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SFPS Monthly Mailing : June 2026

30th June 2026
  1. Calls for Papers/Proposals

1.1 Voix francophones de l’Océan Indien (Pondichéry)

1.2 L’expert et le profane : postures et enjeux, circulation des savoirs et des légitimités (revue Limes)

1.3 Intertextualité, mémoire discursive et multimodalité : perspectives interlinguistiques et interculturelles (Cracovie)

1.4 Filiations et généalogies dans les littératures françaises et francophones, XIXe–XXe s. (Nouvelle Revue Synergies Canada)

1.5 Naître et mourir pendant le voyage migratoire

1.6 Le patrimoine ancestral des oasis. Quelles dynamiques culturelles et sociales ? (Tiznit, Maroc)

1.7 20th & 21st Century French & Francophone Studies International Colloquium 2027 : L’espace (Chicago, USA)

1.8 Histoire publique et bande dessinée (revue Comicalités)

1.9 Qu’en est-il des pères de la nation ? Métamorphoses littéraires d’un paradigme politique en Afrique francophone (Pise).

1.10 Recréer l’Orient : imaginaires et circulations transnationales (Grenoble)

1.11 L’art de l’oralité : l’improvisation à la croisée des dimensions artistiques, culturelles et sociales (Agadir, Maroc)

1.12 Renouer avec l’environnement. Congrès international du CRI2I (Montréal)

1.13 Écrire les milieux aquatiques pour (re)penser le monde (revue Etudes littéraires, Québec)

1.14 CFP [deadline extended]: EU Literature? Institution – Imagination – Inheritance

1.15 Exploring plantation records: New approaches to a traditional source for the history of slavery in the French Caribbean (17th–19th centuries)

1.16 Call For Papers: Workers’ Voice / Voix ouvrière

  1. Job and Fellowship Opportunities

2.1 Mainz Visiting Fellowship in European Collections

2.2 Assistant Professor of French, Amherst College

2.3 Faculty Specialist I or II in French and Francophone Literature and Culture, Western Michigan University

2.4 French and Francophone Department: Visiting Assistant Teaching Professor, Full Time, Connecticut College

2.5 Assistant Professor (Teaching Focussed – Translation and Multilingual Communication), University of Warwick

2.6 Lecturer in French, Queen’s University Belfast

2.7 British Academy Postdoctoral Fellowship 2026-27, University of Warwick

2.8 Tenure-Track Faculty Position, French Language and Literature (The School of Foreign Studies, Nanjing University, China) 2026

2.9 MSCA Postdoctoral Fellowships in French at UCC

2.10 Professeur·e en théories littéraires: études féministes. Corpus non occidentaux (Univ. du Québec à Montréal)

2.11 Post-doctoral Research Fellow in European Languages in Post-Colonial Africa

  1. Announcements

3.1 Francosphères | Call for new Book Reviews Editor

3.2 Édition 2025 du Prix de thèse en Littérature française décerné par la Fondation Tronc-Chanal (Fondation de France)

  1. New Publications

4.1 Buata B. Malela, Le fait littéraire francophone. Héritages systémique et métaphysique

4.2 Richard Tsogang Fossi, Colonisations allemande, française et anglaise comme patrimoine mémoriel au Cameroun

4.3 Buata B. Malela, L’Afrique Monde, t. 1 : Le Risque à l’épreuve du temps, de l’espace et du numérique

4.4 Buata B. Malela, Reprendre le temps. De la critique du temps colonial à la chronotopie émancipatrice

4.5 Emmanuelle Saada, Histoires et colonisations. Des récits de la conquête aux héritages postcoloniaux

1. Calls for Papers/Proposals

1.1 Voix francophones de l’Océan Indien (Pondichéry)

Date de ppur (deadline) : 05 Juillet 2026

À : Université et Institut français de Pondichéry

Voix francophones de l’océan indien – Textures mémorielles indiaocéaniques

Comité scientifique :

Mohamed Aït-Aarab (Université de La Réunion) ; Sarmila Acharif (Université de Pondichéry) ; Elara Bertho (UMR LAM) ; Pierre-Eric Fageol (Inspe/université de La Réunion ; Ute Fendler (Université de Bayreuth) ; Ari Gautier (écrivain) ; Kumari Issur (Université de Maurice) ; Sharmili Jayapal (Université de Pondichéry) ; Kamala Marius (Université Bordeaux Montaigne/UMR LAM/ Institut Français de Pondichéry) ; Sylvère Mbondobari (université Bordeaux Montaigne/MR LAM) ; Sachita Samboo (Université de Maurice) ; Françoise Sylvos (Université de La Réunion) ; Thirumurugan Calivarathan (Université de Pondichéry) ; Ritu Tyagi (Université de Pondichéry)

Comité d’organisation :

Sarmila Acharif; Pierre-Eric Fageol; Kamala Marius; Thirumurugan Calivarathan; Sharmili Jayapal; Françoise Sylvos

Appel à communications

“Qui donc me donnera de pouvoir fiancer l’esprit de mes aïeux à ma langue adoptive […]”. J.-J. Rabearivelo, Volumes, 1928

Le programme international et interdisciplinaire « Voix francophones de l’océan Indien, textures mémorielles indiaocéaniques », porté par les universités de Pondichéry, de La Réunion, de Maurice et de l’Institut Français de Pondichéry, est prévu à Pondichéry (Université, Alliance française, IFP) du 7 au 11 décembre 2026.

Bref état des lieux et perspectives

Ce colloque portant sur les voix francophones de l’Océan Indien prolonge des recherches déjà initiées, entre autres, par les universités indiaocéaniques de Maurice, Pondichéry, La Réunion, Tananarive, Moroni. A côté de ppurt relevant de la ppurtenance et du postcolonialisme2, de ppurtena orientations se dessinent, tant sur le plan thématique que par la diversification des ppurtenan méthodologiques et théoriques. Ainsi, les travaux récents d’équipes coordonnées par l’Université de La Réunion (DIRE/LCF) portaient sur la littérature au féminin et le genre [la maternité, 2014; îles/elles, 2015]; la culture matérielle et les gages d’affection [2020 et 2023] ; l’imaginaire, les ppurtenances et mythes de l’Océan Indien (le volcan [2001], les filles des eaux [2008], l’indianité [2024 et 2025], la Lémurie [2023]) ; l’imaginaire ([écrire l’Océan Indien la nuit]), les échanges, politiques linguistiques et questions de traduction [2024]; avec une suite plus dense organisée par l’Université de Maurice en cette année 2026.

Ce colloque apportera un éclairage spécifique sur les littératures de l’océan Indien – qui se situent au carrefour millénaire d’échanges entre l’Inde, l’Afrique, l’Europe -, afin de les inscrire dans leur ppurte et d’en repérer les particularités. Quel état des lieux ? Quels chantiers ppurten et quelles perspectives futures pour la recherche ppur domaine, notamment dans la perspective des island studies ? Quelle validité pour le concept d’indiaocéanie au regard de cette dimension ppurtenan ? On s’intéressera aux figures et groupes d’écrivains et d’écrivaines et, pour cartographier les littératures francophones indiaocéaniques, le ppu de certaines anthologies littéraires n’est pas à écarter, à l’instar des anthologies réunionnaises Rougay le mo (2008), ou de l’Anthologie de la poésie réunionnaise des ppurte à aujourd’hui [L’Infini insulaire] (2022). Celle qu’a constituée Barlen Pyamootoo, écrivain, éditeur (2020), explore le paysage ppurtena et indiaocéanique à travers des écrits en plusieurs langues, mais surtout dominés par la francophonie. Un panorama des recherches et documents existants met au jour des zones encore peu ppurten (Comores [2014], Mayotte [2015], Seychelles [?], Zanzibar [2019]), don’t l’étude permet de décentrer le regard et de renouveler les ppurtenan. Sur certains champs, comme l’Inde francophone de la diaspora, les ppurtena et anthologies ppurtena encore des compléments, les lacunes pouvant s’expliquer du fait de l’identité diasporique des populations, de la dispersion des archipels créant autant de « failles »3. Les grands colloques, événements ou expositions consacrés aux écrivains majeurs de l’Océan Indien dans cette aire géoculturelle sont trop rares [Bernardin de Saint-Pierre, 2009; Lacaussade, 2017; Leconte de Lisle, 2018; Gamaleya, 2022].

Une autre approche d’apparence ppurtena, mais encore peu pratiquée, consiste à ppurten les littératures indiaocéaniques sous l’angle des genres littéraires comme ce fut le cas à propos du récit de voyage [2019], de la poétique du maloya et des utopies [2014], de l’écriture de soi dans l’Océan Indien et dans le monde [2017]; par ailleurs, l’angle transmédiatique ppurte encore des domaines inédits qui se proposent aux chercheurs en quête d’innovation [2018].

Circulations et identités

Les littératures francophones indiaocéaniques émanent de sociétés situées au carrefour d’anciennes routes maritimes et d’espaces impériaux ; l’Océan Indien apparaît alors comme un bassin propice aux circulations humaines, linguistiques et culturelles. Dans cette perspective, l’insularité ne saurait être comprise comme une simple condition d’isolement. Dans cette logique, un colloque sur les migrations est organisé en 2013, ppurten par une série d’événements sur le ppur des Kala Pani Crossings [2024, Pondichéry] et sur le ppur des routes de l’esclavage et de l’engagisme [Université de La Réunion/Kartyé Lib, juin 2026]. Dans le prolongement de cet axe, on explorera les dynamiques mémorielles et spatiales qui lient Les Mascareignes à l’Inde – en s’intéressant notamment aux trajectoires des diasporas pondichériennes et aux quêtes d’origines des ppurte des Mascareignes. L’attention se portera aussi sur les thématiques de l’errance et de l’appartenance. Chez Natacha Appanah, le déracinement et la quête des ppurte révèlent les fêlures des sociétés contemporaines. Quant aux littératures de l’espace comorien (soit la République des Comores et le département de Mayotte), elles font inévitablement émerger le questionnement identitaire, l’identité mahoraise apparaissant aux insulaires comme doublement ppurt (Nassur Attoumani, Mayotte. Identité bafouée); tandis que les trois îles comoriennes indépendantes se vivent comme ppurten d’une dimension essentielle de leur être insulaire (Soeuf Elbadawi, 50 ans). On interrogera la manière don’t, dans cette zone de contacts de langues et de cultures, les écrivains contemporains vivent leur « identité-rhizome ».

Gravité, ppurten, arts populaires

La gravité de ces textes, qui rend droit aux blessures historiques et à la fragilité du ppurten, est parfois contrebalancée par l’humour et la ppurten, que l’on considère la poésie tantôt cosmique et sublime, tantôt ludique de Boris Gamaleya, la truculence d’Ari Gautier ou le comique ppurtena. La bande dessinée, tout comme les ppur d’expression issues des arts populaires — à l’image du séga — constitue dans ce domaine un vecteur artistique particulièrement fécond pour l’analyse des sociétés de l’océan Indien. Ces sources permettent de dévoiler des dynamiques sociales, mémorielles et identitaires souvent peu visibles dans les littératures ppurte ou académiques. Légendes et mythes indiaocéaniques Des ppur originales de ppurten littéraire et artistique ppurten dans ces zones de contacts. L’étude des oeuvres de l’hémisphère Sud révèle non un trajet à sens unique de l’influence française vers les littératures indiaocéaniques, mais une dynamique d’enrichissement réciproque. Auteurs et artistes français sont curieux de l’héritage mythologique et formel de l’Océan Indien [abordé dans le cadre du projet interreg Melapi] et lui rendent ppurt ou l’incorporent à leurs écrits, par adaptation ou ppurtenan relevant du fantasme, tel Evariste Parny dans ses Chansons madécasses (1787) ou Joseph Méry dans ses écrits sur l’Inde. Au-delà des particularités référentielles et linguistiques de ces littératures francophones de l’océan Indien, on s’interrogera sur les mythes, esthétiques et poétiques propres à un corpus vaste et diversifié.

Histoires littéraires et politiques

Il importe de ppurtenan, par ailleurs, l’historique, dans l’Océan Indien, de la production de la littérature d’expression française. Ainsi de la littérature mauricienne d’abord produite par des Blancs et par des Français de passage sur l’île, ensuite par des Blancs installés sur l’île de France puis, graduellement, par des mulâtres et, par la suite, par des Mauriciens de toutes les ethnies, voire des Mauriciens hors de l’île, débouchant donc sur plusieurs vagues : la littérature des voyageurs, celles des colons, la littérature insulaire et la littérature de l’exil [(Jean-Louis Joubert (1991), Martine Mathieu (2000)]. Par ailleurs si, à ses débuts, la littérature mauricienne francophone comprend majoritairement des textes d’auteurs masculins, cette tendance s’inverse au XXIe siècle avec la ppurtenance de voix féminines francophones. Après François Leguat, Bernardin de Saint-Pierre, Léoville L’Homme, Savinien Mérédac, Robert-Edward Hart, Arthur Martial, Loys Masson, Marcel Cabon, Malcolm de Chazal, Carl de Souza, Khal Torabully, Amal Sewtohul, Umar Timol et Yusuf Kadel, n’oublions certes pas certaines ppurte pionnières telles que Raymonde de Kervern, Marcelle Lagesse et Marie-Thérèse Humbert. En 2026, ppur qu’il s’agit de littérature mauricienne d’expression française, les oeuvres de certaines grandes figures comme Ananda Devi, Nathacha Appanah et Shenaz Patel semblent s’imposer.

Statuts et enseignement du français

Autre axe de réflexion et de débat, comment la langue française dialogue-t-elle avec le souffle des langues africaines, indiennes, européennes et ppurte ? Les figures de Jean-Joseph Rabearivelo ou de Michèle Rakotoson sont emblématiques de la tension identitaire traversant l’être “ppurtenan”. Les diverses réalités sociolinguistiques de cette francophonie nous amènent à nous ppurtenan sur la manière don’t l’École les prend en compte. On peut ainsi s’interroger sur la place donnée au français dans chaque système d’enseignement, entre langue vecteur des apprentissages et/ou langue objet d’apprentissage. Au-delà de cette distinction, se pose aussi la question de la prise en ppurtenance – ou non – des ppurten plurilingues et pluriculturels et des incidences qu’ils peuvent avoir sur la didactique des disciplines et les apprentissages qui y sont liés.

Résidence d’écriture

À la suite du colloque international sur les littératures indiaocéaniques, une ppurtena d’écriture réunira une dizaine de participants (12 au 15 décembre) [sous ppurte]. Centrée sur les textiles de l’Océan Indien, la ppurtena d’écriture mettra en ppurten des artistes et écrivains confirmés de l’Indiaocéanie (Ananda Devi, Ari Gautier, Touhfat Mouhtare), qui proposeront des workshops, avec écrivains et chercheurs en creation studies.

Axes de réflexion :

  • L’insularité et l’ouverture : Comment l’espace clos de l’île dialogue-t-il avec l’océan et le monde ?
  • Les langues en contact : Rapport entre français et ppurte, ou langues malgaches et comoriennes, indiennes.

. Traduction.

  • La mémoire et l’histoire : Logiques ppurtena, circulations, exils et migrations

Thématiques :

  • Poétiques : poétique de la relation/africanités, indianités, créolités, influences croisées et intertextualité ; hyperréalismes et ppurtenan.
  • Engagement et politique : La littérature comme espace de ppurtenan ou de revendication identitaire.
  • Écopoétique : Le rapport à la nature, à la mer et aux crises climatiques spécifiques à la ppurt.
  • Genre et voix de femmes : l’émergence et la force des écritures féminines contemporaines.
  • La culture matérielle : ppurten, ppurten et traces des objets de l’océan Indien (étoffes).
  • Circulations, identités et mémoires dans les sociétés indiaocéaniques (XVIIIe-XXIe siècles)
  • Didactique des littératures francophones dans l’océan Indien : politiques éducatives, évolutions, institutions, méthodes, difficultés, résultats.

Bibliographie ppurtena

Barat, Christian, Nargoulan. Culture et Rites Malbar à la Réunion : approche anthropologique, L’Harmattan, 2004.

Fageol, Pierre-Éric, Discours colonial et sentiment d’appartenance nationale à La Réunion (1870-1846), Paris, Les Indes Savantes, 2023.

Issur, Kumari R., Hookoomsing, Vinesh Y. (dir.), L’océan Indien dans les littératures francophones, Karthala, 2002.

Joubert, Jean-Louis et Ramiandrasoa, Jean-Irénée, Histoire littéraire de la francophonie : littératures de l’océan Indien, Vanves, EDICEF, 1991.

Lardinois, Roland, L’Invention de l’Inde. Entre ésotérisme et science, Paris, CNRS éditions, 2007.

Magdelaine, Valérie, Sylvos, Françoise (dir.), Francofonia, « Les littératures réunionnaises », Olschki Editore, Université de Bologna, n° 53, 2008.

Malela, Buata B., Rasoamanana, Linda, Tchokothe Rémi Armand, Littératures des Comores : écritures et ppurten, Classiques Garnier, 2016.

Misrahi-Barak, Judith et Tyagi, Ritu (dir.), Kala Pani Crossings, Gender and Diaspora, Routledge India, 2023.

Ramharai, Vicram, La littérature mauricienne d’expression créole : Essai d’analyse socio-culturelle, Éditions Les Mascareignes, 1990.

Ratovonony, Michèle, Le métissage culturel dans la littérature ppurten de langue française, Karthala, 2015.

Ravainoson, Dominique, Parler et écrire en français à Madagascar, Sépia, 2019.

Torabully, Khal, Chair Corail, fragments de coolitude, ppurte de Raphaël Confiant, Ibis Rouge Éditions, 1999. (Ouvrage pivot sur le concept de “coolitude”).

Vencatesan, Vidya, Synergies Indes, n° 13 [Migration, exil, ppurtenance], année 2024.

Calendrier et aspects pratiques Le déplacement est à la charge des participants et/ou de leur institution. Les frais d’inscription seront de 50 euros pour les participants hors Inde, de 3000 roupies pour les professeurs indiens et de 1500 roupies pour les doctorants indiens. Merci de bien vouloir envoyer au plus tard le 5 Juillet 2026 vos propositions de communication (titre + résumé) à : francoise.sylvos@univ-reunion.fr ; kamala.marius@gmail.com ; pierre-eric.fageol@univ-reunion.fr

1.2 L’expert et le profane : postures et enjeux, circulation des savoirs et des légitimités (revue Limes)

  • Date de tombée (deadline) : 12 Juillet 2026
  • À : Université Moulay Ismaïl

Appel à contribution pour le numéro 5 de la revue Limes (ISSN : 3085-4660)

Le développement des dispositifs de participation et de délibération publiques engage une relance permanente du débat autour des rapports entre profanes et experts. Les mutations socionumériques contemporaines, l’émergence de nouvelles formes de mobilisation associative et militante, ainsi que la complexification des divisions du travail invitent à ne plus appréhender les catégories de « profane » et d’« expert » comme des entités monolithiques et figées. Dès lors, l’expression d’« expertise profane » ou « citoyenne » (Bérard 2018) relève moins d’un oxymore que d’un processus de circulation, d’hybridation et de recomposition des savoirs, révélateur de l’« ambivalence de l’évolution de nos sociétés » (Grimaldi 2010 : 100).

Chaque catégorie subsume une pluralité de statuts, une nébuleuse de savoirs et de compétences. Les catégorisations recensées dans la littérature consacrée à cette question – telles que « quasi-expert », « professionnel amateur », « profane-amateur », « expertise distribuée » ou encore « légitimité profane » – constituent autant de tentatives pour saisir ces espaces interstitiels qui échappent à une lecture superficielle des transformations épistémiques structurant la relation entre profane et expert, marquant l’émergence d’une figure qui « s’anime d’une forme d’érudition […] renouvelée » (Galibert 2021).

La figure du spécialiste incontesté, dont le savoir disciplinaire faisait figure de source exclusive de légitimité cognitive, tend à s’estomper. Elle connaît désormais une stabilité relative, tandis que se développent parallèlement d’autres modes d’appropriation de la réalité, ainsi que des formes discursives dérivées, alternatives ou réactives. Comme le souligne Moirand, « loin de s’en remettre aux spécialistes pour nommer les faits ou les événements du monde, loin d’entériner les paroles des spécialistes ou des experts, on les discute, on les conteste, on en propose d’autres » (2014 : 145). Ces formes discursives articulent, de manière souvent entremêlée, le descriptif et l’interprétatif, le théorique et l’expérientiel, l’intuitif et le contre-intuitif, le normé et le spontané, le local et l’universel, l’affectif et le cognitif, le doxique et le critique…

De telles hybridations s’observent du côté des spécialistes, qui déploient des stratégies visant à se rapprocher de l’ordinaire. Elles se traduisent par des formes de brouillage des genres et des registres discursifs (Rakotonoelina 2014), notamment lorsque le discours savant se didactise à l’occasion d’opérations de vulgarisation ou de médiatisation, ou lorsque le chercheur se met en scène dans la rencontre avec ses enquêtés…À l’inverse, des schémas analogues se manifestent du côté des profanes, qui cherchent à s’expertiser ou à rendre visible une forme d’expertise acquise, au moyen d’un travail rhétorique et discursif spécifique. Leur discours devient alors « un espace de construction identitaire » (Kpoundia 2015).

En creux, se dessine l’idée que ces catégories de « profane » (ordinaire, populaire…) et d’« expert » (savant, spécialisé, normé…), ainsi que leurs multiples déclinaisons et désignations composites, n’ont rien d’a priori ni de naturel. Elles ne constituent pas une donnée, mais relèvent d’une construction sociale et discursive. Leur délimitation fait l’objet de négociations constantes au cours d’interactions (Adenot 2016 ; Khoudri 2022), au gré des contextes, des dispositifs et des rapports de légitimité qui les organisent. C’est parfois le chercheur qui leur donne forme, en s’appuyant sur des récurrences, des traits saillants ou des manifestations sociodiscursives se profilant en filigrane. Ces catégorisations s’actualisent également dans le discours des acteurs concernés, à travers des énoncés métadiscursifs par lesquelles ceux-ci revendiquent tel ou tel positionnement ou s’en distancient.

Ce qui précède conduit logiquement à considérer que la dualité expert/profane présente une portée heuristique et une valeur opératoire. Cette potentialité analytique tient à leur référence à des questions relatives au savoir, au pouvoir, aux processus de/d’(in)visibilisation, ainsi qu’aux pratiques de catégorisation et de stéréotypage. Une telle ouverture des notions d’expert et de profane sur ces questions permet de dépasser le point de vue exclusivement descriptif pour basculer vers des perspectives critiques.  En ce sens, la dualité expert/profane « loin d’être un objet isolé d’autres problématiques peut constituer un excellent analyseur des problèmes à la fois sociaux et scientifiques, techniques et politiques, juridiques et philosophiques, qui irriguent et rythment notre actualité » (Bérard & Graspin 2010 : 15-16).

Cet espace de problématisation ainsi ouvert peut être éclairé par plusieurs champs disciplinaires : linguistique, analyse du discours, littérature, sociologie, anthropologie, sciences de l’information et de la communication… Il ouvre également sur plusieurs axes de réflexion non nécessairement isolés les uns des autres. À titre indicatif et non exhaustif, les pistes suivantes peuvent orienter les contributeur·rice·s vers les textes attendus :

Axe 1 : Construction, circulation et contestation des catégories expert / profane

Cet axe invite à interroger les modes de construction, de circulation, de diffusion, de médiatisation et de subversion des catégories d’« expert » et de « profane ». Les contributions pourront s’intéresser, à titre indicatif, à :

L’expression de ces dynamiques et la manière dont elles présentent des régularités ou des fluctuations selon différents contextes.
Les modalités selon lesquelles ces catégories s’articulent, interagissent ou se confrontent, et l’existence éventuelle d’emprunts entre les registres ordinaires et spécialisés.
Les stratégies par lesquelles les acteurs contestent ou subvertissent les assignations catégorielles.
Les mécanismes de (dé)légitimation et de (dé)valorisation des formes ordinaires ou spécialisées, ainsi que la façon dont l’ordinaire ou le spécialisé « fait référence » (Oger 2021).

Axe 2 : Agentivité profane et décloisonnement des savoirs à l’ère numérique

Le numérique favorise la démocratisation des savoirs et des compétences. Il offre aux profanes un accès aux arènes publiques, en les invitant à s’engager dans des « controverse(s) sociétale(s) » (Demonceaux 2022 : 244) et à exercer leur agentivité (Marignier 2015). Plusieurs travaux ont montré que les espaces numériques constituent un lieu de rencontre entre le spécialisé et l’ordinaire (Calabrese 2014 ; Djahanchahi et al. 2021), où les rapports profane/expert se (re)dessinent et où de nouveaux régimes de légitimité s’instaurent.

Cet axe propose d’examiner ces dynamiques, en s’attachant notamment à la manière dont des voix minorées ou décentrées, des figures invisibilisées, peuvent, par l’usage du numérique, décloisonner les savoirs et mettre à l’épreuve les hiérarchies institutionnellement établies.

Axe 3 : Porosités expert / profane et recompositions du champ littéraire

Le champ littéraire se caractérise par une perméabilité constitutive entre expert et profane, selon Bernard Lahire « le jeu littéraire n’a pas de frontières très nettes tracées entre les experts et les profanes » (2010 : 28). Cette porosité met en présence des logiques hétéronomes susceptibles de renvoyer l’auteur à l’extra-littéraire et d’engendrer des situations de tension ou de crise pour les écrivains (Lahire Ibid.). Elle peut toutefois se manifester sur un mode coopératif, comme en témoignent certaines formes de collaboration entre blogueurs (considérés comme des lecteurs amateurs) et éditeurs, qui œuvrent chacun à leur manière à la promotion des ouvrages (Bois et al. 2015).

Les réseaux socionumériques donnent à cette perméabilité une visibilité accrue, en favorisant l’émergence de nouveaux modes d’évaluation des œuvres portés par des lecteurs ou des critiques amateurs (Bois et al. 2016), ainsi que d’autres voies d’accès à la consécration littéraire, notamment à travers le dispositif des prix littéraires (Ducas 2014b). Ces transformations s’inscrivent plus largement dans un contexte marqué par la « peoplisation de l’auteur » et la « spectacularisation du littéraire » (Ducas 2014a), qui redéfinissent les modalités de reconnaissance, de légitimation et de visibilité dans le champ de l’écrit littéraire.

Cet axe propose ainsi d’accueillir des travaux portant sur les mutations contemporaines des rapports expert/profane dans le domaine littéraire, en s’intéressant notamment aux formes de circulation, d’évaluation et de légitimation des œuvres, ainsi qu’aux tensions qu’elles suscitent au sein des cadres institués. Il invite également à s’intéresser aux formes dissidentes qui se disséminent au sein des cadres normatifs de l’écrit littéraire lui-même, qu’il s’agisse de dispositifs textuels, de choix formels ou de modes d’énonciation par lesquels se rejouent, se contestent ou se déplacent les frontières entre légitimités expertes et profanes, et qui bousculent le canon littéraire établi.

Axe 4 : Quand l’expertise vacille : savoirs, normes et pratiques enseignantes

À l’instar de tout échange en contexte professionnel qui « met en présence un expert et un profane » (Laforest 2012 : 93), l’interaction didactique instaure une « relation interlocutive enseignant-expert / enseigné-profane » (Nicolas 2015 : 267). Cette structuration demeure relative : les places interactionnelles y font l’objet de négociations constantes, dans un cadre où l’enseignant est amené à jouer « le rôle de médiateur, de modérateur et non de détenteur de savoir » (Muller 2011).

Face à la complexité des situations d’apprentissage, l’enseignant se trouve ainsi conduit à composer avec des savoirs hétérogènes, en mobilisant parfois des formes de savoir profane lorsqu’il recourt, par exemple, à des « analogies intuitives, allusions à l’actualité, au vécu des enfants et adolescents, mentions d’éléments empruntés à la culture juvénile, etc. » (Jorro & Tutiaux-Guillon 2015 : 5). Ces pratiques interrogent les modalités concrètes de circulation, d’appropriation et de reconnaissance institutionnelle des savoirs dans les dispositifs éducatifs.

Par ailleurs, la position de l’enseignant-expert peut se voir fragilisée par l’imposition de normes politico-économiques, dont les logiques contribuent à transformer les universitaires eux-mêmes en profanes et à faire entrer en scène d’autres professionnels, porteurs d’expertises politiquement orientées (Garcia 2008 ; Vergnaud 2025). Cet axe propose ainsi d’accueillir des travaux portant sur les reconfigurations contemporaines des rapports expert/profane dans les champs éducatifs, en s’intéressant aux tensions, ajustements et recompositions qui traversent les pratiques enseignantes, les dispositifs de formation et les politiques éducatives.

Modalités de soumission :

Date limite de réception des articles : 12/07/2026

Format attendu : Un texte ne dépassant pas 60 000 signes, tout compris (résumé, mots-clés, notes, iconographies, graphiques, tableaux et bibliographie), respectant les directives aux auteurs et les normes de présentation de la revue LIMES.

Langues acceptées : Français et anglais

Les textes sont à envoyer à l’adresse suivante : a.khoudri@umi.ac.ma

Calendrier prévisionnel : 

Soumission des articles complets : 12/07/2026
Notification finale aux auteur·e·s après évaluation : 16/09/2026
Soumission de la version finale des articles : 14/10/2026
Parution du numéro : 28/12/2026

Bibliographie 

Adenot, P. (2016). Les pro-am de la vulgarisation scientifique : de la co-construction de l’ethos de l’expert en régime numérique. Itinéraires, 2015-3. https://doi.org/10.4000/itineraires.3013

Bérard, Y. (2018). L’expertise citoyenne. Dans F. Claveau & J. Prud’homme (dir.), Experts, sciences et sociétés (p. 59–76). Les Presses de l’Université de Montréal.

Bérard, Y., & Crespin, R. (2010). Introduction : objet flou, frontières vives. Dans Y. Bérard & R. Crespin (dir.), Aux frontières de l’expertise. Presses universitaires de Rennes. https://doi.org/10.4000/books.pur.9920

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1.3 Intertextualité, mémoire discursive et multimodalité : perspectives interlinguistiques et interculturelles (Cracovie)

  • Date de tombée (deadline) : 12 Juillet 2026
  • À : Cracovie, Pologne

Colloque international

Intertextualité, mémoire discursive et multimodalité : perspectives interlinguistiques et interculturelles 

Cracovie, 20-21 novembre 2026

Organisation :

Lidia Miladi, Université Grenoble Alpes, LIDILEM, France

Catherine Muller, Université Grenoble Alpes, LIDILEM, France

Małgorzata Niziołek, Université de la Commission de l’Education Nationale, Cracovie, Pologne

Wojciech Prażuch, Université de la Commission de l’Education Nationale, Cracovie, Pologne

Initialement développée dans le champ littéraire (Kristeva, 1969 ; Genette, 1982), la notion d’intertextualité a ensuite été largement investie en sciences du langage, où elle est envisagée comme un processus de production du sens fondé sur la reprise, la transformation et la circulation de discours antérieurs (Barthes, 1968 ; Todorov, 1981). Dans une acception élargie, l’intertextualité renvoie ainsi à un ensemble de relations entre textes et, plus largement, entre productions culturelles (Nycz, 1990 ; Lugrin, 2006). Elle s’articule étroitement avec des notions telles que l’interdiscours, le dialogisme ou encore la mémoire discursive (Courtine, 1981 ; Moirand, 2007 ; Paveau, 2006), qui permettent de rendre compte de l’inscription des énoncés dans des histoires langagières, sociales et culturelles. L’intertextualité ouvre alors un espace d’interprétation dynamique où se croisent mémoire collective, pratiques discursives et héritages culturels, dans des processus constants de reconfiguration du sens.

Parallèlement, le développement des productions multimodales (Kress, 2003) invite à penser conjointement intertextualité et intericonicité (Chéroux, 2009), ainsi que leurs interactions dans des dispositifs intermédiaux (Rajewski, 2005 ; Louvel, 2022). Ces phénomènes sont aujourd’hui particulièrement visibles dans les discours médiatiques et numériques (mèmes, IA générative, réseaux sociaux, détournements viraux), où la fragmentation, la circulation accélérée et la reconfiguration permanente des contenus redéfinissent les frontières de l’auctorialité et transforment les genres discursifs contemporains (Charaudeau, 1994).

Au-delà des seules relations entre textes et médias, ces dynamiques interrogent également les rapports entre langues, cultures et imaginaires (Ardeleanu, 2014). Dans une perspective humboldtienne, chaque langue constitue en effet une manière particulière d’organiser et de percevoir le monde (Humboldt, 2000 [1828]). L’accès au sens ne relève donc pas uniquement d’une compétence linguistique, mais de la mobilisation d’une langue-culture où les signes sont chargés d’une mémoire collective et s’inscrivent dans des mécanismes de construction du sens socialement situés (Charaudeau, 1992). Comprendre l’intertexte suppose alors d’activer des savoirs culturels, discursifs et sémiotiques permettant de décoder les implicites, les allusions et les non-dits propres à une communauté donnée.

Dans cette perspective, les processus de médiation apparaissent comme des dimensions essentielles de la circulation, de l’interprétation et de la transformation des significations entre langues, cultures, discours et systèmes sémiotiques (Molinié & Moore, 2020). Dans le champ de la didactique des langues, ces dynamiques soulèvent des enjeux spécifiques. Elles interrogent notamment la manière dont les apprenants mobilisent des références culturelles et discursives, mettent en œuvre des formes de médiation interlinguistique, interculturelle et sémiotique et construisent du sens à partir de ressources hétérogènes afin de développer des compétences interprétatives. Elles invitent également à prendre en compte des formes de littératies multimodales et sensibles liées aux environnements sémiotiques contemporains (Dagenais, 2012 ; Lebrun & Lacelle, 2014 ; Moore, 2024).

Ce colloque international propose ainsi d’explorer ces questions en croisant les approches linguistiques, discursives, didactiques et culturelles, avec une attention particulière portée aux dimensions interlinguistiques et interculturelles des phénomènes étudiés.

Axes thématiques (indicatifs)

Les propositions pourront s’inscrire, sans s’y limiter, dans les axes suivants :

–       Intertextualité, mémoire discursive et dynamiques interlinguistiques dans des contextes plurilingues

–       Intertextualité et multimodalité : interactions entre textes, images et autres ressources sémiotiques

–       Intertextualité et interculturalité : circulation et reconfiguration des références culturelles

–       Intertextualité, médiation et circulation des références dans les contextes plurilingues et multimodaux

–       Intertextualité et langues-cultures : comment la circulation des références configure et reconfigure les identités culturelles au sein des discours

–       Intertextualité et didactique des langues : enseignement, apprentissage, médiation et développement de compétences interprétatives

–       Intertextualité,            traduction        et         médiations             interlinguistiques :     transferts         et recontextualisations entre langues et cultures

–       Intertextualité, humour et créativité dans les discours contemporains (notamment numériques).

Modalités de soumission

Les propositions de communication (300 mots maximum), accompagnées d’une courte notice biographique, sont à envoyer avant le 12 juillet 2026 à lidia.miladi@univ-grenoble-alpes.frcatherine.muller@univ-grenoble-alpes.fr,  malgorzata.niziolek@uken.krakow.plwojciech.prazuch@uken.krakow.pl

Langue de communication : français.

Comité scientifique

Eleonora ACERRA, Université du Québec à Montréal, Canada

Tatiana ALEKSANDROVA, Université Grenoble Alpes, France

Sülün AYKURT-BUCHWALTER, Université Paris Nanterre, France

Geneviève BERNARD-BARBEAU, Université Grenoble Alpes, France

Cláudia Helena DAHER, Universidade Federal do Paraná, Curitiba, Brésil

Stéphanie GALLIGANI, Université Grenoble Alpes, France

Claire HUGONNIER, Université Grenoble Alpes, France

Fumiya ISHIKAWA, Université Rikkyo, Japon

Claudine KAHLOUL-SALINAS, SyPraL, Université de Gabès, Tunisie

Valéry KOSSOV, Université Grenoble Alpes, France

Anna KRZYŻANOWSKA, Université de Marie Curie-Skłodowska, Lublin, Pologne

Nicolas LABARRE, Université Bordeaux Montaigne, France

Alexis LADREYT, Hokkaido University, Japon

Dora LOIZIDOU, Université de Chypre, Chypre

Mona MOHSEN, Université Ain Shams, Egypte

Danièle MOORE, Université de Vancouver, Canada

Teresa MURYN, Université de la Commission de l’Éducation Nationale de Cracovie, Pologne Małgorzata NIZIOŁEK, Université de la Commission de l’Éducation Nationale de Cracovie, Pologne

Anthippi POTOLIA, Université Paris 8, France

Wojciech PRAŻUCH, Université de la Commission de l’Éducation Nationale de Cracovie, Pologne

Marine TOTOZANI, Université Jean Monnet Saint-Étienne, France

Dimitra TZATZOU, Université de Rouen, France

Safa ZOUAIDI, Université de Gabès, Tunisie

Références bibliographiques
ARDELEANU, S.-M. 2014. « De l’imaginaire linguistique à l’imaginaire interculturel ». La Francopolyphonie, n° 1(9), p. 71-76.

BARTHES, R. 1968. « Texte (Théorie du) ». Encyclopaedia Universalis, t. XV, p. 1013-1017. CHARAUDEAU, P. 1992. Grammaire du sens et de l’expression. Paris, Hachette.

CHARAUDEAU, P. 1994. « Le discours publicitaire, genre discursif ». Revue Mscope, n° 8, CRDP de Versailles, p. 34-44.

CHÉROUX, C. 2009. Diplopie. L’image photographique à l’ère des médias globalisés. Essai sur le 11 septembre 2001. Cherbourg, Le Point du jour.

COURTINE, J.-J. 1981. « Quelques problèmes théoriques et méthodologiques en analyse du discours, à propos du discours communiste adressé aux chrétiens ». Langages, n° 62, p. 9-128. https://www.persee.fr/doc/lgge_0458-726x_1981_num_15_62_1873

DAGENAIS, D. 2012. « Littératies multimodales et perspectives critiques ». Recherches en didactique des langues et des cultures, 9-2. http://journals.openedition.org/rdlc/2338

GENETTE, G. 1982. Palimpsestes : la littérature au second degré. Paris, Éditions du Seuil.

HUMBOLDT, W. 2000 [1828]. Sur le caractère national des langues et autres écrits sur le langage. Paris, Points Seuil.

KRISTEVA, J. 1969. Sèméiotikè : recherches pour une sémanalyse. Paris, Seuil.

LEBRUN, M. & LACELLE, N. 2014. « L’ère du numérique : un défi pour la didactique du FLE ». Synergies Portugal, 2.

LOUVEL, L. 2022. « Intermédialité, intersémioticité, multimédialité, multimodalité : de quoi l’intermédialité est-elle le nom ? ». L’Atelier. Trouble dans la théorie, 13(2).

LUGRIN, G. 2006. Généricité et intertextualité dans le discours publicitaire de presse écrite. Berne, Peter Lang.

MOIRAND, S. 2007. « Discours, mémoires et contextes : à propos du fonctionnement de l’allusion dans la presse ». CORELA – COgnition, REprésentation, LAngage, HS-6. https://doi.org/10.4000/corela.1567

MOLINIÉ, M. & MOORE, D. 2020. « Introduction. Mobilités, médiations, transformations en didactique des langues ». Le Français dans le monde. Recherches et applications, n° 68, p. 1120.

MOORE, D. 2024. « Walking our Landscape as Interculturality. A Visual Essay in Resonances” Dans F. Dervin (dir.), The Routledge Handbook of Critical Interculturality in Communication and Education, p. 308-328. Routledge.

NYCZ, R. 1990. « Intertekstualność i jej zakresy : teksty, gatunki, światy ». Pamiętnik Literacki: czasopismo kwartalne poświęcone historii i krytyce literatury polskiej, 81(2), p. 95116.

PAVEAU, M.-A. 2006. « Chapitre 3. La mémoire en discours ». Dans Les prédiscours. Paris, Presses Sorbonne Nouvelle. https://doi.org/10.4000/books.psn.735

RAJEWSKY, I. 2005. « Intermediality, Intertextuality, and Remediation: A Literary Perspective on Intermediality ». Intermédialité, 6, p. 43-64.

TODOROV, T. 1981. Bakhtine Mikhaïl : le principe dialogique. Paris, Seuil.

1.4 Filiations et généalogies dans les littératures françaises et francophones, XIXe–XXe s. (Nouvelle Revue Synergies Canada)

  • Date de tombée (deadline) : 15 Juillet 2026
  • À : Université de Guelph

Les questions de filiation, qu’elles soient généalogiques, spirituelles, symboliques ou littéraires, constituent l’un des enjeux majeurs des littératures françaises et francophones des XIXe et XXe siècles (Viart, 1999 ; Bernard, 2007 ; Demanze, 2008 ; Balint et Imbert, 2019). À une époque marquée par la consolidation du roman familial bourgeois, la montée en puissance des discours scientifiques sur l’hérédité, et la professionnalisation du champ littéraire, la filiation devient à la fois matrice narrative et principe structurant de l’autorité auctoriale. Ce processus se prolonge dans le contexte postmoderne, où la crise des grandes narrations historiques comporte la recherche de nouveaux repères et la reconstitution, souvent à travers la fiction, de ses propres généalogies.

C’est surtout le rôle des pères en tant que dépositaires d’un récit familial lacunaire qui a été exploré par la critique (Viart, 2009). Le père incarne souvent la loi, la transmission, mais aussi la rupture ou le silence. Les récits contemporains de filiation ont ainsi mis en lumière les fractures généalogiques, les héritages impossibles ou les reconstructions mémorielles.

Cependant, cette focalisation sur la transmission paternelle tend à occulter d’autres formes de filiations. Il est possible de repenser le mécanisme de la filiation en se focalisant sur la restitution de la part des écrivain·e·s de leurs propres généalogies féminines (Beizer, 2009), qu’il s’agisse de mères, de grand-mères, de sœurs, de tantes, d’ancêtres invisibilisées, mais aussi de lignées symboliques d’autrices et de collaboratrices. En ce dernier cas, le paradigme à arbre de la filiation généalogique cède le pas à des liens rhizomiques, à une « antigénéalogie » (Deleuze, Guattari, 1980 : 18) où chaque membre du réseau joue contemporainement le rôle d’héritier·ère et de légataire d’un savoir en perpétuelle mutation. Penser la filiation de la perspective des femmes et autrices invite à reconsidérer les modes de transmission, les formes d’autorité et les dynamiques de reconnaissance dans le champ littéraire.

Dans cette perspective, nous accueillons des contributions qui examinent les liens familiaux aux XIXe et XXe siècles. Il s’agira notamment d’interroger :

  • la représentation des filiations maternelles, féminines ou féministes dans les œuvres littéraires ;
  • les stratégies de réappropriation ou de réécriture d’ascendances féminines et féministes ;
  • les dynamiques de transmission intergénérationnelle entre autrices ;
  • les couples d’écrivain·e·s et les collaborations familiales (époux, fratries, parenté élargie) ;
  • la co-écriture, les signatures partagées, les effacements ou appropriations symboliques ;
  • les tensions entre filiation biologique et filiation littéraire ;
  • les généalogies choisies, adoptées ou reconstruites ;
  • les archives, correspondances et pratiques éditoriales révélant des formes de collaboration intrafamiliale.

Les propositions pourront mobiliser des approches variées : études de genre, sociologie du champ littéraire, génétique textuelle, histoire culturelle, études mémorielles ou théories de la transmission.

En explorant ces généalogies et collaborations familiales, il s’agira de repenser la filiation non pas uniquement comme héritage vertical et patriarcal, mais comme réseau, constellation ou espace de négociation identitaire et esthétique.

Le numéro contiendra un sous-dossier qui portera particulièrement sur les liens familiaux et de collaboration existant entre Judith Cladel (1873-1958), autrice, dramaturge et historienne de l’art qui chevauche les XIXe et XXe siècles, et sa nièce Dominique Rolin (1913-2012), écrivaine franco-belge du XXe siècle.

La Nouvelle Revue Synergies Canada (NRSC) est une revue académique électronique en libre accès depuis 2013. Elle est publiée sur la plateforme Érudit, évaluée par les pairs, et publie des articles sur des sujets liés à la littérature, à la culture, à la linguistique et à la didactique des langues.

Dates à retenir

Les personnes intéressées sont priées d’envoyer une proposition de 250 à 300 mots accompagnée de leur nom, adresse électronique et affiliation à mirvine@uoguelph.ca et mariafrancesca.ruggiero@unibo.it avant le 15 juillet 2026.

Les auteur.e.s des résumés retenus pour la remise de l’article seront informé.e.s avant le 30 juillet 2026.

Les articles complets de 4000 à 5000 mots devront être envoyés pour le 1er novembre 2026 et devront être téléchargés par le biais du processus de soumission en ligne de la revue à l’adresse suivante : https://journal.lib.uoguelph.ca/index.php/nrsc/about/submissions

Le numéro paraîtra en 2027.

Bibliographie

Paul Aron, Cécile Vanderpelen-Diagre, « “Notre grande aînée” : Dominique Rolin et Judith Cladel », dans Maria Chiara Gnocchi (dir.), Nouveaux regards sur Dominique RolinFrancofonia. Studi e ricerche sulle letterature di lingua francese, n. 68, printemps 2015, p. 15-37, .

Adina Balint, Patrick Imbert, « Représentations de la filiation dans les littératures francophone et autochtone du Canada dans le contexte des Amériques », Interfaces Brasil/Canadá, v. 19, n. 3, 2019, p. 39-56, .

Janet Beizer, Thinking through the Mothers : Reimagining Women’s Biographies, Ithaca, Cornell University Press, 2009.

Claudie Bernard, Penser la famille au XIXème siècle (1789-1870), Saint-Étienne, Presses universitaires de Saint-Étienne, 2007.

Gilles Deleuze, Félix Guattari, Mille Plateaux. Capitalisme et schizophrénie 2, Paris, Minuit, 1980.

Laurent Demanze, Encres orphelines : Pierre Bergounioux, Gérard Macé, Pierre Michon, Paris, José Corti, 2008.

Margot Irvine, « Une génération de transition : Judith Cladel, femme de lettres », dans Patrick Bergeron (dir.), Passées sous silence : Onze femmes écrivains à relire, « Pratiques et représentations », Valenciennes, Presses universitaires de Valenciennes, 2015, p. 63-76.

Margot Irvine, « Amitiés actives : deux lettres à Auguste Rodin », Épistolaire, n. 49, 2023, p. 43-54.

Margot Irvine, « Auguste Rodin, “Pygmalion et Galatée” et Judith Cladel (1873-1958) » dans Florence Fix, Corinne François-Denève (dir.), La Revanche de Galatée, Publications numériques du CÉRÉdI, « Les Carnets comparatistes du CÉRÉdI », n. 2, 2024, .

Dominique Rolin, L’Infini chez soi, Bruxelles, Espace Nord, 2023 (1980).

Maria Francesca Ruggiero, « L’Infini chez soi, de Dominique Rolin : un récit de filiation », Letrônica, v. 18, n. 1, .

Marie-Pier Tardif, « La critique littéraire féminine dans la presse anarchiste : le cas des traductrices de l’Humanité nouvelle », dans Wendy Prin-Conti, Camille Islert (dir.), Penser la proseThéorie littéraire féminine à la Belle Époque, Fabula / Les colloques, 2023,

Marie-Pier Tardif, « Ni ménagères, ni courtisanes : les femmes de lettres dans la presse anarchiste française (1885-1905) », Thèse sous la direction de Christine Planté et Chantal Savoie, Université de Lyon, Université du Québec à Montréal, Doctorat en Lettres, Langues, Linguistique et Arts, 2021, .

Dominique Viart, « Filiations littéraires », dans Jan Baetens, Dominique Viart (dir.), Écritures contemporaines 2. États du roman contemporain, Paris/Caen, Lettres modernes Minard, 1999, p. 115-139.

Dominique Viart, « Le silence des pères au principe du “récit de filiation” », Études françaises, v. 45, n. 3, p. 95-112, 2009, .

Hélène Zanin, « Judith Cladel et Edmond Picard, maîtres d’œuvres de l’exposition Rodin à la Maison d’art à Bruxelles en 1899 », dans Antoinette Le Normand-Romain, Christina Buley-Uribe, Auguste Rodin : une renaissance moderne, Snoeck, p. 187-191, 2024, .

1.5 Naître et mourir pendant le voyage migratoire

  • Date de tombée (deadline) : 15 Juillet 2026
  • À : Revue Scientifique

L’expérience migratoire commence bien avant d’arriver à destination et les conditions du voyage dépendent de la typologie de migration : selon la situation administrative, géographique, financière, selon l’époque historique, le niveau d’étude et le genre, on n’entreprend pas le même voyage. Les voyages migratoires ne sont donc pas égalitaires, bien au contraire. Il existe, à l’échelle globale, un déséquilibre entre les élites, qui peuvent se déplacer sans risques, et les personnes qui n’ont pas ce luxe. Ces inégalités sont dénoncées, par exemple par l’Organisation Internationale pour les Migrations, qui plaide pour une migration sûre dans un monde en mouvement et qui a notamment lancé la Journée internationale des migrants. Toujours dans le but d’éviter les connotations négatives, la même organisation propose cette définition :

Migrant – Terme générique non défini dans le droit international qui, reflétant l’usage commun, désigne toute personne qui quitte son lieu de résidence habituelle pour s’établir à titre temporaire ou permanent et pour diverses raisons, soit dans une autre région à l’intérieur d’un même pays, soit dans un autre pays, franchissant ainsi une frontière internationale. Il englobe un certain nombre de catégories juridiques de personnes bien déterminées, comme les travailleurs migrants ; les personnes dont les types de déplacement particuliers sont juridiquement définis, comme les migrants objets d’un trafic illicite ; ainsi que celles dont le statut et les formes de déplacement ne sont pas expressément définis par le droit international, comme les étudiants internationaux.

Le poids des inégalités est encore plus marquant pour qui naît ou meurt durant le voyage migratoire. Ces deux événements, la naissance et la mort, sont en effet traités de manière profondément asymétrique. La question de la mortalité est très médiatisée et fait l’objet d’une traque statistique et militante. On s’applique à comptabiliser les morts pendant le voyage migratoire, des données d’ailleurs très difficilement quantifiables, on s’intéresse à la mortalité maternelle chez les migrantes lors de l’accouchement, à celle des enfants à la naissance, difficiles elles aussi à chiffrer. Mais si les rapports officiels regorgent de chiffres concernant les décès, les naissances durant le voyage migratoire demeurent un angle mort, ce qui pourrait faire penser qu’elles sont rares, alors que les chiffres sont inconnus. Quand il arrive qu’une naissance sorte de l’ombre, on la célèbre alors comme un évènement exceptionnel et le récit héroïque qui en résulte occulte souvent la réalité juridique et administrative des enfants nouveaux-né.e.s.

Ces naissances sont régies par une géographie du hasard où le droit international se heurte aux frontières nationales. Dans les pays de tradition latine européenne comme la France, l’Italie ou la Roumanie, la primauté du sang prévaut, rendant l’enfant né en transit dépendant de la nationalité de ses parents. À l’opposé, les pays d’Amérique du sud comme le Brésil ou l’Argentine appliquent un droit du sol quasi absolu qui s’étend à leurs pavillons maritimes et aériens. En effet, une tension entre le jus sanguinis et le jus soli se manifeste lorsqu’il faut décider de la nationalité des enfants qui naissent durant le voyage migratoire risquant parfois l’apatridie, même s’ils sont a priori protégés par une convention internationale, signée en 1961, qui oblige les États à accorder leur nationalité aux personnes nées sur leur territoire. Cette divergence crée une inégalité fondamentale : selon la route empruntée, les enfants deviennent immédiatement citoyens ou restent des « fantômes juridiques » en attente de reconnaissance.

Face à ces naissances invisibles et à ces morts anonymes survenues pendant le voyage migratoire, la restitution de la dignité passe par le récit et la trace documentaire. Le Missing Migrants Project, un autre projet mené par l’OIM, œuvre à la réhabilitation de l’invisible en essayant de garder une trace de chaque vie perdue en Méditerranée. Dans cet espace de transit, les journaux de bord des navires d’ONG et les certificats de naissance rédigés en mer constituent les seuls remparts contre l’oubli et l’apatridie.

La variété des situations et les inégalités qui en résultent poussent à s’interroger sur le statut des personnes décédées ou nées au cours d’un voyage migratoire. S’agit-il toujours de migrant.e.s ou ont-elles un statut particulier ? Qu’en est-il des rituels autour de la mort et de la vie ? Est-ce que le voyage migratoire influe sur la façon dont sont perçues la mort et la naissance ? À qui revient la responsabilité de garantir un début et une fin de vie sereines et dignes ?

Ces questions complexes méritent d’être étudiées par des approches inter et trans-disciplinaires, dans une démarche qui relève à la fois de l’expérience collective et du parcours individuel. Pour ce dossier thématique, sont donc demandés des articles qui proposent une comparaison entre la représentation de la mort et celle de la naissance pendant le voyage migratoire, à travers des corpus artistiques de toute nature (roman, poésie, théâtre, film, série télévisée, BD, photographie, peinture, sculpture, performance, musique, etc.) et de toute provenance géographique. Seront privilégiés les textes proposant des thématiques et des points de vue qui questionnent les représentations médiatiques conventionnelles et stigmatisantes.

Calendrier et modalités

Merci d’envoyer vos propositions, rédigées en français ou en italien, sous la forme d’un résumé de 300 mots, d’un titre et d’un bref CV (200 mots) avant le 15 juillet 2026 à : alessandra.giro@umpv.fr et isabelle.felici@umpv.fr

Communication des résultats de la sélection : septembre 2026

Envoi des articles : mai 2027 pour une publication prévue en 2028.

Bibliographie

Alexopoulos de Girard, C. et Oulahal, R. (2022). « Du risque de la mort pendant le parcours migratoire à la reconstruction d’une identité post mortem pour les personnes décédées et leurs communautés d’appartenance ». Études sur la mort, 158(2), 155-170. https://doi.org/10.3917/eslm.158.0155 (consulté le 29 avril 2026).

Boillet, V., Arnaiz, P., Nguyen, M. S. (2016). Actualité du droit des étrangers – Les apatrides – Staatenlose, Bern, Stämpfli Verlag AG.

Cheong, A. R., Gaucher, M., Li, J., Nedoshytko, S., Chai Yun Liew, J., Contreras-Chavez, A. M., … Brush, D. (2025). « Unpacking ‘birth tourism’: incidental citizenship and the diverse migration and reproduction trajectories of nonresident mothers in Canada », Journal of Ethnic and Migration Studies, [En ligne], 51(17), 4299–4319. https://doi.org/10.1080/1369183X.2025.2534416 (consulté le 29 avril 2026).

Cleuziou, J. « Editorial: Death and Migration: Perspectives from the Post-Soviet Space », Revue européenne des migrations internationales [En ligne], vol. 39 – n°1 | 2023, mis en ligne le 07 février 2023. [En ligne] DOI : 10.4000/remi.21944 (consulté le 17 mars 2026).

Eslier M, Azria E, Chatzistergiou K, Stewart Z, Dechartres A, Deneux-Tharaux C. « Association between migration and severe maternal outcomes in high-income countries: Systematic review and meta-analysis ». PLoS Med. 2023 Jun 22; 20(6). [En ligne] Disponible sur : https://pmc.ncbi.nlm.nih.gov/articles/PMC10328365/ (consulté le 17 mars 2026).

Felici, I. (2014). « L’émigré ce héros: Les étapes du parcours migratoire dans les récits d’émigration. Ghidina Jean-Igor; Violle Nicolas. Récits de migration en quête de nouveaux regards ». Presses universitaires Blaise Pascal, pp.19-27.

Gissler M, Alexander S, MacFarlane A, Small R, Stray-Pedersen B, Zeitlin J, Zimbeck M, Gagnon A. « Stillbirths and infant deaths among migrants in industrialized countries ». Acta Obstet Gynecol Scand. 2009 ; 88(2) : 134-48. [En ligne] Disponible sur : https://pubmed.ncbi.nlm.nih.gov/19096947/ (consulté le 17 mars 2026).

GMDAC, Calculating “death rates” In the context of migration journeys: Focus on the Central Mediterranean, OIM. [En ligne] Disponible sur : https://publications.iom.int/system/files/pdf/mortality-rates.pdf (consulté le 17 mars 2026).

Harden, M. « Unmade in America: The gendered politics of birth tourism in the United States ». Political Geography, [En ligne], Volume 107, 2023, https://doi.org/10.1016/j.polgeo.2023.102972 (consulté le 29 avril 2026).

Nations Unies, Convention sur la réduction des cas d’apatridie, 30 août 1961, New York, Nations Unies, 1961, Article 3. [En ligne] Disponible sur : https://www.ohchr.org/fr/instruments-mechanisms/instruments/convention-reduction-statelessness (consulté le 17 mars 2026).

Organisation Internationale pour les Migrations (OIM), « Termes clés de la migration », Site officiel de l’OIM, Genève, 2024. [En ligne] Disponible sur : https://www.iom.int/fr/termes-cles-de-la-migration (consulté le 17 mars 2026).

OIM, « Notre droit de passage doit se faire par un processus de migration sûre, pas à bord d’embarcations vétustes », Communiqué de presse, Genève, OIM, 2023. [En ligne] Disponible sur : https://www.iom.int/fr/news/notre-droit-de-passage-doit-se-faire-par-un-processus-de-migration-sure-pas-bord-dembarcations-vetustes (consulté le 17 mars 2026).

OIM, « Le Directeur général de l’OIM lance un appel urgent pour une migration sûre dans un monde en mouvement à l’occasion de la Journée internationale des migrants », Communiqué de presse, Genève, OIM, 2023. [En ligne] Disponible sur : https://www.iom.int/fr/news/le-dg-de-loim-lance-un-appel-urgent-pour-une-migration-sure-dans-un-monde-en-mouvement-loccasion-de-la-journee-internationale-des-migrants (consulté le 17 mars 2026).

OIM, « Née en toute discrétion, la petite Mona succombe après une fuite désespérée de Mossoul », Communiqué de presse, Genève, OIM, 2023. [En ligne] Disponible sur : https://www.iom.int/fr/news/nee-en-toute-discretion-la-petite-mona-succombe-apres-une-fuite-desesperee-de-mossoul (consulté le 17 mars 2026).

OIM, « Les corps de 26 femmes victimes de traite sont débarqués à Salerne en Italie », Communiqué de presse, Genève, OIM, 2017. [En ligne] Disponible sur : https://www.iom.int/fr/news/les-corps-de-26-femmes-victimes-de-traite-sont-debarques-salerne-en-italie-tandis-que-154-609-migrants-sont-arrives-en-europe-par-la-mer-en-2017-2-925-migrants-y-ont-perdu-la-vie (consulté le 17 mars 2026).

OIM, « Rapport mensuel sur la situation dans la Méditerranée », Communiqué de presse, Genève, OIM, 2020. [En ligne] Disponible sur : https://www.iom.int/fr/news/rapport-mensuel-sur-la-situation-dans-la-mediterranee-7-168-arrivees-de-migrants-77-deces (consulté le 17 mars 2026).

OIM, « Naissance spéciale : un couple de Libériens rebrousse chemin d’un dangereux périple vers l’Europe et devient parent », Communiqué de presse, Genève, OIM, 2019. [En ligne] Disponible sur : https://www.iom.int/fr/news/naissance-speciale-un-couple-de-liberiens-rebrousse-chemin-dun-dangereux-periple-vers-leurope-et-devient-parent (consulté le 17 mars 2026).

Rachédi, L., Montgomery, C., et Halsouet, B. « Mort et deuil en contexte migratoire : spécificités, réseaux et entraide », Enfances Familles Générations [En ligne], 24 | 2016. URL : http://journals.openedition.org/efg/1041(consulté le 27 avril 2026).

Ruseishvili, S. (2024). « Beyond ‘birth tourism’: transnational birth mobilities and dual citizenship amid geopolitical instability », Citizenship Studies, [En ligne], 28(7), 763–782. https://doi.org/10.1080/13621025.2025.2470762 (consulté le 29 avril 2026).

Vik, E.S., Aasheim, V., Schytt, E. et al. « Stillbirth in relation to maternal country of birth and other migration related factors: a population-based study in Norway ». BMC Pregnancy Childbirth 19, 5 (2019). [En ligne] Disponible sur : https://doi.org/10.1186/s12884-018-2140-3 (consulté le 17 mars 2026).

1.6 Le patrimoine ancestral des oasis. Quelles dynamiques culturelles et sociales ? (Tiznit, Maroc)

  • Date de tombée (deadline) : 15 Juillet 2026
  • À : Centre Tafraoute, Tiznit, Maroc

L’Association Gdourt pour la Solidarité organise le colloque international «  Le patrimoine ancestral des oasis : Quelles dynamiques culturelles et sociales ?

Penser les oasis est conjugué au pluriel ». L’oasis n’est pas une source d’eau entourée de palmiers dattiers, un espace romantique fabriqué dans les contes de voyageurs et explorateurs colonialistes pour séduire les touristes et préparer les invasions coloniales. C’est plutôt un mode de vie construit dans un empirisme pragmatique négocié qui sait et peut gérer les disponibilités matérielles, sociales et culturelles afin d’en tirer le maximum de possibilités pour subvenir aux besoins vitaux et secondaires. C’est d’abord un savoir-faire de défense contre les aléas de la nature et les razzias des nomades, un génie architectural pour construire les kasbahs et les ksours, entourés d’enceintes et tours de guet pour rejeter les intrus. Et surtout une organisation sociale construite sur des coutumes rationnelles, et une culture symbolique pour donner sens au vécu, sans oublier ses valeurs ancrées dans la mémoire et son patrimoine humain. Penser l’oasis c’est pouvoir rendre à ce mode de vie sa vitalité non par un passéisme infantile, mais pour aider notre modernité malade à se ressourcer dans le pré-modernisme. Ce travail ne peut être effectué que par la collaboration d’efforts entre chercheurs intéressés à cet écosystème et entre oasiens adaptés à cet environnement et qu’ils cherchent à réhabiliter et protéger de toute menace.

Les contributions pourraient explorer les axes ci-dessous tout en acceptant toute proposition en lien avec la problématique du colloque :

– L’oasis comme mode de vie complexe et équilibré ;

– L’oasis comme organisation sociale structurée ;

– Un patrimoine immatériel, culturel et architectural riche en symboles

– Écosystèmes oasiens et solutions intelligentes face aux défis naturels

–  L’oasis dans l’histoire et la littérature : images et représentations ;

– L’oasis ses enjeux sociologiques et anthropologiques ;

– l’oasis et ses architectures

– L’oasis : spiritualité et impact psychologique ;

– Les représentations artistiques de l’oasis.

Conditions de participation :

Le colloque est pluridisciplinaire

– Durée des communications : 20 minutes

– Langues : Arabe, Amazighs, Français, Espagnol et Anglais

–  Envoi des propositions avant le 15 juillet 2026 à : colloquegdourtoasis2026@gmail.com

Réponse du comité scientifique : à partir du 10 Août au 15 Août 2026.

Envois des textes définitifs le 5 septembre.

Dates importantes :

Arrivée des participants : 11 octobre 2026

Ouverture officielle : 12 octobre 2026 .

Sessions scientifiques : 13 et 14 octobre 2026.

Visite de la vallée Gdourt et clôture : le 15 et le 16 octobre 2026.
Les contributions sélectionnées seront publiées

Avantages pour les participants :
– Attestation officielle de participation
– Opportunités de collaboration scientifique
– Participation aux activités du centre de recherche scientifique et culturelle Gdourt
– Possibilité de publication académique
– Accès à des formations et séminaires

Les frais de voyage sont à la charge des participants. Cinq nuitées pourront être prises en charge par les organisateurs du colloque.

Directeur de comité scientifique et culturel d’AGPS & Coordinateur du colloque : 

Rachid Bekkaj ➡️ bekkajrachid@yahoo.com

Comité d’organisation : désigné par l’Association Gdourt pour la Solidarité.

Comité scientifique :

Pr. Kostani Mohamed Université Moulay Ismail, Meknès Maroc

Pr. Jamal Fezza Université Mohamed V Rabat Maroc

Pr. Khalid Saadani Université Mohamed V Rabat Maroc

Pr.Said Bennis Université Mohamed V Rabat Maroc

Pr. Abdelhafid Rihe Université Mohamed V Rabat Maroc

Pr. Noureddine Belhaddad Université Mohamed V Rabat Maroc

Pr. Azeddine Ettahiri Université Mohamed V Rabat Maroc

Pr. Reda Elfallh Universite Ibnou Zohr Agadir Maroc

Pr. Nadia Ben Elazmia Université Moulay Ismail, Meknès Maroc

Pr. Afaf Zaid Université Mohammed premier Oujda.Maroc

Pr.Khadija Qarfaouu Université Hassan II Casablanca Maroc

Pr.Rachida Saidi Université Mohammed premier Oujda.Maroc

Pr. Khalid Moukite Université Mohamed V Rabat Maroc

Pr. Azlarabe    Alaoui Université Mohamed V Rabat Maroc

Pr.Khalid Elmajnaoui Institut supérieur des arts Salé Maroc

Pr. Naima Bouhali Université Sidi Mohammed Ben Abdellah Fes Maroc

Pr. Bouchra EL Alaoui Université Moulay Ismail, Meknès. Maroc

Pr. Bouchra Benbella, Université Moulay Ismail de Meknès. Maroc

Pr. Ekaterina Burina, Effat Université, Jeddah, Arabi Saoudite

Pr. Kavitha Rajagopalan School of Journalism, New York, USA

Pr Virginie Wanyaka Bonguen, Université de Yaoundé/Cameroun

Pr. Pierre Godot – Athénée français, Tokyo (Japon)

Pr. Rose Nadine Mahoula Ndjokwè, Université de Bertoua/Cameroun

Pr. Lei Pen University of Liverpool United Kingdom

Pr. Ayse Malçikan conseillère Belgique

Pr. Simona Pollicino Università degli Studi Roma Italie

  1. Ana Fondón Ludeña Universidad Rey Juan Carlos. Espagne

Pr. Veronica Mattelo Université Coimbra Portugal

Pr. Angela Varricchio Istituto Superiore di Fotografia, in Rome

Pr. Tania Ixchel Atilano University Zurich Suisse

Pr. Lechi Eki universite Lagos Negiria

Pr Wilhelmina Manns Paradise is here Itinerant Arts Center Suisse

Pr Sedki Alaoui Monssef, ENSAD, LEMéRAGE, Université Hassan II de Casablanca.

Pr Belhaj Hicham, FLSHDM, Université Sidi Mohamed Ben Abdellah, Fès

Pr Mohamed Gheris, FSEJM, Université Cadi Ayad, Marrakech.

Bibliographie

– قسطاني بن محمد ._ الواحات المغربية قبل الاستعمار، غريس نموذجا، منشورات المعهد الملكي للثقافة الأمازيغية، 2005

– ناعمي مصطفى -. الصحراء من خلال بلاد تكنة، تاريخ العلاقات التجارية والسياسية. منشورات عكاظ. الرباط.1988

_ الكتاني، محمد إبراهيم .- من ذكريات سجين مكافح في عهد الحماية الفرنسية البغيض بالمغرب أو أيام كولمميما، دار المغرب، الرباط،1397/ 1977

_بوريال، محمد ._ الأنظمة السقوية العتيقة وتحولاتها الحديثة، ندوة التحولات الاجتماعية المجالية في الأرياف المغربية، منشورات كلية الآداب والعلوم الإنسانية، الرباط، 1994.ص، 65

_جورج بالانديي ._الأنتروبولوجيا  السياسية، ترجمة علي المصري، المؤسسة الجامعية للدراسات والنشر والتوزيع، بيروت، 1990

_ COQUERY-VICTROVITCH, Catherine.- Villes Coloniales et Histoire de l’Afrique. 1988. In Villes et Civilisation Urbaine. XVIII°-XX° siècles. Sous la direction de Marcel RONCAYOLO et Thierry PAQUOT. Larousse.1992

–  MARTIN, L. – Le Régime de la protection au Maroc. In Archives Marocaines. Tome 15

– PERRONY, R. (Capt).- Page de Folklore : Aït Hadiddou, les cérémonies du mariage. Dactylographié (49 pages). 1937

– Reynaud, Jean-Daniel._ Restituer aux hommes le sens de leurs actes, hommages à Pierre, Bourdieu. In, Revue française de sociologie, 43_1.2002

– Aouchar, Amina._ Colonisation et campagne berbère au Maroc. Afrique Orient, 2002

– Badie, Bertrand.- Formes et transformations des communautés politiques. In Traité de sciences politique. T.I. PUF. Pari, 1985

– Bahani, Abdelkbir._ La crise des structures socio- économiques dans les palmeraies du Draa- Maroc, in, Mutations socio _ spatiales dans les campagnes marocaines. Publications de la faculté des lettres et des sciences humaines – Rabat. Séries : colloques et séminaires, 1994

– Balandier, Georges._ Anthropo_logique, Librairie Générale Française, 1985            – Benchrifa, Abdellatif et Herbert, Popp. – L’Oasis de Figuig, persistance et Changement, Passau, Rabat, 1992

_ Blin, Thierry, Phénoménologie de L’action sociale d’Alfred Schutz, Le Harmattan, Paris ,1999

_ Chaléard, Jean-Louis, Dubresson, Alain._ villes et compagnes dans les pays du sud, Géographie des relations. KARTHALAc,1999

– GUENNOUN, Said.- La Montagne Berbère. Ed. du Comité de l’Afrique Française. Paris.

– HENRY, Roger.._Une Tribu de transhumants du Grand Atlas ; Les Aït Morghad. Dactylographié.

– LEBEL, Roland.- Le Maroc chez les auteurs anglais, Paris, 1939

– Maarouf , Nadir . – Lecture de l’espace oasien.  Paris. Sindbad, 1980

– Mendras, Henri._ Eléments de sociologie, « une théorie de changement est-elle possible ? ». Armand Colin. 1975

– Mendras, Henri._ La fin des paysans, Babel, 1984

– Merrien, Françoi-Xavier._ Etats- providences en devenir, Une relecture critique des recherches récentes, in Revue française de sociologie, 43_2,2002..

– SPILLMAN (Capt), Georges.- Les Aît Atta du Sahara et la pacification du Haut Draa. Félix Moncho. I.H.E.M..

– Stolcke Verena._ Le nouveau discours de l’exclusion en Europe. In Revue internationale des sciences sociales.. Mars, 1999

_ Balandier, Georges. – Sens et puissance. Quadrige / P U F, 1981

_ Bencherifa, Abdellatif._ Problèmes de développement dans les oasis marocains, quelques tendances récentes. In Mutations socio _ spatiales dans les campagnes marocaines. Publications de la faculté des lettres et des sciences humaines – Rabat. Séries : colloques et séminaires, 1994. n° 28.

_ BOUSQUET, G-H.- Le Droit Coutumier des Aït Hadiddou. A.I.E.O. T. XIV. 1956.

_ BRUNO, H.- La Justice Berbère au Maroc Central.  HESPERIS. T. II. 1922.

_ CELERIER, Jean.- Réhabilitation du Sahara ? Hespéris, T. XLI. 1954.

_ GAUCHER, Gilbert.- Irrigation et mise en valeur de Tafilalet. Travaux de l’Institut de Recherches sahariennes. T. 5. 1946

_ Jelin Elizabeth._ Dialogue, convergences et divergences : les mouvements sociaux au sein du MERCOSUR..  .in Revue internationale des sciences sociales. Mars, 1999. p, 43.

_ KHATIBI, Abdelkebir.- Maghreb Pluriel, Décolonisation de la sociologie. SMER/DENOEL. 1983

_ Lafon , Michel . –  Regards croisés sur le Capitaine Said Guennoun . in , Etudes et Documents Berbères ,            N°,9, La Boite à documents / Edisud.

1.7 20th & 21st Century French & Francophone Studies International Colloquium 2027 : L’espace (Chicago, USA)

  • Date de tombée (deadline) : 15 Septembre 2026
  • À : Chicago, USA

L’ESPACE

The University of Chicago
InterContinental Chicago Magnificent Mile, Chicago, IL

1er-3 avril 2027 

Site web du colloque : https://voices.uchicago.edu/ffsc/

Forte de sa situation stratégique dans la région des Grands Lacs, au cœur de l’Amérique du Nord, Chicago est depuis longtemps un lieu d’interactions mondiales. En tant que carrefour de migrations et de circulations, riche de ses quartiers cosmopolites et façonnée par une longue histoire d’innovation architecturale, cette ville dynamique et multiculturelle offre un cadre idéal pour la tenue de l’édition 2027 du Colloque international d’études françaises et francophones des XXe et XXIe siècles. Le colloque se propose d’ouvrir un dialogue sur toutes les dimensions de l’espace dans les productions culturelles françaises et francophones des XXe et XXIe siècles. La notion d’espace offre de multiples voies d’exploration, allant des aspects les plus concrets de l’environnement vécu aux registres les plus abstraits de la perception, de la mémoire et de l’imagination. Dans le prière d’insérer d’Espèces d’espaces (1974), Georges Perec affirme que « le problème n’est pas d’inventer l’espace, encore moins de le ré-inventer (trop de gens bien intentionnés sont là aujourd’hui pour penser notre environnement…), mais de l’interroger, ou, plus simplement encore, de le lire […] ». Des explorations surréalistes de l’espace urbain aux « dérives » situationnistes, et des critiques de la dépossession coloniale aux récits postcoloniaux des circulations mondialisées, la pensée et la littérature françaises et francophones modernes et contemporaines n’ont cessé d’observer et d’examiner les espaces existants, en interrogeant notamment la manière dont ils organisent l’accès, la visibilité et le mouvement. Mais la littérature, le cinéma et les arts francophones ouvrent également la voie à la création innovante d’espaces alternatifs. Que signifie aujourd’hui interroger, lire, écrire ou réinventer l’espace ?

Nous invitons des propositions de communications individuelles, de panels et de tables rondes portant sur les représentations et explorations de l’espace dans les contextes français et francophones. Les propositions pourront s’inscrire, à titre indicatif, dans les axes suivants :

  • représentations, pratiques et théories de l’espace
  • l’espace et le lieu, lieux de mémoire
  • temps et espace
  • architecture, bâtiments, environnements construits
  • l’habitat, l’habitation, l’(in)habitable
  • l’espace urbain, la ville, la psychogéographie
  • territoires et terrains
  • l’espace rural
  • infrastructures, réseaux et mobilités
  • espaces institutionnels
  • espaces domestiques ; espaces publics et privés
  • atmosphères, paysages sonores, espaces sensoriels
  • environnement, nature, écologie
  • accessibilité ; divisions et connexions spatiales
  • géographies, cartographies, topographies
  • frontières ; passages ; migrations
  • centres et périphéries
  • le local et le global
  • îles ; océans ; archipels et espaces archipélagiques
  • espaces francophones
  • imaginaires spatiaux
  • production et politiques de l’espace
  • militantisme, occupation, pratiques spatiales de résistance
  • espace et langage
  • voyages spatiaux ; cosmologies
  • l’espace théâtral, mise en scène
  • mouvement dans l’espace, chorégraphie
  • l’espace cinématographique
  • l’espace littéraire
  • l’espace artistique
  • espaces visuels ; paysages
  • espace, texture et textualité
  • poétiques de l’espace
  • l’espace numérique, espaces virtuels

Les propositions de communications individuelles ou de sessions portant sur les travaux de nos invitées d’honneur Mame-Fatou Niang et Olivia Rosenthal sont également les bienvenues.

Les propositions de communication (250 mots maximum, en français ou en anglais, accompagnées d’une brève notice bio-bibliographique), de séances complètes de 3 à 4 intervenant·es (vivement encouragées) ou d’autres formats de table ronde (pour des sessions d’une durée totale de 90 minutes) doivent être soumises via le formulaire en ligne avant le 15 septembre 2026. Pour tout renseignement, veuillez écrire à ffsc2027@uchicago.edu.

____________

Call for Submissions
20th- & 21st-Century French and Francophone Studies International Colloquium

SPACE

The University of Chicago
InterContinental Chicago Magnificent Mile, Chicago, IL

April 1–3, 2027

Conference website: https://voices.uchicago.edu/ffsc/

From its strategic location on the Great Lakes and in the heart of North America, Chicago has long been a site of global interaction. As a crossroads of migration and circulation, composed of distinctive neighborhoods and shaped by a history of social activism and architectural innovation, this vibrant and multicultural city offers an ideal space to gather for the 2027 edition of the 20th- & 21st-Century French and Francophone Studies International Colloquium. The colloquium invites conversations on all aspects of space in French and Francophone cultural production of the 20th and 21st centuries. Space is a notion that opens up multiple avenues for description and reflection, from the most concrete aspects of the lived environment to the most abstract registers of perception, memory, and imagination. Inviting us to attend to the ordinary in Espèces d’espaces (Species of Spaces, 1974), Georges Perec asserts in his author’s note: “Le problème n’est pas d’inventer l’espace, encore moins de le ré-inventer (trop de gens bien intentionnés sont là aujourd’hui pour penser notre environnement…), mais de l’interroger, ou, plus simplement encore, de le lire […]”. (The problem is not to invent space, let alone to reinvent it (too many well-meaning people are around today to conceptualize our environment…), but to question it—or, more simply still, to read it […]”). From surrealist to Situationist explorations of urban space, and from critiques of colonial dispossession to postcolonial accounts of contemporary globalized circulation, modern and contemporary French and Francophone thought and literature have long observed and interrogated existing spaces, asking how they organize access, visibility, and movement. Yet literature, film, and the arts also open onto the imaginative creation of alternative places, while digital media have transformed our understanding of physical and virtual space. What does it mean to question, read, write, or reinvent space today?

We welcome proposals for papers, panels, and roundtables that explore depictions and explorations of space in French and Francophone contexts. Potential topics include, but are not limited to, the following:

  • representations, practices, and theories of space
  • space and place, sites of memory
  • time and space
  • architecture, buildings, the built environment
  • habitat, housing, the (un)inhabitable
  • urban space, the city, psychogeography
  • territories and terrains
  • rural space
  • infrastructure, networks, and mobility
  • institutional spaces
  • domestic space; public and private space
  • atmospheres, soundscapes, sensory spaces
  • environment, nature, ecology
  • accessibility; spatial divisions and connections
  • geographies, cartographies, topographies
  • borders, border crossings, migration
  • centers and peripheries
  • the local and the global
  • islands, oceans, archipelagos and archipelagic space
  • Francophone spaces
  • spatial imaginaries
  • the production of space; the politics of space
  • activism, occupation, spatial practices of resistance
  • space and language
  • space travel; cosmologies
  • theatrical space, staging
  • movement in space, choreography
  • cinematic space
  • literary space
  • artistic space
  • visual spaces, locations, landscapes
  • space, texture, textuality
  • poetics of space
  • digital space, digital mapping, virtual space

We also welcome proposals for papers and panels related to the works of our keynote speakers Mame-Fatou Niang and Olivia Rosenthal.

Paper proposals (maximum 250 words, in French or English, along with a brief bio), proposals for complete panels of 3–4 participants (strongly encouraged), or alternative roundtable formats (90-minute sessions), should be submitted via the online form by September 15, 2026. For more information, please email ffsc2027@uchicago.edu.

1.8 Histoire publique et bande dessinée (revue Comicalités)

Appel à contributions

Dossier « Histoire publique et bande dessinée », revue Comicalités (à paraître au printemps 2027)

Face à l’objet qu’est l’histoire, les auteurs de bande dessinée ont multiplié les approches. Pascal Ory en a défini deux principales : la bande dessinée historique, où l’histoire est un décor exotique et un prétexte aux aventures des personnages, et la bande dessinée historienne – qu’Elisabeth Nijdam nomme aussi l’« historiographie graphique » – attentive à la véracité des faits et au sens de l’histoire. Si cette taxonomie reste d’actualité, elle est désormais travaillée par de nombreuses approches hybrides qui créent des catégories intermédiaires.

Un tournant du récit d’aventure historique est amorcé par les éditions Glénat dans les années 1970-1980 avec les magazines Circus (1975) puis Vécu (1985), dont l’héritage perdure dans une bande dessinée d’aventure renouvelée, avec par exemple Il était une fois en France de Fabien Nury et Sylvain Vallée chez Glénat, 2007-2015. Cependant, la bande dessinée historique est aujourd’hui entrée dans une nouvelle voie : des auteurs et autrices explorent de nouvelles démarches graphiques et narratives (recherches du côté de la non-fiction, dont le reportage, le documentaire, ou les expérimentations de la bande dessinée pédagogique, etc.). Nombreux et nombreuses sont les artistes qui contribuent à une écriture de l’histoire où la mise en fiction s’enrichit d’une attention à la véracité ou, à défaut, à la vraisemblance historique, s’inspirant des pratiques disciplinaires des historiens et historiennes. Ils et elles saisissent ainsi le matériau complexe qu’est le passé pour réfléchir à son sens et l’actualiser dans le présent, dans une perspective fréquemment politisée, voire militante. Dans un processus similaire à celui que connaît la bande dessinée documentaire, le choix par les auteurs de thèmes témoignant d’un intérêt pour les périodes de crises et de retournements (la guerre d’Algérie, la Révolution de 1789, Mai 68, etc.), ainsi que la politisation du discours, attirent l’attention des médias, des universitaires et des lecteurs, et participent au débat public français. Cette dynamique fait fortement écho à celle, d’ampleur internationale, qui se développe dans le champ de la public history.

L’émergence de l’histoire publique, qui s’impose aujourd’hui comme une pratique culturelle autant que comme une discipline universitaire, est encore timide en France, en dépit de la création de Masters universitaires comme celui de l’université Paris Est-Créteil, mais en développement exponentiel dans de nombreux autres pays. Elle interroge les usages publics et politiques de l’histoire et incite à une réflexion, d’une part, sur la communication de l’histoire au public par la médiation culturelle des savoirs historiens, d’autre part sur la production de la mémoire historique par le public lui-même, qui dans de nombreux endroits exprime la volonté de prendre part à la définition des mémoires collectives qui marquent les vies individuelles et les espaces qu’elles partagent. Elle questionne également le rôle des historiens et historiennes dans les espaces, de plus en plus nombreux, où l’histoire est vécue, façonnée, renouvelée. Ils et elles ont là, dans cette histoire publique, un rôle de passeurs et de passeuses : ils et elles ne sont plus les seuls producteurs, productrices, garantes et garants de l’histoire mais peuvent accompagner des groupes de citoyens et citoyennes cherchant à saisir, produire et valoriser des pans de leur histoire, aux échelles de leur quartier, leur ville, leur pays. On pourra ainsi s’intéresser aux figures de transfuges-passeurs de la bande dessinée historique, avec des auteurs érudits tel que Gilles Chaillet, des historiens embarqués tôt dans l’aventure scénaristique comme Frank Giroud et Valérie Mangin, et des auteurs et des autrices engagés spécialisés par exemple sur des thèmes historiques précis, comme Maximilien Le Roy sur les résistances militantes.

Dans cette perspective et dans la continuité du programme de journées d’études et du colloque international conduits entre 2023 et 2026, ce dossier de Comicalités propose d’interroger les manières dont la bande dessinée participe au processus public et collectif d’appropriation des mémoires et des héritages. À titre d’exemple, on peut penser à des projets éditoriaux comme la collection L’Histoire dessinée de la France (La Découverte/La Revue Dessinée) qui apparie un auteur ou une autrice souvent néophyte en histoire et un ou une historienne novice dans la scénarisation de bande dessinée, ou encore au succès des biographies dessinées, des « Grandes biographies en bandes dessinées » publiées par Edito-Services dans les années 1980 à celles de Catel Muller et José-Louis Bocquet, entre autres nombreux exemples. Nous souhaitons également interroger les modalités de participation de la bande dessinée au processus public d’appropriation du passé et questionner les usages par les institutions culturelles (musées d’art, d’histoire, mémoriaux) de la bande dessinée. Plus largement, il s’agit de se demander comment l’histoire est considérée, construite et transmise lorsqu’elle n’implique pas directement le concours d’un historien ou d’une historienne professionnelle ou lorsqu’il ou elle n’y joue qu’un rôle de consultant·e. Serait-il possible d’aller plus loin dans l’implication et l’écriture citoyenne, en s’inspirant de certains projets d’histoire publique ?

Pour traiter ces questions, nous proposons d’organiser le dossier en quatre thématiques qui recoupent particulièrement les enjeux liés aux rapports entre la bande dessinée et l’histoire. Les précédentes journées d’études du cycle ont commencé d’aborder ces sujets, qui restent néanmoins largement à explorer :

  • Bande dessinée et mémoires traumatiques
    Les trauma studies constituent aujourd’hui un champ particulièrement développé des études sur la bande dessinée, alimenté en permanence par le grand nombre de bandes dessinées explorant les thématiques du trauma et des conflictualités mémorielles. L’exemple fondateur en est Maus d’Art Spiegelman, publié en 1980, dont le message continue d’agir voire de déranger. Pour autant, les trauma studies ont jusque-là privilégié le prisme autobiographique, laissant parfois de côté la question des traumas collectifs. Cet axe aura donc pour but de considérer cette production (imprimée mais également numérique, qu’on pense par exemple à Anne Frank au pays du manga, BD documentaire interactive diffusée par Arte) et la bibliographie scientifique qui s’y rapporte sous l’angle de la relation à l’histoire publique. Quelles connaissances ces œuvres peuvent-elles apporter à la collectivité et aux individus ? Comment peuvent-elles participer à la construction du regard sur les mémoires traumatiques, aider les lecteurs à se les approprier, à les partager ? Que peuvent-elles apporter, d’une (re)connaissance, d’un rappel, d’un regard, sur les mémoires traumatiques, dans le but de leur donner une juste place, de se les approprier, de les partager et de les enseigner ?
  • Bandes dessinées biographiques 
    Le genre de la bande dessinée biographique historique est en pleine expansion depuis quelques années et prend des directions diverses dont il s’agira d’étudier les modalités et les tensions. D’une part, la bande dessinée historique prend modèle sur la biographie historique classique, perpétuant le schéma de valorisation des « grands hommes » et de la « vie extraordinaire » (à travers une collection comme Ils ont fait l’Histoire chez Fayard/Glénat), le modifiant (avec entre autres Les Reines de sang, collection qui revisite le genre au féminin dans le sillage de #MeToo – avec des auteurs presque tous masculins) ou le contestant. D’autre part, après trois décennies de développement de l’autobiographie dessinée, la bande dessinée développe également un propos sur l’ordinaire, le quotidien, le banal, qui tient aussi aux écritures de l’intime. Il s’agira donc d’interroger cette production qui, dans une perspective de micro-histoire, tient à l’écriture d’une histoire collective s’incarnant dans des expériences individuelles. Il s’agira également d’observer comment la bande dessinée peut questionner ou inquiéter certaines des constructions épistémologiques des sciences humaines (la sociologie, l’histoire de l’art…), en perpétuant ou en contredisant certaines constructions disciplinaires (le topos de l’artiste en génie incompris ou les hiérarchies artistiques, par exemple).

Une autre piste, encore entièrement à explorer, est celle de la production florissante d’histoires et de biographies locales en bandes dessinées. Certaines maisons d’édition s’en font ainsi une spécialité, répondant manifestement à une demande grandissante, dont par exemple la maison nantaise Petit à Petit et ses nombreuses bandes dessinées sur les villes de Tours, Amiens, Angers, Avignon, Dijon, Bordeaux ou Castres. Qui sont les lecteurs et lectrices de ces bandes dessinées, et comment sont-elles diffusées ? Comment racontent-elles les mémoires locales et régionales ? Initient-elles des dialogues avec des récits plus nationaux et centralisés ?

  • L’histoire écrite par et pour les vaincus
    Si l’histoire est traditionnellement écrite par les vainqueurs, des albums s’attachent désormais à renverser cet état de fait pour s’intéresser au sort des vaincus, des individus et des groupes en marge, des silenciés de l’histoire. Il s’agit ainsi pour les auteurs et autrices de leur redonner une visibilité, voire une voix et une agentivité. Ainsi de la bande dessinée documentaire Mégantic, un train dans la nuit d’Anne-Marie Saint-Cerny et Christian Quesnel, qui revient sur l’enquête qui a suivi le déraillement d’un train qui tua 47 personnes d’une petite ville au Québec (Écosociété, 2021). Dans des genres différents, pensons également au roman graphique d’aventure Hoka Hey ! de Neyef (Rue de Sèvres, 2022) ou au récit biographique Sermilik, Là où naissent les glaces de Simon Hureau (Dargaud, 2022), qui questionnent le sort funeste des peuples des Premières Nations, aujourd’hui en lutte pour retrouver leurs cultures et leurs traditions afin de les transmettre aux jeunes générations. Ces bandes dessinées résonnent à la fois de réflexions qui travaillent la société – donc la pop culture – concernant la remise en cause des mécanismes de domination et la reconnaissance des droits et des identités de chacun, mais aussi de tendances historiographiques majeures comme « l’histoire par le bas » promue par la New social history britannique et les Subaltern Studies. Comment ces réflexions sociales et historiographiques infusent-elles leurs créations ? Quels sont les événements et les personnages privilégiés par les auteurs et les autrices ? Comment repensent-ils et elles les formes d’une histoire héroïque traditionnelle pour inventer d’autres formes de récit historique ?
  • La question des origines : la préhistoire dans la bande dessinée
    Ce dernier thème a pour objectif d’étudier la question des origines (pré)historiques dans la bande dessinée. Que peut-elle dire des origines du monde et de l’humanité autant que de la pluralité d’origines des événements, qu’ils soient provoqués ou subis ? Qu’en est-il de la question des origines de l’être humain dans la bande dessinée ? Comment la préhistoire est-elle représentée ? De Rupestre ! (2011), travail collectif sur l’art pariétal paléolithique, à Penss et les plis du monde de Jérémie Moreau (2019), les auteurs et autrices produisent des récits divers et originaux sur nos origines communes, identifiant ou fantasmant des similitudes entre nous et nos lointains ancêtres, et parfois retravaillant des imaginaires ancrés dans les cultures populaires, de Jules Verne à Rahan.

Les propositions d’article, en français ou en anglais, compteront environ 500 mots et seront accompagnées d’une courte bio-bibliographie. Nous vous remercions de les adresser à Christophe Meunier (christophe.meunier@univ-orleans.fr) et Margot Renard (margot.renard1@gmail.com) avant le 15 juillet 2026. La sélection sera effectuée début septembre, pour un rendu des textes le 30 novembre 2026. La publication du numéro aura lieu au printemps 2027.

1.9 Qu’en est-il des pères de la nation ? Métamorphoses littéraires d’un paradigme politique en Afrique francophone (Pise).

Date limite pour l’envoi des propositions repoussée au 20 juillet 2026!

Laboratoire de recherche “Francophonies itinérantes”

Colloque international – 3e édition

4-6 novembre 2026 

Qu’en est-il des pères de la nation ? 

Métamorphoses littéraires d’un paradigme politique en Afrique francophone

Dipartimento di Filologia, Letteratura e Linguistica

Palazzo Boilleau, via Santa Maria 85, Pise

Appel à communications

Dans les décennies qui ont suivi la proclamation de l’indépendance dans les anciennes colonies françaises en Afrique centrale et occidentale, le roman est devenu non seulement un moyen de témoignage, une arme de contestation des régimes autocratiques et répressifs qui se sont alternés sur le continent, mais aussi un espace de réflexion sur le pouvoir, sur la manière que ce dernier a de se concevoir, se représenter et se légitimer aux yeux du monde. Pour reprendre la belle définition de Laurent Monnier, le roman s’est imposé comme « le lieu où se perçoivent le mieux […] les éléments d’une théorie africaine de la politique en Afrique ».

Un nœud central de cette science politique romanesque doit être repéré dans la manière par laquelle certains auteurs ont fait place dans leurs œuvres à ce que Michael Schatzberg (2001) a appelé une « imagerie persistante et pervasive » ou, selon la définition d’un autre spécialiste des études de politique comparée, au « répertoire du politique le plus universel qui soit, au moins en apparence » (Bayart 2018) : nous nous référons à l’énonciation des rapports de pouvoir en termes de relations familiales, énonciation qui, dans le cadre postcolonial, a été infléchie le plus souvent (quoique pas de façon exclusive) dans l’image du chef de l’État en tant que “père de la nation“.

Ce répertoire discursif se situe dans le sillon d’une tradition de longue date qu’il suffirait de parcourir même approximativement pour comprendre le sens de l’avertissement lancé par Bayart à propos de son caractère apparemment universel : car s’il est vrai que les configurations familiales peuvent changer d’une époque et d’une société à une autre, à plus forte raison « les élaborations idéologiques et politiques des rapports sociaux qui se réclament de la “parenté” sont hétéroclites » (Bayart 2018). L’image du père de la nation constitue en effet une des possibles occurrences d’un réseau métaphorique qui, depuis l’Antiquité, a été « régulièrement sollicitée par les idéologies les plus diverses [et] a gardé jusqu’à aujourd’hui, en tant qu’arme de légitimation ou de séduction, une place éminente quoique variable » (Borgetto 1983). Que l’on songe, à simple titre d’exemple, au titre honorifique de Pater patriae que les Romains attribuaient à des personnalités qui s’étaient distinguées par les services rendus à l’État, et qui à partir d’Auguste fut décerné aux empereurs. Et si, entre le XVIe et le XVIIIe siècle, l’image du “Roi père” fut employée en Europe au service de l’institution monarchique pour affirmer sa légitimité et justifier l’étendue de son pouvoir, à l’époque des révolutions qui marquèrent, des deux côtés de l’Atlantique, la fin de l’Ancien Régime, les métaphores familiales devinrent au contraire un instrument pour dénoncer les abus et les limites de l’absolutisme, pour « penser l’indépendance vis-à-vis de la Mère patrie » (Verjus 2009). Plus tard, au cours du XIXe siècle, ce répertoire fut exploité pour soutenir et alimenter l’idéologie patriotique et nationaliste (Banti 2000) et encore pour repenser le rapport entre roi et sujets dans le contexte des nouvelles monarchies constitutionnelles – le roi comme frère aîné, plutôt que comme père (Brice 2012).

Dans le contexte des sociétés africaines postcoloniales, cette métaphore a connu une fortune singulière, devenant le point de tangence entre des discours idéologiques officiels et leur réélaboration littéraire. Nombreux sont les chefs d’état qui l’ont employée : de Mobutu Sese Seko, autoproclamé « père de la nation zaïroise », à Jean-Bedel Bokassa, selon lequel « ce qui compte le plus en Empire Centre-Africain, c’est Dieu, l’argent et moi votre papa »[1], en passant par le président camerounais Paul Biya, qui affirmait « Je suis le père de la nation, je pense à tout le monde, à tous mes enfants »[2], et Gnassingbé Eyadéma, « le père et le bâtisseur du Togo nouveau »[3], pour terminer avec Félix Houphouët-Boigny, que d’autres chefs d’état africains appelaient “père” ou “frère ainé“ et qui en mourant laissa, selon les mots du premier ministre de l’époque Alassane Ouattara, la Côte d’Ivoire “orpheline” (Schatzberg 2001).

Face à cette représentation officielle, les écrivains francophones ont adopté une posture critique, révélant la face obscure de cette paternité politique. Dès la fin des années 1960 et jusqu’à la fin du XXe siècle, des auteurs tels que Ahmadou Kourouma (Les Soleils des indépendancesEn attendant le vote des bêtes sauvages), Sony Labou Tansi (La vie et demieL’État honteux), Aminata Sow Fall (L’ex-père de la nation), Sembène Ousmane (Le dernier de l’Empire), Henri Lopes (Le Pleurer-Rire) ou Williams Sassine (Le jeune homme de sable) ont mis en scène des pères de la nation qui connaissent un processus de dégradation systématique. D’un texte à l’autre l’on reconnaît des éléments récurrents, le plus fréquent étant l’insistance sur le clivage entre un chef qui « affiche des attitudes de père protecteur alors que le récit lui attribue le rôle de l’ogre des contes de fée » (Baudin 2013).

La vague de démocratisation des années 1990 – qui a vu l’adoption ou la réintroduction du multipartisme et la reconnaissance de droits civils et politiques – a été accompagnée d’un travail de relecture critique des grands récits nationaux établis à partir des Indépendances. Comme ce travail a abouti à une « renégociation des mythologies politiques » sinon à « des processus de réécriture des mythes fondateurs » (Charton et Fouéré 2013), on peut légitimement considérer que la prise de parole des écrivains que nous avons évoqués, se situant en large partie entre les années 1970 et 1980, a joué « un rôle d’avant-garde pour faire entendre la voix des sans-voix » (Ibid.), et a ainsi anticipé ce processus de refonte et de pluralisation des mémoires sur les pères de la nation. Cependant, s’il est vrai que le souvenir des figures identifiées comme pères de la nation continue de jouer pleinement « dans l’échiquier politique présent et dans les imaginaires de nations toujours en construction et en recomposition » (Ibid.), il faut aussi reconnaître que le paysage politique de l’Afrique subsaharienne a considérablement évolué depuis la fin du siècle dernier, et que cette évolution appelle de nouvelles interrogations. L’objectif de ce colloque est alors de faire ressortir l’apport spécifique de la littérature à l’écriture et à la réécriture des imaginaires politiques du pouvoir en Afrique francophone subsaharienne. Nous suggérons ci-dessous des axes d’investigation possibles :

  •      De quelles manières le roman africain francophone a-t-il mis en scène, dans le dernier tiers du XXe siècle, l’emploi de la métaphore paternelle du pouvoir de la part des chefs politiques des états africains issus de la décolonisation ? Est-il possible de dégager, à partir de la représentation que chaque écrivain(e) a proposé de la figure du chef en tant que “père de la nation“, les éléments d’une science politique romanesque ?
  •      De quelles manières la littérature des vingt-cinq dernières années continue-t-elle de représenter l’auto-mise en scène du pouvoir dans une période où les États nations africains sont menacés par de puissantes forces centrifuges, aussi bien celles mises en œuvre par les ingérences étrangères (à différents niveaux : économique, politique, militaire, environnemental) que celles engendrées par les rivalités communautaires ? Quelles nouvelles métaphores ou réseaux métaphoriques, peut-être moins centrées sur la parenté stricte, sont-elles mises en œuvre dans les fictions plus récentes ?
  •      Quel sens attribuer au recours croissant aux figures de l’ancestralité dans le roman actuel ? Peut-il être considéré comme une tentative de réinvestir la figure paternelle de nouvelles significations ? Serait-il plutôt une manière de transformer le père en un “spectre” qui hante le présent ? Ou encore s’agit-il d’une rupture définitive avec le modèle du père de la nation, d’une contestation de la modernité étatique héritée de la colonisation ?
  •      Quelles sont les effets d’une éventuelle féminisation du paradigme du père de la nation sur les représentations littéraires du pouvoir politique en Afrique ? Assiste-t-on à une réappropriation ou à une subversion des codes de la domination ? La féminisation induit-elle une gestion plus horizontale ou communautaire, par opposition au modèle vertical et souvent “ogresque“ du père protecteur des premières décennies de l’après indépendances ?

Nous invitons les candidat.e.s à envoyer leur proposition de communication (composée d’un résumé en français de 500 mots, d’un bref profil bio-bibliographique et de l’indication de l’affectation institutionnelle) à l’adresse francophonie.pise2022@gmail.com

Nouvelle date limite pour l’envoi des propositions : 20 juillet 2026.

Langue du colloque : français.

La participation au colloque est gratuite, mais les frais d’hébergement et de transport sont à la charge de chaque participant.e.

Ce colloque international respecte le principe horizontal de l’égalité des chances hommes/femmes et de non discrimination, établi par le Comitato Unico di Garanzia de l’Université de Pise.

Comité scientifique

Véronic Algeri (Université de Rome « Roma Tre »)

Francesco Attruia (Université de Pise)

Elara Bertho (CNRS – Les Afriques dans le monde)

Alexandre Calvanese (Université de Pise)

Xavier Garnier (Université Sorbonne Nouvelle – Paris 3)

Maëline Le Lay (CNRS – Thalim)

Marco Modenesi (Université de Milan « La Statale »)

Chiara Molinari (Université de Milan « La Statale »)

Barbara Sommovigo (Université de Pise)

Valeria Sperti (Université de Naples « Federico II »)

Comité organisateur

Francesco Attruia

Alexandre Calvanese

Camilla Predieri

Barbara Sommovigo

Bibliographie indicative

Œuvres de fiction

Bofane, J. (2014), Congo Inc, Arles, Actes Sud.

Duchâtelet, Ayoh K. (2025), La Grotte aux poissons aveugles, Ròt-Bò-Krik.

Fall, A. S. (1987), L’ex-père de la nation, Paris, L’Harmattan.

Kane, C. H. (1997), Les Gardiens du temple, NEI.

Kourouma, A. (1968), Les Soleils des indépendances, Paris, Seuil.

Kourouma, A. (1988), En attendant le vote des bêtes sauvages, Paris, Seuil.

Lopes, H. (1982), Le Pleurer-Rire, Paris, Présence africaine.

Miano, L. (2019), Rouge impératrice, Paris, Grasset.

Monénembo, T. (1979), Les crapauds-brousse, Paris, Seuil.

Monénembo, T. (2000), L’aîné des orphelins, Paris, Seuil.

Ousmane S. (1981), Le dernier de l’Empire, Paris, L’Harmattan.

Sassine W. (1979), Le jeune homme de sable, Paris, Présence Africaine.

Sony Labou Tansi (1979), La vie et demie, Paris, Seuil.

Sony Labou Tansi (1981), L’État honteux, Paris, Seuil.

Essais

Badibanga, A. (1980), « Je suis le “père de la nation” », Le Mois en Afrique, 180-81, p. 103-116.

Banti, A. M. (2000), La nazione del Risorgimento, Torino, Einaudi.

Baudin, R. (2013), Une lecture du roman africain contemporain depuis 1968. Du pouvoir dictatorial au mal moral, Paris, L’Harmattan, « Palinure ».

Bayart, J.-F. (2018), L’illusion identitaire [1996], Paris, Fayard, coll. « Pluriel ».

Borgetto,  M. (1983), « Métaphore de la famille et idéologies », dans Aa. Vv., Le droit non civil de la famille, Paris, Presses Universitaires de France.

Brice, C. (2012), « Métaphore familiale et monarchie constitutionnelle. L’incertaine figure du roi “père” (France et Italie au XIXe siècle) », dans G. Bertrand, C. Brice et G. Montègre (dir.), Fraternité. Pour une histoire du concept, Grenoble, 2012, p. 157-187.

Brossier, M. (dir.) (2019), Dossier « Le politique, une affaire de famille ? », Cahiers d’études africaines, 234.

Charton, H. et Fouéré, M.-A. (dir.) (2013), Dossier « Héros nationaux et pères de la nation en Afrique », Vingtième Siècle. Revue d’histoire, 118, 2.

Delaplace, G., (2024), La Voix des fantômes. Quand les morts débordent, Paris, Editions du Seuil.

Hunt, L. (1992), The Family Romance of the French Revolution, Los Angeles, University of California Press.

Krainak, A. (2025), Futur ancestral, Editions Dehors.

Le Quellec Cottier, Ch. et Cossy ,V. (dir.) (2022), Africana. Figures de femmes et formes de pouvoir, Paris, Classiques Garnier.

Merrick, J. (1993), « Fathers and kings: patriarchalism and absolutism in eighteenth-century French politics », Studies on Voltaire & the Eighteenth Century, 308, p. 281-303.

Monnier, L. (1988), « Politique africaine au miroir du roman : A Propos d’une lecture du Pleurer-Rire », Canadian Journal of African Studies / Revue Canadienne des Études Africaines, 22/2, p. 301-309.

Schatzberg, M. G. (2001), Political Legitimacy in Middle Africa. Father, Family, Food, Bloomington, Indiana University Press.

Sperti, V. (2000), La parola esautorata. Figure dittatoriali nel romanzo africano francofono, Napoli, Liguori.

Stépanoff, Ch. (2024), Attachements. Enquête sur nos liens au-delà de l’humain, Paris, La Découverte.

Verjus, A. (2009), « Du patriarcalisme au paternalisme. Les modèles familiaux de l’autorité politique dans les Républiques de France et d’Amérique », dans P. Serna (dir.), Républiques sœurs: le Directoire et la Révolution atlantique, Rennes, Presses Universitaires de Rennes, 2009, p. 35-52.

[1] Jeune Afrique, 14 mars 1979, cité par Badibanga 1980, p. 104‑105.
[2] Cameroon Tribune [Yaoundé], 20 février 1987, p. 7, cité par Bayart 2018, p. 172.
[3] Togo-Presse, 3 août 1978, cité par Badibanga 1980, p. 108.

1.10 Recréer l’Orient : imaginaires et circulations transnationales (Grenoble)

  • Date de tombée (deadline) : 20 Juillet 2026
  • À : UGA – Université Grenoble Alpes

Recréer l’Orient : imaginaires et circulations transnationales (Grenoble)

5-6 novembre 2026

Université Grenoble Alpes

Ce colloque s’inscrit dans la continuité du colloque qui a eu lieu à la Sorbonne Nouvelle, le 5 mai 2026 (Maison de la Recherche) qui a ouvert un espace de réflexion autour de l’imaginaire de l’Orient, envisagé à la fois comme héritage de circulations artistiques anciennes (orientalisme, picturalité, poétiques de l’ailleurs) et comme construction contemporaine façonnée par la mobilité des artistes, les collaborations transfrontalières et les circuits internationaux de production et de diffusion.

Cette première journée a ainsi permis de poser les jalons d’une réflexion sur les relations entre imaginaires de l’Orient et pratiques artistiques transnationales, en articulant étroitement apports théoriques et études de cas, principalement dans le champ du cinéma et des arts visuels. Les communications ont notamment mis en lumière les tensions esthétiques et politiques à l’œuvre dans le cinéma palestinien contemporain, ainsi que les reconfigurations de l’imaginaire de la Turquie depuis l’Europe dans les films de Tunç Okan et Yılmaz Güney. Le cinéma iranien de la diaspora a été abordé à partir d’œuvres de Marjane Satrapi, Shirin Neshat, Kheiron ou encore Babak Anvari, tandis que les formes diasporiques ont été interrogées à travers les productions de cinéastes russes en exil et de réalisateurs soudanais contemporains. D’autres interventions ont élargi la réflexion aux circulations transnationales dans le théâtre politique de Dario Fo et Franca Rame, aux géopoétiques de l’ailleurs dans les œuvres de Joy Harjo, Flora Devatine et Vera Duarte, ainsi qu’aux dynamiques de circulation des manifestes artistiques entre Europe et Amériques.

L’objectif de ce second colloque est de poursuivre l’analyse des effets des dynamiques transnationales sur les formes esthétiques et les trajectoires artistiques (biographies, exils, diasporas, circulations), en élargissant la réflexion à l’histoire de l’art, la musique et la littérature. Il s’agira d’interroger l’art en mouvement, à la fois dans ses imaginaires et dans les circulations des artistes et des œuvres, sans envisager l’« Orient » comme un bloc homogène, mais comme un espace pluriel, construit à partir de récits, d’images et de représentations en constante transformation.

Nourri par des représentations et des imaginaires dont les généalogies remontent parfois à l’Antiquité, et réélaboré par les constructions orientalistes des XVIIIᵉ-XXᵉ siècles, cet « Orient » se pense aujourd’hui à l’aune de formes artistiques transnationales, marquées par l’hybridation des sources culturelles, la circulation des motifs et la multiplicité des ancrages géoculturels. Dans un contexte où les œuvres se conçoivent de plus en plus dans des configurations multi-situées (coproductions, collaborations internationales, mobilités artistiques), le transnational désigne moins une échelle qu’un mode d’interdépendance des pratiques et des formes.

Dans cette perspective, il s’agira d’examiner comment cet imaginaire de l’ailleurs, longtemps associé à l’exotisme, est aujourd’hui réinvesti comme matériau esthétique dans des contextes de création hybrides. Là où l’orientalisme construisait un ailleurs par le regard, les pratiques contemporaines élaborent un « entre-les-ailleurs », fondé sur la circulation, la coopération et l’hybridation.

Dans le prolongement de la première journée, ce colloque entend ainsi approfondir ces questionnements en accordant une attention particulière aux formes contemporaines de création dans le cinéma et les arts visuels, tout en ouvrant plus largement le champ aux arts, à la musique et à la littérature. Il s’agira notamment d’interroger la manière dont les circulations, les transferts culturels, les exils et les dynamiques transnationales travaillent les écritures, les formes narratives et les imaginaires artistiques et littéraires, en encourageant des approches portant aussi bien sur de nouveaux corpus que sur des auteurs déjà explorés.

Les propositions pourront porter, à titre indicatif et sans exclusive, sur des cinéastes, écrivain.es ou trajectoires d’artistes travaillant dans des contextes transnationaux et intermédiatiques (par exemple : Youssef Chahine, Elia Suleiman, Pier Paolo Pasolini, Chantal Akerman, Wajdi Mouawad, Assia Djebar, Amin Maalouf, Tahar Ben Jelloun…), ainsi que sur d’autres corpus permettant d’interroger la circulation et la transformation des imaginaires de l’Orient.

Les propositions pourront notamment s’inscrire dans les axes suivants :

– héritages et réinventions des imaginaires de l’Orient ;

– circulations transnationales des formes et des esthétiques ;

– trajectoires d’artistes et collaborations internationales ;

– reconfigurations contemporaines de l’« ailleurs ».

Comité d’organisation :

Lisa El Ghaoui (LUHCIE – UGA)
Kateryna Lobodenko (IRCAV – Sorbonne Nouvelle)
Danilo Sannelli (IRCAV – Sorbonne Nouvelle)

 Les propositions sont à envoyer aux adresses suivantes : 

lisa.elghaoui@univ-grenoble-alpes.fr

kateryna.lobodenko@sorbonne-nouvelle.fr

danilo.sanelli@sorbonne-nouvelle.fr

Date limite de réception des propositions : 20 juillet 2026

Date de l’événement : 5-6 novembre 2026.

Format des propositions :

Un résumé d’une page maximum, avec le titre de la communication, le corpus et la période étudiés, le type d’approche choisi, les thématiques principales abordées et précisant votre nom, votre appartenance institutionnelle et vos coordonnées.

Langues acceptées : français, anglais, italien.

Une publication des communications issues du colloque est prévue, après relecture et validation par les pairs.

1.11 L’art de l’oralité : l’improvisation à la croisée des dimensions artistiques, culturelles et sociales (Agadir, Maroc)

  • Date de tombée (deadline) : 30 Juillet 2026
  • À : Faculté des Langues, des Arts et des Sciences Humaines – Aït Melloul Université Ibnou Zohr – Agadir – Maroc

16e Colloque de la Société Internationale pour les Littératures Orales d’Afrique (ISOLA)

13-16 avril 2027

Faculté des Langues, des Arts et des Sciences Humaines – Aït Melloul Université Ibnou Zohr – Agadir – Maroc

L’art de l’oralité : l’improvisation à la croisée des dimensions artistiques, culturelles et sociales.

Les traditions orales occupent une place centrale dans de nombreuses cultures africaines, constituant des vecteurs essentiels de transmission du savoir, de l’histoire et des valeurs. Dans ce contexte, l’improvisation se révèle être une ressource déterminante pour l’enrichissement de ces pratiques, rendant ainsi chaque performance unique et adaptée à son environnement.

En effet, à partir des années 1980, la notion de performance est devenue centrale dans l’étude de la littérature orale (Ruth Finnegan, 1992). Ce terme désigne des « créateurs », qui peuvent être des chanteurs, des acteurs, des danseurs ou des musiciens, car ils s’accompagnent souvent de leur propre instrument de musique, tel que la kôra, le balafon, le luth, le tam-tam, le tambourin ou le xylophone, entre autres. De ce fait, la littérature orale n’est plus considérée uniquement comme un texte fixe mais comme une performance dynamique : un événement éphémère, interactif et contextuel où le sens est créé par l’interprète devant un public.

L’improvisation est sans nul doute l’un des aspects les plus marquants de la performance. L’éminent intellectuel et écrivain l’Abbé Manuel Lukuona (1894-1987) la qualifie de

« Phénomène étonnant et particulier ». Le mot en soit fait peur aux orateurs des joutes oratoires et des spectacles non préparés. Il évoque la peur, l’inattendu, la surprise, la perte de la parole ou de la concentration, les trous de mémoire, le manque de réponse… Au niveau scientifique, il se présente comme concept d’analyse de toute activité de production orale, musicale ou corporelle. Appelé aussi « l’impro », il peut être défini comme une capacité de création artistique spontanée et sans calcul préalable. Les spécialistes en la matière utilisent quelques fois « le calcul inconscient de l’improvisation » (Jouad, 1996) en analysant surtout les chants oraux.

En outre, la relation entre formation formelle et improvisation est également intéressante (Ruth Finnegan, 2012 : 10, 260), car, comme l’indique Okpewho (1992 :33) « la nature de la composition orale […] implique toujours un certain compromis entre des techniques éprouvées

et reposées et de nouveaux éléments inventés ou substitués pour une occasion ou un objectif spécifique ». Ensuite, dans plusieurs cas, comme celui des bardes ijaba yoruba, « l’apprenti n’est pas formé à l’utilisation rigide de la mémoire, mais à la technique flexible de l’improvisation ». (Okpewho 1979 : 40). Dans ce contexte, l’improvisation prend une dimension particulière dans les traditions orales, où elle devient un art de la performance collective.

Dans beaucoup de sociétés à forte tradition orale, les poètes improvisateurs qui se livrent à ces concours verbaux de haute volée s’adaptent aisément aux conditions générales de l’arène et agissent bien souvent en fonction de la dynamique générale de l’échange. Celui-ci est certes soumis à un code déontologique tacite, mais bien souvent les débateurs orientent mutuellement les objets de la joute, qui peuvent aller des problématiques sociales aux invocations intimes des adversaires respectifs. Ces échanges ne représentent pas uniquement un des hauts lieux de l’improvisation spontanée dans la culture populaire, mais constituent la forme la plus noble.

Les recherches académiques portant sur ce phénomène révèlent la possibilité d’existence de mécanisme d’improvisation acquis par la pratique constante de la poésie orale et la maitrise par cœur d’un bon répertoire poétique. Il s’agit donc, très probablement, de cadres préétablis et hérités qui permettent aux poètes improvisateurs chevronnés d’entreprendre des disputes verbales manifestement spontanées, mais tout en s’astreignant à des règles strictes de métrie, de musicalité, d’harmonie parfaite qui couvrent l’ensemble d’une haute valeur esthétique. Ce sont bien ces exigences d’une éminente sophisticité qui permettent aux poètes sur scène -relativement à leur performance – de jouir de l’admiration du public, de se forger une solide réputation en tant que redoutables adversaires et de devenir des stars particulièrement sollicitées à l’occasion de grands festivals attirant un public considérable qui dépasse largement les frontières de l’identité communautaire.

Ces artistes de la culture verbale, qu’ils soient poètes, conteurs ou autres, émergent comme des figures incontournables, jouant un rôle essentiel de passeurs de savoirs et de traditions. Au Maroc, on les retrouve au sein de la famille (les grands-mères principalement), ainsi que sous l’habit de conteurs professionnels dans la halqa, le cercle du public qui se réunit autour du conteur et de ses assistants dans les marchés et les places publiques. Au Mali, ce sont les griots, en tant que conteurs-historiens professionnels, qui se posent en seigneurs de la parole puissante capable d’éclairer le passé et de façonner le présent. En Afrique du Sud, les imbongi sont les poètes de louange traditionnels pour les chefs et les guerriers, ceux/celles qui commentent également les événements historiques ainsi que les questions sociales et politiques.

Aujourd’hui, cet héritage se manifeste sous de nouvelles formes d’expression, avec les rappeurs qui se positionnent comme les nouveaux orateurs de notre époque. À l’instar des conteurs, griots et imbongi, ces artistes manient habillement leur voix pour aborder les réalités sociales et politiques. Leur art, profondément enraciné dans la tradition tout en étant résolument moderne, fait écho à cette longue lignée d’artistes orateurs qui, au fil des siècles, ont su mobiliser leur auditoire.

Tous ces artistes tirent parti de la liberté que confère l’oralité pour déployer pleinement leur talent d’improvisation, offrant ainsi, à chaque performance, une interprétation renouvelée du même récit oral. La voix, la tonalité, le regard, les gestes, le silence, l’interaction avec le public…, sont autant de techniques de communication qui sont mises en œuvre pour captiver l’attention de leur auditoire et rendre leur présence attractive.

La seizième conférence d l’ISOLA a pour ambition de réunir universitaires et chercheurs afin d’engager un dialogue interdisciplinaire sur les dimensions artistiques, culturelles et sociales de l’improvisation dans les littératures orales africaines, ainsi que son impact sur la création narrative et les interactions au sein des communautés.

Les axes de réflexion qui seront proposés à la discussion des participant·e·s à ce colloque se présentent comme suit :
1.      Enjeux culturels, artistiques et politiques de l’improvisation dans les sociétés orales.

  1.      Formes d’improvisation dans les arts de la scène et leur impact sur la culture orale africaine.
  2.      Figures de l’oralité et leur rôle dans la préservation et la transmission des traditions culturelles.
  3.      Rôle de l’improvisation dans les rituels religieux et spirituels, ainsi que son impact sur les croyances et les pratiques sociales.
  4.      Improvisation, oralité et rituels : dimensions symboliques et performatives.
  5.      Traduction et adaptation des récits oraux : enjeux pour l’enseignement et la transmission.
  6.      Improvisation dans la création littéraire et artistique : enjeux esthétiques et analytiques.
  7.      Renforcement des liens communautaires et des interactions sociales par l’improvisation.
  8.      Didactisation de l’improvisation dans l’enseignement des littératures orales.
  9.  Improvisation et interculturalité en Afrique : circulations, hybridations et reconfigurations.
  10.  Réinventions des pratiques d’improvisation à l’ère des réseaux sociaux.
  11.  Rapports de genre et improvisation orale : dynamiques de création et de réception des récits oraux.
  12.  Réflexions sur les traditions orales africaines et l’improvisation dans les pratiques contemporaines.

Chacun de ces axes pourrait être enrichi par des études de cas, des analyses comparatives ou des approches interdisciplinaires, intégrant des perspectives issues de l’anthropologie, de la sociologie, de la linguistique, de la littérature, des études culturelles et des arts de la scène…

Les doctorants sont invités à soumettre des résumés et des articles complets pour le Prix de littérature orale Isidore Okpewho (ISOLA). Les articles présentés doivent être des travaux de recherche inédits, n’ayant pas encore été soumis à une évaluation dans une autre institution académique. Chaque soumission doit comporter le nom de l’étudiant, le nom de son directeur de thèse, ainsi que l’affiliation universitaire correspondante.

Bibliographie indicative

Bachir-Loopuyt Talia, Canonne Clément, Saint-Germier Pierre et Turquier Barbara (dir). (2010).

Improviser. De l’art à l’action. Tracés, n° 18. https://doi.org/10.4000/traces.4496

Bailey Derek. (1992). Improvisation: Its Nature and practice in music. British Library Sounds.

Boehringer Sandra, Bornand Sandra et Degorce Alice (dir). (2017). Jouer avec le genre dans les arts de la parole. Cahiers de littérature orale, 82. https://journals.openedition.org/clo/4119

Cahiers de littérature orale (2016 ). In Memoriam : Isidore O. Okpewho (1941-2016), Cahiers de littérature orale [En ligne], 80. DOI : https://doi.org/10.4000/clo.3020

Dauphin-Tinturier Anne-Marie et Derive Jean (dir.). (2005). Oralité africaine et création. Paris, Karthala.

Duranti Alessandro. (2009). « L’oralité avec impertinence », L’Homme, 189, 23-47. https://journals.openedition.org/lhomme/21971

Finnegan, Ruth. (1992 [1977]). Oral Poetry: Its Nature, Significance and Social Context. Indiana University Press.

Jouad Hassan (1995). Le calcul inconscient de l’improvisation. Poésie berbère – rythme, nombre et sens. Paris, Peeters

Lavoie Pierre (1985). L’improvisation : l’art de l’instant. Études littéraires, 18(3), 95–111. https://doi.org/10.7202/500720ar

Manca Maria. (2009). La Poésie pour répondre au hasard : une approche anthropologique des joutes poétiques de Sardaigne. CNRS Éditions, Éditions de la Maison des sciences de l’homme.

Okpewho Isidore (1979) The Epic in Africa. Toward a Poetics of the Oral Performance, New York, Columbia University Press,

Okpewho Isidore (1992), African Oral Literature. Backgrounds, character and continuity. Bloomington et Indianapolis, Indiana University Press,

Zumthor Paul (1983). Introduction à la poésie orale. Paris, Seuil.

Consignes

ISOLA s’engage à la promotion de l’excellence académique. Les communications et panels proposés devront défendre une thèse clairement définie, montrer une familiarité avec les tendances de recherche et traiter du thème de la conférence, en mettant en avant l’Afrique et la diaspora africaine.

Les langues de travail sont l’anglais et le français.

Modalités de soumission des communications

Les résumés, comptant 500 mots maximum, complétés du nom de l’auteur(e), de l’institution à laquelle il/elle est affilié(e), d’une adresse e-mail et d’une brève biographie, devront être déposés en français et en anglais via le formulaire Google Forms dédié au colloque :

https://forms.gle/YfwNM7JGmkr98bvK9

Calendrier prévisionnel et informations pratiques

Date limite de réception des résumés : 30 juillet 2026.

Notifications d’acceptation :30 septembre 2026.

Date de clôture de l’inscription : 30 décembre 2026

Durée des communications : 20 minutes

Publication du programme final : début mars 2027

Tenue du colloque : 13-16 avril 2027

Les frais relatifs au voyage et à l’hébergement sont pris en charge par chaque participant.e.

Tous les membres d’ISOLA- participants aux conférences – intervenants et contributeurs individuels – doivent payer les cotisations d’ISOLA et les frais d’inscription à la conférence.

Les informations vous seront communiquées sur le site du colloque :

www.isola16conference.com

Comité d’organisation :

Aïcha Bara (FLASH- CUAM, Université Ibnou Zohr-Maroc)

Aziz Belkaz (FLASH-CUAM, Université Ibnou Zohr – Maroc)

Cécile Leguy (LACITO, CNRS-Sorbonne Nouvelle, France)

Daniela Merolla, (LACNAD, INALCO, France)

Doha Akerkdou (FLASH- CUAM, Université Ibnou Zohr-Maroc)

Fatiha Afryad (FLASH- CUAM, Université Ibnou Zohr-Maroc)

Fatiha Makach (FLASH- CUAM, Université Ibnou Zohr-Maroc)

Lhoucine Bouyakoubi (FLASH- CUAM, Université Ibnou Zohr-Maroc)

Maryeme Ouchen (FLASH, CUAM, Université Ibnou Zohr – Maroc)

Mounia Boulaarassi (FLASH- CUAM, Université Ibnou Zohr-Maroc)

Tilila Mountasser (FLASH- CUAM, Université Ibnou Zohr-Maroc)

Wafaa Aït Kaïkaï (FLASH-CUAM, Université Ibnou Zohr-Maroc)

Zahra Taïfour (FLASH- CUAM, Université Ibnou Zohr-Maroc)

Responsable de la conférence pour ISOLA : Rose Opondo (University, Eldoret, Kenya – Vice-présidente).

Comité scientifique :

Abdallah Lissigui (FLASH, CUAM, Université Ibnou Zohr-Maroc)

Abdelali Talmansour (FLSH, Université Ibnou Zohr-Maroc)

Aïcha Bara (FLASH- CUAM, Université Ibnou Zohr-Maroc)

Akintunde Akinyemi (Université de Florida, États-Unis)

Amadou Hamidou Diallou (Université Gaston Berger-Sénégal)

Aoua Bocar Ly-Tall (consultante internationale et écrivaine)

Aziz Belkaz (FLASH-CUAM, Université Ibnou Zohr – Maroc)

Bouchaib Majdoul (FLASH, CUAM, Université Ibnou Zohr-Maroc)

Bouchra Benlamlih (FLSH- Agadir, Université Ibnou Zohr-Maroc)

Cécile Leguy (LACITO, CNRS-Sorbonne Nouvelle-INALCO- France)

Daniela Merolla (LACNAD, INALCO- France)

Elkhatir Aboulkacem (Institut Royal de la Culture Amazighe -IRCAM- Maroc)

Fatiha Afryad (FLASH-CUAM, Université Ibnou Zohr-Maroc)

Fatiha Makach (FLASH- CUAM, Université Ibnou Zohr-Maroc)

Fatima Bensaid (FLSH, Université Ibnou Zohr-Maroc)

Hanane Daghour (FLASH, CUAM, Université Ibnou Zohr-Maroc)

Jamila Ahnouch (FLASH- CUAM, Université Ibnou Zohr-Maroc)

Lahcen Aboumounir (FLASH-CUAM, Université Ibnou Zohr-Maroc)

Lahoucine Hamdoune (FLASH- CUAM, Université Ibnou Zohr-Maroc)

Lhoucine Bouyakoubi (FLASH- CUAM, Université Ibnou Zohr-Maroc)

Malika Aït Nacer (FSJES-Agadir, Université Ibnou Zohr-Maroc)

Marie-Anne Châteaureynaud (Université de Bordeaux – France)

Maryeme Ouchen (FLASH, CUAM, Université Ibnou Zohr – Maroc)

Mohammed Agzar (FLASH, CUAM, Université Ibnou Zohr – Maroc)

Mouhamadou Ba (Université Cheikh Anta Diop- Sénégal)

Mustapha Kharoua (FLASH-CUAM, Université Ibnou Zohr – Maroc)

Ndèye Faty Sarr (Université du Québec, Chicoutimi- Canada)

Omar Halli (consultant ICESCO-Maroc)

Paul Mayoka (Président de l’Institut SocioAnthropoesisa – France)

Rachid Jadal (FLASH-CUAM, Université Ibnou Zohr-Maroc)

Rabiaa Maaroufi (FLSH- Agadir, Université Ibnou Zohr- Maroc)

Rachida Yassine (FLSH-Agadir, Université Ibnou Zohr-Maroc)

Sandra Bornand (LLACAN, CNRS-France)

Rose Opondo (Université, Eldoret- Kenya)

Souad Oussikoum (FLSH-Marrakech, Université Cadi Ayyad – Maroc)

Tijani Saadani (EST-Beni Mellal, Université Sultan Moulay Slimane- Maroc)

Tilila Mountasser (FLASH- CUAM, Université Ibnou Zohr-Maroc)

Wafaa Aït Kaïkaï (FLASH-CUAM, Université Ibnou Zohr-Maroc)

Zahra Taïfour (FLASH-CUAM, Université Ibnou Zohr-Maroc)

Zohra Makach (FLSH- Agadir, Université Ibnou Zohr- Maroc)

1.12 Renouer avec l’environnement. Congrès international du CRI2I (Montréal)

  • Date de tombée (deadline) : 15 Août 2026
  • À : Montréal

La crise écologique, les changements climatiques et le déclin de la biodiversité sont des enjeux systémiques et multifactoriels au cœur des préoccupations contemporaines. Il suffit de penser aux méga-feux de forêt, à la sécheresse, aux inondations qui font rage. Dans les dernières décennies, des chercheur·ses issu·es des domaines des lettres, des arts, des sciences humaines et sociales, de l’écologie et des sciences du vivant se sont consacré·es à ces problématiques, mais l’urgence de la situation doit conduire à développer de nouvelles perspectives d’action, d’analyse et de représentation. Elle demande de renégocier nos expériences de terrain et nos rapports avec les milieux et de repenser nos postures épistémologiques, à commencer par la notion même d’environnement (ce qui entoure, avoisine et ceinture, mais aussi ce qui traverse, forge, forme et s’avironne).

Imaginer de nouvelles relations au vivant, réciproques, dynamiques et créatives, en observant les multiples manières par lesquelles l’humain et le non-humain sont enchevêtrés dans des devenirs communs, devient une priorité pour le savoir et pour la société. Les imaginaires et les représentations prennent de multiples formes réflexives, sensibles et expérientielles qu’il importe d’explorer. Les écrivain·es et artistes s’interrogent sur les problèmes environnementaux contemporains en portant attention aux matières naturelles et en dialoguant et cohabitant avec elles, contribuant de ce fait à transformer notre perception des plantes (Bouvet et Posthumus, 2020, 2024), des animaux (Haraway, 2019; Giroux, Deslandes et Jaclin 2022), des forêts (Kohn, 2013, Auraix-Jonquière, 2023), des milieux humides, des fleuves, des lacs et des rivières (Bernier, Deslauriers, Lemmens et Laphrengphrateng, 2022, Hope, 2024).

Le congrès international du CRI2i donnera l’occasion d’analyser les imaginaires et les représentations de nos écosystèmes en interrogeant les moyens actuels et potentiels de renouer et de collaborer avec notre environnement, qu’il soit naturel, rural ou urbain, forestier, désertique ou aquatique, analogique ou numérique.

En cette époque de changements globaux, comment appréhender, imaginer ou représenter les écosystèmes ? Comment penser les limites de l’environnement, réenvisager les frontières entre le sujet et son milieu ? Comment prendre en compte l’agentivité des milieux étudiés, leur capacité à nous affecter, à influencer nos questions et nos choix de méthodes et d’aménagement? De quelle manière faire converger la recherche-création et la recherche universitaire? Les savoirs des communautés issues de ces milieux peuvent-ils rencontrer nos pratiques de cocréation? Quels rôles jouent les récits dans cette quête de réciprocité avec les écosystèmes ?

Ce congrès a été pensé conjointement par le CRI2i et le partenariat CRSH ReVe (Reconnecter avec le végétal et l’environnement). La direction scientifique du CRI2i a tenu à cette co-construction, à la fois pour explorer les compétences pluridisciplinaires du réseau des Centres internationaux et pour tirer parti de la dynamique des expériences et des conceptions écologiques propres au Québec.

 Thèmes et approches possibles

  •       Étude des imaginaires et représentations d’un lieu ou de lieux; processus attentionnels à l’égard des écosystèmes et des milieux (humides / forestiers / aquatiques / urbains / ruraux / désertiques / montagneux); représentations de l’environnement en littérature, au cinéma, dans les arts et les sciences humaines; imaginaires et frontières de l’environnement.
  •       Histoire des représentations imaginaires :  les grands mythes et les grandes traditions de représentation de la nature ; animisme, paganisme, Gaïa, néo-paganisme; conceptions du vivant à travers les cultures et les époques; écologie des sociétés prémodernes, non-occidentales; imaginaire prométhéen / orphique de la nature.
  •       Imaginaire botanique, pratiques artisanales, jardins et communautés; interactions entre milieux, savoirs et imaginaires, entre science et poétique; aveuglement au végétal ; transformation des représentations et des usages du végétal (préservation des forêts anciennes, verdissement urbain, restauration des milieux humides, toits végétalisés et micro-forêts).
  •       Humanités environnementales et approches anthropologiques, philosophiques, culturelles et symboliques des rapports à la Terre; questions éthiques et politiques liées à notre capacité d’habiter le monde : rapport au vivant, agentivité des milieux, savoirs issus des communautés et des sciences; formes d’engagement et d’agir.
  •       Mise en récit de la biodiversité et de l’environnement, formes de cocréation, de recherche-création et de représentation; écocritique, écodramaturgie, écoféminisme, écopoétique et géopoétique; habiter le monde, rêver le monde; interaction entre les règnes : minéral, végétal, fongique, protiste, bactérien, animal, humain; le rôle des dispositifs dans notre saisie du monde.
  •       L’anthropocène et les dystopies écologiques (écocides, écocatastrophes, dilapidation des ressources, déclin de la biodiversité, changements climatiques); éco-anxiété et solastalgie; transhumanisme, posthumanisme et post-naturalisme.

n.b. Toute proposition qui répond au thème général du congrès, même si elle ne semble pas correspondre à l’un des thèmes de cette liste, sera reçue et évaluée au même titre que les autres.

Types de soumission

Toute soumission sera évaluée par des membres du comité scientifique pour approbation. Elle devra s’insérer dans l’une des catégories suivantes:

  •       Communication (20 min | un·e  ou plusieurs auteur·ices | titre + résumé de 300 mots)
  •       Conférence-performance (30 min maximum | un·e  ou plusieurs auteur·ices | titre + résumé de 300 mots)
  •       Panel (90 minutes | proposition d’un atelier complet comprenant 3 ou 4 communications distinctes sur un même sujet |titre du panel + aperçu de 300 mots, titres et résumés individuels de 300 mots)
  •       Table ronde (90 minutes | proposition de séance complète réunissant un·e modérateu·rice et 3 ou 4 intervenant·es qui engageront un dialogue en réponse à une question spécifique ou à une série de questions relatives au thème de la conférence | titre + noms des intervenant·es + aperçu de 300 mots.

Il est possible de faire au maximum deux propositions (communication et table ronde, par exemple). Celles-ci doivent être distinctes (ce sont deux soumissions séparées).

Toute proposition devra être accompagnée d’une bio-bibliographie de 200 mots maximum.

Pour soumettre une proposition, se rendre au site du congrès : 

https://sites.grenadine.uqam.ca/sites/facultearts/fr/cri2i2027

Nouvelle date limite pour les soumissions : 15 août 2026

Soirée de performances  

Des artistes, des écrivain·es, des conteur·euses et des poètes seront invité·es pour une soirée de performances et des activités de recherche-création.

Détails pratiques

Des frais d’inscription au congrès et d’adhésion au CRI2i seront exigés pour participer aux activités du congrès. Des excursions et des activités culturelles seront proposées aux congressistes. Une liste d’hôtels et d’hébergements sera bientôt disponible.

Pour toute question relative au congrès, merci de vous adresser à : grive.recherche@gmail.com

Structure organisationnelle

Comité organisateur 

Rachel Bouvet (Université du Québec à Montréal)

Bertrand Gervais (Université du Québec à Montréal)

David Jaclin (Université d’Ottawa)

Daniel Proulx (Université du Québec en Abitibi-Témiscamingue)

Jean-Paul Quéinnec (Université du Québec à Chicoutimi)

Bureau du CRI2I

Corin Braga (Université de Cluj-Napoca)

Ana Taís Martins (Université fédérale du Rio Grande do Sul)

Jean-Jacques Wunenburger (Université Jean Moulin Lyon 3)

Victoire Mohebi (Chercheuse indépendante)

Anna Caiozzo (Université d’Orléans)

Coordination

Laetitia de Coninck (Université du Québec à Montréal)

Comité scientifique

Membres du comité organisateur et du bureau du Cri2I

Riccardo Barontini (Université de Pau)

David Bélanger (Université du Québec à Trois-Rivières)

Paolo Bellini (Université de l’Insubrie)

Renato Boccali (Université des langues et de la communication / IULM, Milan)

Ionel Buse (Université de Craiova)

Catherine Cyr (Université du Québec à Montréal)

Andrée-Anne Dupuis-Bourret (Université du Québec à Montréal)

Ismael Hichem (Université de Sfax)

Brigitte Joinnault (Université Côte d’Azur)

Minh Kuan (Université nationale de Taipeh)

Élise Lepage (Université de Waterloo)

Thierry Ménissier (Université Grenoble Alpes)

Mercedes Montoro (Université de Grenade)

Cristiana Oghina-Pavie (Université d’Angers)

Artur Simões Rozestraten (Université de São Paulo)

Blanca Solares (Université Nationale Autonome du Mexique)

Nuscia Taïbi (Université d’Angers)

Anne-Gaëlle Weber (Université d’Artois)

Comité recherche-création

Rachel Bouvet (Université du Québec à Montréal)

Bertrand Gervais (Université du Québec à Montréal)

David Jaclin, (Université d’Ottawa)

Jean-Paul Quéinnec (Université du Québec à Chicoutimi)

Partenaires

Partenariat ReVe – Reconnecter avec le végétal et l’environnement (CRSH)

GRIVE, Groupe de recherche interdisciplinaire sur le végétal et l’environnement (Faculté des arts, UQAM)

Équipe Cultures du végétal, SFR Confluences, Université d’Angers

CEF – Centre d’étude de la forêt (FRQNT)

CELAT – Centre de recherches Culture-Arts-Sociétés (FRQSC)

European Association for the Study of Literature, Culture, and the Environment

Revue Captures. Figures, théories et pratiques de l’imaginaire

Le réseau international des 40 centres du CRI2i

English version 

Reconnecting with the Environment | CRI2i 2027 Conference

Montréal (Québec, Canada)

May 5th, 6th, 7th, 2027

The ecological crisis, climate change, and biodiversity loss are systemic, multifactorial issues at the heart of contemporary concerns. Just think of the mega forest fires, droughts, and floods that are raging. In recent decades, researchers from the fields of literature, the arts, the humanities and social sciences, ecology, and the life sciences have devoted themselves to these issues, but the urgency of the situation requires the development of new perspectives for action, analysis, and representation. It requires us to renegotiate our experiences in the field and our relationships with the environment, and to rethink our epistemological positions, starting with the very notion of the environment (that which surrounds, neighbors, and encircles, but also that which traverses, forges, shapes, and propels).

Imagining new relationships with living beings—reciprocal, dynamic, and creative—by observing the many ways in which humans and non-humans are entangled in shared futures is becoming a priority for knowledge and society. Imagination and representation take many reflective, sensitive, and experiential forms that are important to explore. Writers and artists are questioning contemporary environmental issues by paying attention to natural materials and engaging in dialogue and cohabitation with them, thereby helping to transform our perception of plants ((Bouvet and Posthumus, 2020, 2024),), animals (Haraway, 2019; Giroux, Deslandes et Jaclin, 2022), forests (Kohn, 2013, Auraix-Jonquière, 2023), wetlands, rivers, lakes and streams (Bernier, Deslauriers, Lemmens et Laphrengphrateng, 2022, Hope, 2024).

The CRI2i international conference will provide an opportunity to analyze the imaginaries and representations of our ecosystems by questioning the current and potential means of reconnecting and collaborating with our environment, whether natural, rural or urban, forest, desert or aquatic, analog or digital.

In this era of global change, how can we understand, imagine, or represent ecosystems? How can we think about the limits of the environment and rethink the boundaries between the subject and its environment? How can we take into account the agency of the environments studied, their ability to affect us, to influence our questions and our choices of methods and development? How can we bring research-creation and academic research together? Can the knowledge of communities from these environments meet our co-creation practices? What roles do narratives play in this quest for reciprocity with ecosystems?

This conference was jointly conceived by CRI2i and the SSHRC ReVe (Reconnecting with Plants and the Environment) partnership. CRI2i’s scientific leadership was keen on this co-construction, both to explore the multidisciplinary skills of the International Centers network and to take advantage of the dynamic ecological experiences and designs specific to Quebec.

Possible themes and approaches

  •       Study of imaginaries and representations of a place or places; attentional processes with regard to ecosystems and environments (wetlands/forests/aquatic/urban/rural/desert/mountainous); representations of the environment in literature, cinema, the arts, and the humanities; imaginaries and boundaries of the environment.
  •       History of imaginary representations: the great myths and traditions of representing nature; animism, paganism, Gaia, neo-paganism; conceptions of life across cultures and eras; ecology of pre-modern, non-Western societies; Promethean/Orphic imagery of nature.
  •       Botanical imagination, craft practices, gardens, and communities; interactions between environments, knowledge, and imaginations, between science and poetics; blindness to plants; transformation of representations and uses of plants (preservation of ancient forests, urban greening, wetland restoration, green roofs, and micro-forests).
  •       Environmental humanities and anthropological, philosophical, cultural, and symbolic approaches to our relationship with the Earth; ethical and political questions related to our ability to inhabit the world: our relationship with living beings, the agency of environments, knowledge derived from communities and science; forms of engagement and action.
  •       Narratives of biodiversity and the environment, forms of co-creation, research-creation, and representation; ecocriticism, ecodramaturgy, ecofeminism, ecopoetics, and geopoetics; inhabiting the world, dreaming the world; interaction between the mineral, plant, fungal, protist, bacterial, animal, and human kingdoms; the role of devices in our understanding of the world.
  •       The Anthropocene and ecological dystopias (ecocides, ecocatastrophes, resource depletion, biodiversity decline, climate change); eco-anxiety and solastalgia; transhumanism, posthumanism, and post-naturalism.

Any proposal that fits the general theme of the conference, even if it does not appear to correspond to one of the themes listed, will be received and evaluated on an equal basis with the others.

N.B. The Conference main language will be French, but English submissions will be accepted.

Types of submissions

All submissions will be evaluated by members of the scientific committee for approval. They must fall into one of the following categories:

  •       Presentation (20 min | one or more authors | 300-word abstract)
  •       Performance/conference (30 minutes maximum | one or more authors | 300-word abstract)
  •       Session (90 minutes | proposal for a complete workshop comprising 3 or 4 separate presentations on the same topic – 300-word overview and individual 300-word abstracts)
  •       Round table (90 minutes | proposal for a complete session bringing together a moderator and 3 or 4 speakers who will engage in a dialogue in response to a specific question or series of questions related to the conference theme | 300-word overview)

A maximum of two proposals may be submitted (e.g., a paper and a roundtable or a workshop). These must be separate (i.e., two separate submissions on the website).

All proposals must be accompanied by a bibliographical note of no more than 200 words.

To submit a proposal, you must go to the submission tab : 

https://sites.grenadine.uqam.ca/sites/facultearts/en/cri2i2027
New Deadline for submissions: August, 15th 2026

Performance evening 

Artists, writers, storytellers, and poets will be invited to participate in an evening of performances and research-creation activities.

Practical details

Conference registration and CRI2i membership fees will be required to participate in conference activities. Excursions and cultural activities will be offered to conference attendees. A list of hotels and accommodations will be made available soon.

For any questions regarding the conference, please contact: grive.recherche@gmail.com

Organizational structure

Organizing committee

Rachel Bouvet (Université du Québec à Montréal)

Bertrand Gervais (Université du Québec à Montréal)

David Jaclin (Université d’Ottawa)

Daniel Proulx (Université du Québec en Abitibi-Témiscamingue)

Jean-Paul Quéinnec (Université du Québec à Chicoutimi)

CRI2I Board

Corin Braga (Université de Cluj-Napoca)

Ana Taís Martins (Université fédérale du Rio Grande do Sul)

Jean-Jacques Wunenburger (Université Jean Moulin Lyon 3)

Victoire Mohebi (Chercheuse indépendante)

Anna Caiozzo (Université d’Orléans)

Coordination

Laetitia de Coninck (Université du Québec à Montréal)

Scientific committee

Members of the Organizing Committee and the Executive Board of CRI2i

Riccardo Barontini (Université de Pau)

David Bélanger (Université du Québec à Trois-Rivières)

Paolo Bellini (Université de l’Insubrie)

Renato Boccali (Université des langues et de la communication / IULM, Milan)

Ionel Buse (Université de Craiova)

Catherine Cyr (Université du Québec à Montréal)

Andrée-Anne Dupuis-Bourret (Université du Québec à Montréal)

Ismael Hichem (Université de Sfax)

Brigitte Joinnault (Université Côte d’Azur)

Minh Kuan (Université nationale de Taipeh)

Élise Lepage (Université de Waterloo)

Thierry Ménissier (Université Grenoble Alpes)

Mercedes Montoro (Université de Grenade)

Cristiana Oghina-Pavie (Université d’Angers)

Artur Simões Rozestraten (Université de São Paulo)

Blanca Solares (Université Nationale Autonome du Mexique)

Nuscia Taïbi (Université d’Angers)

Anne-Gaëlle Weber (Université d’Artois)

Research and Creation Committee

Rachel Bouvet (Université du Québec à Montréal)

Bertrand Gervais (Université du Québec à Montréal)

David Jaclin, (Université d’Ottawa)

Jean-Paul Quéinnec (Université du Québec à Chicoutimi)

Conference Partners

ReVe Partnership – Reconnecting with Plants and the Environment (SSHRC)

GRIVE, Interdisciplinary Research Group on Plants and the Environment (Faculty of Arts, UQAM)

Plant Cultures Team, SFR Confluences, University of Angers

CEF – Centre for Forest Studies (FRQNT)

CELAT – Centre for Research on Culture, Arts, and Society (FRQSC)

European Association for the Study of Literature, Culture, and the Environment

The international network of 40 CRI2i centers

Captures. Academic Journal on Figures, Theories, and Practices of the Imaginary

1.13 Écrire les milieux aquatiques pour (re)penser le monde (revue Etudes littéraires, Québec)

  • Date de tombée (deadline) : 15 Août 2026
  • À : Département de littérature, théâtre et cinéma Pavillon Louis-Jacques-Casault 1055 avenue du Séminaire, Université Laval, Québec  G1V 0A6

Dossier Études littéraires 
Écrire les milieux aquatiques pour (re)penser le monde 

Depuis quelques années, les sciences humaines ont tourné leur regard vers les milieux aquatiques — océans, mers, fleuves, lacs, etc. Du champ critique des Blue Humanities (Mentz, Opperman, Cohen, Dobrin) aux travaux sur l’hydroféminisme (Neimanis), la thalassopoétique (de Vendeuvre) ou l’ontologie liquide (Pelluchon), de nombreuses recherches invitent désormais à penser le monde depuis les eaux plutôt que depuis la terre ferme. Il ne s’agit plus d’étudier ces milieux comme de simples décors, frontières ou métaphores, mais comme des milieux vivants, des « espace[s] de création et d’exploration […] [des] lieu[x] de vulnérabilité et de responsabilité » (Briens, 2025).

Ce déplacement du regard répond à une double nécessité. D’une part, la crise écologique contemporaine nous oblige à repenser notre rapport aux milieux marins, aujourd’hui menacés par le réchauffement climatique, l’acidification des océans, la pollution et l’effondrement de la biodiversité. D’autre part, les mondes aquatiques constituent un défi épistémologique et esthétique majeur : comment écrire un milieu que l’être humain ne peut habiter durablement et dont une grande partie demeure inaccessible à l’expérience directe ? Quels dispositifs narratifs, poétiques ou formels permettent de décentrer le regard humain et d’imaginer d’autres modes de coexistence avec le vivant ?

Le milieu marin, aquatique, résiste en effet aux catégories à travers lesquelles la pensée occidentale a longtemps appréhendé le monde. Mobile, instable, opaque, il déjoue nos logiques de perception, remet en question la prééminence du regard. La philosophie occidentale a largement accordé à la vision un rôle privilégié dans la connaissance et dans la relation à autrui. Chez Levinas, par exemple, la rencontre éthique se fonde sur la reconnaissance du visage de l’autre, qui appelle à la responsabilité. Or les profondeurs marines sont précisément des espaces où la visibilité se réduit, où l’obscurité règne, où les êtres se dérobent au regard humain. Comment entrer en relation avec ce qui ne peut être pleinement vu ?

Ces questions invitent à explorer d’autres modalités de présence au monde. Les recherches en écologie sonore, notamment celles de Roberto Barbanti, soulignent l’importance de l’écoute comme mode de relation aux milieux. Écouter revient à s’inscrire dans un environnement plutôt qu’à l’observer à distance ; c’est accepter d’être traversé par lui autant que de le percevoir. Selon Barbanti, l’écoute permet de penser « dans le milieu » plutôt que face à lui, au point que « l’ego est ramené au silence ». Dans les mondes marins, où les communications sonores jouent un rôle fondamental pour de nombreuses espèces, l’écoute apparaît ainsi comme une voie privilégiée pour renouveler notre compréhension du vivant.
Cette attention aux liens qui se tissent au sein des milieux aquatiques rejoint également les réflexions de l’hydroféminisme, notamment celles d’Astrida Neimanis. Pour cette dernière, « nous sommes toustes des corps aquatiques, constitutionnellement, généalogiquement et géographiquement. L’eau comme corps, l’eau comme communicante entre les corps, l’eau qui facilite le passage des corps aux êtres ». En envisageant l’eau comme ce qui circule entre les corps, les relie et facilite leur devenir, Neimanis invite à repenser le monde à partir de l’eau. Loin d’être une frontière ou un élément de séparation, celle-ci apparaît alors comme un vecteur de relation, d’interdépendance et de continuité entre les êtres humains et plus-qu’humains.

La littérature s’est largement emparée de ces enjeux. De nombreux récits contemporains (L’invention de la mer, Aquariums, Migrations) tentent même de dépasser les représentations anthropocentriques héritées de la tradition maritime du XIXe siècle. Les milieux aquatiques y deviennent alors des espaces de mémoire, de circulation, de vulnérabilité et de résistance. Ils permettent également d’interroger les héritages coloniaux, les migrations, les savoirs autochtones ou encore les relations entre humains et non-humains.

Cette évolution entraîne également un renouvellement des formes littéraires. Comment écrire l’immersion, la profondeur ou l’opacité ? Comment représenter des temporalités aquatiques qui se déploient à l’échelle des marées, des migrations animales, des courants ou des transformations géologiques ? Quels dispositifs narratifs permettent d’approcher les perspectives non humaines ou de rendre sensibles les interactions entre espèces ? Quelles formes textuelles peuvent accueillir l’incertitude, la fluidité et la relation plutôt que la maîtrise et la domination ?

À la croisée de l’écopoétique, de la géopoétique, des Blue Humanities et des humanités environnementales, ce dossier souhaite explorer les manières dont la littérature participe à la redéfinition de notre rapport aux mondes aquatiques. Plus largement, il s’agira d’interroger la capacité des œuvres littéraires à faire émerger de nouveaux imaginaires, notamment écologiques, à rendre perceptibles les interdépendances qui relient les êtres vivants et à contribuer, par leurs formes mêmes, à une réflexion sur notre être-au-monde à l’ère des bouleversements environnementaux.

Appel à contributions  
Ce dossier invite des propositions d’articles explorant les représentations littéraires des mondes aquatiques — océans, mers, fleuves, lacs, marais, et jusqu’aux étendues d’eau les plus modestes — dans une perspective écopoétique, géopoétique ou relevant des humanités environnementales. Les contributions pourront porter sur des œuvres de toutes époques, avec un ancrage privilégié dans les littératures des XX et XXI siècles.

Parmi les pistes envisageables : 
-les représentations féminines et non dominantes des milieux aquatiques ;
-les formes narratives et poétiques inspirées de l’univers marin ;
-les liens entre littérature, écologie et pensée océanique ;
-les imaginaires de la profondeur, de la dérive et de la traversée ;
-les liens entre éthique et altérité aquatique ;
-les approches écopoétiques, géopoétiques ou thalassopoétiques des textes maritimes ;
-les rapports entre exploitation, mémoire et protection des espaces océaniques.

Les propositions d’environ 300 mots, accompagnées d’une petite bio-bibliographie, doivent être envoyées jusqu’au 15 août 2026 à la revue Études littéraires
revueel@lit.ulaval.ca
Une réponse sera donnée avant le 1er septembre 2026.
Les articles sont attendus pour le 1er janvier 2027 et seront évalués à la double aveugle.

Bibliographie:
Artaud, Hélène, Immersion : Rencontre des mondes atlantique et pacifique, Paris, Éditions La Découverte (Les empêcheurs de penser en rond), 2023, 297 p.
Artaud, Hélène, « Quelques réflexions autour des liens entre océan, arts et sciences. À propos d’un colloque au Muséum national d’histoire naturelle », Natures Sciences Sociétés, vol. XXXI, n°1 (2024), 10 p.
Bachelard, Gaston, L’eau et les rêves, Paris, Librairie José Corti, 1942, 267 p.
Barbanti, Roberto, Les sonorités du monde, Dijon, Les presses du réel, 2023, 270 p.
Briens, Sylvain, « Introduction aux Humanités bleues. Lire et penser la littérature avec la mer », Revue nordique des études francophones, 2025, 8(1), p. 89–101. https://doi.org/10.16993/rnef.157
Carson, Rachel, The Sea Around Us, New York, Oxford University Press, 1989, 250 p.
Cohen, Margaret, The Novel and the Sea, Princeton, Princeton University Press, 2010, 306 p.
Cohen, Margaret, Quigley, Killian [dir.], The Aesthetics of the Undersea, New York, Routledge, 2019, 269 p.
Dobrin, Sydney, Blue Ecocriticism and the Oceanic Imperative, New York, Routledge, 2021, 239 p.
Levinas, Emmanuel, Le temps et l’autre, Paris, PUF (Quadrige), 2014, 108 p.
Levinas, Emmanuel, Dieu, la mort et le temps, Paris, Le livre de Poche, 2021, 285 p.
Levinas, Emmanuel, Totalité et infini. Essai sur l’extériorité, Paris, Le Livre de poche, 1990, 346 p.
Mentz, Steve, Ocean, New York, Bloomsbury Publishing, 2020, 192 p.
Mentz, Steve, An Introduction to the Blue Humanities, New York, Routledge, 2023, 184 p.
Neimanis, Astrida, Hydroféminisme. Devenir un corps d’eau, traduit par E. Bigé et A. Petitcolas, 2021, p.47-56. ⟨hal-03527733⟩
Oppermann, Serpil, Blue Humanities, Cambridge, Cambridge University Press, 2023, 82 p.
Pelluchon, Corine, L’être et la mer : pour un existentialisme écologique, Paris, PUF, 2024, 333 p.
De Vendeuvre, Isabelle, Thalassopoétique, 2023, 8 p.  ⟨hal-04579730⟩
Steinberg, Philip, The Social Construction of the Ocean, Cambridge, Cambridge University Press, 2001, 239 p.
Steinberg, Philip, Peters, Kimberley, « Wet Ontologies, Fluid Spaces: Giving Depth to Volume through Oceanic Thinking », Environment and Planning D: Society and Space, 2015, vol. XXXIII, p. 247-263. https://doi.org/10.1068/d14148p

1.14 CFP [deadline extended]: EU Literature? Institution – Imagination – Inheritance

Keynote Speaker: Simone Stirner, Harvard University

October 30, 2026 – October 31, 2026

Since JD Vance’s speech at the Munich Security Conference and the National Security Strategy paper––both from 2025–– the US has increasingly questioned Europe’s status amongst the international community and repeatedly meddled in itsinternal affairs. The old alliance between the former closest partners is at stake and the status of the EU is fragile in this shifting constellation of global powers. It is thus more than timely to revisit Europe and more specifically the EU as its prime political player, looking from today’s perspective at the (pre-)history of this institution.

The graduate conference at Yale University will address the EU as an institution and Europe as both geographical continent and political idea from the standpoint of literature and culture. We wager that artistic artifacts are privileged realms in which a reflection about contemporary issues in politics and society is conducted aesthetically and imaginatively. Literature and culture thus serve both as seismographs of present issues, conflicts, and developments as well as experimental labs for ideas, imaginations, and utopian thought. We are here thinking of the way that Yoko Tawada approaches Europe in Wo Europa anfängt (1991), Robert Menasse inquires into foundational myths of the EU in Die Hauptstadt (2017), or Federico Italiano and Jan Wagner let Europe speak polyglottaly in Grand Tour (2019). Which histories and intellectual traditions prefigure the EU today?

We want to ask in which ways the EU institutions and European cooperation since their inception enter the literary realm of novels, dramas, film, and poetry as formal or narrative forces. Taking “EU literature”––a hitherto unspecified entity––as our point of departure, we are interested in questions of circulation (of bodies, books, ideas), centrality and (semi-)peripherality, as well as canonicity and memory. We ask in which ways literary, political, and legal ideas of Europe translate into institutional and political frameworks and vice versa. Apart from centering the institution, we invite presentations that critically decenter Europe from its margins and/or write its conception from a globalized perspective.

To investigate the scope of these topics, this conference invites proposals for 20-25 minute presentations that think about the EU as both initiator and object of literary and cultural representations.

We are coming to the topic from a German-language context, yet invite contributions from other fields and disciplines, literary and other. Potential avenues of exploration include (but are not limited to):

  • EU as organizing principle: How does the institution assemble, disperse, and frame cultural objects? What is the role of transnational projects, author groups, and literary prizes, e.g. the European Union Prize for Literature?
  • Memory and culture: Which common memories does the EU promote in what form? Which memories are suppressed or marginalized? In which media (monuments, architecture, films, vehicles of transportation, waste, etc.) is memory instituted?
  • Circulation and (im-)mobility, borders: How does institutionalization interact with poetics of locality? How does the (de-)regulation of the movement of bodies figure in cultural artifacts? How do these circulate themselves?
  • Periphery and centrality: How does the EU (re-)frame questions of closeness and distance? Who is included and who is kept out or left behind? How is a critique of the EU and its policies/politics formed both from within and outside?
  • Representation: How does literature negotiate the promise of political representation and aesthetic (non-)representability in the context of the EU? With which aesthetic devices does the EU represent itself, how is it represented by others?
  • The national in the international: How does literature reconfigure the national as part of supranational and intergovernmental politico-economic entities? Is there a shared language that rethinks the EU in cultural terms, celebrating, marginalizing or rejecting its current corporal identity?
  • Renationalization processes: How do cultural forms react to the policies advocated transnationally by the New Right? How do shifting alliances with external political powers (USA, BRICS, etc.) figure in texts across the political spectrum?
  • Multi- or translingualism; bureaucratese or satire: Which literary languages does an institutionally unified Europe produce? What, f.e., is Brussels’ voice?

Submissions: Please submit an abstract of 300 words maximum for a 20-25 minutes presentation, along with a short (<100 words) biographical note.

Deadline: Submissions or requests for further information may be sent to

kristian.svane@yale.edu and nicola.mazzotti@yale.edu by July 27, 2026. Selected participants will be notified by mid-August.

Contact Email

 

1.15 Exploring plantation records: New approaches to a traditional source for the history of slavery in the French Caribbean (17th–19th centuries)

See the following link! : https://networks.h-net.org/system/files/attachments/cfpplantationpapers.pdf

1.16 Call For Papers: Workers’ Voice / Voix ouvrière

The labour movement in Canada, as elsewhere in the world, is facing significant challenges in a context marked by increasing wealth inequality, environmental crisis, heightened repression of dissent, as well as growing threats to the rights of association and of assembly. The rise of the far right is prompting a resurgence of racism, sexism, homophobia, transphobia and a myriad of other attacks against marginalized groups.

To help address these pressing issues, as Silke Neunsinger notes in a forthcoming piece in  Labour / Le Travail, “labour history expands the horizon of political possibility by preserving experiences through which workers have confronted uncertainty, organised collectively, and imagined social alternatives.”[1] Echoing Neunsinger’s call for a “collaborative and co-produced” approach to labour history, we believe researchers should consider how we can act as partners in sharing past experiences of mobilization and the knowledge generated from them to serve as a catalyst for social transformation. Beyond the academic world, social movements generate essential knowledge that deserves to be documented, not only for historical memory, but above all so that it can be adapted and implemented in other activist contexts.

To this end, we seek papers for a themed issue of the journal Labour / Le Travail coedited by Lauren Laframboise and Benoit Marsan that will explore the theme of Voix ouvrière / Workers’ Voice. Articles, in French or English, will be between 10,000 and 12,000 words (including footnotes) and may be methodological, theoretical, historiographical in nature or deal with past or present research or creations highlighting the “Workers’ Voice” and its dissemination. Contributions that mobilize a history-from-below approach, oral history, workers’ inquiry, or public history, or projects of an artistic, cultural, or collaborative nature, are particularly welcome. We also invite non-academic contributions from individuals involved in unions, community-based and grassroots organizations, as well as other activist contexts.

To express interest, please submit a provisional title and a brief description of your proposed article by 30 September 2026 to the following email addresses:

lauren.laframboise@concordia.camarsan.benoit.2@uqam.ca

[1] Silke Neunsinger, “History for Future Struggles: Labour History, Collective Experience, and the Politics of Possibility,” Labour / Le travail, forthcoming.

1.16 Réactions, recompositions, réinventions : la question de la « relance » des empires coloniaux français et espagnols (Amériques, 1763-1898)

https://networks.h-net.org/system/files/attachments/aacrelanceemp.pdf

1.17 Twentieth International Conference on the Inclusive Museum, Jagiellonian University, Kraków, Poland, 13-15 September 2027

Twentieth International Conference on the Inclusive Museum, Jagiellonian University, Kraków, Poland, 13-15 September 2027

Founded in 2008, The Inclusive Museum Research Network is brought together by a shared concern for the future role of the museum and how it can become more inclusive. We seek to build an epistemic community where we can make linkages across disciplinary, geographic, and cultural boundaries. As a Research Network, we are defined by our scope and concerns and motivated to build strategies for action framed by our shared themes and tensions.

The Twentieth International Conference on the Inclusive Museum will address the following annual themes and special focus:

2027 Special Focus—The Promise of the Museum as a Civic Space for All

Theme 1: Museums, Democracy, and Civic Life
Theme 2: Inclusion, Access, and Belonging
Theme 3: Memory, Representation, and Justice
Theme 4: Education, Community, and Institutional Futures

Contact Information

Mar Bianchi

Contact Email

support@cgnetworks.org

URL

https://onmuseums.com/2027-conference

2. Job and Fellowship Opportunities

2.1 Mainz Visiting Fellowship in European Collections

The Library holds and continues to develop one of the most comprehensive and unique collections of the written word from Europe spanning centuries and the broadest range of cultural production. This fellowship, aimed at early career researchers, is designed to encourage the discovery, promotion and use of our European collections over four months of research (or part-time equivalent). Fellows have the opportunity to bring fresh creative insights to any European material of interest, harnessing innovative approaches to cultural heritage to produce a range of scholarly and/or creative outputs.

Applications for the inaugural 2026 Fellowship are now open until 28 June 2026. The Fellowship begins at the successful applicant’s discretion but no later than 1 November 2026.

Mainz Charitable Trust

The Fellowship is generously funded by the Mainz Charitable Trust, which supports the continued collection of illustrated French heritage collections at the British Library. With thanks to Dr Valerie Mainz, art historian and specialist in the art and culture of the French Revolution.

This year’s themes

For the fellowship’s inaugural year, we ask applicants to explore French-language collections as part of their research, and are particularly but not exclusively interested in projects which focus on the artistic and visual aspects of our printed collections.

Applicants are encouraged to interpret the brief broadly and to explore all relevant collections, focusing on printed books but also on sound, archives and manuscripts, maps, stamps and newspapers, where relevant. We welcome a variety of proposed outputs resulting from this research, including but not limited to journal articles, blog posts, podcasts, public talks or performances, community engagement activities and artwork.

Your proposal should align with one of this year’s research themes:

  • Revolutions. With major collections around the French Revolution, 1848, 20th-century revolts in Central and Eastern Europe, 1989, and other revolutions across Europe to now, the Fellow can use our unique collections to shed more light on the relationship between cultural practice and revolutionary politics
  • Word and Image. Using the growing collection of 19th-century French graphic works and illustrated printed books, and/or the wider collections including avant-garde, modernism, artists’ books, posters, advertisements and political caricatures, the Fellow can tease out the interaction of word and image
  • Movement of people and ideas. As European culture is marked by the ceaseless flow and transfer of people and ideas over the centuries, both voluntary and involuntary, we are interested in movement and migration, exile and displacement, and diasporic cultural life represented in the collections.

2.2 Assistant Professor of French, Amherst College

The Amherst College Department of French invites applications for a full-time, tenure-track position at the rank of assistant professor with a focus on twentieth- and twenty-first century French literature, culture, and media, starting on July 1, 2027.

We welcome candidates who share our department’s commitment to interdisciplinary thinking and whose scholarship in twentieth- and twenty-first century metropolitan French literature, culture, and media engages with the major intellectual, cultural, philosophical, and/or artistic currents of the period. Secondary areas of expertise (with evidence of research or teaching) in environmental humanities, medical humanities, digital humanities, and/or the intersection of the humanities and the sciences are especially desirable.

Candidates must show evidence of active research, teaching excellence, native or near-native fluency in French, and professional-level proficiency in English. The successful candidate will also demonstrate an outstanding record of teaching third- and fourth-semester courses in the language sequence (the equivalent of FREN-205 and FREN-207 in our curriculum). The teaching load is two courses per semester, in addition to advising senior honors theses. The successful candidate will be expected to participate in the life of the department and the college. Candidates must have a Ph.D. degree (or equivalent) in hand by the start of the appointment.

Applications received by September 1, 2026, will be given full consideration. Review of applications will continue until the position is filled.

The expected salary range for this job opportunity is $90,000 to $125,000. The salary offered will vary based on a number of factors, including but not limited to relevant education, training, and experience, tenure status, and other nondiscriminatory business considerations. Amherst College is pleased to provide a comprehensive, highly competitive benefits package that meets the needs of staff and faculty and their families. Click here for benefits information.

Candidates are asked to submit electronically to https://apply.interfolio.com/188484 an application letter of no more than two single-spaced pages, addressed to “Professor Laure Katsaros, Chair, Department of French,” describing how their research interests and teaching experience and philosophy speak to the job description; a current curriculum vitae; the names of three referees whom the applicant will ask to provide letters of recommendation; a writing sample of no more than twenty-five double-spaced pages; and the titles and descriptions of three advanced-level literature and culture courses the candidate would offer (not exceeding 150 words per course). Candidates should ask referees to upload letters of recommendation by August 31, 2026. The application letter and curriculum vitae must be in English; the letters of recommendation, writing sample, and brief course descriptions may be either in English or in French. First-round interviews will be held via Zoom. Questions and inquiries may be addressed to our Departmental Coordinator Matthew Maxwell (mmaxwell@amherst.edu) or to Professor Laure Katsaros (lakatsaros@amherst.edu).

2.3 Faculty Specialist I or II in French and Francophone Literature and Culture, Western Michigan University

Western Michigan University invites applications for the position of Faculty Specialist I or II in French in the Department of World Languages and Literatures at its main campus in Kalamazoo, Michigan. This is a full-time, one-year term (renewable) position. We seek a specialist of French and Francophone Studies in literature and culture. Expertise in Old French would be a plus. The teaching load will be 4-3. The successful candidate will have a genuine commitment to teaching, to the promotion of the discipline, to active collaboration with Department and College colleagues, and to fostering an environment in which all members of the university community feel welcome, valued, supported, and engaged.

Major Duties:

  • Teaching French language at all levels as well as undergraduate courses in French and Francophone literature and culture.
  • Contribution to the French program through active collaboration with colleagues, curricular review, and other activities.
  • Advising, participation in student recruiting and retention activities, and service for the department and for the College and University.

Minimum Qualifications:

  • PhD in French or Francophone studies or related field from an accredited institution by the start date of August 15, 2026.
  • At least two years of college or university teaching experience in the United States.
  • Evidence of teaching excellence.
  • Native or near-native fluency in French.

Other Desired Qualifications:

  • Interest in directing study abroad programs.
  • Expertise in Old French.

To apply, applicants should visit https://www.wmujobs.org/.
Materials submitted must include:

  1. Curriculum vitae;
  2. Cover letter describing qualifications, accomplishments, and professional experiences related to the position;
  3. 2-3 syllabi of courses taught;
  4. A 15-minute class video of a literature or culture lesson;
  5. Contact information for three references.

Applicants must also arrange for three current letters of recommendation to be sent to: Search Committee, c/o Matthew Alonso (matthew.alonso@wmich.edu).

All questions should be directed to Dr. Viviane Ruellot, Chair of the Search Committee, at viviane.ruellot@wmich.edu

Expected Start Date: August 15, 2026

Application Deadline: Preference will be given to applications submitted by June 22, 2026

The University: Western Michigan University (WMU), located in Southwest Michigan, is a vibrant, nationally recognized student-centered research institution with an enrollment of nearly 18,000. WMU delivers high-quality undergraduate instruction, has a strong graduate division, and fosters significant research activities. The Carnegie Foundation for the Advancement of Teaching has placed WMU among the 76 public institutions in the nation designated as research universities with high research activities. WMU also recently received a $550 million endowed, multi-year Empowering Futures Gift, the largest gift for a public institution of higher education in U.S. history, which will fund many projects and initiatives that aim to break down the barriers created by historic inequities. In addition, in recent years the university has invested in efforts to promote a welcoming, inclusive, equitable, and diverse community via our Native American Affairs Council, Campus Climate Survey, President Montgomery’s Mountaintop Initiative, participation in the ASPIRE IChange Network, and as an NSF ADVANCE campus.

The College: The mission of the College of Arts and Sciences at Western Michigan University is to ignite and sustain a passion for learning and discovery in the humanities, social sciences, and sciences, to help students, staff, and faculty succeed in life and contribute to the betterment of our communities, from local to global. Our vision is to achieve excellence in all aspects of learning and discovery across the humanities, social sciences and sciences while fostering a climate of intellectual freedom. As articulated in the College of Arts and Sciences strategic plan, we are committed to fostering a community of diverse, inclusive, equitable, and globally engaged scholars, learners, and leaders. With 22 departments and interdisciplinary schools and institutes, WMU’s largest college offers a broad range of learning opportunities and career paths for our students. CAS students are among the very top students in the country, having received awards including Goldwater Fellowships, Udall Scholarships, Boren Fellowships, and Fulbright awards, among others. For more information, see http://www.wmich.edu/cas/.

Department: The Department of World Languages and Literatures offers majors and minors in French, German, Japanese and Latin, and minors in Arabic, Chinese and Classics. The Department promotes and sustains an intellectually challenging, dynamic community, with nationally and internationally recognized scholars in the fields of translation, linguistics, pedagogy, and literature and culture.

Community: Kalamazoo is located only two and a half hours by car from Chicago and Detroit and only 45 minutes from the beaches of Lake Michigan. The city supports a nationally recognized symphony and has earned a reputation for a vibrant community theatre and visual arts scene. Through its Shared Prosperity Kalamazoo initiative, Kalamazoo is strongly committed to social justice, community development, and eliminating generational poverty. Kalamazoo is the home of the Kalamazoo Promise, a scholarship program offered to all Kalamazoo Public School students that covers up to 100% of tuition and mandatory fees to any Michigan public (and many private) institution of higher learning.

2.4 French and Francophone Department: Visiting Assistant Teaching Professor, Full Time, Connecticut College

The French and Francophone Department invites applications for a full-time Visiting Assistant Teaching Professor in French and Francophone language, literature, and culture. Specialization is open, with a preference for expertise in sub-Saharan African studies and in nineteenth-century studies. The teaching load of 6 courses per year includes language courses at all levels and can include intermediate and advanced literature courses. Native or near-native fluency in French is required. Minimum qualification is an M.A., but a Ph.D. is preferred. We value the contributions visitors bring to our community and encourage their active engagement with their departments and all aspects of campus life during the course of their appointment. Visiting faculty are appointed as participating members of the faculty, but they may become voting members by request. Their presence is welcome at all faculty meetings.

Connecticut College is a private, highly selective institution with a demonstrated commitment to outstanding faculty teaching and research. The College seeks creative scholars excited about working in a liberal arts setting, with its strong focus on engaged teaching, participation in shared governance, and active involvement in an institution-wide advancement of access and opportunity for all students, faculty, and staff. Connecticut College is an equal opportunity employer. The College complies with all federal, state, and local laws, regulations, and ordinances prohibiting discrimination in private post-secondary education institutions. The College does not discriminate against any employee, applicant for employment, student, or applicant for admission on the basis of the following protected characteristics: age, citizenship status, color, creed, disability (physical or mental), domestic violence victim status, ethnicity, gender expression, gender identity, genetic information (including family medical history), lawful source of income, marital status, national origin (including ancestry), pregnancy or related conditions, race, religion, sex, sexual orientation, veteran or military status (including disabled veteran; recently separated veteran; active-duty, wartime, or campaign badge veteran; and Armed Forces Service Medal veteran), any other status protected by federal, state, or local law.

Candidates must have legal authorization to work in the United States, as Connecticut College is not currently providing work authorization sponsorship for this position.

Review of applications will begin immediately and will continue until the position is filled. Candidates should send a letter of application, CV, a statement describing teaching philosophy and research interests, and three letters of reference to Interfolio: https://apply.interfolio.com/186108. Questions may be directed to James Austin (jfaus@conncoll.edu), Chair, French and Francophone Department, Connecticut College, 270 Mohegan Ave., New London, CT, 06320.

2.5 Assistant Professor (Teaching Focussed – Translation and Multilingual Communication), University of Warwick 

Duration: Fixed term contract until 31st August 2029.

About the Role  

Informal Queries

The School of Modern Languages and Cultures is implementing an ambitious strategic refresh that repositions SMLC as a national centre of excellence at the intersection of languages, cultures, AI, and digital technologies. Central to this is an Innovation Portfolio, a coordinated programme of curriculum development, research, and partnership activity that will shape the School’s offer as the discipline continues to evolve.

This post is an integral part of that portfolio. The post holder will join a collaborative team developing the proposals that will define SMLC’s new programme landscape, working with partners across the School, the Faculty of Arts, and the University. Colleagues with enthusiasm for developing new skills and ideas are actively welcomed into this process, and the portfolio is designed to grow from within the School’s existing community as much as from new appointments.

The post holder will play an active role in developing new programmes and modules that take SMLC’s expertise into new contexts and student communities.

The School is expanding its offer into multilingualism, accessibility, and digital communication, and this post contributes to that direction. At a time of significant change for Modern Languages in the UK, this post offers an opportunity to contribute to a curriculum that is redefining what translation studies can offer students and society. We are looking for a colleague with a strong grounding in translation and transcultural studies, a commitment to teaching excellence, and the enthusiasm to contribute to a department that is expanding its offer in new directions.

About You  

We welcome applications from candidates working in any discipline whose work engages seriously with how communication works across languages, modes, and communities.

Relevant areas of specialisation include:

–    translation studies
–    transcultural studies
–    modern languages and technologies
–    media accessibility
–    audiovisual translation
–    specialised translation
–    multilingual communication
–    multilingual digital media

Multilingual and translation competence is essential. We are looking for a colleague with experience of HE teaching in the UK, enthusiasm for curriculum development, and the collaborative instincts needed to contribute to a department in strategic transformation.

2.6 Lecturer in French, Queen’s University Belfast

About the job:

The School of Arts, English and Languages seeks to appoint a Lecturer in French Studies. The successful candidate will join a dynamic subject area within the Department of Modern Languages, in the School of Arts, English and Languages, contributing to the development of teaching and research in French language and French-speaking cultures and societies. The position offers an opportunity to make a significant impact on the academic experience of our students and to advance innovative, impactful and internationally excellent research in line with the University’s Strategy 2030.

About the person:

Essential Criteria:

  • Have or about to obtain a PhD in French Studies.
  • A record of internationally excellent research outputs appropriate to career stage.
  • Experience of active participation in relevant international scholarly networks appropriate to stage.
  • Engaging and innovative French language teaching experience to degree level.
  • Near-native fluency in French and the ability to teach through the medium of French.
  • Ability to design and administer research-led optional modules.

To be successful at shortlisting stage, please ensure you clearly evidence in your application how you meet the essential and, where applicable, desirable criteria listed in the Candidate Information document on our website.

2.7 British Academy Postdoctoral Fellowship 2026-27, University of Warwick

The Faculty of Arts is one of the world’s top 60 Arts and Humanities faculties and is home to a thriving research culture spread across six Departments and Schools. These are Classics and Ancient History; English and Comparative Literary Studies; History; Modern Languages and Cultures; Cross-Faculty Studies; and the School of Creative Arts, Performance and Visual Cultures, which includes Film and Television Studies, Theatre and Performance Studies, History of Art, the Centre for Cultural and Media Policy Studies, and the Warwick Writing Programme. The Faculty also hosts a number of outstanding research centres, including the Yesu Persaud Centre for Caribbean Studies and the Centre for the Study of the Renaissance. Further information about each of these and the Faculty’s research can be found here: https://warwick.ac.uk/fac/arts/research/.

Applications are welcomed from candidates who have a strong research profile and meet the following eligibility criteria:

  • They must either be a UK/EEA national, have completed their doctorate at a UK university or have a strong prior association with the UK academic community.
  • They must not yet have held a permanent academic appointment.
  • They must meet the British Academy’s definition of early career: there is no age criterion for these awards. Instead, eligible applicants are expected to be at an early stage of their career. This is defined as being within three years from the date of your successful Viva Voce examination this means that they must have completed, or be due to complete, their viva voce between 1 April 2024 and 1 April 2027.
  • The British Academy does not allow for resubmissions for the Postdoctoral Fellowship. If you have previously applied and failed to reach the Second Stage of the competition, you are not eligible to re-apply. Previously unsuccessful applicants will only be able to submit another application if specifically invited to do so by the British Academy

HOW TO APPLY

Prospective applicants are required to identify an academic mentor within the Faculty of Arts. Candidates should approach their mentor to discuss the project at the earliest opportunity. Applications will require approval from the proposed host department.

If you are interested in applying for this scheme and you meet the necessary eligibility criteria, please submit the following information by email to artsprojsupport@warwick.ac.uk by 5pm on Wednesday 12 August 2026 for the purpose of an internal selection round

  • A short description of their proposed project (maximum 2 A4 pages)
  • A copy of their CV (maximum 2 A4 pages)
  • The name of their proposed mentor at the University of Warwick. Applicants must ensure that they have agreement from the proposed mentor before applying.
  • The name of their proposed referee (please note that referees will not need to provide a statement for the internal selection round).

If their application is approved, candidates will be invited to submit their full proposal through Flexi-Grant, the British Academy’s application portal. They will be supported in this process by the University’s Research and Impact Services team. For more information about this and for any other enquiries about the scheme, please contact the above email address. The deadline for submissions to the British Academy is Wednesday 30 September 2026.

2.8 Tenure-Track Faculty Position, French Language and Literature (The School of Foreign Studies, Nanjing University, China) 2026

About the School

The School of Foreign Studies (SFS) at Nanjing University traces its history back to a three-year English program initiated in 1917. Building on its academic heritage, SFS has now developed into an institution of seven departments: English, French, German, Spanish, Russian, Japanese, and Korean, with a total enrollment of over 1,100 students in BA, MA, and PhD programs designed for sustained learning and interdisciplinary opportunities. SFS is devoted to excellence in teaching and research, and to nurturing future leaders who are able to make a difference around the world. With full commitment to this mission, SFS is constantly striving to match its standards with the nation’s growth and its students’ interest and learning objectives, and prepares qualified young people to succeed in such competitive and demanding professions as diplomacy, international affairs, education, cultural exchange, journalism, trade and finance.

Over half of SFS’s faculty members are professors and associate professors, in addition to 9 international faculty members including Jean-Marie Gustave Le Clézio, Nobel Prize winner for literature. These distinguished scholars are active in research and dedicated to education. SFS sponsors a wide range of research projects through its research institutions such as the Center for the Study of Contemporary Foreign Literature and Culture, the Institute of Foreign Linguistics, the Institute of Translation Studies, and the Institute for Comparative Study on Sino-German Culture. Research at the school covers a wide range of subjects in world literature, general and applied linguistics, translation studies, area studies, and intercultural communication. Currently, SFS’s foreign language and literature program is supported by the Chinese Ministry of Education’s World-Class Disciplines Initiative.

Positions

SFS plans to recruit young scholars who aspire to have a career in the field of foreign language and literature studies. The application is open to scholars from all over the world. The School is seeking applicants for tenure-track associate professors and/or tenure-track assistant professors (up to eight vacancies in total, of which up to two are for tenure-track associate professors). Higher positions for particularly outstanding scholars are available and application will be considered individually. Specific fields of research open for recruitment are:

French Language and Literature

Qualifications

The applicant should

  1. abide by the laws and regulations of the People’s Republic of China, and have a passion for teaching and research.
  2. abide by the ethics of teachers, uphold academic integrity, be willing to work diligently, and have no criminal record or record in breaching the ethics of teachers and/or academic integrity.
  3. have a first-rate background in academic training – specifically, a PhD in relevant disciplines, experience in studying and/or working at first-rate teaching and research institutions, and knowledge of the latest international trends and development in the relevant research field(s).
  4. have outstanding teaching abilities – the applicant should be able to teach core and frontline courses in the corresponding discipline, and have sound teaching methodology and strong verbal skills.
  5. demonstrate outstanding research output and potential—the applicant should have publications in his/her field of research, original ideas about relevant fields of research, a clear vision about future research plans, and good potential for further academic development.
  6. be in good health.

Supporting Materials for Applicants

1.Three reference letters (usually from your doctoral supervisor, the academic head of your current workplace, a well-known scholar in your research field, etc.).

  1. A detailed CV (in either Chinese or English).

3.Three representative papers (The representative works submitted for review are generally papers or monographs that have been officially published in journals or have been published online and have DOI numbers).

  1. Other relevant attachments that demonstrate academic achievement.

You should fill in the application form via the link (https://table.nju.edu.cn/dtable/forms/b7527114-964e-45c3-b3f9-1ed60b161b5a/) and then apply for your target position on the recruitment platform of Nanjing University (http://zp.nju.edu.cn/). The above application materials should be uploaded and submitted on this platform.

Compensation Package and Support

  1. An annual salary (to be discussed individually).
  2. A start-up research fund.
  3. Qualification to supervise graduate students.
  4. The university provides short-term lodging and housing subsidies. Applicants recruited can purchase commercial housing offered by the university at a special discount.

5.The university provides assistance with children’s schooling at primary and secondary school levels.

Application deadline

2026-08-11

If the number of applicants for a single post is small, it will be extended appropriately.

You could click the “Apply Now” button or login to the talent recruitment platform of Nanjing University (http://zp.nju.edu.cn/) to submit the application materials required.

Policy consultation

Contact number:025-89682316

Email address:zqsun@nju.edu.cn

College website : https://sfs.nju.edu.cn/9f/97/c10735a302999/page.htm

2.9 MSCA Postdoctoral Fellowships in French at UCC

The Department of French at University College Cork (UCC), Ireland will welcome the chance to support suitably qualified candidates wishing to apply for the upcoming Marie Skłodowska-Curie Actions Postdoctoral Fellowships (MSCA) with UCC as host organisation (call opening 9 April).

MSCA Postdoctoral Fellowships enhance the creative and innovative potential of researchers holding a PhD and who wish to acquire new skills through advanced training, international, interdisciplinary and inter-sectoral mobility. MSCA Postdoctoral Fellowships will be open to excellent researchers of any nationality.

UCC’s French Department offers expertise in the following areas:

Modern and contemporary French philosophy, theory and thought (including radical political theory, psychoanalysis and postcolonial theory)
Francophone colonial and postcolonial studies (Africa and the Caribbean)
Second language acquisition and Sociolinguistics
Translation Studies (including audiovisual translation)
Queer theory and queer studies
The Medical and Psychedelic Humanities
For more information about our researchers, please visit our website: https://www.ucc.ie/en/french/research/. We ask that you please contact the relevant potential mentor directly via their UCC email address.

Indicative timeline for the MSCA Postdoctoral Fellowship applications:
9 April 2026: launch of the call for proposals (TBC)
9 September 2026: deadline for submitting proposals (TBC)
February 2027: notification of call results to applicants (TBC)
April 2027: grant agreement signature for successful projects (TBC)
May 2027: first EU-funded projects start (TBC)
For more information about the scheme, visit:

https://marie-sklodowska-curie-actions.ec.europa.eu/funding/msca-postdoctoral-fellowships-2026

If you have any general questions about coming to live as a researcher in Cork or for assistance in identifying a mentor, please contact me on caroline.williamsonsinalo@ucc.ie.

2.10 Professeur·e en théories littéraires: études féministes. Corpus non occidentaux (Univ. du Québec à Montréal)

SOMMAIRE DE LA FONCTION : 

  • Enseignement au premier cycle et aux cycles supérieurs
  • Direction, encadrement et évaluation des personnes étudiantes dans leurs travaux de recherche et de création
  • Recherche et/ou activités de création dans le champ d’études et publication des résultats favorisant ainsi l’avancement des connaissances et leur diffusion
  • Services à la collectivité : cogestion collégiale de la vie départementale et universitaire (comités, tâches de direction de programmes, implication dans les revues savantes ou de création, etc.)

EXIGENCES : 

  • Doctorat en études littéraires, en études sémiotiques ou dans un domaine équivalent
  • Expérience professionnelle pertinente d’au moins 3 ans, incluant les activités de recherche doctorales
  • Publications récentes importantes et pertinentes au poste • Aptitudes pour l’administration, l’encadrement académique et le travail en collégialité
  • Expérience d’enseignement au premier cycle et aptitudes à l’enseignement aux études supérieures en théories littéraires
  • Engagement dans la recherche, la recherche-création ou la création, subventionnée ou non subventionnée
  • Cohérence et constance des activités de recherche, de recherche-création ou de création
  • Connaissance de la littérature québécoise
  • Maîtrise de la langue française tant à l’oral qu’à l’écrit

CONDITIONS D’EMPLOI :  Poste régulier pouvant mener à la permanence

RÉMUNÉRATION ANNUELLE au 1er avril 2026 : de 76 210 $ à 185 288 $

LIEU DE TRAVAIL : au cœur du Quartier latin au centre-ville de Montréal – Campus principal

DATE D’ENTRÉE EN FONCTION PRÉVUE: 1er juin 2027 (sous réserve des autorisations requises)

Les personnes intéressées sont priées de faire parvenir AVANT LE 18 SEPTEMBRE 2026, 17 h un dossier en version numérique comprenant :

  • un curriculum vitae en français, détaillé, daté et signé
  • une lettre de motivation
  • deux plans de cours : un pour le cours LIT4700 Sexe, genre et littérature et un au choix entre LIT-1525 Corpus étranger ou LIT2925 Littérature mondiale
  • des évaluations d’enseignement
  • les fichiers de la thèse et des trois plus importantes publications des cinq dernières années
  • trois lettres de recommandation

Envoyer le dossier à:

Michel Lacroix, directeur

A/S de Bouchra Rahmouni

Département d’études littéraires

Université du Québec à Montréal

CP 8888, succ. Centre-ville

Montréal (Québec)

H3C 3P8

rahmouni.bouchra@uqam.ca

2.11 Post-doctoral Research Fellow in European Languages in Post-Colonial Africa

About the position

A fixed-term 100 % position is available at the University of Agder, Faculty of Humanities and Education as a Post-doctoral Research Fellow in European Languages in Post-Colonial Africa: Historical Perspectives (1950-1990), affiliated to the Department of Religion, Philosophy and History, for a period of 3 years. The position is located at Campus Kristiansand. The preferred starting date is the beginning of 2027.

The position is linked to UiA’s research groups “Claimed Pasts: Critical Knowledge and Heritage Production” and “Language and Power.”

Applicants are invited to suggest an empirically and theoretically sound research project which conceptualizes language, and specifically the role of European languages, as an historical object, heuristic device, and analytical lens for understanding African decolonization as a historical process. Their research project might, for example, address

  • the role language played for anticolonial mobilization or post-colonial nation- and state-building processes
  • the late- or post-colonial connections between language, education, and development
  • the role language played for inter- and transnational collaboration and institutions
  • language in relation to African subjectivities, collective identities, and social distinction

Ideally, gender should be a central analytical category rather than an add-on variable in the research project. If convincingly conceptualized, any geographic or linguistic area within Africa and its diaspora is pertinent. Projects that place their research topic in a comparative and connective context and converse with discussions in global history will be particularly relevant.

Responsibilities

The successful candidate will be supported by and is expected to contribute actively to both research groups. They will work closely with Professor Christoph Kalter who is a member of both groups. More specifically, the successful candidate will:

  • Conduct research on the project they proposed and publish three single-author articles in leading historical journals.
  • Co-organize an authors’ workshop for and co-edit a special issue on (post-) colonial African language histories in a leading historical journal.
  • Participate in activities and meetings in the research groups.
  • Contribute to writing grant applications in the research groups.
  • Contribute to teaching and supervision activities at the department.

Required qualifications

  • PhD in history, preferentially in African history. Candidates must have obtained their doctorate or have submitted their doctoral thesis before the appointment decision is made and must have defended their thesis by the starting date.
  • Familiarity with transnational and global history approaches.
  • Experience with archival research.
  • Excellent written and spoken English.
  • Language skills required to conduct the research they proposed.
  • The applicants must have excellent international publications or concrete plans for such publications based on their PhD. Furthermore, the applicants must demonstrate strong potential for excellent international publications based on the project proposal they submit.

Criteria for positions as Post-doctoral Research Fellow (in Norwegian).

Desired qualifications

  • It is hoped that applicants will have defended their thesis during the last five years.
  • Having done historical work on language previously will be considered a plus but is not a requirement.
  • Previous experience with international academic mobility will be considered a plus but is not a requirement.
  • Familiarity with academic institutions and archival research on the African continent will be considered a plus but is not a requirement.
  • Interest in interdisciplinary learning and conversation.

Personal qualities

  • Willingness to work as part of a team.
  • Scientific ambition, curiosity, and creativity.
  • Good communication and team-working skills.
  • Independence, inventiveness, and a proactive attitude.
  • Good analytical and problem-solving skills.
  • Accuracy, punctuality, and attention to detail.
  • Patience, commitment, and concentration.
  • Ability to work and deliver under pressure.

Personal qualities and suitability for the position will be emphasised.

We offer

  • professional development in a large, exciting and socially influential organisation
  • a positive, inclusive and diverse working environment
  • modern facilities and a comprehensive set of welfare offers
  • membership of the Norwegian Public Service Pension Fund

More about working at UiA. 

The position is remunerated according to the State Salary Scale, salary plan 17.510, code 1352, NOK 600 000 – 650 000 gross salary per year. Higher salary grades may be considered for particularly well-qualified applicants. A compulsory pension contribution to the Norwegian Public Service Pension Fund is deducted from the pay according to current statutory provisions.

General information

UiA is an open and inclusive university. We believe that diversity enriches the workplace and makes us better. We, therefore, encourage qualified candidates to apply for the position independent of gender, age, cultural background, disability or an incomplete CV.

Women are especially encouraged to apply for the position.

The successful applicant will have rights and obligations in accordance with the current regulations for the position, and organisational changes and changes in the duties and responsibilities of the position must be expected. The engagement is to be made in accordance with the regulations in force concerning the acts relating to Control of Export of Strategic Goods, Services and Technology. Appointment is made by the University of Agder’s Appointments Committee for Teaching and Research Positions.

background check may be conducted to verify information that appears in available documents. Background checks are always done with the applicant’s consent, and employment in the position requires an approved background check. Relevant applicants will receive further information.

Short-listed applicants will be invited for interview. With the applicant’s permission, UiA will also conduct a reference check before appointment.

Read more about the employment process.

In accordance with the Freedom of Information Act § 25 (2), applicants may request that they are not identified in the open list of applicants. The University, however, reserves the right to publish the names of applicants. Applicants will be advised of the University’s intention to exercise this right.

Application

The application and any necessary information about education and experience (including diplomas and certificates) are to be sent electronically. Use the link “Apply for this job”.
The following documentation must be uploaded electronically:

  • An application letter in English that addresses the desired qualifications for the position as described above.
  • A curriculum vitae in English, including a complete list of publications.
  • Certificates with grades.
  • A project proposal in English of minimum 4, maximum 7 pages, complete with references, preliminary information about the primary sources that the project intends to analyze and their accessibility, and a project schedule. If you used any AI-tools in writing your proposal, please make sure to include a research-ethical note explaining which tasks you used them for and how.
  • List of reference persons: 2-3 references to be contacted at the final stage of the application process.
  • Doctoral thesis.
  • Up to 4 academic articles, book chapters, or other relevant writings which the candidate wishes to particularly emphasize for the assessment process.

The applicant is fully responsible for submitting complete digital documentation before the closing date. Application letter, CV and project proposal must be submitted in English. All other documentation may be submitted in English or in a Scandinavian language (Danish, Norwegian, or Swedish), French, Portuguese or Spanish.

In assessing the applications, particular emphasis will be placed on the quality and suitability of the project proposal and the likelihood that the project can be completed within the time allotted. Personal suitability and motivation, including the willingness to be physically present in Kristiansand during the working week, will also be of particular importance.

Application deadline: 15.09.2026

Contact

For questions about the position:

For questions about the application process:

3. Announcements

3.1 Francosphères | Call for new Book Reviews Editor

Join the Francosphères team to expand the book review scope. For more info & to apply, contact Anna-Louise Milne: anna-louise.milne@ulip.lon.ac.uk

3.2 Édition 2025 du Prix de thèse en Littérature française décerné par la Fondation Tronc-Chanal (Fondation de France)

La Fondation Tronc-Chanal soutient dans leurs travaux, des étudiants en littérature et langue française ainsi qu’en médecine. Elle a pour but de donner une aide financière ponctuelle à des étudiants déjà avancés dans leur cursus, afin de leur permettre de progresser vers l’excellence.

La Fondation attribue un prix de thèse de 2 000 € à un docteur-ès-lettres en littérature française ayant soutenu entre le 1er septembre 2025 et le 11 juillet 2026 dans l’ensemble des établissements d’enseignement supérieur français.

Le candidat doit fournir avant le 18 juillet 2026 :

Un CV détaillé, exposant le parcours de l’étudiant depuis le baccalauréat, précisant date et lieu de naissance, profession des parents et situation de famille actuelle. Tous les détails utiles au jury pour justifier l’attribution du prix seront les bienvenus.

Un résumé détaillé de la thèse. Un exemplaire complet de la thèse pourra être demandé.

Une lettre de recommandation du directeur de recherche (un seul candidat par directeur de recherche).

Une lettre de motivation précisant le projet d’utilisation de la somme allouée ainsi que l’opportunité de son attribution.

Il sera demandé au lauréat de faire connaître dans les six mois à la Fondation l’avancement du projet exposé et l’utilisation totale ou partielle de son prix.

Dossier complet à envoyer à l’adresse suivante : fondationtroncchanal@gmail.com.

4. New Publications

4.1 Buata B. Malela, Le fait littéraire francophone. Héritages systémique et métaphysique

  • Paris, Hermann, coll. “Savoir Lettres”, 2026
  • EAN : 9791037048295
  • 220 pages
  • Prix : 25 EUR
  • Date de publication : 27 Mai 2026

Ce volume propose une relecture épistémologique du fait littéraire francophone, en articulant héritages systémiques et fondements métaphysiques. Buata B. Malela y développe une approche transhénologique inédite qui envisage la francophonie littéraire comme un espace dialogique structuré par la tension entre l’Un et le Multiple.

À travers une analyse des dynamiques centre-périphérie, des institutions littéraires, des systèmes de légitimation et des théories critiques (postcoloniales, polysystémiques, hénologiques), l’auteur questionne les conditions d’autonomie, de reconnaissance et de transmission des productions littéraires francophones dans un monde globalisé. Le texte interroge la validité des cadres franco-centriques et propose un décentrement théorique, philosophique et méthodologique permettant d’appréhender ces littératures comme des praxis esthétiques à part entière.

S’inscrivant dans une perspective comparatiste, l’ouvrage éclaire les enjeux identitaires, linguistiques et symboliques propres aux littératures du Maghreb, d’Afrique subsaharienne, des Antilles et de l’océan Indien. Il s’adresse aux chercheurs en études littéraires, en philosophie, en sciences humaines et sociales, ainsi qu’à tous ceux qui s’intéressent aux recompositions critiques de la francophonie contemporaine.

 

Buata B. Malela est professeur des universités en littératures française et francophone des xxe et xxie siècles à l’université de Limoges. Membre du laboratoire EHIC (Espaces humains et interactions culturelles), ses recherches portent sur les discours littéraires francophones (Afrique, Antilles, Archipel des Comores), sur le questionnement du sujet dans les cultures médiatiques francophones, la sociologie de la littérature, ainsi que sur la pop musique contemporaine.

4.2 Richard Tsogang Fossi, Colonisations allemande, française et anglaise comme patrimoine mémoriel au Cameroun

  • Strasbourg, Éditions de Linguistique et de Philologie ELiPhi, coll. “Travaux de Littératures Romanes (TraLittRo)”, 2025
  • EAN : 9782372760805
  • 480 pages
  • Prix : 50 EUR
  • Date de publication : 15 Juin 2026

Longtemps après la colonisation, les souvenirs de cette période de violence, de dépossession et de déshumanisation continuent de marquer les différents peuples jadis colonisés. Mais ces souvenirs constituent également un enjeu et un défi majeur dans les anciennes métropoles confrontées plus que jamais à la nécessité de retravailler leur passé colonial, voire de répondre à des accusations de crime contre l’humanité. Dans cette mouvance, les écrivaines et écrivains jouent également un grand rôle non seulement dans leur volonté de faire de leurs œuvres des moyens d’interprétation et de compréhension du passé, mais aussi des outils de diagnostic des causes de la défiance entre les nations post-coloniales, ou de la possible mémoire victimaire. En essayant de surmonter la dichotomie entre la victime et le bourreau, malgré les difficultés que cela revêt, ces écrivaines et écrivains du Cameroun semblent nous indiquer que l’avenir, qui est celui de l’inéluctabilité des relations interculturelles et transnationales fondées sur la responsabilité, la dignité et la réconciliation, ne devrait pas reposer sur l’invisibilisation, l’amnésie, la déformation, l’édulcoration des faits historiques traumatisants. Il faut en parler afin de s’en libérer.

4.3 Buata B. Malela, L’Afrique Monde, t. 1 : Le Risque à l’épreuve du temps, de l’espace et du numérique

 

  • Paris, Anibwe, coll. “Fawohudie”, 2026
  • EAN : 9782381660448
  • 104 pages
  • Prix : 8 EUR
  • Date de publication : 17 Mai 2026

L’Afrique-monde I interroge le risque comme catégorie politique, sociale et philosophique, à partir des expériences africaines de la modernité tardive. En mobilisant ontologie du risque, gouvernementalité actuarielle, critique de l’espace et philosophies de la Relation, l’ouvrage montre comment temps, territoire et pouvoir s’entrelacent dans des configurations postcoloniales singulières. Des régimes de sécurité aux dispositifs numériques, des villes fragmentées aux réseaux mobiles, l’analyse met en évidence la tension entre standardisation algorithmique et pratiques locales de réappropriation. L’Afrique apparaît alors comme un laboratoire conceptuel, où s’éprouvent des alternatives à la gestion technocratique de l’incertitude. En dialogue avec les pensées africaines et mondiales, le livre propose une lecture située de la mondialité, attentive à l’opacité, aux temporalités plurielles et aux formes ordinaires de l’agir.

Buata B. Malela est professeur de littératures française et francophone des XXe et XXIe siècles à l’Université de Limoges. Membre du laboratoire EHIC (Espaces Humains et Interactions Culturelles), ses recherches portent sur les discours littéraires francophones (Afrique, Antilles, océan Indien), sur le questionnement du sujet dans les cultures médiatiques francophones, la sociologie de la littérature et les intellectuels africains, ainsi que sur la pop musique contemporaine.

4.4 Buata B. Malela, Reprendre le temps. De la critique du temps colonial à la chronotopie émancipatrice

  • Paris, Anibwe, coll. “Fawohudie”, 2026
  • EAN : 9782381660455
  • 108 pages
  • Prix : 8EUR.
  • Date de publication : 17 Mai 2026

Reprendre le temps propose une critique philosophique du régime temporel imposé par la colonisation et de ses prolongements dans les sociétés postcoloniales. L’ouvrage montre comment la domination ne s’exerce pas seulement par l’espace et l’économie, mais aussi par la confiscation du passé, du présent et de l’avenir. En analysant le mythe du retard, la négation de la co-temporalité et l’intériorisation de l’urgence productiviste, l’auteur met au jour une aliénation temporelle durable. À cette critique s’articule une proposition normative : penser une chronotopie émancipatrice, fondée sur la pluralité des rythmes, la réappropriation des mémoires et la capacité collective à imaginer des futurs non téléologiques. Croisant philosophie critique européenne et pensées africaines contemporaines, l’essai inscrit la décolonisation dans une politique du temps, indissociable des luttes pour la dignité, la souveraineté et la liberté. Ce livre offre des outils conceptuels pour repenser l’émancipation dans un monde traversé par des temporalités inégales.

4.5 Emmanuelle Saada, Histoires et colonisations. Des récits de la conquête aux héritages postcoloniaux

Collection Bibliothèque des Histoires

Gallimard

Parution

28-05-2026

Depuis les années 1990, à mesure que les questions liées aux héritages coloniaux ont pris de l’ampleur dans l’espace public et les débats politiques, l’histoire des colonisations est devenue l’un des domaines les plus dynamiques et les plus discutés de la recherche en sciences humaines — et ce en France comme dans d’autres pays, qu’ils aient été colonisateurs ou colonisés. De cet important tournant, Emmanuelle Saada dresse un premier bilan raisonné.
Traitant conjointement histoire et historiographie, elle s’attache à faire ressortir les très riches enseignements de ces travaux pour comprendre les situations coloniales dans leur hétérogénéité, sur tous les continents et depuis cinq siècles. Attentive à l’asymétrie des sources, aux pratiques des individus et des groupes et aux limites du pouvoir colonial, elle met aussi en relief ce qui constitue le « noyau dur » des phénomènes coloniaux : l’appropriation des ressources, le déploiement de la violence, le gouvernement des populations.
Cet itinéraire pondéré révèle à quel point l’analyse des colonisations a transformé la manière même de faire et d’écrire l’histoire. Il renouvelle les façons d’envisager les controverses postcoloniales, en ouvrant la voie à une histoire équitable.

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