence de l’actualité sur les représentations fictionnelles des migrations.
  • Les objets associés à la figure migrante (livre-objet, effets personnels, symboles matériels) et leur rôle dans la construction narrative et identitaire.

Axe 2 : Aspects didactiques

Les contributions relevant de ces axes pourront notamment concerner :

La littérature jeunesse comme ressource didactique face aux questions migratoires : pertinence, limites et risques (reproduction des préjugés vs restitution de la dignité).
Les mécanismes identificatoires offerts par ces textes à l’ensemble des élèves : enfants migrants, issus de familles migrantes ou natifs.
La place de la littérature jeunesse dans la construction identitaire des élèves en lien avec les migrations.
Les dispositifs et approches didactiques permettant une lecture critique et inclusive de ces œuvres en classe.
L’outillage des enseignants pour aborder les thématiques migratoires par la littérature : ressources disponibles, formation initiale et continue.
Les effets de contexte (profil des établissements, territoires, composition des classes) sur l’utilisation de ces supports.
Les rapports entre littérature jeunesse et école inclusive : en quoi ces textes peuvent-ils étayer une pédagogie interculturelle ou transculturelle ?

Calendrier

Les propositions (2000 à 3000 signes espaces compris) accompagnées d’une courte biographie et bibliographie sont à envoyer à strenae@revues.org pour le 15 novembre 2026 au plus tard.

Date de remise des articles complets (30 000 signes espaces et notes compris) : juin 2027.

Date de mise en ligne du numéro : printemps 2028.

Appel en ligne : 
VF : https://journals.openedition.org/strenae/13164
VA : https://journals.openedition.org/strenae/13185

Bibliographie

Arizpe, E. (2021). Introduction to Special Issue on Childrens’ Books. Migration Studies, 9(2), 311‑316. https://doi.org/10.1093/migration/mnab012

Arizpe, E. (2021b). Migrant shoes and forced walking in children’s literature about refugees: Material testimony and embodied simulation. Migration Studies, 9(3), 1343–1360. https://doi.org/10.1093/migration/mnz047

Baby-Collin, V. et al. (2022). Enfances et jeunesses en migration. Le Cavalier Bleu, « MiMed ».

Brownlie, S. & Abouddahab, R. (2021). Figures of the Migrant: the Role of Literature and the Arts in Representing Migration. Routledge.

Declercq, E. (2011). « Écriture migrante », « littérature (im)migrante », « migration literature » : réflexions sur un concept aux contours imprécis. Revue de littérature comparée, 339(3), 301-310. https://doi.org/10.3917/rlc.339.0301.

Delahaie, J. & Canut, E. (2020). Accompagner les jeunes étrangers isolés en France : enjeux de communication et d’intercompréhension. Migrations Société, 181 (3), 15-22. https://doi.org/10.3917/migra.181.0015.

Derrida, J. (2021). Hospitalité: Volume I. Séminaire (1995-1996). Seuil. Réédition de l’ouvrage de 1995.

Diaz, D. (2021). En exil : les réfugiés en Europe, de la fin du XVIIIe siècle à nos jours. Gallimard, « Folio Histoire ».

Fleuret, C. & Auger, N. (2021). Didactisation et plurilinguisme : l’apport de la littérature de jeunesse pour approcher la norme scolaire. Le français aujourd’hui, 215 (4), 89-104. https://doi.org/10.3917/lfa.215.0089.

Fleuret, C. & Sabatier, C. (2019). La littérature de jeunesse en contextes pluriels : perspectives interculturelles, enjeux didactiques et pratiques pédagogiques. Le Français dans le Monde – Recherches et applications, 65, 95-111.

Gaonkar, A. M., Hansen, A. S. Ø., Post, H. C., & Schramm, M. (2021). Introduction. In Postmigration: Art, Culture, and Politics in Contemporary Europe (p. 11–42). Transcript Verlag. http://www.jstor.org/stable/j.ctv371bzgk.4

Geiser, M. (2008). La « littérature beur » comme écriture de la post-migration et forme de « littérature monde ». Expressions Maghrébines, 7 (1), 121-139.

Gosselin-Lavoie, C. & Charette, J. (2024). Quand l’école promeut des albums plurilingues de littérature jeunesse pour soutenir des pratiques inclusives de collaboration avec les familles en milieu pluriethnique et plurilingue. Revue hybride de l’éducation, 8 (2), 1-26. https://doi.org/10.1522/rhe.v8i2.1566.

Kopf, M. (2023). Postmigration – Changer le regard sur la migration ? In L’Europe transculturelle dans le monde global / Transcultural Europe in the Global World (p. 71-86). Presses universitaires de Paris Nanterre.

Lardeux, L. (2016). Engagement transnational des descendants de migrants. Carrières militantes et mémoire des « origines ». Rapport d’étude, INJEP.

Martiniello, M. & Simon, P. (2005). Les enjeux de la catégorisation. In Revue européenne des migrations internationales, 21 (2), 7-18. https://journals.openedition.org/remi/2484

Nel, P. (2018). Introduction: Migration, Refugees, and Diaspora in Children’s Literature. Children’s Literature Association Quarterly 43 (4), 357-362.

Noiriel, G. (1992). Le Creuset français. Histoire de l’immigration (XIXe – XXe siècle). Seuil, coll. « L’Univers Historique ». réédition de l’ouvrage de 1988.

Orgad, S., Lemish, D., Rahali, M., & Floegel, D. (2021). Representations of Migration in U.K. and U.S. Children’s Picture Books in the Trump and Brexit Era. Journal of Children and Media, 15(4), 549–567.

Péraud-Puigségur, S. (2024). Éthique et politique de la littérature de jeunesse consacrée aux enfants migrants. À partir d’une remarque de Martha Nussbaum. RELIANCE. Revue de recherche & pratiques en éducation, 3, 87-111.

Picard, J., Bossis, C. (2024). Enseigner les migrations avec la littérature de jeunesse : regard géographique et expérimentations en classe avec la bande dessinée. RELIANCE, 3, 155-169.

Poslaniec, C. (2008). (Se) former à la littérature de jeunesse. Hachette Éducation.

Robles-Mendelez, W. & Henry, A. (2023). Immigration and Children’s Literature: Stories, Social Justice, and Critical Consciousness. Bloomsbury.

Scutaru B., Paoli S. (2020). Child Migration and Biopolitics, old and new experiences in Europe. Routledge.

Schneider, A. (2013). La littérature de jeunesse migrante: récits d’immigration de l’Algérie vers la France. L’Harmattan.

Poinsot, M. (ed). (2021). L’enfance en exil : Jeunes en exil. Hommes & Migrations, 1333 (2). https://shs.cairn.info/revue-hommes-et-migrations-2021-2?lang=fr.

Eudocratia, Learning Teachers Training ALlophone Teacher Academy (ALTA). Creatività, innovazione didattica e inclusione di qualità per un nuovo paradigma educativo. (2024). https://educrazia.com/wp-content/uploads/2025/11/Educrazia_Supplemento-n.1-2024.pdf

1.11 Postures décoloniales africaines : politiques, discours et représentations / African Decolonial Perspectives: Politics, Discourse and Representations Virtual (en ligne)

English version below

Appel à communications

Postures décoloniales africaines : politiques, discours et représentations

Colloque en ligne, les 13-14-15 mai 2027 

Laude Ngadi Maïssa (Institut de Recherche en Sciences humaines, Gabon)

Ibrahima Sene (Université de Bayreuth, Allemagne)

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Les travaux au sujet des pensées décoloniales (Bourguignon Rougier, Colin & Grosfoguel, 2016 ; Colin & Quiroz, 2023) insistent sur une généalogie située en Amérique latine et dans les Caraïbes, notamment autour du collectif de chercheurs qui composent le projet Modernité/Colonialité. Ce courant a contribué à conceptualiser la colonialité comme une face constitutive de la modernité, en montrant que les modèles d’organisation du pouvoir et des savoirs, hérités de la colonisation occidentale, perdurent bien après les indépendances politiques. Le processus décolonial consisterait ainsi à déconnecter les structures de vie et de pensée de cette matrice hégémonique. 

Cette généalogie fait toutefois l’objet de plusieurs critiques. Ramón Grosfoguel (2022) conteste le récit qui fait de l’Amérique latine le berceau exclusif des idées décoloniales. De son point de vue, cette narration invisibilise les contributions antérieures d’intellectuels Noirs, qui avaient déjà élaboré des critiques fondamentales de la décolonialité sous d’autres formulations (Grosfoguel, 2022, XIV). Il considère que cette réappropriation théorique s’apparente à une forme d’extractivisme épistémique, c’est-à-dire d’un processus par lequel des savoirs issus de traditions intellectuelles marginalisées sont appropriés, reformulés et intégrés dans un nouveau cadre théorique et géographique sans que leurs auteurs et leurs contextes d’émergence ne soient pleinement reconnus. Mohamed Amer Meziane (2025) invite également à déplacer la généalogie des pensées décoloniales. Il rappelle que « c’est, entre autres, dans les archives des Temps Modernes que se trouve l’un des commencements oubliés de la pensée “décoloniale”, en France et dans les mondes francophones : dans un numéro spécial d’octobre 1977 intitulé “Du Maghreb” ». Selon lui, l’essai d’Abdelkebir Khatibi, intitulé « Le Maghreb comme horizon de pensée », évoque déjà l’existence d’une « génération décoloniale » appelée à prolonger le geste de la libération au-delà de la décolonisation territoriale et de la fondation politique de l’État-Nation. Avant cette date, le militant et universitaire algérien, Mohamed Salih, avait aussi publié un essai précurseur :  Décoloniser l’histoire : introduction à l’histoire du Maghreb (1965).

Ce triple constat est le point de départ de cet atelier qui veut analyser les pensées décoloniales du point de vue africain. Nous souhaitons mettre l’accent sur les prises de positions politiques, les productions intellectuelles, artistiques et culturelles, ainsi que sur leurs représentations. L’histoire des résistances sur l’ensemble du continent s’est en effet accompagnée des discours et des œuvres dont le but est de déconstruire et de démanteler les structures socio-politiques et mentales hérités du colonialisme.

Le Maghreb a constitué l’un des principaux foyers de développement des pensées anticoloniales et, rétrospectivement, de ce que l’on désigne aujourd’hui comme les pensées décoloniales. La guerre d’indépendance algérienne (1954-1962) représente à cet égard un moment important. C’est dans le sillage de cette contestation politique que Frantz Fanon souligne, dans Les Damnés de la Terre (1961), qu’« on ne se décolonise pas avec des rites pacifiques ». La pensée de celui-ci se rapporte ainsi à la libération contre l’assimilation culturelle et identitaire forcée, les structures coloniales, la déshumanisation et la construction des sociétés futurs. Les travaux d’Albert Memmi, notamment Portrait du colonisé, portrait du colonisateur (1957), sont fondamentaux pour comprendre la relation aliénante entre l’opprimé et le colon oppresseur.

Dans l’espace subsaharien, la pensée décoloniale s’est d’abord construite autour des congrès panafricains (anti-colonialiste et anti-impérialiste), particulièrement dans les résolutions de ces moments clés des luttes intellectuelles et politiques pour l’émancipation des peuples. Dans le Manifeste Afro-décolonial (2024), Norman Ajari réhabilite, tout en les actualisant, les idées décoloniales du « rêve oublié de la politique radicale noire » en reprenant les idées des penseurs de la Négritude et des nationalistes noirs. Le Manifeste sur la Terre et le Capital (1919), issu du premier Congrès Panafricain (Paris, 1919), pose les bases de l’autodétermination économique et territoriale des peuples africains. Les différents congrès font émerger l’idée de la « renaissance africaine » actée par l’obtention d’une indépendance sans concession et panafricaine comme le revendiquent, de manière assumée, Kwame Nkrumah et Jomo Kenyatta. Les participants à ces différents échanges insistaient déjà sur la nécessité de décoloniser non seulement les institutions politiques et économiques, mais également les savoirs, les imaginaires imposés par les dynamiques coloniales, et donc la domination hégémonique occidentale. La déclaration adoptée à Manchester en 1945 résume cette ambition en affirmant : « Nous ne voulons pas être affamés au nom de la liberté, ni colonisés au nom de la richesse. Nous affirmons le droit de tous les peuples coloniaux à contrôler leur propre destin ». Aussi, les postures décoloniales, bien que distinctes, semblent connectées avec les diverses entreprises en rapport avec la décolonisation (voir Béji H., Désenchantement national : essai sur la décolonisation (1982) & Nous, décolonisés (2008) ; Mbembe A., Sortir de la grande nuit : essai sur l’Afrique décolonisée (2012) ; Sabelo J. Ndlovu-Gatsheni, Epistemic Freedom in Africa: Deprovincialization and Decolonization (2018) ; le numéro 5 de la revue African Social Research, 2024). Ces dynamiques ont ainsi rythmé les politiques culturelles et identitaires révolutionnaires après les indépendances. Plusieurs dirigeants et leaders du continent considèrent qu’il faut démythifier les modèles de réussites occidentales et proposer des systèmes endogènes. Les exemples emblématiques sont multiples. Thomas Sankara affirme ainsi qu’« [i]l nous faut travailler à décoloniser les mentalités, et réaliser le bonheur à la limite des sacrifices auxquels nous devons consentir. Il faut travailler à reconditionner notre peuple à s’accepter tel qu’il est, à ne pas avoir honte des réalités qu’il connaît, à s’en contenter et même à s’en glorifier » (dans Ziegler & Rapp, 1986). Cette démarche radicale de reconstruction d’une fierté africaine, qui inclut également la décision de changer le nom du pays Haute Volta en Burkina Faso et les aspects culturels comme le port du Faso Dan Fani, tenue vestimentaire conçue à partir du pagne traditionnel tissé dans le pays, est une manière de réfuter les modèles impérialistes.

Au Zaïre, le Président Mobutu Sese Seko développe quant à lui la « politique de l’authenticité », présentée comme un projet de réappropriation des valeurs culturelles africaines. Tout en modifiant le nom de Congo, en supprimant les prénoms coloniaux et en imposant l’abacost (abréviation de « à bas le costume ») comme la tenue vestimentaire nationale, la pensée décoloniale se construit par le rejet du colonialisme, c’est-à-dire par une politique du retour au monde « authentique », bantou, africain. Dans son discours devant l’Assemblée générale des Nations unies en 1973, il déclare que « le recours à l’authenticité bannit le colonialisme, le néo-colonialisme et l’impérialisme. […] Le recours à l’authenticité est non seulement une connaissance approfondie de sa propre culture, mais aussi un respect du patrimoine culturel d’autrui ». Cette politique est par ailleurs au cœur de la polémique de Lubumbashi qui a opposé Georges Ngal et Valentin-Yves Mudimbe. Giambatista Viko ou le viol du discours africain (1975) de Ngal et The Invention of Africa : Gnosis, Philosophy, and the Order of Knowledge (1988) de Mudimbe se présentent comme des œuvres avant-gardistes africaines. Ce dernier écrit par exemple dans son roman L’Écart (1972) qu’il faut « repartir à zéro, reconstruire du tout au tout l’univers de ces peuples : décoloniser les connaissances établies sur eux, une interprétation plus attentive au milieu et à sa véritable histoire ».

Cette approche euristique et culturaliste de la connaissance repositionne le point de vue à partir de l’Afrique et contribue à décentrer les regards et les visions du monde. A ce titre, l’écrivain et cinéaste Sembène Ousmane est formel à propos de la centralité du continent face à l’hégémonie occidentale : « Non mais mettons bien ça dans la tête. Moi l’Europe n’est pas mon centre. L’Europe est une périphérie de l’Afrique » (dans Boughedir 1983). Paradoxalement, plusieurs décennies plus tard, les écrivains africains du mouvement de la littérature-monde se positionnent en faveur d’un décentrement focalisé à partir de la France. Nimrod (2008) sous-titre son manifeste « Pour une littérature décolonisée ». Dans le même ordre, la notion de postfrancophonie impliquerait de « décoloniser » les politiques francophones (Mihaud 2006).

Les postures décoloniales semblent donc articuler une tension entre perspectives afrocentriques et eurocentriques. Elles mettent par ailleurs en exergue une forme de résistance face à la perte de la matière identitaire des peuples anciennement colonisés, ainsi qu’une forme d’affirmation de la fierté et de conservation de l’héritage patrimoniale, donc des structures de pensée et de création. Boubacar Boris Diop, à travers son concept de « Wolophonie », défend ainsi l’écriture et la création en wolof comme un acte d’émancipation intellectuelle face à l’hégémonie des langues coloniales. De son côté, dans Decolonising the Mind : The Politics of Language in African Literature (1986), Ngũgĩ wa Thiong’o fait de la langue un enjeu central de la décolonialité en affirmant que « la langue est le vecteur de la culture. Écrire dans notre propre langue est le premier acte de décolonisation de l’esprit ». Ces thèses peuvent être associées aux travaux qui visent la reconnaissance des savoirs traditionnels et ancestraux (Ndlovu 2014 ; Kariuki, Nguyen & Namutebi 2026), manifestée par les initiatives comme le Décennie internationale des langues autochtones (2022-2032) coordonnées par l’UNESCO.

La dynamique décoloniale s’affirme aussi d’une part contre la déculturation et l’ethnocentrisme (néo)colonial comme le défendent Patrick L. O. Lumumba dans Mhhh Afrika ! (2003) et Théophile Obenga dans Appel à la jeunesse africaine (2007). Les écrits et les actions des militants tel Steve Biko (1987), avec le concept de « Conscience noir » développé entre 1969 et 1977 (Magaziner, 2010), offrent également des « méditations décoloniales » (Sithole, 2016). D’autre part, la pensée décoloniale s’énonce contre la dés-éducation, notamment dans un contexte où les curricula, les programmes scolaires et universitaires africains sont encore majoritairement dictés par l’Occident. Dans ce cadre, la décolonisation des programmes est revendiquée par les étudiants sud-africains en octobre 2015, et actée par le ministère de l’enseignement en 2016 (Booysen, 2016). Les projets comme celui des Ateliers de la Pensée, autour d’Achille Mbembe et Felwine Sarr (2017), constituent des points focaux de réflexions et d’émergence des pensées décoloniales à partir desquels l’Afrique est invitée à se pensée par elle-même. Dans l’ensemble, l’orientation principale porte sur les modes, les mécanismes et les canaux de décolonisation des études et des humanités africaines (Ze Belinga,2018 ; Falola, 2023 ; Kalidou Ba, 2024). Dans ce fait, le paradigme décolonial se situe dans l’ordre d’un Devoir de Violence (1968), pour reprendre le titre de l’écrivain malien Yambo Ouologuem. Ce devoir s’affirme de plus en plus par des logiques de réécritures ou de révisions de l’histoire, y compris en rebaptisant les lieux publics afin de montrer une sorte de résistance contre les structures institutionnelles (post)coloniales. Les activistes et féministes Laura Nsengiyumva et Anne Wetsi Mpoma (2019) soulignent ainsi que « le combat décolonial se passe en dehors de l’institution ». Les initiatives comme le programme de décolonisation des arts et des musées (Cukierman, Dambury, Vergès & 2018 ; Vergès, 2023), les thèses en faveur d’un « féminisme décolonial » (Vergès,2019), les approches au sujet des décolonialités des liens écologiques (Karmakar, G. & Byrne, D. C. 2026) ou des rapports à l’humanité (Steyn, M. & Mpofu, W. (2021), dont le concept de « Ubuntu » paraît fédérateur, introduisent des nouvelles perspectives de réflexion pour les politiques de réparation, les arts poétiques contemporains, ainsi que la relation entre « universalisme et pensée décoloniale » (Bachir Diagne et Amselle, 2018).

Cet atelier formule donc l’ambition de retracer les trajectoires des pensées décoloniales en Afrique à partir des prises de position des acteurs culturels, politiques, intellectuels et artistiques. Il s’agira d’interroger les principaux enjeux et impacts des idées et des actions avancées. Une attention particulière sera portée aux débats, aux tensions et aux contradictions qui traversent celles-ci. 

Les propositions pourront entre autres porter sur les thèmes suivants :

• épistémès africaines hors du colonialisme et des paradigmes post/coloniaux 

• généalogies africaines des pensées décoloniales ;

•  politiques culturelles, linguistiques et éducatives decoloniales ;

•  figures intellectuelles, artistiques et politiques des pensées décoloniales ;

•  modes, créations artistiques et (re)présentations décoloniales ;

• langues africaines, pratiques de traduction et enjeux de souveraineté épistémique ;

• rapports entre panafricanisme, afrocentrisme, décolonialité et postcolonialisme ; 

•  pensées décoloniales et études de genre ;

•  pensés décoloniales, écologies environnementales et humaines ;

• pensées décoloniales et savoirs autochtones ;

• réparation et décolonialité des espaces publics.

Nous invitions les artistes, écrivains, chercheurs, universitaires et journalistes à proposer des contributions, des témoignages, des performances ou des créations littéraires et artistiques relatifs à tous les aspects susceptibles d’enrichir les discussions. 

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Modalités de soumission :

Les propositions de communication (300 mots maximum), accompagnées d’une courte notice biographique (100 mots), sont à envoyer avant le 15 novembre 2026 à laudengadi@gmail.com  , ibrahima.sene@uni-bayreuth.de     

Réponse : 15 décembre 2026

Rencontre sur Zoom : 13-14-15 mai 2027 entre 14h30 et 17h30 (Allemagne)

Langues acceptées : français et anglais.

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African Decolonial Perspectives: Politics, Discourse and Representations Virtual

Research on decolonial thought (Bourguignon Rougier, Colin & Grosfoguel, 2016; Colin & Quiroz, 2023) emphasizes a genealogy rooted in Latin America and the Caribbean, particularly around the group of researchers involved in the Modernity/Coloniality project. This intellectual current has contributed to conceptualizing coloniality as a constitutive aspect of modernity, demonstrating that models of power and knowledge organization – inherited from Western colonialism – persist long after political independence. From this perspective, the decolonial process would entail disconnecting structures of life and thought from this hegemonic matrix.

This genealogy has nevertheless been subject of several criticisms. Ramón Grosfoguel (2022) challenges the narrative that presents Latin America as the exclusive birthplace of decolonial ideas. In his view, this narrative erases the earlier contributions of Black intellectuals, who had already developed fundamental critiques of decoloniality under different formulations (Grosfoguel, 2022, XIV). He argues that this theoretical reappropriation amount to a form of epistemic extractivism – that is, a process through which forms of knowledge derived from marginalized intellectual traditions are appropriated, reformulated, and integrated into a new theoretical and geographical framework without fully acknowledging its authors and the contexts in which it emerged. Mohamed Amer Meziane (2025) also calls for a rethinking of the genealogy of decolonial thought. He points out that “it is, among other places, in the archives of Les Temps Modernes that one of the forgotten beginnings of ‘decolonial’ thought in France and the Francophone world can be found: in a special issue from October 1977 titled “Du Maghreb”. According to Meziane, Abdelkebir Khatibi’s essay, titled “Le Maghreb comme horizon de pensées”, already refers to the existence of a “decolonial generation” called upon to extend the project of liberation beyond territorial decolonization and the political foundation of the nation-state. Before this, the Algerian activist and academic, Mohamed Salih, had also published a groundbreaking essay: Décoloniser l’histoire : introduction à l’histoire du Maghreb (1965). 

This threefold observation serves as the starting point for this workshop, which seeks to analyze decolonial thought from an African perspective. We wish to focus on political positions and interventions, as well as intellectual, artistic, and cultural productions, and the way in which they are represented. Indeed, the history of resistance across the continent has been accompanied by discourses and creative works aimed at deconstructing and dismantling the socio-political and mental structures inherited from colonialism.

The Maghreb has been one of the main centers for the development of anticolonial thought and, retrospectively, of what is now referred to as decolonial thought. The Algerian War of Independence (1954–1962) represents a significant moment in this regard. In the wake of this political struggle, Frantz Fanon emphasized in The Wretched of the Earth (1961), that “decolonization cannot be achieved through peaceful rituals”. His thought is thus concerned with liberation from forced cultural and identity assimilation, colonial structures, dehumanization, as well as with the construction of future societies. The work of Albert Memmi, notably The Colonizer and the Colonized (1957), is fundamental to understanding the alienating relationship between the oppressed and the oppressive colonizer.

In sub-Saharan Africa, decolonial thought first took shape around the Pan-African Congresses (anti-colonialist and anti-imperialist), particularly in the resolutions adopted during these key moments in the intellectual and political struggles for the emancipation of peoples. In Manifeste Afro-decolonial (2024), Norman Ajari revives and updates the decolonial ideas of the ‘forgotten dream of radical Black politics’ by drawing on the ideas of Negritude thinkers and Black nationalists. The Manifesto on Land and Capital (1919), issued by the First Pan-African Congress (Paris, 1919), laid the foundations for the economic and territorial self-determination of African peoples. The various congresses contributed to the emergence of the idea of the “African Renaissance”, grounded in the pursuit of uncompromising independence and pan-African solidarity, as Kwame Nkrumah and Jomo Kenyatta explicitly advocated. Participants in these various discussions were already emphasizing the need to decolonize not only political and economic institutions, but also the knowledge and mental frameworks imposed by colonial dynamics, and thus Western hegemonic domination. The declaration adopted in Manchester in 1945 summarizes this ambition by stating: “We do not want to be starved in the name of freedom, nor colonized in the name of wealth. We affirm the right of all colonial peoples to control their own destiny”. Furthermore, decolonial perspectives, while distinct, appear to be connected to various initiatives in support of decolonization (see Béji H., Désenchantement national: essai sur la décolonisation (1982) & Nous, décolonisés (2008); Mbembe A., Sortir de la grande nuit : essai sur l’Afrique décolonisée (2012) ; Sabelo J. Ndlovu-Gatsheni, Epistemic Freedom in Africa: Deprovincialization and Decolonization (2018); Issue 5 of the journal African Social Research, 2024).

These dynamics continued to shape revolutionary cultural and identity policies in the post-independence period. Several leaders and political figures across the continent argued for the demystification of Western models of success and for the development of endogenous systems. Thomas Sankara then asserted that: “we must work to decolonize our mindsets and achieve happiness within the limits of the sacrifices we must make. We must work to reeducate our people to accept themselves as they are, to feel no shame about the realities they face, to be content with them, and even to take pride in them” (in Ziegler & Rapp, 1986). This radical approach to rebuilding African pride – which also includes the decision to change the name of the country from Haute Volta to Burkina Faso, and cultural aspects such as the wearing of the Faso Dan Fani, an outfit made from traditional cloth woven in the country – is a way to combat the imperialist model.

In Zaïre, President Mobutu Sese Seko, for his part, developed the concept of “authenticity”, presented as a project to reclaim African cultural values. By changing the name of the Congo, abolishing colonial first names, and mandating the abacost (an abbreviation of à bas le costume, “down with the suit”) as the national dress, decolonial thought was shaped by the rejection of colonialism – that is, by a policy of returning to the “authentic,” Bantu, African world. In his speech before the United Nations General Assembly in 1973, he declared that “the pursuit of authenticity banishes colonialism, neocolonialism, and imperialism. […] The pursuit of authenticity is not only a deep understanding of one’s own culture but also respect for the cultural heritage of others”. This policy is also at the heart of the Lubumbashi controversy, which pitted Georges Ngal against Valentin-Yves Mudimbe. Ngal’s Giambatista Viko ou le viol du discours africain (1975) and Mudimbe’s The Invention of Africa: Gnosis, Philosophy, and the Order of Knowledge (1988) may be regarded as avant-garde African works. Mudimbe, for example, writes in his novel L’Écart (1972) that it is necessary to “start from scratch, to completely rebuild the world of these peoples: to decolonize the established knowledge about them, and to offer an interpretation that pays closer attention to their environment and their true history”.

This heuristic and culturalist approach to knowledge repositions the point of view from Africa and contributes to decenter dominant perspectives and worldviews. In this regard, the writer and filmmaker Sembène Ousmane is unequivocal about the continent’s centrality in the face of Western hegemony: “No, but let’s get this straight. For me, Europe is not my center. Europe is on the periphery of Africa” (in Boughedir 1983). Paradoxically, several decades later, African writers of the world literature movement advocate for a decentering focused on France. Nimrod (2008) subtitles his manifesto “Pour une littérature décolonisée (Toward a Decolonized Literature)”. Along the similar lines, the concept of post-Francophonie would imply “decolonizing” Francophone policies (Mihaud 2006).

Decolonial stances therefore seem to articulate a tension between Afrocentric and Eurocentric perspectives. They also highlight a form of resistance to the loss of the identity of formerly colonized peoples, as well as a form of affirmation of pride and preservation of cultural heritage – and thus of structures of thought and creativity.  Boubacar Boris Diop, through his concept of ‘Wolophonie’, advocates writing and creative production in Wolof as an act of intellectual emancipation in the face of the hegemony of colonial languages. For his part, in Decolonising the Mind: The Politics of Language in African Literature (1986), Ngũgĩ wa Thiong’o makes language a central issue in decolonialization by asserting that “language is the vehicle of culture. Writing in our own language is the first act of decolonising the mind”. These arguments could be part of a movement towards the recognition of traditional, ancestral and indigenous knowledge (Ndlovu 2014; Kariuki, Nguyen & Namutebi 2026), as demonstrated by initiatives like the International Decade of Indigenous Languages (2022-2032), coordinated by UNESCO.

The decolonial movement also stands, on the one hand, against deculturation and (neo)colonial ethnocentrism, as advocated by Patrick L. O. Lumumba in Mhhh Afrika! (2003) and Théophile Obenga in Appel à la jeunesse africaine (2007). The writings and actions of activists such as Steve Biko (1987), with his concept of “Black Consciousness” developed between 1969 and 1977 (Magaziner, 2010), also offer “decolonial meditations” (Sithole, 2016). On the other hand, decolonial thought speaks out against “dis-education”, particularly in a context where African school and university curricula are still largely dictated by the West. In this context, the decolonisation of curricula was demanded by South African students in October 2015 and formalized by the Ministry of Education in 2016 (Booysen, 2016). Initiatives such as the Ateliers de la Pensée, centered on Achille Mbembe and Felwine Sarr (2017), serve as focal points for reflection and the emergence of decolonial thought, from which Africa is called upon to think itself on its own terms. Overall, the focus is on the approaches, mechanisms and channels for the decolonisation of African studies (Ze Belinga, 2018 ; Falola, 2023 ; Kalidou Ba, 2024). In this context, the decolonial paradigm may be understood in terms of a Le Devoir de violence (“A Duty to Violence”; 1968), to borrow the title of the Malian writer Yambo Ouologuem’s novel. This imperative is increasingly expressed through practices of rewriting and revising history, including the renaming of public spaces as a form of resistance against (post-)colonial institutional structures. Activists and feminists Laura Nsengiyumva and Anne Wetsi Mpoma (2019) thus emphasize that “the decolonial struggle takes place outside the institution”. Initiatives such as  the decolonization of the arts and museums (Cukierman, Dambury, Vergès & 2018; Vergès, 2023), theories in defense of “decolonial feminism” (Vergès, 2019), approaches to the decolonial nature of ecological connections (Karmakar, G. & Byrne, D. C. 2026) or relationships with humanity (Steyn, M. & Mpofu, W. (2021) – whose concept of “Ubuntu” appears to be unifying – open up new way for thinking about reparations policies, contemporary poetic arts, and the relationship between “universalism and decolonial thought” (Bachir Diagne & Amselle, 2018).

This workshop therefore aims to trace the development of decolonial thought in Africa, through positions and interventions of cultural, political, intellectual and artistic figures. It will examine the key issues and impacts of the ideas and actions advanced in the name of decolonization, while paying particular attention to the debates, tensions and contradictions that run through them.

Proposals may address, but are not limited to, the following themes:

• African epistemes beyond colonialism and post/colonial paradigms

• African genealogies of decolonial thought;

• decolonial cultural, linguistic and educational policies;

• intellectual, artistic and political figures in decolonial thought;

• decolonial modes, artistic creations and (re)presentations;

• African languages, translation practices and issues of epistemic sovereignty;

• the relationships between Pan-Africanism, Afrocentrism, decoloniality and postcolonialism;

• decolonial thought and gender studies;

• decolonial thought, environmental and human ecologies;

• decolonial thought and Indigenous knowledge;

• reparations and the decolonialization of public spaces.

We invite artists, writers, researchers and academics to submit papers, personal accounts, performances or literary and artistic works relating to any aspect that may contribute to and enrich the discussions.

Submission guidelines:

Proposals for papers (maximum 300 words), with a short biographical note (100 words), should be sent before 15 November 2026 to laudengadi@gmail.com“>laudengadi@gmail.com and ibrahima.sene@uni-bayreuth.de“>ibrahima.sene@uni-bayreuth.de  

Feedback: 15 December 2026

Zoom meeting: 13–14–15 May 2027 between 2.30 pm and 5.30 pm (Germany)

Accepted languages: French and English—

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Bibliographie indicative

African Social Research, n°5 (Decoloniality and Decolonization in Africa). Disponible sur: https://www.pasiri.org/asr-5 

Ajari, N. (2024). Le Manifeste afro-décolonial. Le rêve oublié de la politique radicale noire. Paris : Éd. Le Seuil.

Bachir Diagne, S. & Amselle, J.L. (2018). En quête d’Afrique(s) : universalisme et pensée décoloniale. Paris: Albin Michel.

Béji, H. (1982), Désenchantement national : essai sur la décolonisation. Paris : Maspéro.

Béji, H. (2008), Nous, décolonisés. Paris : Arléa.

Biko, S. (1987). Stubbs, A. (ed.). I Write What I Like: A Selection of His Writings. London: Heinemann.

Booysen, S. ed. (2016). Fees Must Fall: Student Revolt, Decolonisation and Governance in South Africa. Johannesburg: Wits University Press.

Boughedir, F. (réal.), (1983). Caméra d’Afrique. Férid Boughedir/La SATPEC (prod.).

Bourguignon Rougier, Cl. Colin, Ph. & Grosfoguel, R., dir. (2016). Penser l’envers obscur de la modernité. Une anthologie de la pensée décoloniale latino-américaine. Limoges : Presses Universitaires de Limoges.

Colin, Ph. & Quiroz, L. (2023). Pensées décoloniales. Une introduction aux théories critiques d’Amérique latine. Paris: La Découverte.

Falola, T. (2023). Decolonizing African Studies. Knowledge, Production, Agency and Voice. New York: Boydell and Brower. 

Grosfoguel, R. (2022). « The global contributions of Black decolonial Marxism – a foreword », in: Ndlovu-Gatsheni, S. J. & Ndlovu, M. ed.  Marxism and Decolonization in the 21st Century: Living Theories and True Ideas. New-York: Routledge, xiii-xxiii. 

Kalidou Ba, M. (2024). Décoloniser la critique littéraire africaine. Paris : Lettres de Renaissances.

Kariuki, N. W., Nguyen, M. J., & Namutebi, A. G. (2026). « Postcolonial theory, indigenous knowledge systems, and epistemological sovereignty in East Africa: Theoretical frameworks, knowledge legitimacy, and the decolonial turn in Kenya, Tanzania, and Uganda ». Global Journal of History and Theories GJHT, vol. 1, n°1. 37-52. Disponible sur: https://doi.org/10.69480/GJHT.1.1.2026.02 

Karmakar, G. & Byrne, D. C. ed. (2026). Ecology, decoloniality, and African Literature. New-York: Routledge. 

Leïla Cukierman, L., Dambury, G. & Vergès, F., dir. (2018). Décolonisons les arts ! Paris : L’Arche.

Lumumba, P.L.O. (2003). Mhhh Afrika ! Nairobi: P.L.O. Lumumba Foundation Publication.

Magaziner, D. (2010). The Law and the Prophets: Black Consciousness in South Africa, 1968–1977. Athens: Ohio University Press.

Mbembe, A. (2012). Sortir de la grande nuit : essai sur l’Afrique décolonisée. Paris : La Découverte. 

Mbembe, A. & Sarr, F., dir. (2017), Écrire l’Afrique-Monde. Dakar/Paris : Philippe Rey/Jimsaan.

Meziane, M. A. (2025), « Désimpérialiser la métaphysique (1) : en-deçà et au-delà du tournant décolonial », Les Temps qui restent, n°7, Automne (octobre-décembre). Disponible sur : https://lestempsquirestent.org/fr/numeros/numero-7/desimperialiser-la-metaphysique-1-en-deca-et-au-dela-du-tournant-decolonial 

Milhaud, O. (2006). « Post-francophonie », Espaces Temps.net. [En ligne]. Association Espaces Temps.net, 2006. Disponible sur : http://www.espacestemps.net/articles/post-francophonie/ .

Mudimbe, V.-Y. (1972). L’Écart. Paris : Présence Africaine.

Mudimbe, V.-Y. (1988). The Invention of Africa: Gnosis, Philosophy, and the Order of Knowledge. Bloomington/Indianapolis : Indiana University Press.

Ndlovu, M. (2014). « Why indigenous knowledges in the 21st century? A decolonial turn. Y&T, n°11, 84-98. Disponible sur: 
http://www.scielo.org.za/scielo.php?script=sci_arttext&pid=S2223-03862014000100006&lng=en&nrm=iso  

Ndlovu-Gatsheni, S. J. (2018). Epistemic Freedom in Africa: Deprovincialization and Decolonization. London: Routledge.

Ngal, G. ([1975] 2003). Giambatista Viko ou Le Viol du Discours Africain. Paris: L’Harmattan.

Ngũgĩ wa Thiong’o, (1986). Decolonising the Mind : The Politics of Language in African Literature. London: James Currey; Nairobi: Heinemann Kenya; Portsmouth, N. H.: Heinemann; Harare: Zimbabwe Publishing House.

Nimrod, (2008). La Nouvelle chose française. Paris : Actes Sud.

Nsengiyumva, L. & Wetsi Mpoma, A. (2019). « Artistes en résistance : “le combat décolonial se passe en dehors de l’institution” », [Entretien avec Sophie Soukias], Bruzz, 20 décembre. Disponible sur : https://www.bruzz.be/fr/culture/culture/artistes-en-resistance-le-combat-decolonial-se-passe-en-dehors-de-linstitution-2019 

Obenga, Th. (2007). Appel à la Jeunesse Africaine : “Contrat Social Africain pour le 21ème Siècle”. Paris : Ccinia Communication.

Ouologuem, Y. (1968). Le Devoir de violence. Paris : Seuil.

Sithole, T. (2016). Steve Biko: Decolonial Meditations of Black Consciousness. Lanham, MD: Lexington Book.

Salih, M. (1965). Décoloniser l’histoire : introduction à l’histoire du Maghreb. Paris : François Maspero.

Steyn, M. & Mpofu, W., ed. (2021). Decolonizing the Human: Reflections from Africa on difference and oppression. Johannesburg : Wits University Press. 

Vergès, F. (2023). Programme de désordre absolu. Décoloniser le musée. Paris : La Fabrique.

Vergès, F. (2019). Un féminisme décolonial. Paris : La Fabrique.

Ze Belinga, M., ed. (2018). Présence Africaine, vol. 1, n°197 (UJUZI, décoloniser les Humanités !/ UJUZI, decolonizing the Humanities!)

Ziegler, J. & Rapp, J.-Ph. (1986). Thomas Sankara : Un nouveau pouvoir africain. Lausanne : Pierre-Marcel Favre/ABC.

1.12 Créer, raconter, documenter, archiver les violences depuis l’exil

Les violences contemporaines qui traversent l’Asie du Sud-Ouest (souvent désignée par son appellation coloniale de « Moyen-Orient »), l’Afrique et l’Amérique latine soulèvent des questions fondamentales quant aux manières de documenter, de raconter et d’archiver les violences asymétriques (Abram de Swaan ,Diviser pour tuer, 2016)  produites par les guerres, les génocides, les massacres politiques ou encore les conflits liés à l’extraction des ressources naturelles.  Ces situations se caractérisent fréquemment par une impossibilité, ou une grande difficulté, d’accès aux terrains d’enquête, ainsi que par la destruction, la confiscation ou l’absence d’archives et de témoignages, qu’ils soient écrits, visuels ou oraux. Parallèlement, un besoin impérieux se fait sentir de raconter, de montrer, d’interpréter et de rendre intelligibles ces violences dans les espaces institutionnels, médiatiques et culturels occidentaux. Cette responsabilité est souvent portée par les communautés diasporiques, les personnes exilées ou encore les générations nées en exil, qui deviennent des médiatrices privilégiées de ces récits. En s’insérant dans ces cadres, ces sujets se confrontent parfois à la condition de « corps hors de leur place » (space invaders), devant négocier leur légitimité au sein d’institutions occidentales qui peuvent tendre à fétichiser ou à contraindre leur parole (Puwar, 2004). 

Face à ces contraintes, les communautés exilées et diasporiques développent, depuis les espaces de l’exil, des pratiques de création, de documentation et d’archivage. Celles-ci passent aujourd’hui massivement par les réseaux sociaux à travers des images de smartphones ou des archives nées numériques. Ces matériaux, intrinsèquement volatiles, se confrontent toutefois à de véritables « algorithmes d’oppression » (Noble, 
2018), soumis aux logiques de surveillance marchande et à la censure invisible des plateformes qui tendent à effacer les traces des violences subies. Si ces initiatives visent à contrer cette invisibilisation en faisant de l’exil un espace de refuge et de production de savoirs alternatifs, cette dynamique invite néanmoins à une distinction conceptuelle cruciale entre les sujets qui la portent.
Comme le souligne Edward Said (Reflections on Exile, 2000), alors que la diaspora se structure souvent dans le temps long comme un collectif politique et transnational doté d’une parole publique, l’exil demeure une fracture brute, solitaire et incurable liée à la perte immédiate du lieu d’origine. L’espace diasporique doit ainsi être appréhendé comme une cartographie complexe et hétérogène (Brah, 2005), traversée par des rapports de force et des asymétries générationnelles. L’émergence de formes de « post-mémoire » (Hirsch, 2012) chez les deuxièmes générations soulève alors de profondes questions éthiques : il s’agit d’interroger le risque d’une certaine hégémonie discursive ou d’une idéalisation des 
récits par les espaces diasporiques occidentaux, au détriment des voix des exilé·es récent·es ou des personnes demeurées dans la géographie réelle de la violence.

Pour répondre à ces enjeux, cette journée d’étude se saisit de la recherche-création non comme une simple modalité de diffusion, mais, à la suite d’Erin Manning et Brian Massumi (Pensée en acte, 2018), comme une véritable méthodologie de production de savoirs situés et de « pensée en acte ». Dans les contextes où le terrain est confisqué ou détruit, les pratiques artistiques et spéculatives ne viennent pas illustrer l’histoire : elles participent activement à la faire émerger en créant de nouveaux concepts et de nouvelles manières de documenter le sensible. Cette journée d’étude propose ainsi d’interroger les dimensions méthodologiques, éthiques, épistémologiques et théoriques de ces pratiques depuis l’exil. 

Axes de réflexion 

Axe 1 — Documenter et archiver les violences depuis l’exil et les diasporas 
● Comment est-il possible de produire, depuis l’exil ou les diasporas, des savoirs partageables sous des formes sensibles permettant de documenter les violences en cours ? 
● Dans quelle mesure ces pratiques d’enquête, de création et de documentation participent-elles à l’écriture d’une histoire du temps présent depuis l’exil ? 
● Quels outils, quelles méthodes et quels dispositifs de recherche-création permettent de documenter et d’archiver les violences sous des formes sensibles, notamment face à la volatilité des archives numériques ? 
● Quelles questions éthiques et épistémologiques, liées à une pensée située au sens de Donna Haraway (Situated Knowledges, 1988), émergent lorsque la recherche ou la création sont menées depuis l’exil ? Quelles tensions ou asymétries de visibilité apparaissent entre la mémoire  biographique directe des exilé·es et la « post-mémoire » des générations nées en diaspora ? Comment éviter que les structures institutionnelles occidentales ne confisquent la parole des actrices et acteurs du terrain ? 

Axe 2 — Créer et raconter depuis l’exil 
● Comment les expériences et les mémoires déterritorialisées de la violence, façonnées par l’exil, se construisent-elles et se transmettent-elles à travers les pratiques artistiques et la recherche ? 
● Dans quelle mesure les pratiques artistiques développées depuis les espaces de l’exil et de la diaspora déplacent-elles, décolonisent-elles ou renouvellent-elles les regards portés sur les violences contemporaines ? 
● Quels liens les créations produites depuis l’exil ou les diasporas entretiennent-elles avec des récits situés de la violence ? Comment les pratiques de création et les productions de savoirs issues de ces espaces s’articulent-elles, se nourrissent-elles mutuellement et contribuent-elles à la mise en récit des expériences vécues et des mémoires ?  
● Quels liens peut-on établir entre les créations et les productions de savoirs consacrées aux passés coloniaux de ces trois régions et les violences contemporaines qui les traversent ?  

Sans être limitatives, ces pistes de réflexion ont vocation à ouvrir le dialogue. Nous accueillerons avec intérêt des propositions inédites explorant d’autres questionnements en lien avec les thématiques de cette journée d’étude. 

Profils recherchés et disciplines 

Nous souhaitons recevoir des propositions émanant d’artistes (arts visuels, arts vivants, musique, littérature, etc.) privilégiant des démarches d’enquête ou de recherche-création, ainsi que de chercheuses et chercheurs en sciences humaines et sociales travaillant avec des artistes ou mobilisant des pratiques issues du champ de l’art. 
Nous encourageons également les propositions d’historiennes et d’historiens de l’art, de commissaires d’exposition, ainsi que d’anthropologues, de sociologues et d’autres chercheuses et chercheurs analysant les productions artistiques en lien avec les violences contemporaines dans les trois régions concernées. Les propositions émanant d’étudiantes et d’étudiants à la maîtrise ou au doctorat sont chaleureusement bienvenues. 

Les propositions s’inscrivant dans les études culturelles et visuelles, les études mémorielles, les études sur la violence de masse, les approches décoloniales et postcoloniales, ainsi que dans toute autre perspective théorique en résonance avec les enjeux de cette journée d’étude, sont les bienvenues. 

Les formats proposés sont volontairement hybrides et peuvent prendre la forme d’une communication scientifique, d’une conférence performée, d’un atelier (notamment consacré au partage d’outils ou de méthodologies), d’une marche urbaine ou encore d’une présentation de projet de recherche-création. 

Calendrier 

● Diffusion de l’appel : 1er septembre 2026 
● Date limite de soumission : 15 novembre 2026 à minuit (heure de Montréal) 
● Réponse aux propositions : au plus tard le 15 décembre 2026 
● Journée d’étude : 23 février 2027, à Montréal (UQAM) 

Modalités de soumission 

Les propositions devront comprendre : 
● Un titre ; 
● Un résumé de 300 mots maximum ; 
● Trois à cinq mots-clés ; 
● Une courte biographie de 150 mots maximum. 

Les propositions devront être envoyées avant le 15 novembre 2026 à l’adresse suivante : labard.axe1@gmail.com. Merci d’indiquer dans votre proposition le format envisagé pour la présentation de votre travail. 
Les artistes en arts visuels et médiatiques, en arts vivants ou en musique pourront joindre, selon les besoins, jusqu’à trois images, un lien vidéo ou un lien audio en complément de leur proposition. Les propositions pourront être soumises en français ou en anglais. La journée d’étude sera bilingue et se déroulera en mode hybride (présentiel et distanciel). 

Une sélection des contributions fera l’objet d’une publication dans un ouvrage collectif avec comité de lecture. Les frais de déplacement, de transport et d’hébergement ne pourront malheureusement pas être pris en charge. Le repas du midi ainsi que les pauses-café seront offerts aux participantes et participants. 

Direction scientifique et organisation 
● Direction scientifique : Professeure Bahar Majdzadeh, dans le cadre de l’exposition-colloque 2027 , intitulée  “Savoir-faire et être : stratégies et pratiques de la recherche-création décoloniale” au sein du Laboratoire d’art et de recherche décoloniaux (LabARD): https://labard.uqam.ca/  

● Organisation : Clara Tabra Osorio et  Ivette, Doizi Cofre  

Bibliographie indicative 

● BRAH, Avtar (2005). Cartographies of Diaspora: Contesting Identities. London, Routledge. 
● DE SWAAN, Abram (2016). Diviser pour tuer. Les régimes génocidaires et leurs hommes de main. Paris, Seuil. 
● FIGUEROA-VÁSQUEZ, Yomaira C. (2020). Decolonizing Diasporas: Radical Mappings of Afro-Atlantic Literature. Chicago, Northwestern University Press. 
● HARAWAY, Donna (1988). « Situated Knowledges: The Science Question in Feminism and the Privilege of Partial Perspective », Feminist Studies, vol. 14, nº 3, p. 575-599. 
● HIRSCH, Marianne (2012). The Generation of Postmemory: Writing and Visual Culture After the Holocaust. New York, Columbia University Press. 
● MANNING, Erin et MASSUMI, Brian (2018). Pensée en acte : Vingt propositions pour la recherche-création. Dijon, Les presses du réel. 
● PUWAR, Nirmal (2004). Space Invaders: Race, Gender and Bodies Out of Place. New York, Berg. 
● SAID, Edward W. (2008). Réflexions sur l’exil et autres essais. Paris, Le Seuil. 
● SPIVAK, Gayatri Chakravorty (2020). Les subalternes peuvent-elles parler ? (trad. J. Vidal). Paris, Éditions Amsterdam. 
● NOBLE, Safiya Umoja (2018). Algorithms of Oppression: How Search Engines Reinforce Racism. New York, New York University Press.

1.13 Relire le canon français depuis les littératures francophones

Appel à communications

Journée d’étude du 19 mars 2027

Université de Montpellier Paul-Valéry, site Saint-Charles 

Organisation :

Linda Rasoamanana (Université de Mayotte et RIRRA 21)

Avec le soutien du laboratoire RIRRA 21 (UR 4209), Universités de Montpellier Paul-Valéry et de Nîmes

Comité scientifique :

Florian Alix (Sorbonne Université)

Ridha Boulaâbi (Université de Paris Nanterre)

Mounira Chatti (Université de Paris-8)

Maxime Del Fiol (Université de Montpellier Paul-Valéry)

Cheikh M. S. Diop (Université Assane Seck de Ziguinchor)

Cynthia V. Parfait (Université d’Antsiranana)

Linda Rasoamanana (Université de Mayotte)

Argumentaire :

La journée d’étude, inscrite dans le cadre du programme « Francophonies et mondialisation des productions culturelles, littéraires et artistiques » de l’Université de Montpellier Paul-Valéry (laboratoire RIRRA 21), se propose de reconfigurer le regard critique à partir des littératures francophones comme nouveau point d’observation. Un tel changement de perspective implique d’interroger les habitudes heuristiques, les hiérarchies institutionnelles et les approches historiques qui ont longtemps organisé les études littéraires en français. Encore aujourd’hui, les relations entre les productions françaises et francophones restent marquées par la forte asymétrie des légitimités et la faible réversibilité des transferts.

En dépit de certains raccourcis, les membres du collectif Pour une littérature-monde ont contribué en 2007 à promouvoir un décloisonnement entre les littératures de langue française. Alain Mabanckou y avait décrypté les pesanteurs de la hiérarchie symbolique jusque dans les antonomases prétendument élogieuses telles que « le Voltaire africain » ou « le Céline tropical ». Du côté de la critique universitaire, à la suite de Denis Hollier qui avait commencé à désenclaver l’histoire de la littérature française du paradigme national (De la littérature française, 1995), des chercheurs francophonistes ou comparatistes ont repensé la littérature de langue française selon des perspectives décentrées et transculturelles. Si, par exemple, Anthony Mangeon a défini les contours d’une histoire intégrative des littératures françaises, francophones et féminines (« Pour une histoire littéraire intégrée », 2014), Maxime Del Fiol a élaboré une histoire francophone, transnationale et transséculaire qui englobe les écrivains diatopiques, translingues ou post-coloniaux contemporains au sein d’une tradition plurilingue attestée dès le XIVe siècle (Francophonie, plurilinguisme et production littéraire transnationale en français depuis le Moyen Âge, 2023). Quant à Laurent Dubreuil, insistant sur la nécessité de se dégager de la prégnance des usages coloniaux du français au-delà même de la critique postcoloniale, il a défendu un « élargissement » des corpus par le « devenir francophone » où les textes de langue française s’éclairent via une lecture mutuellement transformatrice (L’Élargissement francophone, 2024).

La journée d’étude souhaite justement prolonger et enrichir cette réflexion sur les effets heuristiques d’un changement de perspective en privilégiant l’interdépendance que sous-tendent les rapports de force. On pourra dès lors prendre en tous sens l’invitation d’Alberta à Carlos-Rosa dans La Fête des masques de Sami Tchak : « “Je lis, je lis beaucoup […]. Je ne suis pas une idiote, sinon je n’aurais pas dans ma bibliothèque Notre-Dame des Fleurs de Jean Genet. Regardez ! Fouillez dans ma bibliothèque […].” Elle lui tendit un livre, souriante. “Tenez ! Peut-être que vous voulez y jeter un coup d’œil ! ». Trois relectures de Genet seraient envisageables : 1) une lecture croisée Genet <=> Tchak, soit une mise en relation pour, par exemple, faire dialoguer les textes autour du travestissement et des identités instables ; 2) une réversibilité interprétative Genet <= Tchak, soit un renversement du sens du trajet herméneutique habituel pour, par exemple, relire la marge genetienne depuis une poétique francophone de la théâtralité du sujet comme réponse à la domination ; 3) une lecture en réseau Genet <=> Tchak <=> Nina Bouraoui (Garçon manqué) <=> Tahar Ben Jelloun (L’Enfant de sable), soit une constellation textuelle autour des sexualités minorées pour, par exemple, étudier comment ces écritures en français redéfinissent les modalités de représentation des subjectivités marginalisées. Telles sont, à titre de repères, les pistes de relectures du canon français que la journée d’étude souhaite explorer.

Sans exclusive d’aire, de période ou de méthodologie, les propositions pourront notamment s’inscrire dans les trois axes suivants :

Relire et relier : relecture des circulations ; dialogues explicites, implicites ou occultés entre écrivains français et écrivains francophones diatopiques, translingues ou post-coloniaux (par exemple, Jean-Marie Gustave Le Clézio et Édouard Glissant, Jean Rousselot et Emmanuel Roblès) ; lectures croisées et réciprocité herméneutique ; intertextualité comme « critique spatiale libérée de la linéarité » (Sophie Rabau) et comme lecture réticulaire « élargissant » (Laurent Dubreuil) la francophonie ;

Reconfigurer et décentrer : réévaluation axiologique des périphéries par rapport au canon ; effets de réversibilité herméneutique via des lectures actualisantes d’écrivains français à l’aune d’écrivains francophones diatopiques, translingues ou post-coloniaux (par exemple, Poil de carotte de Jules Renard relu à partir de Marâtre de Salim Hatubou, Les Mandarins de Simone de Beauvoir relus à partir des Samouraïs de Julia Kristeva ou L’Acacia de Claude Simon relu à partir de Cantique de l’acacia de Kossi Efoui) ; décloisonnement de l’histoire littéraire par une meilleure « intégration » (Anthony Mangeon) et par une meilleure prise en compte du plurilinguisme et des dynamiques intra-, inter- et extra-francophones au sein de la « francophonie globale » (Maxime Del Fiol) ;

Faire lire et transmettre : pédagogies de la lecture intertextuelle ; constitution de corpus de textes et dispositifs de « lectures en réseau » (Catherine Tauveron) susceptibles de renouveler l’étude et la légitimation des littératures francophones au sein des pratiques d’enseignement et de formation.

En faisant de la pluralité francophone un opérateur herméneutique de relecture plutôt qu’un objet périphérique de lecture, cette journée d’étude entend élargir la discussion sur les manières de penser, d’interpréter et d’enseigner autrement l’histoire des littératures de langue française.

Bibliographie indicative :

Authier François-Jean, « L’Hexagone et l’Archipel, ou les métamorphoses de l’universel : la place des littératures francophones dans l’enseignement (du) français », Administration et Éducation, vol.1, n°181, 2024, p.51-58.

Boudhau Marlène, « Pour une transculturalité de la littérature francophone caribéenne », Le Français aujourd’hui, vol.1, n°224, 2024, p.75-84.

Casanova Pascale, La République mondiale des Lettres [1999], Paris, Le Seuil, coll. « Points Essais », 2008.

Célérier Patricia-Pia, « Mongo Beti et Voltaire : analyse d’une respectueuse appropriation », Dalhousie French Studies, n°30, printemps 1995, p.31-44.

Chavoz Ninon, Les Morts-vivants. Comment les auteurs du passé habitent la littérature présente, Paris, Hermann, coll. « Fictions pensantes », 2021.

Del Fiol Maxime (dir.), Francophonie, plurilinguisme et production littéraire transnationale en français depuis le Moyen Âge, Paris, ADIREL, coll. « Travaux de littérature », 2023.

Dubreuil Laurent, L’Élargissement francophone. Dix interventions critiques [2011-2021], Paris, Honoré Champion, coll. « Francophonies », 2024.

Hollier Denis (dir.), De la littérature française [A New History of French Literature, 1989], Paris, Bordas, 1993.

Lafont Suzanne, « Droit de poursuite. Imaginaire patrimonial et présence de Céline dans Verre cassé », 28 août 2015, en ligne. URL : https://suzanne-lafont-droit-de-poursuite.jimdosite.com

Le Bris Michel et Rouaud Jean (dir.), Pour une littérature-monde, Paris, Gallimard, 2007.

Le Clézio Jean-Marie Gustave, « Dans la forêt des paradoxes », 7 décembre 2008, conférence Nobel, en ligne. URL : https://www.nobelprize.org/prizes/literature/2008/clezio/25795-jean-marie-gustave-le-clezio-conference-nobel/

Lionnet Françoise, « Littérature-monde, francophonie et ironie : modèles de violence et violence des modèles », dans Lise Gauvin et al. (dir.), Littératures francophones : parodies, pastiches, réécritures, Lyon, ENS Éditions, coll. « Signes », 2013, p.119-138.

Mangeon Anthony, « Pour une histoire littéraire intégrée (des centres aux marges, du national au transnational : littératures françaises, littératures francophones, littératures féminines) », dans Abdoulaye Imorou (dir.), La Littérature africaine francophone. Mesures d’une présence au monde, Dijon, Éditions Universitaires de Dijon, coll. « Écritures », 2014, p.87-104.

Mathieu-Job Martine (dir.), L’Intertexte à l’œuvre dans les littératures francophones, Pessac, Presses universitaires de Bordeaux, coll. « Études africaines et créoles », 2003.

Mazauric Catherine et al. (dir.), Le Texte du lecteur, Bruxelles, Peter Lang, coll. « ThéoCrit’ », 2011.

Mazauric Catherine et al. (dir.), Textes de lecteurs en formation, Bruxelles, Peter Lang, coll. « ThéoCrit’ », 2011.

Mcdonald Christie et Suleiman Susan Rubin (dir.), French Global. A New Approach to Literary History, New York-Londres, Presses de l’Université de Columbia, 2010.

Rabau Sophie, L’Intertextualité [2002], Paris, Garnier-Flammarion, coll. « Corpus », 2020.

Simedoh Vincent, « Sami Tchak, Hermina : l’intertextualité ou une réflexion sur l’art romanesque », Éthiopiques, n°75, juillet-décembre 2005, p.55-74.

Tauveron Catherine, « Fonctions et natures des lectures en réseau », dans Catherine Tauveron et al. (dir.), La Lecture et la culture littéraire au cycle des approfondissements, Versailles, Scéren-CRDP, coll. « Les actes de la DESSCO », 2004, p.72-74.

Vaudin Vanessa, « L’enseignement des littératures francophones dans le secondaire », dans Musanji Ngalasso-Mwatha (dir.), Littératures, savoirs et enseignement, Pessac, Presses Universitaires de Bordeaux, coll. « Études africaines et créoles », 2008, p.265-277.

Modalités de réponse et de participation :

Les propositions de communication, d’environ 500 mots, assorties d’un titre, d’une brève présentation bio-bibliographique et de l’indication de l’affiliation institutionnelle, devront être envoyées par courriel au plus tard le vendredi 20 novembre 2026 à l’adresse suivante : linda.rasoamanana@umpv.fr

Après évaluation des propositions par le comité scientifique, les notifications d’acceptation seront communiquées au plus tard le vendredi 18 décembre 2026.

Les interventions n’excèderont pas 20 minutes et seront suivies de 10 minutes de discussion.

La journée d’étude se tiendra le vendredi 19 mars 2027 à l’Université de Montpellier Paul-Valéry, site Saint-Charles.

1.14 Patrimoine et mémoires en construction : langues, littérature, paysages et arts dans la construction, la circulation et les transformations des identités africaines

Colloque international 

Patrimoine et mémoires en création :

langues, littérature, paysages et arts dans la construction, la circulation et les transformations des identités africaines

Universidade Pedagógica de Maputo (Mozambique), 11-12 mai 2027

Les sociétés contemporaines évoluent à un rythme effréné dicté par la mondialisation, les mobilités humaines, les transformations urbaines, les mutations linguistiques et les recompositions culturelles. Les changements résultant de ces mutations nous amènent à réinterpréter les patrimoines matériels et immatériels, les mémoires collectives et individuelles, ainsi que les pratiques artistiques et littéraires.

Dans cette perspective, ce colloque entend interroger les rapports entre mémoire collective[1], littérature (orale et écrite), paysages ou environnements et arts[2]. Il s’agira d’explorer comment les mémoires historiques, les héritages culturels et les patrimoines locaux se conjuguent pour faire émerger des formes nouvelles.

Le colloque invite chercheurs, enseignants, artistes, écrivains, linguistes, historiens, anthropologues et acteurs culturels à réfléchir autour des axes suivants :

 A)          Mémoires et patrimoine – l’Histoire pour créer

Cet axe s’intéresse aux relations entre mémoire, patrimoine et création artistique ou littéraire. Les œuvres africaines contemporaines mobilisent fréquemment les héritages historiques — colonisation, résistances, indépendances, conflits, migrations, traditions ancestrales — pour construire de nouveaux récits identitaires. La mémoire devient alors une matière créative permettant de revisiter le passé, de questionner les silences de l’histoire et de réinventer les appartenances collectives:

·       Les figures historiques dans la fiction contemporaine ; 

·       Médias et narration historique dans la communication politique ;

·       Littérature et mémoire de la guerre civile au Mozambique ;

·       Photographie et cinéma documentaire de la mémoire ;

·       Archives et mémoires coloniales /postcoloniales.

·       Mythes africains / spiritualité – exploration des rapports entre nature, spiritualité et esthétique

B)          Entre traditions et innovations : hybridation des formes artistiques et littéraires 

Les créations africaines contemporaines se caractérisent par une rencontre constante entre formes traditionnelles et expressions modernes. Les artistes et écrivains réinventent les codes esthétiques en intégrant oralité, mythes, rythmes traditionnels, technologies numériques et influences transnationales. Cet axe propose de réfléchir aux dynamiques d’hybridation qui traversent les productions culturelles africaines :

·      Exploration des dialogues entre pratiques traditionnelles et formes contemporaines dans les expressions culturelles ;

·      Réécriture des contes ;

·      Calligraphies et art numérique; 

·      Roman graphique et motifs ancestraux, etc.

C)          Au cœur de la ville – Littérature, chanson et arts urbains 

La ville africaine constitue aujourd’hui un laboratoire culturel majeur où se construisent de nouvelles identités sociales, linguistiques et artistiques. Les espaces urbains deviennent des lieux d’expression privilégiés pour les écrivains, musiciens, slameurs, rappeurs, performeurs et artistes visuels. Cet axe entend explorer les représentations de la ville et les cultures urbaines dans les productions contemporaines :

·      Slam, hip-hop et poésie de rue ;

·      Street art, graffiti et communication visuelle urbaine ;

·      Cartographie sensible des villes à travers l’art.

D)        Langues de feu : hybridation linguistique dans les écritures contemporaines  

Les créations littéraires et artistiques africaines contemporaines témoignent d’une intense créativité linguistique. Les écrivains et artistes mêlent langues africaines, langues coloniales, créoles, argots urbains et formes hybrides afin de traduire la complexité des réalités africaines contemporaines.

Cet axe vise à analyser les enjeux esthétiques, identitaires et sociolinguistiques de ces hybridations :

·      Poésie plurilingue, oralité et écrit, traductions, jeux de mots et création d’univers ;

·      Quelle langue parle-t-on ? Nouvelles normes / variantes de la langue officielle ;

·      Discours du/et pouvoir ;

·      Quelle place pour les langues autochtones dans la création contemporaine ?

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Calendrier

·      Date limite de soumission des résumés : 20 novembre 2026 – Les propositions sont à envoyer directement sur https://coloquiomp.up.ac.mz/fr

·      Évaluation scientifique des propositions : du 21 novembre au 10 décembre 2026

·      Notification des résultats aux auteurs : 15 décembre 2026

·      Confirmation de participation : jusqu’au 20 décembre 2026

·      Publication du programme provisoire : janvier 2027

·      Colloque à l’Universidade Pedagógica de MAPUTO : 11 et 12 mai 2027 (9h-17h)

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Comité d’organisation

César Cumbe, UPM, Mozambique

Eden Viana Martin, UPPA, France

Nathalie Noël, Université de la Réunion, France

Bethânia Mariani, UFF, Brésil

Sarita Henriksen, UPM, Mozambique

Albino Chavale, UPM, Mozambique

Marta Bimbe,  UPM, Mozambique

Catarina Nhaquila, UPM, Mozambique

Alex Mate, Mozambique

Calisto Comé, Mozambique

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Comité scientifique

Eden Viana Martin, UPPA, France
David Diop, UPPA, France
Bethânia Mariani, UFF, Brésil
César Cumbe, UPM, Mozambique
Sarita Henriksen, UPM, Mozambique  
Albino Chavale, UPM, Mozambique
Paulino Fumo, UPM, Mozambique

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Soutiens 

·      ORGANISATION –  Universidade Pedagógica de Maputo (Mozambique)

·      CO-ORGANISATION – Université de Pau et des Pays de l’Adour (France) et Universidade Federal Flumiense (Brésil)

·      SOUTIEN – Ambassade de France au Mozambique et en Eswatini 

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[1] La « mémoire collective » (Halbwachs, 1950, 1997) dans sa complexité et ses multiples facettes englobe à la fois la mémoire officielle et non officielle qui est exposée, diffusée et appropriée de différentes manières observables et palpables grâce à des études de cas, des enquêtes ethnographiques et des archives publiques ou privées qui apparaissent souvent de manière marginale, discontinue et éphémère, posant un défi épineux aux chercheurs dans différents domaines de la connaissance.
[2] Les arts visuels (peinture, photographie, cinéma), les arts oratoires, les arts du spectacle, les arts du langage, les arts populaires, etc.

1.15 La littérature à l’épreuve de la contemporanéité : Héritage et Horizons

Journée d’études 

La littérature à l’épreuve de la contemporanéité 

Héritage et Horizons

Vendredi 27 Novembre 2026 – FLLA, UIT, Kénitra, Maroc

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Langage et Société / CNRST

Argumentaire

La littérature, dans son acception la plus large, s’est toujours construite dans un dialogue permanent entre tradition et innovation, entre la fidélité à un patrimoine textuel séculaire et la nécessité de se réinventer face aux mutations du monde. Aujourd’hui, cette tension semble plus vive que jamais. En fait, à l’heure de la révolution numérique, de la mondialisation des échanges culturels, de la recomposition des marchés éditoriaux et de l’émergence de l’intelligence artificielle générative, la littérature est d’emblée confrontée à des problématiques inédites qui interrogent son statut, sa vocation, ses fonctions, ses outils, voire sa légitimité. Que reste-t-il de l’acte littéraire lorsque l’écriture peut être partiellement automatisée, lorsque les circuits de diffusion se réorganisent autour des plateformes numériques et des réseaux sociaux et lorsque la lecture elle-même change de nature et de rythme ?

Ces mutations ne sont pas seulement techniques car elles touchent à la manière dont une société se raconte, transmet sa mémoire et imagine son avenir. Pascale Casanova a montré, dans La République mondiale des Lettres, que le champ littéraire international obéit à des rapports de force, de centre et de périphérie, qui déterminent la reconnaissance, la traduction et la circulation des œuvres. Cette économie mondiale de la littérature se recompose aujourd’hui sous l’effet du numérique et de nouveaux acteurs — plateformes d’autoédition, réseaux sociaux de lecture, outils de traduction et de génération automatique de texte — qui redistribuent, sans nécessairement les abolir, les hiérarchies traditionnelles entre langues, littératures et publics.

Cette tension entre héritage et horizon trouve une résonance particulière dans le contexte maghrébin où la question littéraire s’est toujours pensée comme un lieu de négociation entre les langues, les cultures et les mémoires — colonial et précolonial, oral et écrit, arabe, amazigh et français. Abdelkébir Khatibi, l’un des penseurs les plus féconds de cet espace, a proposé les concepts de la « bilangue » et de la « double critique » pour rendre compte de cette situation d’entre-deux. En effet, penser depuis le Maghreb suppose, selon lui, une critique simultanée de la métaphysique occidentale et des dogmatismes hérités de la tradition théologique (Khatibi, Maghreb pluriel, 1983). C’est dans cette même perspective qu’il envisage le Maghreb comme un véritable horizon de pensée — titre de l’essai fondateur publié dès 1977 dans la revue Les Temps modernes — ouvrant la voie à ce qu’il nomme une pensée-autre, décentrée, plurielle et irréductible aux logiques identitaires closes et archaïques.

Cette exigence de penser l’écriture entre les langues trouve un écho frappant chez Kateb Yacine, pour qui la langue française restait un « butin de guerre » — formule devenue emblématique de la façon dont les écrivains maghrébins se sont réapproprié une langue imposée pour en faire un instrument de création et de contestation, plutôt qu’un simple vecteur d’assimilation. De la même manière, l’œuvre d’Assia Djebar, de Tahar Ben Jelloun ou de Mohammed Khaïr-Eddine illustre cette capacité de la littérature maghrébine à transformer l’héritage colonial et plurilingue en matériau d’invention plutôt qu’en simple contrainte, faisant de la blessure historique le point de départ d’une écriture renouvelée.

Ainsi la pensée khatibienne de la pluralité et de l’entre-deux résonne-t-elle avec d’autres voix majeures de la théorie postcoloniale et de la pensée-monde. Édouard Glissant, dans sa Poétique de la Relation, propose la notion de créolisation pour penser des identités fondées non sur la racine unique mais sur l’échange et l’imprévisible ; son concept de « Tout-Monde » invite à concevoir la littérature comme un espace de relation généralisée entre les cultures. Homi Bhabha développe quant à lui l’idée d’un « troisième espace » où s’élaborent des formes culturelles hybrides échappant aux polarités entre colonisateur et colonisé, tandis qu’Edward Said, dans L’Orientalisme, met en lumière les mécanismes par lesquels l’Occident a construit son « Orient » imaginaire — analyse que Khatibi lui-même prolonge depuis une position maghrébine.

Ce même souci de penser la littérature à partir de ses marges se retrouve chez Gilles Deleuze et Félix Guattari, qui forgent la notion de littérature mineure à propos de l’œuvre de Kafka : une littérature qui, écrivant dans la langue d’une majorité, la fait bégayer et la charge d’un potentiel collectif et politique. Ces cadres théoriques, bien que nés de contextes distincts, convergent pour affirmer que les positions périphériques, minoritaires ou plurilingues ne sont pas de simples marges du fait littéraire mais des lieux privilégiés d’où interroger et renouveler les grands récits de la littérature mondiale.

Cette interrogation sur les frontières de la littérature n’est pas propre à notre époque : elle traverse toute la modernité littéraire, à l’échelle mondiale. Dès 1827, dans ses entretiens avec Eckermann, Goethe forge la notion de Weltliteratur pour annoncer que le temps des littératures strictement nationales touche à sa fin et qu’approche l’ère d’une littérature mondiale, pensée comme mise en relation des traditions plutôt que comme addition de patrimoines séparés. Deux siècles plus tard, Milan Kundera prolonge cette intuition dans L’Art du roman (1986). Pour lui, le roman européen ne peut se comprendre que replacé dans une histoire qui dépasse les frontières nationales, comme la mémoire d’une conscience commune traversant les langues et les œuvres.

Cette même aspiration à une littérature sans frontière prend, chez Jorge Luis Borges, la forme d’une image devenue célèbre : « J’ai toujours imaginé le paradis comme une sorte de bibliothèque », confiait-il, faisant de la totalité des livres du monde l’horizon même du lecteur et de l’écrivain. Orhan Pamuk, dans son discours de réception du prix Nobel en 2006, part au contraire de son expérience d’écrivain turc situé loin des « centres » de la littérature occidentale pour affirmer que « toute la littérature véritable repose sur une confiance » : celle, propre à tout acte d’écriture et de lecture, que les êtres humains, par-delà les langues et les cultures, se ressemblent. De Goethe à Pamuk, en passant par Kundera et Borges, se dessine ainsi une tradition de pensée qui, comme celle de Khatibi, refuse d’enfermer la littérature dans des frontières nationales ou identitaires figées.

C’est précisément cette dialectique entre héritage et horizon que cette journée d’études se propose d’interroger, en réunissant doctorants, étudiants en master et en licence autour d’une réflexion commune sur les défis contemporains de la création et de la critique littéraires. Il s’agit de faire dialoguer plusieurs générations de chercheurs et de croiser les approches théoriques, historiques, comparatistes et critiques, dans un esprit d’ouverture disciplinaire et culturelle. Une attention particulière sera portée aux littératures francophones et maghrébines, sans que la réflexion s’y limite : l’ambition est de penser la littérature d’aujourd’hui entre inscription locale et circulation mondiale. C’est dans cette perspective interdisciplinaire que s’inscrit cette présente journée d’études organisée par le laboratoire Langage et société en partenariat avec le CNRST.

Plusieurs axes, non exclusifs, pourront structurer les échanges 

–    Héritages et filiations : quelle place pour les traditions littéraires — canon, genres, esthétiques — dans la production contemporaine, maghrébine et au-delà ?

–    Bilangue, plurilinguisme et traduction : comment penser, à la suite de Khatibi, l’écriture entre les langues et les cultures ?

–    Relation, hybridité, créolisation : les théories de la pluralité culturelle (Glissant, Bhabha) permettent-elles de repenser les études littéraires aujourd’hui ?

–    Mutations technologiques et éditoriales : l’impact du numérique, des réseaux sociaux et de l’intelligence artificielle sur l’écriture, la diffusion et la réception des œuvres.

–    Nouvelles voix, nouveaux territoires : émergence de littératures minoritaires, transnationales, diasporiques ; question de la représentation et de la légitimité.

–    La littérature face à la crise : rapport au marché éditorial, à l’école, à la lecture dans une société en mutation.

–    Didactique de la littérature et enseignement au Maroc

–    Les œuvres littéraires et enseignement au Maroc : héritage et horizons

–    Formes et expérimentations : hybridité générique, autofiction, écritures fragmentaires, littérature numérique.

En croisant ces différentes perspectives, cette journée entend offrir un espace de dialogue interdisciplinaire et intergénérationnel, propice à l’émergence de nouvelles pistes de recherche sur la littérature contemporaine, ses enjeux et ses défis. Elle souhaite enfin constituer, pour les doctorants et jeunes chercheurs, un moment privilégié de présentation et de discussion de leurs travaux dans un cadre bienveillant et exigeant.

Références indicatives

BEN JELLOUN, Tahar, La Réclusion solitaire, Paris, Denoël, 1976.

BHABHA, Homi K., The Location of Culture, Londres, Routledge, 1994.

BORGES, Jorge Luis, entretiens, in Chez Borges, Alberto Manguel, Arles, Actes Sud, 2003.

CASANOVA, Pascale, La République mondiale des Lettres, Paris, Seuil, 1999.

CITTON, Yves, Pour une écologie de l’attention, Paris, Seuil, 2014.

DELEUZE, Gilles et GUATTARI, Félix, Kafka. Pour une littérature mineure, Paris, Minuit, 1975.

DJEBAR, Assia, L’Amour, la fantasia, Paris, Jean-Claude Lattès, 1985.

FANON, Frantz, Les Damnés de la terre, Paris, François Maspero, 1961.

GLISSANT, Édouard, Poétique de la Relation, Paris, Gallimard, 1990.

GOETHE, Johann Wolfgang von, Conversations avec Eckermann, trad. fr., Paris, Gallimard, 1988 [1836-1848].

KATEB, Yacine, Nedjma, Paris, Le Seuil, 1956.

KHAÏR-EDDINE, Mohammed, Agadir, Paris, Le Seuil, 1967.

KHATIBI, Abdelkébir, « Il faut s’essayer à une double critique permanente », entretien avec Zakya Daoud, Lamalif, n° 57, février 1973, p. 32-34.

KHATIBI, Abdelkébir, La Blessure du nom propre, Paris, Denoël, 1974.

KHATIBI, Abdelkébir, « Le Maghreb comme horizon de pensée », Les Temps modernes, numéro spécial « Du Maghreb », 1977.

KHATIBI, Abdelkébir, Maghreb pluriel, Paris, Denoël, coll. « Médiations », 1983.

KUNDERA, Milan, L’Art du roman, Paris, Gallimard, 1986.

MEMMI, Albert, Portrait du colonisé, précédé du portrait du colonisateur, Paris, Buchet/Chastel, 1957.

PAMUK, Orhan, La Valise de mon père — Discours de réception du prix Nobel de littérature, Paris, Gallimard, 2007 [2006].

SAID, Edward, L’Orientalisme. L’Orient créé par l’Occident, trad. fr., Paris, Seuil, 1980 [1978].

VAILLANT, Alain (dir.), L‘Avenir de la littérature. Écrire au XXIe siècle, Paris, CNRS Éditions, 2018.

Modalités de soumission

Les propositions de communication devront comporter :

Un titre
Un résumé de 300 mots
5 mots-clés
Une courte notice biobibliographique 
L’affiliation institutionnelle
Adresse électronique et téléphone
 

Langues du colloque 

Français –Arabe – Anglais – Espagnol

Calendrier

Lancement de l’appel à contribution : 18 Septembre 2026
Date limite de soumission des résumés : 20 Novembre  2026
Notification d’acceptation : 22 Novembre 2026
Journée d’études : 27 novembre 2026
 

Soumission

Les propositions sont à envoyer à l’adresse suivante :  

zouhir.zighighi@uit.ac.ma

Publication

Une sélection des contributions, après évaluation en double aveugle par le comité scientifique, pourra faire l’objet d’une publication sous forme de numéro spécial de la revue scientifique Meditarranean Migration and Medias (MMM) hébergée au PRSM affilié au CNRST.

Comité d’organisation

ZIGHIGHI Zouhir – BOUMAZZOU Ibrahim – LOUIZ Driss – MARS Jalil – CHOUNANI Meriem – BAYBEN Boutaina – MARMOZ Maryam – CHAACHOUE Nadir – EDDIOURI Oumayma 

Comité scientifique 

–       AGHZAFEN Mostafa, FLLA – Université Ibn Tofail – Kénitra

–       AMRI Mahdi, Enseignant chercheur, ISIC – Rabat

–       ASALI Soumia, Enseignante chercheure, ISPITS – Fès

–       AZOUAGHE Soufian, FLSH, université Mohamed V – Rabat

–       BAIDA Abdellah, Enseignant chercheur, ENS, université Mohamed V – Rabat

–       BALAGH Redouane , FSJP – Langage et société – Université Ibn Tofail – Kénitra

–       BAHMAD Malika , FLLA – Langage et société – Université Ibn Tofail – Kénitra

–       BATCHI Mouhcine, FLSH – Université Ibn Tofail – Kénitra

–       BAYBEN Boutaina, FLLA – Université Ibn Tofail – Kénitra

–       BENAMEUR Mounia, FLLA, université Ibn Tofail

–       BENHADDA Hajar, Langage et Société – Université Ibn Tofail – Kénitra

–       BENLAKHDAR Mohyedine, Université Sidi Mohamed Ben Abdellah – Fès Maroc

–       BEN MSILA Anouar, FLSH, université Moulay Ismail Meknès

–       BHIH Nabila, Université Hassane II, Casablanca 

–       BOUGRINE Karim, ENSA, Université Ibn Tofail – Kénitra

–       BOUMAAJOUNE Jaouad, FLSH, Martil, Université Abdelmalek Essaadi

–       BOUMAZZOU Ibrahim, ENSA, université Ibn Tofail

–       BOURAS Mohamed, FLLA – Université Ibn Tofail – Kénitra

–       BOURIQUI Ilham, ISIC – Rabat

–       CHALFI Rida, Faculté polydisciplinaire d’Errachidia

–       CHAHCHAH Amina, ENSCK, Université Ibn Tofail – Kénitra

–       CHBADA Mohamed, FLLA – Université Ibn Tofail – Kénitra

–        CHARYATE Abdelilah, ESEF – Université Ibn Tofail – Kénitra

–         DRAOUI Abdelkhaleq, université Ibn Zohr – Agadir 

–       EL AMRANI Hafida, FLLA – Université Ibn Tofail – Kénitra

–       EL GHOUATI Azize, FLLA – Université Ibn Tofail – Kénitra

–     EL HOUARI Mounsif, FLSHS, Université Sidi Mohamed Ben Abdellah – Fès

–      JIRARI Hicham, Université Hassane II, Casablanca 

–       EL JORTI Mohamed, ESEF, Université Ibn Tofail, Kénitra 

–       ELOMARI Driss, ENCG, Université Sidi Mohamed Ben Abdellah – Fès Maroc

–       EL YAKOUBI Khadija, FLSH – Université Cadi Ayyad – Marrakech

–       EL YAMANI Yamine, INSEA – Rabat

–       ERRAJI Nabil, Université Sidi Mohamed Ben Abdellah, Fès

–       Filli Tullon Touriya, Université Lyon II, France

–       GAIN Ahmed Mohamed, ENCG, université Ibn Tofail

–       GHARIOUA Abderrahman , EDHH, Université Al Quaraouiyine – Rabat

–       GUENNOUN Faiza, FLSHS, Université Sidi Mohamed Ben Abdellah – Fès Maroc

–       HADOUCH Ghyslaine, université Michel Montaigne-Bordeaux 3

–       HDOUCH Youssef, FLLA – Université Ibn Tofail – Kénitra

–       JEDDI Samya, Université Cadi Ayyad – Marrakech

–       KARKOURI Jamal, FLSH, – Université Ibn Tofail – Kénitra
–       LAALOU Anas, FLLAK, université Ibn Tofail

–        LHADI Imane, ESEF – Université Ibn Tofail – Kénitra

–       LOUIZ Driss, FLLA – Université Ibn Tofail – Kénitra

–       MACIAS OTON Elena, Departemento de Filologia Francessa, Romancia, Italiana y Arabe, Facultad de Letras – Universidad de Murcia – España

–       MAJIT Afaf, Université Hassane II, Casablanca 

–       My Saddik Rabaj, Romancier – Maroc

–       MOUCHRIF Abdelhakim, FLSH, Université Cadi Ayyad, Marrakech

–       OUDINA Anoir Salam, FEG – Université Ibn Tofail – Kénitra

–       RHAJDI Loubna, CRMEF – DT, Errachidia

–      OUASSOU Ali, ESEF, Université Ibn Tofail, Kénitra

–       SERGHINI Jaouad, Université Mohammed Premier d’Oujda-Maroc

–       TENKOUL Souad, CRMEF, de l’Oriental, Oujda – Maroc

–       TENKOUL Zahra, Université Sidi Mohamed Ben Abdellah – Fès – Maroc

–       TERRADA Zohra, ENCG, Université Ibn Tofail – Kénitra 

–       ZAHIDI Ismail, Laboratoire Langage et Société – Université Ibn Tofail – Kénitra

–       ZIGHIGHI Zouhir, FLLA – Université Ibn Tofail – Kénitra

Responsable scientifique

Zouhir ZIGHIGHI (zouhir.zighighi@uit.ac.ma) 

1.16 EXTENDED DEADLINE: Travelling Cultural Heritage. Circulation and Digital Afterlives

Call for Papers

Cultural Heritage Lab International Conference

4th edition

Lucian Blaga University of Sibiu, Romania

December 10-11, 2026

Lucian Blaga University of Sibiu, as part of the FORTHEM Alliance, invites scholars, researchers, and practitioners to submit proposals for the 4th edition of the Cultural Heritage Lab International Conference, dedicated to exploring cultural heritage as a dynamic process of circulation across cultural, geographical, institutional, and historical boundaries.

The 2026 edition focuses on Travelling Cultural Heritage (TCH): an approach that understands heritage not as a fixed repository, but as a process through which cultural forms, practices, ideas, and meanings move, encounter different contexts, and are transformed along the way. Drawing on Edward Said’s “travelling theory”, Mieke Bal’s “travelling concepts”, and scholarship on cultural circulation, TCH shifts attention from mobile objects to the processes through which heritage is transmitted, adapted, appropriated, reinterpreted, and re-signified.

Heritage travels through migration, exchange, conquest, education, trade, tourism, collecting, translation, transmedial transfer, and institutional networks. Migrants adapt cultural practices acquired abroad to their home contexts; travelling elites import fashions, recipes, and other cultural products; artistic styles acquire regional forms as they circulate; and networks of institutions, scholars, dealers, and historical circumstances determine how artefacts enter major collections. Such movements involve adaptation and transformation, but also appropriation, exclusion, and unequal centre–periphery relations.

Circulation may allow heritage to acquire new meanings, but it may also entail loss. The large-scale purchase, digitisation, and destruction of books for AI training suggests a future in which physical heritage disappears while its digital avatars survive—an extreme form of travel across media and material states, combining virtual preservation with material destruction. More optimistically, AI, data science, interoperable infrastructures, and spatial visualisation can trace cultural circulation, compare contexts, and recover seemingly lost artefacts, including previously unreadable ancient manuscripts.

We welcome contributions that engage with Travelling Cultural Heritage from disciplinary and interdisciplinary perspectives, including cultural and heritage studies, anthropology, archaeology, sociology, history, linguistics and literary studies, political science, art history, architecture, digital humanities, economics, media studies, religious studies, drama, film, the performing arts, museum studies, memory studies, and food studies.

Contributors are invited to submit abstracts on, but not limited to, the following themes:

Travelling Cultural Heritage: theories, concepts, and methodologies;

Cultural circulation, transmission, adaptation, and re-signification;

Heritage: migration, displacement, and diaspora;

Museums, collections, objects, routes, networks, intermediaries, and infrastructures of cultural circulation;

The movement of architectural forms, artistic practices, rituals, and cultural traditions;

Colonial, postcolonial, and decolonial circulations of cultural heritage;

Digital heritage, digital infrastructures, AI, platforms and computational approaches to cultural circulation; 

Heritage in translation: what changes when cultural forms travel between languages and the production of new heritage meanings

Local content, foreign forms: adaptation and naturalisation across literatures;

World Cultural Heritage: comparative approaches to heritage beyond national frameworks;

Archaeological evidence for mobility, exchange, and cultural contacts;

Memory and heritage: overlappings and differences;

Case studies of cultural forms, practices, objects, ideas, or meanings that have travelled across contexts.

Submission Guidelines

Please submit an abstract of 250–300 words, along with a short biographical note (max. 100 words), to Ovio Olaru (ovio.olaru@ulbsibiu.ro) and Daniela Stanciu-Păscărița (daniela.stanciu@ulbsibiu.ro) by November 15, 2026.

The organisers’ decision regarding submissions will be communicated by November 20.

For effectiveness, please include “Cultural Heritage Lab conference submission” in the subject line of your email.

The conference will be held in English, German, and French, and will take place exclusively on-site.

We look forward to your contributions!

Kind regards,

The organisers

Contact Information

Junior Lecturer Ovio Olaru // ovio.olaru@ulbsibiu.ro

Junior Lecturer Daniela Stanciu // daniela.stanciu@ulbsibiu.ro

Lucian Blaga University of Sibiu

Contact Email

ovio.olaru@ulbsibiu.ro

URL

https://grants.ulbsibiu.ro/elabchrom/cultural-heritage-lab

1.17 From Ashes to Archives: Artistic Practices and the Reparation of Ecological Trauma in North Africa

 LACNAD, Langues et Civilisations d’Afrique du Nord et Diasporas

INALCO

Paris, 18 – 19  March 2027 

Across North Africa, the Amazigh/Berber communities increasingly face wildfires, drought, desertification, and coastal erosion that threaten not only land and livelihood but the cultural memory embedded in landscape. Where the mountain, the oasis, the olive tree, or the tent is not merely habitat but kin, ecological catastrophe becomes cultural rupture. This conference asks how artistic practice — music, poetry, photography, film, oral narrative, and digital media — responds to, narrates, and repairs this rupture.

This inquiry is grounded from the outset in a comparative ecocritical framework. Following Alain Suberchicot’s Littérature et environnement. Pour une écocritique comparée (2012), we understand Amazigh, Saharan, and Sahelian artistic responses to ecological catastrophe not as isolated regional phenomena but as part of a wider dialogue among literatures and cultures confronting environmental crisis. This extends the founding premises of ecocriticism itself, as first consolidated in The Ecocriticism Reader (1996), by Cheryll Glotfelty and Harold Fromm, while moving through the postcolonial turn that Graham Huggan and Helen Tiffin’s Postcolonial Ecocriticism inaugurated. This turn is indispensable for reading landscapes still marked by colonial forestry and land administration, where ecological and political dispossession are historically inseparable. We further draw on Rob Nixon’s concept of “slow violence” (Slow Violence and the Environmentalism of the Poor, 2011) to hold together, within a single framework, both the punctual catastrophe of wildfire and the attritional temporalities of drought, desertification, and coastal erosion, whose representation in art poses distinct narrative and formal challenges.

Within this frame, water, aridity, and the hydrological imagination, the oasis, the well, the sea, the drought, are sites where ecological and cultural meaning converge. Drawing on the “blue humanities” and on hydrocriticism, we ask how blue media (water-based images, narratives, and iconographies) structure Amazigh and North African relations to landscape, and how their disruption or disappearance is registered in art and testimony. This hydrological attention is not incidental, as Kamal Medjedoub’s work on “The Aquatic Universe in the Writing of Fadhma Aïth Mansour Amrouche and Taos Amrouche” (2023) shows, water operates as a dense symbolic and representational resource within Amazigh literary imagination, one that ecological crisis directly threatens.

The conference further mobilizes the concept of solastalgia, coined by Glenn Albrecht (Solastalgia: a new concept in human health and identity, 2005) to name the distress caused by environmental change to one’s home environment while one still inhabits it, a distinctly place-based, non-migratory form of loss distinct from nostalgia. Solastalgia, together with the broader framework of ecological trauma and eco-trauma studies, expanded postmemory frameworks beyond its original register of human violence, and Indigenous studies have offered critiques of imported trauma vocabularies. Notably, Kyle Whyte’s in “Too Late for Indigenous Climate Justice: Ecological and Relational Tipping Points” (2019) argues that Indigenous communities often experience climate and ecological crisis not as unprecedented rupture but as continuation of ongoing colonial processes. Recent scholarship on Amazigh oral and artistic traditions grounds this theoretical apparatus in concrete textual and ethnographic material. Ikbale Bouziane’s study of engaged Amazigh poetry examines how contemporary song revives tradition while addressing global environmental concerns Anna Maria Di Tolla’s work on “Human And Non-Human Relations In Amazigh Oral Literature” (2025) maps the ontological continuities this conference seeks to foreground; and Daniela Merolla’s (2025) analysis of verbal art in Amazigh/Berber ecological documentary shows how film and oral performance jointly construct an ecological discourse. Taken together, this body of work confirms that Amazigh artistic and oral traditions have long theorized the relation between land, water, and community, a theorization this conference proposes to bring into explicit dialogue with comparative ecocriticism, the blue humanities, and trauma studies.

Taking the 2021 Kabylia wildfires as a founding case study, and extending outward to comparable ecological traumas across the Maghreb, the Sahel, and the wider Amazigh and Saharan diaspora, we invite papers that examine how indigenous artists and communities transform irreversible ecological loss into narrative, testimony, and cultural futurity.

This conference is conceived as the first stage of a two-part scholarly itinerary. We propose to begin with a conference centred on North Africa. A second conference is envisaged to broaden the scope into a wider comparative and cross-regional horizon—placing Amazigh, Saharan, and Sahelian ecological trauma in dialogue with Indigenous ecological reparation elsewhere in the world.

Topics may include, but are not limited to:

  • Art, music, and poetry as reparative responses to ecological disaster
  • Postmemory, testimony, and the transmission of ecological trauma
  • Solastalgia and eco-trauma in Amazigh, Saharan, and Sahelian artistic production
  • Indigenous ontologies of land, kinship, and the nature/culture divide
  • Blue humanities, blue media, and hydrocriticism in North African and Saharan contexts
  • Photography, film, and digital media as archives of environmental loss
  • Climate change and cultural minorities in North Africa and the Sahara
  • The environment as a witness and repository of trauma and memory?
  • Oral literature, landscape, and the morphology of cultural memory
  • Diaspora, displacement, and the loss of homeland and search for a new home.
  • Comparative ecocriticism and Amazigh/indigenous literary and artistic traditions
  • Comparative and cross-regional approaches to indigenous ecological repair, as a first step toward a broader, second colloquium extending the comparative horizon beyond North Africa. 

Submission Guidelines

Proposals (300–500 words), accompanied by your full name, affiliation and a short biographical note (max. 150 words), should be sent by 10 January to fromashestoarchivesinalco@gmail.com 

Papers may be presented in French or English. Proposals from early-career researchers, artists, and practitioners are warmly welcomed alongside academic contributions.

Conference dates: 18-19 March 2027 

Venue: INALCO, Paris, LACNAD (Langues et Civilisations d’Afrique du Nord et Diasporas)

Link : https://www.inalco.fr/recherche/appels-communication/des-cendres-aux-archives-pratiques-artistiques-amazighes-et 

Indicative Bibliography

  • Albrecht, Glenn. Earth Emotions: New Words for a New World. Ithaca: Cornell University Press, 2019.
  • Albrecht, Glenn. “Solastalgia: a New Concept in Human Health and Identity,” PAN: Philosophy, Activism, Nature, no.3, 2005, pp.41-55
  • Bachard, Gaston, L’eau et les rêves : Essai sur l’imagination de la matière. José Corto, 1942. 
  • Brinkman, Inge, Tom Mossissa, Peter Wasamba, and Joyce Wachira. “Rainbows in Eastern African Folktales: Oral Narrative as Ecocritical Model.” Tydskrif vir Letterkunde, vol.62, no.3, 2025, pp.10-17. 
  • Bouziane, Ikbale.”Engaged Amazigh Poetry in Meteor Airlines’ ‘Agdal’: Reviving Tradition while Addressing Global Environmental Issues.” Journal of Gender, Culture and Society, vol.4, no2, 2024, pp. 119–25. 
  • Davis, Diana K., and Edmund Burke III, editors. Environmental Imaginaries of the Middle East and North Africa. Ohio University Press, 2011. 
  • Demos, T.J. Against the Anthropocene: Visual Culture and Environment Today. Sternberg Press, 2017. 
  • Di Tolla, Anna Maria. “Relations between humans and non-humans in Amazigh North African oral literature.” Tydskrif vir Letterkunde, vol.62, no.3: 2025, pp.26–37.
  • Glotfelty, Cheryll, and Harold Fromm, eds. The Ecocriticism Reader: Landmarks in Literary Ecology. University of Georgia Press, 1996.
  • Ivakhiv, Adrian, Ecologies of the Moving Image: Cinema, Affect, Nature. Wilfrid Laurier University Press, 2013. 
  • Le Doeuff, Hermelind, Cécile Leguy, and Daniella Merolla. “Humans and Non-Humans in African Verbal Arts: Narrativity and Environmental Poetics at the Dawn of the Climate Crisis-Introduction.” Tydskrif vir Letterkunde, vol.62, no.3, 2025, pp.1-9. 
  • Medjedoub, Kamal. L’univers aquatique dans l’œuvre de Fadhma Aïth Mansour Amrouche et Taos Amrouche: Représentations et symbolique. 2020. Université Alger 2, PhD dissertation, (dir. Sabrina Fatmi). HAL. https://theses.hal.science/tel-04973287 
  • Merolla, Daniela. “Verbal art in the ecological discourse of two Amazigh/Berber documentaries.” Tydskrif vir Letterkunde, vol.62, no,3, 2025: pp. 53–69.
  • Morton, Timothy. Ecology Without Nature: Rethinking Environmental Aesthetics. Harvard University Press, 2007. 
  • Nixon, Rob. Slow Violence and the Environmentalist of the Poor, Harvard University Press, 2011. 
  • Titon, Jeff Todd. “The Nature of Ecomusicology.” Musica e Cultura, vol.8, no, 1, 2013, pp.8-18. 
  • Rust, Stephan, et al., editors. Ecocinema Theory and Practice. Routledge, 2013. 
  • Suberchicot, Alain. Littérature et environnement. Pour une écocritique comparée. Honoré Champion, 2012.
  • Vital, Anthony. “Toward an African Ecocriticism: Postcolonialism, Ecology and Life & Times of Michael K.” Research on African Literatures, vol. 39, no. 1, 2008, pp.87-106. 
  • Weinatraub, Linda. To Life! Eco Art in pursuit of a Sustainable Planet. University of California Press, 2012. 
  • Whyte, Kyle. “Too Late for Indigenous Climate Justice: Ecological and Relational Tipping Points.” WIREs Climate Change, vol.11, no.1, 2020. 

Contact Information

Daniela Merolla 

daniela.merolla@inalco.fr 

Nassima Terki 

n.terki@univ-boumerdes.dz

Contact Email

fromashestoarchivesinalco@gmail.com

URL

https://www.inalco.fr/recherche/appels-communication/des-cendres-aux-archives-p…

1.18 Sensing the Hothouse. Innovative Approaches to a Cross-Cultural Literary Theme

International in-person Conference at the University of London
Senate House, Malet Street, WC1E 7HU

Thursday, 16-Friday, 17 September 2027

CALL FOR PAPERS

This interdisciplinary conference seeks to recontextualise the literary theme of the hothouse as a space of sensory experience. It brings together scholars from Literary Studies and a range of other disciplines that are interested in salient features of the hothouse as an actual or imagined space of perception, feeling and action. We invite papers on literature from scholars in English, German, French, Italian, Portuguese, Spanish, Latin American, and Caribbean Studies, which may explore new approaches or apply established methods to neglected cases. We also welcome papers on experiential qualities of material or imaginary hothouses from Art, Architecture and Cultural History, Environmental Humanities, History of Science, Philosophy, Performance Studies, Sensory Studies, Horticultural Technology, Botanical History and other pertinent fields.

Historically, hothouses, conservatories, orangeries, and winter gardens transformed relationships between plants, climates, and human culture. They enabled the cultivation of exotic species, participated in histories of botanical collecting and imperialism, and became spaces of display, scientific experimentation, domestic leisure, and social distinction. Glazed spaces such as the large-scale public hothouse, the smaller private greenhouse, the bell-jar or the aquarium reflected the nineteenth century’s vogue for science and spectacle. Putting safe borders on the unknown, they offered the chance to experience a foreign world in a safely contained way. The hothouse was entertainment and education, symbolized the extensive power and superiority of western colonial culture over distant zones, and was a world within a world within a world, a miniature theatre of the sublime.

In literature and the arts, hothouses have been associated with luxuriance, artificiality, decadence, eroticism, enclosure, excess, and desire. They have also offered distinctive environments in which questions of gender, class, health, beauty and the boundaries between nature and culture can be explored. The sensory dimensions of the hothouse are equally compelling. Heat, humidity, fragrance, colour, texture, sound and altered light produce an environment that acts upon the body before it is intellectually apprehended.

Hothouses therefore invite us to consider how they are experienced, and how and to what effect this experience can be depicted. What does it mean to read a hothouse atmosphere? How might literature evoke temperature, moisture, or scent? How do glass and transparency reorganise vision? What forms of touch and desire emerge around cultivated plants? In what ways can plants themselves be understood as participants in sensory and cultural worlds? How are material and symbolic understandings of the hothouse or human and more-than-human perspectives linked?

We particularly welcome papers that put disciplines, methods or forms of knowledge into dialogue. For example, what happens when Literary Studies encounter Architectural History, Sensory Studies encounter Botany, Environmental Humanities encounter Aesthetic Theory, or the History of Science encounters Poetry and Fiction?

Possible themes include:

  • Hothouse histories: conservatories, glasshouses, orangeries, winter gardens and botanical gardens
  • Plants and empire: colonial botany, plant collecting, transplantation, extraction and commodity culture
  • The sensory hothouse: smell, touch, taste, sound, colour, heat, humidity and altered light
  • Bodies and atmospheres: affect, embodiment, illness, vitality, desire and environmental exposure
  • Hothouse aesthetics: decadence, aestheticism, symbolism, modernism and the cultivated flower
  • Glass and vision: transparency, reflection, display, spectacle and surveillance
  • Architecture and environment: enclosure, interiority, artificial climates and environmental technologies
  • Gender and domesticity: the conservatory, garden, greenhouse and gendered spaces
  • Art and representation: painting, photography, film, installation, sculpture and botanical illustration
  • Literary hothouses: poetry, fiction, Gothic, modernism, children’s literature, speculative fiction and climate fiction
  • Cultivation and artificiality: nature, technology, domestication and the production of life
  • Plant agency and vegetal life: plants as objects, subjects, actors or collaborators
  • Atmosphere and affect: Stimmung, ambience, environment and immersion
  • The hothouse and the Anthropocene: greenhouse gases, climate change and planetary imaginaries
  • Future hothouses: controlled environments, ecological futures, space travel and speculative worlds
  • The hothouse as method: what can the hothouse reveal about interdisciplinarity itself?

Submission Details

We invite 300-word proposals for papers of 20 minutes length and a brief bio (max. 100 words).  Please send to reach both the organisers by 4 January 2027.

For inquiries about submissions, contact the organisers Jane Desmarais (jane.desmarais@sas.ac.uk) and Frank Krause (frank.krause@sas.ac.uk).

Further details: Sensing the Hothouse: Innovative Approaches to a Cross-Cultural Literary Theme

Contact Information

Jane Lewin
Institute of Languages, Cultures and Societies
School of Advanced Study, University of London

Contact Email

jane.lewin@sas.ac.uk

2. Job and Fellowship Opportunities

2.1 Postdoctoral Scholar to Tenure-Track Assistant Professor – Francophone World

Position Overview
The Department of French and Italian at The Ohio State University invites applications for a Postdoctoral Scholar to Tenure-Track Assistant Professor position in Humanities-based Interdisciplinary World Languages and Cultures beginning August 15, 2027. We aim to hire a dynamic scholar who will contribute to the vibrant and collegial intellectual communities of our department by engaging with interdisciplinary research, innovative teaching, program development, community engagement, and service.

This is one of three Postdoctoral Scholar to Tenure-Track Assistant Professor positions in Humanities-based Interdisciplinary World Languages and Cultures, the other two being in the departments of Germanic Languages and Literatures and Near Eastern and South Asian Languages and Cultures. We are also conducting searches for three Tenure-Track Assistant Professors position in Transnational World Language Studies in the departments of East Asian Languages and Literatures, Spanish and Portuguese, and Slavic and East Europeans Languages and Cultures.

In keeping with the department’s commitment to interdisciplinarity, we are especially interested in scholars whose research is at the intersection of French, Francophone, and/or Kreyolophone studies and the medical or health humanities. Secondary specialization in one or more African languages or cultures, or in Italian, is welcome. Competitive candidates may engage questions of health, illness, healing, care, and embodiment through approaches that include critical disability studies; bioethics; environmental, legal, or (post/de)colonial perspectives on health; narrative medicine; and philosophies or critical histories of medicine.

Experience in and/or commitment to public-facing or community engaged scholarship is preferred, in particular around initiatives relating to working with undergraduate students through interdisciplinary experiential learning initiatives to help prepare them for a variety of careers.

Following a two-year Postdoctoral Scholar appointment, the Post-Doctoral Scholar will then transfer to a tenure-track faculty position at the rank of assistant professor within the Department and the tenure clock will begin. The Postdoctoral Scholar positions are funded by the Mellon Foundation grant “Global Fluency, Career Agility: Transforming World Languages at Ohio State.” Mellon Post-docs will focus time on research for up to two years allowing for an in-depth start on scholarship, teach one course per academic year, be involved with the Center for Languages, Literatures, and Cultures’ extensive programming around preparing students to enter careers in our global environment, participate in the activities within the Department, and have a set of designated faculty mentors who are engaged in research on topics relating to world language education, global fluency and intercultural competence, and their area of specialization.

Performance Objectives

  • Create scholarly publications and/or creative work and presentations.
  • Teach at the undergraduate and graduate levels and contribute to curriculum development.
    • Advance the Mellon-funded Transforming World Languages at OSU initiative by collaborating with faculty and staff across disciplines, contributing to innovative programming, and creating new courses that strengthen students’ global fluency and intercultural competence.
  • Develop and implements public-facing and community engaged scholarship.
  • Initiate outreach, curricular collaboration, and public engagement programs with the sciences and health professions, and/or community-based organizations.
  • Mentor and advises students across undergraduate and graduate levels, supporting their academic and professional development.
  • Expand opportunities for experiential learning and undergraduate research.

 Education and Experience Qualifications

Required:

  • PhD in French or Francophone Studies or related field required at time of appointment which is August 15, 2027. ABDs welcome to apply.
  • Native or near-native fluency in French.
  • Candidates must demonstrate achievement or strong promise of scholarly success.

 Desired:

  • Experience in and/or commitment to public-facing or community engaged scholarship, teaching, and/or service.

 Ohio State provides access to a depth and breadth of opportunities and resources. Starting your first day, Ohio State offers you a comprehensive benefits package.

How to Apply

To be considered, please submit your application via Workday. https://osu.wd1.myworkdayjobs.com/OSUCareers/job/Columbus-Campus/Postdoctoral-Scholar-to-Tenure-Track-Assistant-Professor—Medical-and-Health-Humanities-in-the-Francophone-World_R160321-1

Application period closes November 20, 2026.

Inquiries may be directed to Prof. Jonathan Combs-Schilling, combs-schilling.1@osu.edu.

You will be presented with the opportunity to attach up to FIVE documents in the Application Documents section. Please include the following:

  • Attachment 1: Cover Letter: 1-2 page letter, which should include a brief summary of your academic background and why you are interested in this opportunity.
  • Attachment 2: CV (Curriculum Vitae): Detailed overview of your scholarly experience, including your research experience, teaching and mentoring experience, service, engagement, and publications.
  • Attachment 3: Research Statement: Summary of your past research accomplishments, current work/research, and proposal for your future research plan as a faculty member.
  • Attachment 4: Teaching Statement: A statement of your approaches, experience, and philosophy regarding your teaching, learning, and mentoring.
  • Attachment 5: A writing sample.

Candidates selected to move forward in the process will be asked to provide three letters of reference.

Additional Information:

The College

With more than 80 majors and 100 minors, the College of Arts and Sciences is the academic heart of the university. The Arts and Sciences provides extraordinary opportunities to collaborate across disciplines, blending creativity and analysis to truly be at the forefront of thought. The breadth and depth of knowledge in the college gives students and researchers the critical thinking and adaptability essential for a lifetime of success. 

Department Information

The Department of French and Italian is a multicultural and international department whose faculty, staff, and graduate students all aim to manifest the utility and indispensable nature of world languages to a vibrant university ecosystem, fostering plurilingualism and interculturalism in Ohio and beyond. We are engaged in groundbreaking research, multi- and cross-disciplinary endeavors, curricular innovation, and service and engagement efforts with the aim of adding to the well-being of members of the department, Ohio State students and staff, the university more broadly, the Columbus community, and the many disciplines with which we enter in dialogue. Therefore, the department values innovation in scholarship, pedagogy, and engagement efforts.

2.2 Professor/Associate Professor

Princeton University seeks outstanding applicants for a tenured position in literary and/or cultural studies at the rank of advanced Associate Professor or Professor with an effective start date as early as September 1, 2027. The successful candidate will be jointly appointed in Princeton’s Department of Comparative Literature and either the Department of French and Italian OR the Department of Spanish and Portuguese. The search is open to candidates specializing in any field, but applicants must have an exceptional record of scholarly productivity and work in two or more languages other than English. One of the languages must be French, Spanish, or Portuguese, and the other language(s) may be European or non-European.

The successful candidate should have a Ph.D. in literary and/or cultural studies, demonstrated excellence in academic research, and a strong interest in teaching and advising undergraduate and graduate students. We seek faculty members who will create a climate that embraces excellence, with a commitment to teaching and mentoring that will enhance the work of the departments and attract and retain a diverse student body. 

Candidates must complete an online faculty application at https://apply.interfolio.com/194499. A cover letter, curriculum vitae, and the names and contact information for three references should be provided via the online application.

This position is subject to Princeton University’s background check policy. The departments will begin reviewing applications on December 15, 2026.

2.3 Preceptor in French

The Department of Romance Languages and Literatures seeks applications for a preceptor in French language. The appointment is expected to begin on July 1, 2027. The preceptor will teach two language courses in French per semester and assist in the training and supervision of teaching fellows and teaching assistants. This position is for three years, pending first year review, renewable for a term of up to five additional years (for a total of eight years), and contingent on performance, enrollments, curricular need, position availability, and divisional dean authorization. 

The successful applicant should have native or near native proficiency in French, be well versed in the issues of teaching French as a foreign language, have experience in teaching all levels of French, and be able to teach and coordinate intermediate and upper-level French language courses such as advanced composition and content-based language and culture courses. Experience in course coordination and curriculum design is required.

A specialization in French pedagogy and/or second language acquisition is highly desirable and experience in community-based language learning is preferred along with a strong doctoral record. 

Please submit the following materials through the ARIeS portal (https://academicpositions.harvard.edu). Candidates are encouraged to apply by December 1st; applications will be reviewed until the position is filled. 

  1. Cover letter
  2. Curriculum Vitae
  3. Teaching statement (describing the candidate’s teaching/advising philosophy and practices as well as their approach to creating a learning environment in which every student is encouraged to ask questions and share their ideas)
  4. Teaching materials (e.g., teaching chart listing courses taught in reverse chronological order; representative syllabi; teaching evaluations; sample teaching video)
  5. Names and contact information of at least three referees, who will be asked by a system-generated email to upload a letter of recommendation once the candidate’s application has been submitted. Three letters of recommendation are required, and the application is considered complete only when at least three letters have been received.

Salary range: $70,300-$78,300. Pay offered to the selected candidate is dependent on factors such as years of experience, training or qualification, field of scholarship, and accomplishments in the field.

This position may be represented by the Harvard Academic Workers (HAW) – UAW for purposes of collective bargaining and matters affecting your compensation and working conditions.

Harvard University is committed to equal opportunity and non-discrimination. We seek talent from all parts of society and the world, and we strive to ensure everyone at Harvard thrives. Our differences help our community advance Harvard’s academic purposes. Harvard has an equal employment opportunity policy that outlines our commitment to prohibiting discrimination on the basis of race, sex, ethnicity, color, national origin, religion, disability, or any other characteristic protected by law or identified in the university’s non-discrimination policy. Harvard’s equal employment opportunity policy and non-discrimination policy help all community members participate fully in work and campus life free from harassment and discrimination. 

Contact Information: 

Preceptor in French Position

c/o Katherine Killough, Language Program Coordinator
436 Boylston Hall, Harvard Yard
Department of Romance Languages and Literatures

Harvard University

Cambridge, MA 02138 USA

Contact Email:  killough@fas.harvard.edu

2.4 Director of Language Instruction (DLI) in French as Lecturer of French Indiana University

The Department of French and Italian at Indiana University, Bloomington, invites applications for a Director of Language Instruction (DLI) in French as Lecturer in French, with the position starting on August 1, 2027. As DLI, the Lecturer will be responsible for managing all aspects of the basic French language program – including supervising graduate instructors –  in collaboration with department faculty and the Director of Undergraduate Studies in French. We seek an individual who is committed to excellence in teaching at the undergraduate (and graduate) levels with native or near-native proficiency in French. Significant training or a degree specialization in language learning or instruction is required, along with a doctorate in French or a related discipline (such as, but not limited to, Second Language Acquisition or Pedagogy etc.). Candidates should have extensive teaching experience at the post-secondary level, along with evidence of pedagogical excellence as demonstrated by the teaching portfolio. Successful applicants will demonstrate the ability to design and implement curricula across multiple sections and levels, to engage in recruitment for the major, and to engage with high school French programs. The candidate will teach four courses per year in the French Language Program, including graduate pedagogy courses

Applicants should apply online at http://indiana.peopleadmin.com by providing a cover letter; CV; statement on teaching; contact information for three letters of reference; and a teaching portfolio with lesson plans, example syllabi for courses taught or created, teaching evaluations, teaching observation reports, and a video demonstrating their classroom teaching. Review of applications will begin November 01, 2026 and continue until the position is filled. Queries can be sent to fritdept@iu.edu.

2.5 Teaching Assistant Professor of French

The Department of Languages & Global Studies (LGS) invites applications for a Teaching Assistant Professor of French to teach undergraduate courses and contribute to the mission of the department and the university through service activities. This is a 9-month, non-tenure track position contingent upon availability of funding.

LGS promotes the learning of world languages, literature, and cultures so that students are prepared to engage in a multilingual, culturally diverse, global community. Our courses have intrinsic and practical value for students and represent the backbone of the liberal arts educational mission of the university. We offer majors and minors in Classical Studies, French, German Studies, Norwegian, Spanish, and Global Studies, as well as certificates in our five language programs. The department is housed in the College of Arts & Sciences. 

Established in 1883, the University of North Dakota is the oldest research university in North Dakota. Founded with a strong liberal arts foundation, it is the state’s flagship university and is classified by the Carnegie Foundation as having high research activity. UND offers degrees in more than 225 fields of study with nearly 16,000 students. It is the home of the state’s only School of Law and School of Medicine. The School of Medicine and Health Sciences has major initiatives in rural and public health, and Aerospace is home to one of the first and largest unmanned aerial vehicle programs in the world. 

UND is located in Grand Forks, North Dakota, a vibrant college town of over 57,000 people located on the border of North Dakota and Minnesota. Short commutes, a great public school system, high-quality medical facilities, low crime, ample parks and theaters, and a cost of living below that found in large American cities are some of Grand Forks’ advantages. Ranked as one of the top 5 Best Small College Towns, and America’s Best Hockey Town, Grand Forks offers a stellar quality of life without the metropolitan hassle. 

2.6 Assistant Professor in French and Francophone Studies

The University of Texas at Austin: College of Liberal Arts: Department of European and Eurasian Studies

Description

The Department of European and Eurasian Studies at The University of Texas at Austin invites applications for a tenure-track Assistant Professor of French and Francophone Studies to begin Fall 2027.

We seek an interdiscplinary scholar working at the intersection of language and culture from transnational perspectives (specialization open). 

Duties include teaching at the undergraduate and graduate levels, developing courses for the department, service at the departmental, college, and university levels, and collaboration with colleagues and students from allied programs on campus. The successful candidate must also be willing and able to teach in the university’s core curriculum.

Qualifications

Applicants must have completed all requirements for the Ph.D. by the time of appointment or expect to obtain the Ph.D within a year of joining the faculty as Instructor. Native-or-near native fluency in French and English required. Experience in course development, student mentoring, and collaborative projects is required.

Preferred qualifications include proficiency in additional research languages as well as a strong track record of teaching excellence and scholarly accomplishments (articles, monographs) beyond the dissertation.

Scholarly agendas focused on historical and contemporary issues in the Francophone world (Africa, North America, Europe, Pacific, Caribbean) and on varities of French in these cultural and linguistic contact zones are preferred, with preferred subfields including visual arts, anthropology, intellectual and political history, linguistics, philosophy, translation studies, Digital Humanities, as well as other approaches to text, performance, and material cultures.

Application Instructions

Please upload a detailed letter of interest, CV, names and contact information for three recommenders, teaching portfolio (including at least three sets of teaching evaluations), and a writing sample (scholarly article or dissertation chapter). Additional materials may be requested after the initial review of applications.

Applications must be received no later than November 2, 2026.

Salary is competitive and commensurate with experience and qualifications. Position funding is subject to budget availability.

For further information, please contact: David Birdsong, Search Committee Chair, at birdsong@austin.utexas.edu.

2.7 Assistant Professor of Translation Studies

Position: Assistant Professor of Translation Studies
Effective Date: August 17, 2027 (Fall 2027 Semester)
Salary Range:  The Assistant Professor (Academic Year) classification salary is $74,652 to $158,688/year; $6,221 to $13,224/per month (12 monthly payments per academic year). The anticipated hiring range is $86,000 to $90,000 per year; $7,167 to $7,500/per month (12 monthly payments per academic year).  The salary offered is commensurate with qualifications and experience.
Application Deadline: Review of applications to begin November 30, 2026. Position open until filled (or recruitment canceled).

California State University, Long Beach (CSULB) is a Hispanic Serving Institution (HSI) and an Asian American and Native American Pacific Islander-Serving Institution (AANAPISI). CSULB earned the prestigious Seal of Excelencia in 2023, joining a distinctive group of colleges and universities who have been recognized for its commitment to Latine/x student success. CSULB is committed to serving diverse students and has established and actively supports the Black Excellence Collegium, dedicated to promoting Black excellence and advancing Black Student Success, and El Concilio for Latinx Success at the Beach, whose mission is to build capacity and promote inclusive servingness across initiatives and efforts for the benefit of all students. The President’s Equity and Change Commission is dedicated to achieving inclusive excellence in our community and culture and throughout the university. CSULB’s Beach 2030 University Action Plans prioritize engaging all students; expanding access to higher education; promoting intellectual achievement; building community; and cultivating resilience.                 

College of Liberal Arts
Department of Romance, German, Russian Languages and Literatures

Required Qualifications:       

  • Ph.D. in Translation Studies, Applied Linguistics, Comparative Literature, or a closely related field. Degree at time of application or official notification of completion of the doctoral degree by August 1, 2027.
  • Demonstrated proficiency in English and at least two of the following Romance languages: French, Italian, and Spanish, with the ability to teach translation between English and those languages
  • Formal training and professional experience in translation
  • Background or formal training in interpreting
  • Experience teaching translation theory and practice at the university level
  • Demonstrated expertise in computer-assisted translation (CAT) tools, machine translation, and post-editing workflows
  • Evidence of scholarly publication and an active research agenda in Translation Studies or a related field
  • Demonstrated commitment to working successfully with a diverse student population, including low socioeconomic and first-generation students

Preferred Qualifications:      

  • Experience training professional translators in academic or industry settings
  • Experience supervising graduate research, including MA theses
  • Experience in academic program or curriculum development
  • Experience adapting curricula to emerging technologies, professional standards, and global market changes
  • Record of international collaboration and established professional networks within the translation and interpreting community
  • Experience successfully working with populations demographically and/or socioeconomically similar to the CSULB student body
  • Experience mentoring or supporting students using inclusive and culturally relevant teaching strategies in a diverse classroom

Duties:                                    

  • Teach undergraduate and graduate courses in Translation Studies, including translation theory and methodology; literary translation in English-French, English-Italian, and English-Spanish language pairs; specialized and professional translation; CAT tools; machine translation and post-editing; and translator training and professional practice. (Mode of instruction may include in-person, hybrid, online, and/or any combination thereof.)
  • Integrate interpreting studies into translation curricula where appropriate and collaborate with faculty in interpreting in the MA in Translation and Interpreting
  • Design and update courses to reflect emerging technologies, evolving markets, current industry standards, and innovative technology-enhanced pedagogies
  • Mentor students and supervise MA theses in Translation Studies and related areas
  • Maintain an active research and scholarly agenda in Translation Studies or a related field, including applied research where appropriate
  • Maintain professional engagement as a translator and/or interpreter and develop partnerships with professionals, agencies, associations, and universities
  • Facilitate internships, professional placements, industry collaborations, and other career-connected opportunities for students
  • Participate in department, college, and university service, including program review, strategic planning, outreach, and continuing professional education

CSULB seeks to recruit faculty who enthusiastically support the University’s strong commitment to the academic success of all of our students, including students with disabilities, students who are first generation to college, veterans, students with diverse socio-economic backgrounds, and students of diverse sexual orientations and gender expressions. CSULB seeks to recruit and retain a diverse workforce as a reflection of our commitment to serve the People of California, to maintain the excellence of the University, and to offer our students a rich variety of expertise, perspectives, and ways of knowing and learning.

Information on excellent benefits package available to CSULB faculty is located here: CSU Employee Benefits

About the Department:
The Department of Romance, German, Russian Languages and Literatures is expanding graduate education in Translation and Interpreting following the launch of a graduate certificate in 2023 and the planned opening of the MA in Translation and Interpreting in Fall 2027. The program emphasizes multilingual and culturally inclusive education, the integration of theory and professional practice, translation technology, and career preparation. The successful candidate will contribute to the development of the new MA, collaborate with faculty in interpreting, support professional and academic partnerships, and help prepare multilingual students for evolving careers in translation, interpreting, and global communication.

How to Apply – Required Documentation:                          

  • A Student Success Statement about your teaching or other experiences, successes, and challenges in working with a diverse student population (maximum two pages, single-spaced). For further information and guidelines, please visit: Student Success Statement
  • Letter of application addressing the required and preferred qualifications
  • CV
  • Names and contact information for three references (to be contacted for confidential letters of recommendation should you reach the semi-finalist stage)
  • A sample syllabus or other evidence of teaching effectiveness
  • Finalists should be prepared to submit an official transcript (e-transcript preferred, if available)

How to Apply: Click Apply Now icon to complete the CSULB online application

Requests for information and process should be addressed to:         

Clorinda Donato, Professor of French and Italian
California State University, Long Beach
Department of Romance, German, Russian Languages and Literatures
562-985-4317

Requests for information about the position should be addressed to:

Clorinda Donato, Professor of French and Italian
Clorinda.Donato@csulb.edu

2.8 Assistant Teaching Professor of French

The School of Social Science and Global Studies at The University of Southern Mississippi invites applications for a full-time, non-tenure-track, Assistant Teaching Professor of French beginning August 2027; this is a teaching-track position with opportunities for promotion. The School is seeking French generalist candidates who will demonstrate a strong commitment to undergraduate and graduate education, teach a full range of undergraduate and graduate courses in both the World Languages BA and the Master of Arts in the Teaching of Languages programs, advise and mentor students, serve on committees, and work with graduate teaching assistants to implement standards-based practices.

Primary Duties & Responsibilities:

1. Teach four courses per semester, fall and spring, face-to-face and online as needed.
2. Hold regular office hours.
3. Mentor & advise students in the program.
4. Attend faculty meetings as determined by the Director of the School of Social Science and Global Studies and program meetings as determined by the program coordinators. 
5. Engage in professional development and/or scholarly activities appropriate eto the mission of the School, College, and University.
6. Perform service to assist the functioning of the School, College, and University.
7. Perform other duties as assigned. 

Special Instructions to Candidates
Candidates should submit a cover letter, C.V., teaching evaluations or other evidence of teaching effectiveness, statement of teaching philosophy, and contact information for three professional references. Review of applications will begin November 6th, 2026 and will continue until position is filled. For further questions about the position, please contact Dr. Katie Angus via email at katie.angus@usm.edu.

Application materials must be submitted online at https://jobs.usm.edu.

Applicants must be currently authorized to work in the United States on a full-time basis without the need for visa sponsorship. The University is unable to sponsor applicants for work visas (e.g., H-1B). 

Minimum Qualifications
Ph.D. or Ed.D. with specialization in French, second language acquisition, teacher education, or related field, with at least 18 hours of graduate French, completed by August 2027.
Native or near-native proficiency in French.

Knowledge, Skills, and Abilities
-Knowledge of second language aquisition, French language pedagogy, and standards-based approaches to language teaching.
-Ability to articulate concepts, course content, and instructions clearly and effectively to students across undergraduate and graduate levels and in face-to-face and online environments.
-Capacity to build positive, respectful, and professional relationships with students, colleagues, graduate teaching assistants, and other university personnel.

Preferred Qualifications
-Experience teaching and mentoring in a university setting with a diverse student body.
-Online teaching and online course design experience.
-Graduate level teaching experience.
-Interest in leading study abroad programs. 

2.9 Department Head of English and World Languages

Southeastern Louisiana University’s College of Arts, Humanities, and Social Sciences invites applications for an inspiring, collaborative leader to serve as the Department Head for the Department of English and World Languages. The department offers undergraduate programs in English and World Languages, including study in creative writing, literary studies, English education, French, Spanish, and dual languages, as well as an undergraduate TESOL certificate. The department also offers the Master of Arts in English with areas of study including creative writing, literary studies, literacy and language, professional writing, and publishing studies.

The Department Head is the chief academic and administrative officer of the department, serving a 12-month appointment and reporting to the Dean. The position carries both administrative and faculty responsibilities, including teaching, scholarship/creative activity, and service appropriate to the scope of the department. The successful candidate will provide strategic, transparent, and collaborative leadership for a multidisciplinary department and will work with faculty and staff to advance academic quality, student success, enrollment, and the visibility and impact of the department.

Key Responsibilities:

  1. Provide collaborative leadership in curriculum development, program review, assessment, strategic planning, and academic innovation across English and World Languages.
  2. Mentor, support, and evaluate faculty and staff; recruit new faculty; and promote professional development, scholarly/creative activity, and a collegial departmental culture.
  3. Manage departmental budgets and resources responsibly, establish priorities, and advocate effectively for the department.
  4. Oversee course scheduling, enrollment management, academic advising processes, and the effective delivery of undergraduate and graduate programs.
  5. Develop and implement strategies that support student recruitment, persistence, retention, graduation, and career readiness.
  6. Support the continued strength and development of the department’s graduate programs, language programs, writing-focused curricula, dual enrollment, and other distinctive academic initiatives.
  7. Foster collaboration across the disciplines represented in the department and build partnerships with other academic units, schools, community organizations, and external stakeholders.
  8. Support appropriate use of emerging technologies and evolving pedagogical practices in teaching, learning, and scholarship.
  9. Advance the visibility of the department and support outreach, grant development, fundraising, and partnership-building activities as appropriate.
  10. Represent the department within the College and University and with community and professional constituencies, while promoting shared governance and transparent decision-making.

REQUIRED QUALIFICATIONS

  • Terminal degree from an accredited university in a discipline represented within English, World Languages, or a closely related field by hire date.
  • Record of teaching, scholarship and/or creative activity, and service warranting appointment as a tenured associate or full professor in an appropriate departmental discipline.
  • Minimum of six years of successful full-time college or university teaching at the assistant professor level or above.

PREFERRED QUALIFICATIONS

  • Experience effectively leading an academic department or other complex academic unit.
  • Experience leading or supporting graduate education and/or multidisciplinary programs in English, languages, writing, linguistics, or related fields.
  • Demonstrated success with student recruitment, enrollment growth, retention, or program revitalization.
  • Experience mentoring faculty across career stages and supporting faculty research, scholarship, or creative activity.
  • Evidence of successful interdisciplinary, community, K-12, or external partnerships.
  • Experience with grant development, fundraising, or securing external resources.
  • Experience guiding organizational change, curriculum restructuring, or the development of new academic programs or credentials.
  • A record of leadership that supports both the humanities’ intellectual mission and students’ preparation for careers and graduate study.
  • Evidence of excellence in undergraduate and graduate teaching and a commitment to student success.
  • Experience with curriculum development, program review, and assessment.
  • Experience with personnel, budget, scheduling, or other significant academic
  • administrative responsibilities.


DESIRED KNOWLEDGE, ABILITIES, AND SKILLS

  • Strong interpersonal, organizational, written, and oral communication skills.
  • Demonstrated ability to lead collaboratively, build consensus, and work effectively across multiple disciplines and areas of specialization.
  • Demonstrated academic leadership experience, such as service as a department head/chair, associate or assistant chair, program director/coordinator, or comparable role.
  • Demonstrated commitment to shared governance, transparency, integrity, and inclusive academic leadership.

Candidates who progress beyond the initial stage will be asked for the names and contact information for three professional references, including email addresses, telephone numbers, their current employers and their positions. At least two references should be able to provide commentary specifically addressing the applicant’s interpersonal and communication skills. References will not be contacted until after the initial screening and upon first informing the applicant.

REQUIRED DOCUMENTS

  • Cover Letter addressing qualifications.
  • Resume/Curriculum Vitae
  • Copies of Transcripts (Only an unofficial transcript for the Highest degree is required at application. Official transcripts for all degrees will be required upon employment.)

Questions concerning this position should be directed to the search committee Chair, Dr. Ziba Rashidian, ziba.rashidian@selu.edu. The desired start date is July 1, 2027.
Application Deadline: For full consideration, submit materials by November 30, 2026. The search will continue until the position is filled. All applications must be submitted through Southeastern’s Workday system.

Posting Close Date: November 30, 2026

Please Note:  Applications must be completed and submitted by 11:59 p.m. on the posting close date to ensure consideration.

Southeastern Louisiana University is committed to fostering an environment of inclusion, respect and appreciation of differences in individuals. Southeastern is also designated as a State as a Model Employer (SAME) agency and provides assistance to persons needing accommodations or with the accessibility of materials.

How to Apply:

Click on the Apply button and complete an electronic application which can be used for this vacancy as well as future vacancies. Any required documents should be attached under the Resume/CV section of your application. If all required documents are not attached you will NOT be considered.

2.10 Assistant Professor of French

Union College invites applications for the position of tenure-track Assistant Professor in French and Francophone Studies, with a focus on Digital Humanities, beginning September 1, 2027. Review of applications will begin on November 15, 2026 and continue until the position is filled. Applications received by November 15, 2026 will receive priority consideration.  

Position description:

We seek a colleague with demonstrated excellence at all levels of language instruction (native or near-native fluency in French is required) and potential to teach upper-level Courses in French and/or translation courses that contribute to the College’s Interdisciplinary Programs. Moreover, we seek a candidate with interest in leading our term abroad program to France. We are interested in teaching that makes use of linguistic and cultural materials related to multiple aspects of the French and Francophone worlds. Ph.D. must be in hand or near completion by 9/27.

The successful candidate will be able to teach French classes at basic, intermediate, and advanced levels, as well as other courses in French and in English (thus open to the full campus community), will have experience in leading co-curricular programming (i.e., language tables, cultural events), and will offer courses that contribute to the College’s Complex Questions curriculum. The successful candidate will furthermore exhibit promise for innovative, active scholarship with both broad and deep engagement with rigorous, creative research questions.

Teaching load is 2 courses per 10-week trimester, 6 courses per academic year.

About the Department of Modern Languages & Literatures:

The selected candidate will join a vibrant and diverse department, with colleagues who value the community shared across our five language programs and seven language offerings. Department members are regularly recognized for their commitment to teaching and research, as evidenced by their scholarly production, innovative courses, and editorial activity, as well as by their distinction with internal and external awards of excellence.

Application instructions:

Please submit all application materials as pdf files. Only the materials listed below will be considered.

  • Cover letter describing how your education, teaching and research, academic interests, and experience address the requirements of this position
  • Curriculum vitae
  • Teaching statement that outlines the goals and methods of your teaching, including information regarding strategies you’ve developed for teaching students with academically and culturally diverse backgrounds
  • Research statement that describes your past and recent scholarly activities, as well as the methods and principles that have governed those activities

Please send questions and other inquiries to Michele Ricci Bell, Ph.D. at mllchair@union.edu. Applicants invited to the first round of interviews will receive a request for the contact information for three professional references who can speak to their abilities in teaching and research.

Compensation

The annual salary range for this position is $81,500-$83,500.  Except for roles with a set rate of pay, the wage/salary of the finalist selected for this role will be set based on a variety of factors, including but not limited to departmental budgets, qualifications, experience, education, licenses, specialty, and training. The stated hiring rate/range represents the College’s good faith and reasonable estimate of the rate/range of possible compensation at the time of posting.

Location: Schenectady, NY

We offer exceptional benefits including:

  • Healthcare: Medical (PPO & HDHP), Dental, and Vision Insurance (Flexible Spending and Dependent Care Accounts)
  • Free On-Campus Fitness Facility Access and Discounts for On-Campus Wellness Programs
  • Pre and Post Tax participation in a 403(b) Retirement Plan
  • Salary Continuation Program in the event of Disability
  • Tuition Exchange

Background Checks: In accordance with our background check policy, finalists for hire will undergo a background check that includes education, employment, and criminal convictions.

E-Verify Participation: Union College participates in E-Verify and will provide the federal government with your Form I-9 information to confirm that you are authorized to work in the United States. Learn more about E-Verify and your Right to Work (Derecho a Trabajar).

2.11 Poste en littérature franco-ontarienne et en littératures francophones du Canada (Ottawa)

Le Département de Français de la Faculté des arts de l’Université d’Ottawa sollicite des candidatures pour un poste en Littérature franco-ontarienne et littératures francophones du Canada.

L’Université d’Ottawa est reconnue sur la scène nationale et internationale comme étant un établissement d’enseignement de premier plan et la plus grande université bilingue (français-anglais) au monde. Située sur le territoire ancestral non cédé du peuple anichinabé-algonquin, en plein cœur du centre-ville d’Ottawa, elle contribue grandement à l’économie, à la culture et à la qualité de vie dans la capitale canadienne.

La date d’entrée en fonction est prévue pour le 1er juillet 2027.

Titre du poste : Professeure adjointe ou professeur adjoint. 

Tâches : Les fonctions d’un membre du personnel enseignant incluent, dans des proportions diverses : a) des activités d’enseignement aux trois cycles universitaires; b) des activités savantes se manifestant par la recherche et des publications évaluées par les pairs; c) des activités reliées au service à la communauté universitaire; d) l’encadrement des étudiantes et étudiants aux cycles supérieurs. Un engagement à développer la discipline et l’unité académique, y compris les programmes d’études supérieures. À cette fin, le candidat retenu ou la candidate retenue doit avoir établi un programme de recherche rigoureux qui comprend des subventions provenant d’organismes de financement comme le CRSH ou un plan clairement défini pour développer un programme de recherche actif.

Le candidat retenu ou la candidate retenue devra enseigner au premier cycle et aux cycles supérieurs, en français. 

Terme : Poste menant à la permanence.

Salaire : Le salaire de départ pour les professeures adjointes et professeurs adjoints est de 99 377 $ (selon l’échelle salariale en vigueur au 1er mai 2025).

Avantages sociaux : L’Université d’Ottawa offre un régime d’avantages sociaux complet comprenant une assurance invalidité de longue durée, une assurance vie collective de base, une assurance maladie complémentaire, un régime de retraite, une assurance vie facultative et le remboursement des frais de déménagement.

Lieu de travail : Département de français, Université d’Ottawa, 70, rue Laurier est, Ottawa (Ontario) K1N 6N5.

Personne-ressource (pour toutes demandes ou questions) : Maxime Prévost, directeur intérimaire, Département de français, Université d’Ottawa, courriel: Dir.francais@uottawa.ca

Compétences exigées : 

Une expertise en littérature franco-ontarienne et, plus largement, dans le domaine des francophonies minoritaires du Canada est requise. La personne retenue possédera une expertise reconnue en littératures francophones du Canada lui permettant d’offrir un éventail de cours à une population étudiante francophone des trois cycles universitaires. 

1.      Détenir un doctorat (Ph.D.) en littératures francophones ou dans une discipline connexe au plus tard le 1er juillet 2027;

2.      Posséder une expérience de l’enseignement universitaire et de la conception de cours en présentiel, à distance ou en mode hybride dans le domaine des littératures francophones du Canada;

3.      Présenter un dossier de recherche solide en littératures francophones du Canada, attesté par des publications avec comité de lecture ainsi que des communications savantes, qui démontrent la capacité d’obtenir du financement externe et de diriger des mémoires et des thèses dès l’entrée en fonction;

4.      Démontrer un intérêt marqué pour le développement de programmes, pour l’établissement de partenariats avec les milieux communautaires et pour la mise en place d’initiatives interdisciplinaires;

5.      Manifester un intérêt pour l’innovation pédagogique.

Date limite : Les candidatures doivent être reçues d’ici le 16 novembre 2026.

De plus amples informations sur les carrières universitaires sont disponibles en ligne. Les dossiers de candidatures complets doivent être soumis via le portail carrière de l’Université d’Ottawa. Seuls les dossiers de candidatures complets seront considérés.

Un dossier de candidature complet comprend les documents suivants, qui doivent être envoyés sur le portail carrière sous la forme d’un seul fichier PDF :

•          une lettre d’intention ;

•          un curriculum vitæ ;

•          une déclaration d’intérêts de recherche ;

•          des copies de deux (2) publications récentes évaluées par les pairs;

•          un exemple de plan de cours.

Trois lettres de recommandation confidentielles doivent être envoyées séparément et directement par les personnes référentes à Dir.Francais@uottawa.ca

Les personnes sélectionnées pour une entrevue seront invitées à présenter leurs travaux de recherches devant le corps professoral ainsi que des étudiantes et des étudiants du département. 

Pour en savoir plus sur notre département, veuillez visiter : https://www.uottawa.ca/faculte-arts/francais. 

—

L’Université d’Ottawa s’est engagée à offrir à sa communauté un milieu de leadership et de savoir qui prône l’équité, la diversité et l’inclusion. Nous encourageons donc vivement les Autochtones du Canada, les membres de minorités visibles (personnes racialisées), les personnes en situation de handicap et les femmes, au même titre que toutes les personnes qualifiées possédant les compétences et les connaissances nécessaires pour travailler de manière constructive avec des communautés où règnent l’équité, la diversité et l’inclusion, à poser leur candidature. Les personnes qui appartiennent à au moins un de ces groupes sont invitées à remplir le questionnaire d’auto-identification confidentiel lorsqu’elles soumettent leur candidature.

Toutes les personnes qualifiées sont invitées à postuler; la priorité sera toutefois accordée à celles qui ont la citoyenneté canadienne ou la résidence permanente. Au moment de soumettre votre candidature, veuillez préciser si vous avez l’autorisation de travailler au Canada.

Tout au long du processus de recrutement, l’Université d’Ottawa offrira des mesures d’adaptation aux personnes candidates ayant un handicap. Si nous vous invitons à poursuivre les étapes du processus de sélection, veuillez nous aviser de toute mesure d’adaptation dont vous avez besoin en écrivant au Cabinet de la vice-provost aux affaires professorales à vra.affairesprofessorales@uOttawa.ca. Toutes les informations reçues seront traitées de manière confidentielle. 

L’Université d’Ottawa est fière de sa tradition de bilinguisme, vieille de plus de 160 ans. Par l’entremise de son Institut des langues officielles et du bilinguisme, l’Université offre aux membres de son personnel, ainsi qu’à leur conjoint(e)/partenaire, les moyens de devenir bilingue.
Position in Franco-Ontarian Literature and Canadian Francophone Literatures

— 

English version

The Department of French in the Faculty of Arts at the University of Ottawa is now accepting applications for a position in Franco-Ontarian and Canadian Francophone Literatures.

The University of Ottawa is recognized nationally and internationally as a leading university and the largest bilingual university (French and English) in the world. Located on the unceded territory of the Anishinaabe-Algonquin people, in the heart of downtown Ottawa, it contributes significantly to the economy, culture, and quality of life in Canada’s capital. 

The anticipated start date is July 1st, 2027.

Position Title: Assistant Professor.

Duties: Faculty members’ responsibilities include, in varying proportions: (a) teaching at the undergraduate and graduate levels; (b) scholarly activities demonstrated through research and peer-reviewed publications; (c) service to the university community; and (d) supervision of graduate students. The successful candidate will be expected to contribute to the development of the discipline and academic unit, including graduate programs. To this end, the successful candidate must have established a rigorous research program that includes grants from funding agencies such as the Social Sciences and Humanities Research Council of Canada (SSHRC) оr pоssessеs a clear strategy fоr developing аn active rеsеаrch program.

The successful candidate will be required to teach in French at both the undergraduate and graduate levels. 

Terms: Tenure-track position.

Salary: Salary scale for an Assistant Professor rank starts at $99,377 (аs pеr thе salаry scale оutlinеd by thе University оf Ottawа Faculty Assосiatiоn (APUO) effective May 1st, 2025).

Benefits package: Thе University оf Ottаwа prоvides an ехtensive benefits paсkage, which inсludеs lоng-tеrm disability cоverage, basic life insurance, supplеmеntary hеаlth bеnefits, a pensiоn plаn, оptiоnal lifе insurance, and rеimbursement fоr rеlосatiоn eхpenses. 

Work location: Department of French, University of Ottawa, 70 Laurier Avenue East, Ottawa (Ontario) K1N 6N5. 

Contact (for inquiries): Maxime Prévost, Interim Chair, Department of French, University of Ottawa, Email: Dir.francais@uottawa.ca

Required qualifications:

Expertise in Franco-Ontarian literature and, more broadly, in the field of the literature of minority Francophone communities in Canada is required. The successful candidate will have recognized expertise in this field, enabling them to offer a diverse range of courses to Francophone students enrolled in all three university levels.

A Ph.D. in Francophone Literatures or a related discipline by July 1st, 2027;
Have experience in university-level teaching and course development, whether in-person, online, or hybrid formats in the field of Canadian Francophone literatures;
Demonstrate a strong research record in Canadian Francophone literatures, demonstrated by peer-reviewed publications and scholarly presentations, along with the ability to secure external funding and supervise Master’s theses and doctoral dissertations upon appointment;
Show a genuine interest in program development, community partnerships, and interdisciplinary initiatives;
Demonstrate an interest in pedagogical innovation.

Deadline: October 16, 2026; the position will remain open until filled.

More information regarding Academic Careers can be found online. Applications must be submitted electronically through the University of Ottawa Careers application portal. Only complete applications will be considered. 

A complete application includes the following documents, which must be submitted to the career portal as a single PDF file:

•          a cover letter;

•          a curriculum vitae; 

•          a statement of research interest(s);

•          two (2) recent peer reviewed publications;

•          an example of a course syllabus.

Three confidential letters of recommendation must be sent separately, and directly by the referees to: Dir.Francais@uottawa.ca

Candidates selected for an interview will be invited to present their research to faculty members and students of the department. 

To learn more about the Department of French, please visit:
https://www.uottawa.ca/faculty-arts/francais

—

The University of Ottawa is committed to ensuring equity, diversity, and inclusion in the scholarly and leadership environments of our students, staff, and faculty. Accordingly, we strongly encourage applications from Indigenous Peoples in Canada, visible minorities members (racialized persons), persons with disabilities, women, as well as from all qualified candidates with the skills and knowledge to productively engage with equitable, diverse, and inclusive communities. Candidates who wish to be considered as a member of one or more designated groups are asked to complete the confidential Self-Identification Questionnaire, to be completed at the time of application.

All qualified candidates are invited to apply; however, preference will be given to Canadians and permanent residents. When submitting your application, please indicate if you are legally entitled to work in Canada.

The Univеrsity оf Ottawа will prоvide rеasоnable aсcоmmоdatiоns during thе recruitment prоcess fоr сandidatеs with disabilitiеs. If yоu аre invited tо prосеed further in the selесtiоn prосess, plеase infоrm us оf аny spесifiс ассоmmоdatiоns yоu may nеed by соntаcting the Office оf the Viсе-Prоvоst, Faculty Affairs at vra.affairеsprоfessоrales@uOttawa.сa. All infоrmаtiоn shared will bе kеpt cоnfidеntial.

The University of Ottawa is proud of its 160-year tradition of bilingualism. Through its Official Languages and Bilingualism Institute, the University provides training to staff members and to their spouse/partner in their second official language.

2.12 Professeur Associé au Département de littérature française, Université d’Osaka (Japon)

Le Département de littérature française (École doctorale des Humanités) de l’Université d’Osaka (Japon) recrute un.e professeur.e associé.e ou maître.sse de conférences, en CDD (contrat initial d’un an, renouvellement possible de 3 ans, dans une limite de 10 ans).

La personne recrutée devra être titulaire d’un doctorat, ou équivalent, à la date de sa prise de fonction (le 1er avril 2027, avec une modulation possible jusqu’au 1er octobre 2027 au plus tard, à discuter selon les disponibilités de l’intéressé.e).

La campagne de recrutement est ouverte jusqu’au 24 novembre 2026 (date limite impérative de réception des dossiers de candidature).

Toutes les informations nécessaires sur le profil du poste et sur la procédure de dépôt de candidature peuvent être consultées par ce lien :

http://www.gallia.jp/wordpress/wp-content/uploads/2026/10/2_Appel_a_candidatures_version_francaise.pdf

2.13 Teaching Associate (Fixed Term, Part Time)

University of Nottingham – Arts

We are delighted to be seeking to recruit two part-time Teaching Associates to join the Department of Cultural, Media and Visual Studies, in the School of Cultures, Languages and Area Studies at the University of Nottingham.

The Department brings together teaching and research across cultural and creative industries, international media and communication, film and screen studies, and cultural industries and entrepreneurship. The successful candidate will join a collaborative teaching team contributing to established undergraduate and postgraduate programmes.

The primary purpose of the role is to contribute to high-quality teaching and student support. The post-holder will teach and advise students in a range of settings, including seminars, tutorials and lectures; contribute to the development and delivery of course materials and assessment; and supervise undergraduate dissertation projects where required. The role also includes pastoral support and administrative duties that contribute to the effective operation of the Department.

We are particularly interested in colleagues who can combine strong subject knowledge with engaging, inclusive and reflective teaching. The Department values innovative pedagogic practice, including digital, project- or problem-based approaches, and welcomes experience of or a willingness to engage with inclusive and decolonising curricula and pedagogies.

Applicants should hold a PhD or equivalent in a relevant subject area, or equivalent professional qualifications and experience. You should have experience of teaching relevant subjects at Higher Education level, the ability to communicate complex ideas clearly, and the ability to plan, deliver and assess teaching within an agreed quality framework. A Higher Education teaching qualification, or progress towards one, is desirable.

Teaching Associate, Cultural, Media and Visual Studies (0.6 FTE)

We are seeking candidates with research and teaching expertise in the following areas:

  • Screen Audiences & Visual Culture
  • Global Media Communications
  • Cultural and Creative Industries
  • Expertise in emerging platforms, technologies and social media also very welcome.

This is a part-time, fixed-term post at 0.6 FTE (21.75 hours per week), based in the Trent Building, University Park campus, and continuing until 30 June 2027.

Informal enquiries may be addressed to Helen Kennedy (helen.kennedy@nottingham.ac.uk ) or Colin Wright, (colin.wright@nottingham.ac.uk) via email.

Please note that applications sent directly to this email address will not be accepted.

Further details:

Our university is a supportive, inclusive, caring and positive community. We welcome those of different cultures, ethnicities and beliefs – indeed this very diversity is vital to our success, it is fundamental to our values and enriches life on campus. Visit our Equality, Diversity and Inclusion website.

We are proud to be a Disability Confident Employer (Level 2) employer. Increasing the diversity of our community is extremely important to us and we are committed to the aims of Disability Confident Scheme. 

We are the first university to have achieved Athena Swan Gold Award.

To help you succeed, we published Candidate Guidance to provide support on the application and interview process.

Discover our benefits, visit Your Benefits website.

We welcome applications from UK, Europe and worldwide and aim to make your move to the UK as smooth as possible. Visit the Moving to Nottingham page for details.

Your application will be considered on an equal basis, subject to the relevant permission to work in the UK as set out by UK Visas & Immigration.

2.14 USC Center for Advanced Genocide Research 2027-28 Fellowships for Senior Scholars

The USC Dornsife Center for Advanced Genocide Research invites applications from senior scholars for its 2027-2028 Center Research Fellowship.

The fellowship provides $30,000 (one semester) support and will be awarded to an outstanding senior scholar from any discipline who will advance genocide research through the use of the Visual History Archive and other unique USC resources.

The recipient will be required to spend the Fall or Spring semester in residence at the USC Dornsife Center for Advanced Genocide Research in Los Angeles during the 2027-2028 academic year. The chosen fellow will be expected to provide the Center with fresh research perspectives, to play a role in Center activities, and to give a public talk during his or her stay.

Award decisions for this fellowship will be based on the originality of the research proposal, its potential to advance research within the field of Holocaust and genocide studies, the distinguished achievements of the candidate, and the centrality of USC resources to the project.

Founded in 2014, the USC Dornsife Center for Advanced Genocide Research distinguishes itself from other Holocaust and genocide research institutes by offering access to unique research resources and by focusing its research efforts on the interdisciplinary study of currently under-researched areas. (For more information, visit our website here.)

USC Resources

The Visual History Archive is a collection of over 59,000 audiovisual testimonies of survivors and witnesses of the Holocaust and other genocides, including the Rwandan, Armenian, Guatemalan, Cambodian genocides, the Nanjing Massacre in China, anti-Rohingya mass violence, and war and genocide in Bosnia and Herzegovina. The majority of testimonies are life history interviews in which interviewees discuss their lives before, during, and after genocide and mass violence. With interviews conducted in 70 countries and in 44 languages, testimonies capture both the individual experience of mass violence and the social and cultural history of the 20th century on a global scale. Learn more about the Visual History Archive here.

Other internationally unique and growing genocide research resources at USC include the extensive Holocaust and Genocide Studies collection at USC Libraries, which contains 30,000 primary and secondary sources including the original transcripts of the Nuremberg trials and the materials of the New York Life Insurance settlement regarding the Armenian genocide. Unique primary sources in the Special Collections at USC include the Feuchtwanger Memorial Library, which also houses the private papers of dozens of emigrants from the Third Reich, as well as private collections from Jewish Holocaust survivors and liberators.

Application Instructions

To submit an application:

Visit https://dornsife.usc.edu/cagr/fellowships/center-fellowship/ and click “Apply Here.”

  • cover letter (including proposed dates of residency)
  • CV
  • research proposal (max 3 pages) discussing the topic, methodological approach, and relevant USC resources

The deadline for applications is December 15, 2026.

For questions, please contact cagr@usc.edu.

Contact Information

Janice Yu

Contact Email

cagr@usc.edu

2.15 Bourses au Centre Käte Hamburger pour l’étude des pratiques culturelles de réparation CURE

Appel à candidature : résidences au Centre Käte Hamburger pour l’étude des pratiques culturelles de réparation (CURE)

Le Centre Käte Hamburger pour l’étude des pratiques culturelles de réparation (KHK CURE) de l’université de la Sarre est un institut d’études avancées soutenu depuis 2024 par le ministère fédéral allemand de la Recherche, de la Technologie et de l’Espace (BMFTR). Le centre accueille chaque année un groupe de chercheuses et chercheurs venus du monde entier et issus de différentes disciplines. Pour sa quatrième année d’existence (d’octobre 2027 à septembre 2028) et sous réserve de l’approbation du financement par le BMFTR, le centre met au concours jusqu’à 12 bourses de résidence d’une durée de 6 à 12 mois maximum (début en octobre 2027).

Programme de recherche au Centre Käte Hamburger CURE

Le programme de recherche du Centre Käte Hamburger CURE se concentre sur la question de la réparation et de l’irréparable. Elle est abordée par les membres de l’équipe ainsi que par les résidentes et résidents sous différents angles disciplinaires.

De nombreuses blessures et dommages — tels que la destruction de biens culturels dans des régions colonisées, les traumatismes de guerre ou les suites du dérèglement climatique — ne peuvent plus être réparés. En raison de leur irréversibilité, ces dommages conduisent fréquemment à entamer des négociations complexes aboutissant, le cas échéant, à un renouvellement des évidences culturelles et à l’élaboration de nouvelles formes de vie. Comment, compte tenu d’histoires collectives et de vécus individuels marqués par la violence, l’injustice ou la destruction de ressources naturelles, créer les conditions d’un avenir commun et durable ? Au-delà des réponses de type économique ou juridique, la construction d’un tel avenir dépend de pratiques culturelles de réparation. Les compensations économiques et juridiques constituent certes le préalable au rééquilibrage de situations et de structures asymétriques. Mais les atteintes durables aux personnes et les dommages causés à leurs environnements ne peuvent, quant à elles, qu’être traités par des pratiques culturelles et sociales.

Le Centre Käte Hamburger CURE se consacre à l’étude des pratiques culturelles de réparation. Par « réparation », nous entendons le processus qui consiste à regarder vers l’avenir, tout en sachant que les dommages passés ne pourront jamais être totalement supprimés : réparer ne signifie pas effacer les traces de destructions qui resteront toujours plus ou moins apparentes, visibles, intelligibles — et qui renvoient à la fragilité du soi. Par « pratiques culturelles de réparation », nous entendons les différentes manières de réagir à la perception et à l’expérience des dommages et blessures par le récit oral ou écrit, les rituels (mettant en œuvre la parole), la musique, les pratiques scientifiques, les arts plastiques, la poésie, l’écriture de l’histoire, le cinéma, le théâtre, les expositions, les formes du discours public, etc. En dépit de l’incurabilité de certaines blessures, ces pratiques tentent de proposer des visions d’avenir, par-delà les identités, les intérêts particuliers ou la restauration d’une soi-disant pureté originelle. L’objectif de notre centre est de travailler en commun à l’élaboration d’approches théoriques de ces différentes pratiques.

Conditions de postulation et critères de sélection

Conditions de postulation pour toutes les bourses de résidences :

L’appel s’adresse aux chercheuses et chercheurs en sciences sociales et humaines titulaires d’un doctorat (ayant déposé et soutenu avec succès leur thèse avant la date de tombée de l’appel) au plus haut niveau universitaire. 

Les artistes titulaires d’un doctorat et disposant d’une expérience de collaboration scientifique sont également invité·es à poser leur candidature aux bourses scientifiques.

Seules les personnes exerçant actuellement une activité professionnelle ou scientifique, même sans contrat de travail en cours (comme les chercheuses et chercheurs indépendants) sont habilitées à postuler.

Les catégories de personnes suivantes sont exclues de toute candidature :

·       les personnes à la retraite, professeurs émérites inclus

·       scientifiques et artistes ne disposant pas d’un titre de doctorat

·       les membres de l’université de la Sarre

CURE s’engage expressément pour la diversité et examinera toutes les candidatures indépendamment du genre, de la nationalité, de l’appartenance sociale ou ethnique, de la religion, des opinions, de situations de handicap ou de l’orientation ou identité sexuelle des candidates et candidats.

Le dossier de candidature comprendra un projet de recherche pertinent pour la thématique du centre, qui sera mené pendant la durée de la résidence. Le projet doit être lié à l’un des trois axes du programme — Histoire, Expérience ou Nature — et s’inscrire dans le thème directeur de la promotion de la quatrième année :

·       2024/2025 : Théorie

·       2025/2026 : Société

·       2026/2027 : Corps

·       2027/2028 : Choses

Le thème directeur de la promotion, « Choses », met en évidence la dimension matérielle de la réparation. Il met en lumière l’importance culturelle et politique des objets, des artefacts ou des milieux matériels où des pratiques de réparation, de rapiècement, de recyclage émergent, ainsi que les processus de réparation pratiques et symboliques qui en découlent.

Nous acceptons uniquement les candidatures pour la période allant d’octobre 2027 à septembre 2028. Vous trouverez de plus amples informations concernant les pôles de recherche et les thèmes directeurs sur le site du centre : https://cure.uni-saarland.de/fr/recherche/programme-de-recherche/

Le premier critère de sélection est la qualité scientifique et l’originalité du projet, ainsi que sa pertinence pour le programme de recherche du centre. Lors du choix des résidents, la qualification, la motivation et le stade académique sont pris en compte, tout comme la diversité scientifique et culturelle au sein du groupe final. 

Condition supplémentaire de postulation pour la résidence UNIGR :

L’une des douze résidences est attribuée à une chercheuse ou à un chercheur attaché à l’université de la Grande Région (UniGR) titulaire d’un doctorat (ayant déposé et soutenu sa thèse avec succès avant la date de tombée de l’appel). En plus des critères susmentionnés, la candidate ou le candidat occupera un poste académique dans l’une des universités membres de réseau au moment de sa candidature : Université de Trèves, Université de Liège, Université du Luxembourg, Université de Lorraine, RPTU Kaiserslautern-Landau. Une attestation d’emploi par l’université en question doit être jointe au dossier de candidature.

Les collaborateurs de l’université de la Sarre ne peuvent pas postuler.

La sélection de la résidente ou du résident UniGR a lieu en même temps que celle des autres résidences, et s’effectue selon le même processus par le Conseil scientifique.

Engagement et participation

Le Centre Käte Hamburger CURE accueille jusqu’à douze boursières et boursiers par promotion. Les chercheuses et chercheurs invités sont tenus de résider à Sarrebruck et de participer aux travaux du centre, ainsi qu’à leurs propres projets de recherche. Les résidentes et résidents participent aux manifestations scientifiques (colloques, groupes de travail, conférences et ateliers, etc.), ainsi qu’aux différentes formes de publications du centre. En accord avec la direction, il leur est également possible d’organiser des ateliers ou d’intervenir dans le cadre de manifestations ou de cours en collaboration avec nos partenaires scientifiques et culturels. Des périodes prolongées de recherche dans d’autres endroits pendant la résidence ne sont pas prévues.

L’université de la Sarre dispose d’un pôle de compétences dédié à l’Europe et de liens universitaires profonds avec la France. Le Centre Käte Hamburger voisine ainsi avec le Cluster de recherche européenne (CEUS) dont l’intérêt porte sur les « Monde(s) européens. Projections, réflexions, transformations », il profite également du réseau universitaire transfrontalier de l’université de la Grande Région (UniGR) et de l’alliance des universités européennes « Transform4Europe » (T4EU).

Durée et conditions

Les résidentes et résidents sont généralement accueillis à partir du 1er octobre pour une durée de 6 à 12 mois.

Selon les directives relatives aux bourses à l’université de la Sarre, deux modèles de financement sont possibles :

1.     Les résidentes et résidents prenant pour la durée de leur résidence un congé non payé par leur institution d’origine (ou qui sont indépendants) reçoivent une compensation financière sous la forme d’une bourse (min. 6 100 € brut par mois, selon le niveau de qualification).

2.     Dans le cas où les résidentes et résidents décideraient de conserver leur salaire ainsi que leurs conditions et prestations contractuelles, le KHK CURE verse à l’université d’origine des boursières et boursiers le montant du salaire d’une ou d’un remplaçant pour la durée de leur présence au centre.

Un trajet aller et retour à Sarrebruck est également pris en charge par le centre en conformité avec les dispositions de la loi sur les frais de déplacement en vigueur dans le Land de la Sarre (SRKG). Le centre met à la disposition des résidentes et résidents un poste de travail entièrement équipé.

S’ils le désirent, les résidentes et résidents peuvent être logés dans des appartements modernes appartenant à l’université moyennant un loyer mensuel d’environ 1250 €.

Les assurances et autres frais liés au séjour sont à la charge des résidentes et résidents.

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Date de tombée des candidatures et documents de postulation

Veuillez envoyer votre candidature avant le 30 novembre 2026 à l’aide du formulaire disponible sur le site web du centre comprenant les documents suivants :

·       Formulaire de candidature CURE comprenant un abstract (à remplir en ligne sur le site du centre).

·       À fournir sous la forme d’un PDF unique :

o   Une lettre de motivation (1 page au format standard A4)

o   Un CV (tabulaire, max. 3 pages au format standard A4)

o   Une liste de publications

·       Sous la forme d’un second PDF en pièce jointe : exposé du projet comprenant une bibliographie (max. 5 pages au format standard A4). L’exposé explicitera en quoi le projet s’inscrit dans les axes du programme et dans les thèmes directeurs du centre pour l’année en question.

La rédaction autonome de textes scientifiques est une composante clé de notre travail au sein du KHK CURE. Par conséquent, nous accordons une grande importance aux candidatures qui mettent en évidence le style d’écriture et les méthodes de travail personnels. Nous vous encourageons vivement à éviter de soumettre des textes créés par l’intelligence artificielle. 

Veuillez utiliser une taille de police de 11 au minimum et un interligne de 1,15. Les candidatures peuvent indifféremment être soumises en allemand, en anglais ou en français.

Nous vous prions de ne pas joindre de photos à votre candidature.

Après la soumission de votre candidature en ligne, vous recevrez un courriel de confirmation. Si ce n’est pas le cas, veuillez contacter : cure@khk.uni-saarland.de.

Nous contacter

Vous trouverez de plus amples informations sur le Centre à l’adresse https://cure.uni-saarland.de/fr/resident-es/appel-a-candidature/. 

Une décision interviendra au plus tard à fin avril 2027. Jusqu’à cette date, vous êtes priés de ne pas nous contacter au sujet de votre candidature.

Vous trouverez d’autres informations utiles concernant le processus de candidature, la présentation du projet et les bourses sur notre site à la rubrique FAQ. Si vous avez d’autres questions, vous pouvez nous écrire à cure@khk.uni-saarland.de 

Dans le cadre de votre candidature à une résidence au Centre Käte Hamburger pour l’étude des pratiques culturelles de réparation (CURE) de l’université de la Sarre (UdS), vous transmettez des données à caractère personnel. Nous vous prions donc de consulter notre politique de confidentialité conformément à l’article 13 du règlement général sur la protection des données (RGPD) concernant la collecte et le traitement de données personnelles. En nous envoyant votre dossier de candidature, vous confirmez avoir pris connaissance des conditions générales de protection des données en vigueur à l’université de la Sarre.

En cas de litige, c’est la version allemande de ce texte qui fait foi.

3. Announcements

3.1 Prix du Centre suisse d’études sur le Québec et la Francophonie

Le Prix CEQF “La francophonie en débat” a pour but de soutenir la production et la diffusion d’œuvres en langue française, artistiques ou académiques, de jeunes artistes ou de jeunes chercheuses et chercheurs domiciliés dans un pays membre – de plein droit, associés et observateurs – de l’Organisation Internationale de la Francophonie (OIF).

L’œuvre récompensée par le prix doit aider à penser et à illustrer les relations, les échanges et les interactions à l’intérieur de l’espace francophone sur le plan culturel, historique, économique ou social. L’œuvre, orientée par une démarche de recherche-création, peut être :

Une recherche inédite en sciences humaines et sociales (histoire, sociologie, sciences politiques, littérature, études postcoloniales, etc.),

Une création artistique originale (texte littéraire, chanson, théâtre, production audiovisuelle, arts graphiques, etc.).

Le Prix est financé par l’entreprise horlogère suisse Richard Mille et organisé par le CEQF. Il est décerné tous les deux ans par un jury international.

Montant du prix : 15’000 francs suisses dont 5’000 francs destinés à présenter le prix à Québec au moment de la remise officielle.

Les œuvres peuvent être envoyées à l’adresse électronique ceqf@unifr.ch ou par la poste.

Le délai est fixé au 15 novembre 2026. 

3.2 Prix de thèse Institut Émilie du Châtelet

Appel à candidatures de l’Institut Émilie du Châtelet

PRIX DE THÈSE

Afin de soutenir la jeune recherche et assurer la diffusion des études et des recherches sur le thème “Femmes, sexe et genre”, l’Institut Émilie du Châtelet décernera deux prix de thèse d’un montant de 3000 € chacun. Les travaux soumis peuvent émaner de toutes les disciplines des sciences de la vie et des sciences humaines et sociales concernées par cette problématique.

Cet appel s’adresse aux titulaires d’un doctorat obtenu entre le 1er janvier 2025 et le 30 juin 2026.

Les critères suivants seront pris en compte pour l’évaluation des dossiers:

  • La qualité de l’apport aux études sur “Femmes, sexe et genre” menée dans la discipline de référence de la thèse;
  • L’originalité du sujet et la qualité de la démarche scientifique;
  • La pertinence des résultats;
  • Les qualités pédagogiques du propos;
  • La contribution dans le champ de études concernées

Les dossiers seront examinés par un jury d’expert·es appartenant au Comité scientifique de l’IEC. Les thèses devront être rédigées en langue française.

Les candidat·es déposeront auprès de l’IEC un dossier composé des pièces suivantes:

  • Le formulaire complété (document à télécharger)
  • Un curriculum vitae (1 page)
  • Un résumé de la thèse (5000 signes maximum)
  • Le rapport de soutenance
  • La thèse qui devra être mise à disposition sous format électronique

Les dossiers sont à déposer par voie électronique avant le 2 novembre 2026 à 18h à l’adresse: PrixdetheseIEC@cnam.fr

Le règlement est disponible sur le site de l’IEC et du CNAM ainsi que le formulaire à joindre.

4. New Publications

4.1 Alexandre Journo, Albert Memmi. Un Juif intranquille

  • Paris, Calmann-Lévy, 2026
  • EAN : 9782702196366
  • 350 pages
  • Prix : 20,90 EUR
  • Date de publication : 28 Octobre 2026
  • Comment l’antisémitisme façonne-t-il la vie des Juifs ?
  • Albert Memmi (1920-2020) était habité par cette interrogation, déchiré entre le particulier et l’universel, torturé par l’assignation antisémite qui empêche les Juifs d’être libres. Face à ce destin mal[1]heureux, l’assimilation ne serait-elle qu’une désertion du judaïsme ?
  • Sinon, comment se libérer de l’oppression ?
  • De Tunis à Paris, cet essai biographique retrace le parcours et l’œuvre de ce philosophe intranquille qui fut tour à tour compagnon de route de l’indépendance tunisienne, penseur de la décolonisation, sociologue du malaise juif, inventeur du concept de « judéité », théoricien du racisme comme « hétérophobie » et sioniste engagé pour la paix entre Israéliens et Palestiniens.
  • À chaque fois, Albert Memmi partait de son expérience : sa méthode était celle du portrait. Il observait minutieusement les situations qu’il vivait, les décrivait avant d’en dégager une portée universelle. Ce sont cette vie, cette méthode et ces combats que l’on veut raconter ici pour montrer combien la pensée de Memmi demeure essentielle à qui veut comprendre les impasses de l’identité, du racisme et de la liberté.

4.2 Tiya Miles, Johanna Blayac, Le Sac d’Ashley Un souvenir de famille du temps de l’esclavage

  • Paris, Le Seuil, coll. “L’Univers Historique”, 2026
  • EAN : 9782021569629
  • 400 pages
  • Prix : 24,90 EUR
  • Date de publication : 02 Octobre 2026

Traduit de l’anglais (États-Unis) par Johanna Blayac

Dans les années 1850, en Caroline du Sud, un propriétaire d’esclaves décède. Ses biens sont dispersés et, parmi eux, une femme Rose sait que sa fille Ashley, âgée de 9 ans, sera vendue. Elle rassemble alors quelques objets – une mèche de ses cheveux, une poignée de noix de pécan, une robe déchirée –, qu’elle lui confie dans un sac en toile de coton brut. Comme un viatique pour traverser les épreuves qui l’attendent, un acte de résistance à l’inhumanité du système esclavagiste, et la croyance en la possibilité même d’un avenir. Ashley conservera ce sac qui sera transmis de génération en génération. Des décennies plus tard, sa petite-fille, Ruth, née libre, y brodera une inscription qui permettra d’en conserver la mémoire.

Ce geste de survie est le point de départ d’une enquête historique sur les traces des femmes noires américaines, tout au long du XIXe siècle, de Charleston dans le Sud profond à Philadelphie au début du XXe siècle dans les clubs de broderie et autres associations de sociabilité noires américaines. À travers ces itinéraires, Tiya Miles nous livre à la fois une leçon d’histoire sur la manière de faire parler un objet et un hommage à l’incroyable ténacité de Rose, Ashley et Ruth, femmes qui ont survécu aux pires brutalités ainsi qu’au silence des archives et ont su préserver et transmettre leur amour et leur croyance en la force de la vie.

Tiya Miles est professeure d’histoire à l’Université de Harvard (États-Unis). Elle s’intéresse en particulier à l’histoire des Noirs américains et des populations américaines autochtones au xixe siècle. Best-seller du New York Times, et lauréat du prestigieux National Book Award, Le Sac d’Ashley est son septième livre et le premier traduit en français.

4.3 Souleymane Bachir Diagne, L’hospitalité. Affirmer l’humanité

  • Paris, Autrement, coll. “Les Grands Mots”, 2026
  • EAN : 9782080457738
  • 144 pages
  • Prix : 19 EUR
  • Date de publication : 28 Octobre 2026
  • « Ce livre poursuit la réflexion que je mène sur le dialogue des cultures car il présente l’hospitalité comme ouverture aux autres symbolisée par la main de bienvenue que l’on tend à l’étranger, une fois vaincue la peur de l’hostilité que l’on craint de le voir manifester. »
  • En croisant mythes et légendes, mais aussi contes orientaux, sénégalais ou britanniques, avec ses analyses de Derrida, Kant et Senghor, Souleymane Bachir Diagne nous propose une traversée philosophique et intime de l’une des notions les plus universelles. Il affirme que les politiques anti-empathie et les dispositifs d’inhospitalité vont à l’encontre de la nature humaine. Faire l’éloge de l’hospitalité, c’est célébrer le pluriel et l’égalité, c’est créer de la réciprocité, de la rencontre, c’est faire humanité ensemble.

4.4 Buata B. Malela, Introduction aux littératures africaines XXe-XXIe siècles

  • Paris, Ellipses, coll. “Sciences humaines et sociales”, 2026
  • EAN : 9782340120938
  • 428 pages
  • Prix : 28€
  • Date de publication : 19 Octobre 2026
  • Ce livre propose une vaste exploration des littératures africaines subsahariennes (francophones, anglophones et lusophones), depuis les premières productions écrites sous la domination coloniale jusqu’aux écritures mondialisées du XXIe siècle. Ce livre s’attache aux transformations du roman, de la poésie et du théâtre, examine les liens entre l’oralité et l’écriture, revisite les conflits anti-impérialistes, les déceptions post-indépendances, les mémoires traumatiques, les exils, les voix féminines et LGBTQ+, ainsi que les imaginaires écologiques et afrofuturistes. Refusant les visions réductrices d’une Afrique pensée comme marge ou comme bloc homogène, ce travail met en lumière un univers littéraire d’une exceptionnelle densité, traversé par des langues, des formes et des savoirs pluriels. Ce livre offre donc des points de repère essentiels, tout en montrant comment ces corpus participent à la réflexion sur les mondes contemporains et postcoloniaux.
  • Buata B. Malela est professeur des universités en littératures française et francophone des xxe et xxie siècles à l’Université de Limoges. Membre du laboratoire EHIC (Espaces humains et interactions culturelles), ses recherches portent sur les discours littéraires francophones (Afrique, Antilles, Archipel des Comores), sur le questionnement du sujet dans les cultures médiatiques francophones, la sociologie de la littérature, ainsi que sur la pop musique contemporaine.

4.5 Noureddine Bousfiha, Mohammed Khaïr-Eddine ou la parole à vif

  • Tétouan (Maroc), Scribe Books, coll. “Scribe Essais”, 2026
  • EAN : 9789920265980
  • 134 pages
  • Prix : 15 EUR
  • Date de publication : 07 Octobre 2026

Un ouvrage essentiel pour pénétrer au cœur de l’œuvre de Mohamed Khaïr-Eddine, l’un des écrivains les plus singuliers et les plus subversifs de la littérature marocaine contemporaine. À travers sa langue fulgurante, sa poésie, ses images, ses ruptures et ses textes inédits, ce livre propose une lecture renouvelée d’une œuvre qui n’a cessé de bousculer les formes, les conventions et les imaginaires.

À la croisée de l’analyse critique, de documents inédits, de correspondances et de témoignages, il éclaire les multiples facettes de l’écriture khaïr-eddinienne : une écriture de la révolte, de la liberté et de la transgression, mais aussi une œuvre profondément poétique, traversée par la mémoire, l’exil, la violence et le désir de dire.

Bien plus qu’un hommage, cet ouvrage constitue une véritable invitation à redécouvrir Khaïr-Eddine, sa voix incandescente et son univers littéraire hors normes. Un livre fort et nécessaire, qui offre une plongée rare dans l’univers Khaïr-Eddinien et contribue à renouveler le regard porté sur une œuvre majeure, toujours aussi vive, dérangeante et actuelle.

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